1 of 45

Liaison chimique

I- Généralités

- A l’exception des gaz rares, les atomes sont souvent associés sous forme de molécules ou d’ions dans des cristaux.

-La théorie de la liaison chimique doit répondre à de nombreuses questions :

-pourquoi les atomes réagissent –ils entre eux,

-l’existence de H2 et non pas H3 par exemple,

-l’existence de l’hélium sous forme atomique He et non pas moléculaire He2,

2 of 45

  • - pourquoi BF3 est plane alors que NH3 est pyramidale,
  • L’explication de ces faits est à rechercher dans le comportement des électrons échangés entre les atomes constituant la molécule.
  • - La répartition de ces électrons, dits électrons de valence, sur les orbitales moléculaires, constitue la structure électronique des molécules.
  • - Il existe deux types de liaison chimique forte qui unissent les atomes : la liaison covalente et la liaison ionique.

3 of 45

  • I-1- La liaison covalente
  • - La liaison covalente, très stable, est la mise en commun d’électrons d’énergies identiques ou voisines par deux atomes d’électronégativités assez proches.
  • - On rencontre ce type de liaison dans des molécules telles que H2, O2, F2, NH3, …, les composés organiques et dans certains cristaux tel que le diamant.
  • I-1-1- Formation de la liaison chimique
  • Deux types d’interactions peuvent se manifester entre les 2 atomes d’hydrogène dans la molécule H2:

4 of 45

  • - la répulsion entre les nuages électroniques d’une part et entre leurs noyaux d’autre part,
  • - l’attraction entre le nuage électronique d’un atome et le noyau de l’autre .
  • Quand les deux atomes sont très loins l’un de l’autre, il n’y a pas de liaison entre eux.
  • - En se rapprochant, ils s’attirent mutuellement et fortement au fur et à mesure que la distance séparant leurs noyaux diminue : dans ce cas l’attraction l’emporte sur la répulsion.
  • - A très petite distance, c’est la répulsion qui l’emporte.

5 of 45

  • - Ainsi, il doit exister une position d’équilibre où les deux effets se compensent et les nuages électroniques des deux atomes se recouvrent.
  • - Si les électrons peuvent s' échanger entre les deux atomes, il y a stabilisation du système total et formation d’une liaison chimique.
  • - Plus le domaine de recouvrement est important, plus la liaison est forte: C’est le PRINCIPE DU RECOUVREMENT MAXIMUM.

6 of 45

variation de l’énergie potentielle du système HH en fonction de la distance entre leurs noyaux.

7 of 45

  • I-1-2- Diagramme de Lewis
  • C’est la représentation des électrons de valence par des points autour du symbole chimique de l’élément considéré :
  • H (z=1) : 1s1 Li (z=3): 1s22s1
  • N (z=7): 1s22s22p3 F  (z=9): 1s22s22p5
  • - Selon le modèle de Lewis, la liaison covalente est la mise en commun d’une paire d’électrons entre 2 atomes liés.
  • - Chacun des électrons provient d’un atome.

8 of 45

  • - la liaison par covalence dative ou liaison de coordinence:

9 of 45

  • I-1-3-Règle de l’octet
  • - Les atomes s’associent en molécules avec une configuration électronique formée de 8 électrons autour de chaque atome.
  • I-1-4- Rupture d’une liaison covalente
  • - l’homolyse: rupture d’une liaison covalente entre 2 atomes où chacun conserve son électron.
  • - l’heterolyse: l’un conserve le doublet liant et l’autre se retrouve avec une case vide.
  • - la thermolyse: rupture des liaisons sous l’effet de la chaleur.
  •  - la photolyse: rupture des liaisons sous l’effet de la lumière.

10 of 45

  • II- La théorie ondulatoire de la liaison chimique
  • - Le concept de Lewis se trouve en défaut devant l’existence d’un certain nombre de composés chimiques n’obéissant pas à la règle de l’octet (PCl5, SF6, …).
  • - La théorie ondulatoire de la liaison chimique consiste en le recouvrement de 2 orbitales atomiques (OA) donnant naissance à une orbitale moléculaire (OM).
  • - Comme dans le cas de l’atome isolé, chaque électron d’une molécule est décrit par une fonction d’onde, dite OM, solution de l’équation de Schrödinger : HΦ=EΦ.

