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IL ÉTAIT UNE FOIS LE CAFÉ DE GUYANE

Alain LANDY 2021

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Quelques petits grains de folie...

Le café de l’amour, l’amour du café...

« Le café c’est : noir comme le diable, chaud comme l'enfer, pur comme un ange et doux comme l'amour ! »

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, diplomate, évêque, Homme d'état, Religieux (1754 - 1838)

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« Je n’aime dans l’Histoire que les anecdotes » Prosper MERIMÉE.

Au dix-huitième siècle, pour fournir la France et surtout la Cour de Versailles, la Guyane Française fut le premier producteur de café...

Puis, un jour, son voisin le Brésil prit sa place...

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  • Lieutenant Francisco de Mello Palheta, n’insistez-pas, vous n’aurez point mes graines !

Ce jour-là, à Cayenne, cette intransigeance rapportée par les domestiques fit beaucoup rire dans les communs du palais du Gouverneur de Guyane. ( Les graines « grèn » en créole, étant une façon amusante de nommer les testicules). Les évènements qui suivront rendront les choses encore plus savoureuses.

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Dans un apaisement diplomatique, pour mettre fin à leur séjour honorablement, le Gouverneur de la Guyane invita ses hôtes et voisins Brésiliens à une grande soirée festive.

Après avoir pris un café pour clore un dîner fin et goûteux, un grand bal débuta à Cayenne, dans la plus belle salle du palais, illuminée de mille chandelles pour l’occasion.

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« A grènn kafé ka plen sak kafé ».

Pendant les réjouissances, le charmant officier Brésilien en profita pour séduire la belle Marie-Claude, l’épouse du Gouverneur de Guyane, qui était de neuf ans plus jeune que lui.

L’Histoire ne nous dit pas si cette liaison ne dura que l’espace d’une nuit mais, ce qui est certain, c’est que le séduisant lieutenant Francisco de Mello Palheta trouva le moyen de rapporter en son pays suffisamment de semences de caféier à cultiver pour qu’il devienne le premier producteur de café, quelques décennies plus tard.

En ricanant sous cape, les gens de maison dirent alors :

  • Si le gouverneur n’a pas voulu donner ses graines, qu’a donc donné le beau lieutenant brésilien à sa femme pour ne pas repartir les mains vides ?

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UN PETIT BRIN D’HISTOIRE :

Le lieutenant Francisco de Mello Palheta était envoyé par Vasco Fernandes César de Meneses, comte de Sabugosa, Vice-Roi Gouverneur du Brésil, auprès de Claude Guillouet d'Orvilliers, Gouverneur de Guyane, représentant de Louis le quinzième, pour obtenir quelques graines de café. Cette nouvelle boisson vivifiante faisant fureur en Europe, il fallait, aux dires de nos princes : « cultiver dans nos colonies tropicales des caféiers pour ne plus dépendre ni des Arabes ni d’autres moricauds ! »

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Les Français auraient aussi voulu planter en Guyane ces arbustes vivaces originaires d'Éthiopie, qui donnaient une substance énergisante alors tant prisée. Toutefois, à cette époque, dans les Guyanes, seuls les Hollandais en avaient l’apanage. Or, les « Bataves » punissaient férocement tous ceux qui essayaient de faire sortir des cosses de café de leur colonie du Nouveau Monde.

Mais voilà qu’en 1722, un certain Mourgues, ancien soldat français, baroudeur originaire de Marseille, réussit, au péril de sa vie, à exporter de ce comptoir hollandais, treize semences cachées dans sa malle à linge. Aussitôt arrivé à Cayenne, il sema les graines puis cultiva les plants avec succès. Le nombre treize semblait lui avoir apporté la fortune. Quelques années plus tard, la Guyane française devenait alors l’un des premiers producteurs de café du monde que nos élites disaient alors « civilisé »

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Le café : ce sont aussi des Légendes.

La première rapporte que, lors d’un feu de forêt en Abyssinie (Éthiopie), les caféiers auraient dégagé une odeur si exquise que les habitants de la région auraient alors immédiatement récupéré les grains sur d’autres plants, les auraient grillés, pilés puis infusés.

La seconde explique que ce seraient des chèvres éthiopiennes qui, ayant mangé des cerises de café arabica, se seraient mises à sauter en tous sens en redoublant d’énergie. Leurs bergers curieux auraient alors goûté aux baies mais, les trouvant trop amères, ils les auraient faites griller pour les utiliser en décoction. (Une légende presque identique existe aussi au Yémen).

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Bonne journée en Guyane.

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