11 of 45

  • - Le carré de cette fonction représente la densité de probabilité de l’OM.
  • - A chaque OM est associé un niveau d’énergie plus faible que celles des 2 atomes séparés.
  • - La molécule est donc plus stable que les 2 atomes non liés.
  • - Le peuplement des niveaux d’énergie d’une molécule suit les mêmes principes que ceux appliqués à un atome isolé.
  • - Deux types de molécules diatomiques feront l’objet de cette théorie : molécules homonucléaires, type A2(H+2, H2, F2, N2, O2,…) et molécules hétéronucléaires,type AB(CO, NO, HF,…)

12 of 45

  • 2- Application de la théorie des OM aux molécules diatomiques(H2+)
  • - La résolution de l’équation de Schrödinger de l’ion moléculaire H2+, en utilisant l'approximation de combinaison linéaire des OA , CLOA.
  • - On considère, dans un premier temps, le système H2+ dans lequel les deux protons HA et HB sont éloignés à une distance r infinie.
  • - Le système peut alors être décrit par un atome d’hydrogène et un proton sans interaction entre eux.

13 of 45

  • - On a donc deux situations :
    • - Quand l’atome d’hydrogène H est assez proche du proton H+, il y a formation de l’ion monoélectronique H2+.
    • - Le nuage électronique est distribué de manière équitable sur les deux noyaux.

14 of 45

  • - Lorsque l’électron se trouve au voisinage du proton HA, l’influence de HB est négligeable alors l’électron est décrit sensiblement par l’OA ΨA.
  • - Lorsque l’électron se trouve au voisinage du proton HB, l’influence de HB est négligeable alors l’électron est décrit sensiblement par l’OA ΨB.
  • - l’OM Φ, qui décrit le mouvement de l’électron est la combinaison linéaire des deux OA, ΨA et ΨB:
  • Φ=a1ΨA+a2ΨB. a1 et a2 : les coefficients de normalisation.
  • a12 probabilité de présence de l’électron s'il est décrit par ΨA.

15 of 45

  • a22 probabilité de présence de l’électron s'il est décrit par ΨB.
  • - Comme les deux noyaux sont identiques, alors :
  • a12 = a22 a1= ±a2 deux combinaisons linéaires des OA ΨA et ΨB: Φ1=a(ΨA + ΨB) et Φ2=a’(ΨA - ΨB).
  • Les OM Φ1 et Φ2 sont normées :
  • espΦ12dv= 1 ⇔ ∫esp a2(ΨA + ΨB)2dv=1
  • a2(espΨA2dv + espΨB2dv + 2espΨAΨBdv)=1;
  • - s=espΨAΨBdv: intégrale de recouvrement.
  • - s dépend de la distance séparant les 2 noyaux
  • - s prend de faibles valeurs.

16 of 45

  • - ΨA et ΨB sont normées espΨA2dv = espΨB2dv=1
  • a2(1+ 1 + 2s)=1 2a2(1+ s)=1 a2=1/2(1 + s)
  • La normalisation de Φ2 conduit à :

  • Donc:

17 of 45

  • La résolution de l’équation de Schrödinger HΦ=EΦ, conduit au calcul de l’énergie associée à chacune des deux OM :
  • Φ1 E1 et Φ2E2.

  • L’évolution de ces énergies en fonction de la distance internucléaire, r, est donnée par la courbe de potentielle moléculaire

18 of 45

  • E1, nulle à l’infinie, décroit lorsque r diminue pour passer par un minimum où l’ion H2+ est stable.
  • Φ1est l’OM liante noté σ.
  • E2 s’élève et déstabilise le système.
  • Φ2 est l’OM antiliante noté σ*.
  • L’OM est dénommée σ car elle présente une symétrie de révolution (recouvrement axial) autour de l’axe internucléaire.
  • Les deux OM construites à partir d’OA de type s sont notées:
  • σs et σ*s.

19 of 45

  • II-2- 1- Diagramme énergétique des OM de H2+ 

II-2- 2- Représentation des OM de H2+ 

En négligeant la valeur assez faible de l’intégrale de recouvrement, les fonctions d’onde σs et σs* deviennent:

σs*= 0 pour rA=rB, celle-ci présente donc un plan nodal.

20 of 45

21 of 45

  • II-2-3- Caractéristique de la liaison chimique
  • a- nombre ou indice de liaison: i=1/2(n-n*) où n: nombre d’électrons dans les OM liantes et n* celui des OM antiliantes.
  • Un édifice moléculaire est d’autant plus stable que la différence (n-n*) est grande.
  • b- longueur d’une liaison: l, distance internucléaire d’équilibre. l est d’autant plus petit que i est grand.
  • c- Energie de dissociation: ΔHd, énergie qu’il faut fournir à la molécule à l’état gazeux pour la dissocier en atomes gazeux.
  • ΔHd augmente avec l’indice de liaison.

22 of 45

  • d- Magnétisme.
  • Le comportement d’une substance (atome, molécule ou ion) placée dans un champ magnétique peut être :
  • - diamagnétique: les particules sont repoussées par le champ.
  • - paramagnétique: les particules sont attirées par le champ.
  • Une particule paramagnétique est caractérisée par un moment magnétique:
  • x: le nombre d’électron célibataires ; μB magnéton de Bohr.
  • La mesure des moments magnétiques permet d’obtenir des informations expérimentales sur la structure électronique.

23 of 45

  • II-2-4- Exemples de molécules ou ion moléculaires (à partir de la 1ière période) :
  • A-H2+ :
  • -la structure électronique : (σ1s)1
  • -le nombre de liaison : i=1/2
  • -longueur de liaison : l=1,06A
  • H2+ ⎯⎯→ H+ + H :
    • ΔHd=256 kJ/mol

24 of 45

  • b-H2 :
  • -la structure électronique : (σ1s)2
  • -le nombre de liaison : i=1
  • -longueur de liaison : l=0.74A
  • ΔHd=432 kJ/mol
  • On remarque que l(H2)<l(H2+) et ΔHd(H2)>ΔHd(H2+).

25 of 45

  • C-He2+ :
  • -la structure électronique : (σ1s)2(σ1s*)1
  • -le nombre de liaison : i=1/2
  • -longueur de liaison : l=1.08A
  • ΔHd=251 kJ/mol
    • c-He2 :

-la structure électronique : (σ1s)2(σ1s*)2

-le nombre de liaison : i=0

- la molécule He2 n’existe pas.

26 of 45

  • II-2-5-Molécules diatomiques homonucléaires : Type A2
  • (à partir de la 2ème période) :
  • - on peut également combiner les OA 2s entre elles, 2p entre elles et parfois 2s avec 2p.
  • - On obtient une séquence d’OM d’énergie croissante.
  • Nous allons traiter les molécules de type A2 constituées des éléments de la 2ème période de la classification périodique.
  • Seules les OA de valence A(2sA, 2px, 2py, 2pz) et A’(2sA, 2px’, 2py’, 2pz’) interviennent dans la liaison chimique.

27 of 45

  • - Seules les OA d’énergies peu différentes et ayant les mêmes éléments de symétrie qui se recouvrent pour donner des OM.
  • - Il peut y avoir une combinaison s-s, p-p ou s-p (cette interaction peut avoir lieu dans le cas des atomes de z7).
  • a-les OM σz :
  • Le recouvrement axial des 2 OA 2s donne 2 OM, σ2s et σ2s *:
    • Le recouvrement des 2 OA (2pz et 2pz’) se fait suivant l’axe
    • Il conduit à 2 OM :

28 of 45

  • b-les OM σs-pz :
  • Le recouvrement axial n’est possible qu’entre les OA 2s et 2pz.

29 of 45

  • c-les OM π:
  • Les OA (2px et 2px’) se recouvrirent latéralement,
  • Elles donnent naissance à 2 OM de type π :

30 of 45

  • - Ce recouvrement peu important, conduit à une liaison relativement faible.
  • - Cette liaison est dénommée π car elle est antisymétrique dans la révolution autour de l’axe AA’
  • - elle change de signe par rotation de 180° autour de AA’.
  • - Les OA (2py et 2py’) conduisent également à 2 OM :

31 of 45

  • d-Structure électronique des molécules :
  • 8 OA donnent 8 OM.
  • - lorsque la différence entre l’énergie des OA 2s et 2p est importante, l’interaction s-p est négligeable, la succession des OM est: (σ2s)<(σ2s*)<(σz)<(πx,πy)<(πx*,πy*)<(σz*).

32 of 45

  • - S'il y a interaction s-p, on a l’ordre suivant : (σ2s)<(σ2s*)<(πx,πy)<(σz)<(πx*,πy*)<(σz*).
  • - Les OM πx et πy d’une part et πx* et πy* d’autre part ont la même énergie.
  • e- Exemples de molécules A2 :
  • F2 : F(z=9) : 1s22s22p5
  • - On a 2x7=14 électrons à caser dans les OM.
  • - La structure électronique est: (σ2s)2(σ2s*)2(σz)2(πx,πy)4(πx*,πy*)4.

33 of 45

  • - le nombre de liaison : i=1/2(8-6)=1.
  • - diagramme de Lewis :
  • - Diagramme énergétique :

34 of 45

  • O2 : O(z=8) : 1s22s22p4
  • - On a 2x6=12 électrons à caser dans les OM.
  • - la structure électronique est : (σ2s)2(σ2s*)2(σz)2(πx,πy)4(πx*,πy*)2.
  • - le nombre de liaison : i=1/2(8-4)=2.
  • - diagramme de Lewis :
  • - le modèle de Lewis n’explique pas le paramagnétisme de la molécule d’O2, la présence de 2 électrons célibataires sur les OM (πx*1,πy*1) montre bien cette propriété.

35 of 45

  • -Diagramme énergétique :

N2 : N(z=8) : 1s22s22p3

- on a 2x5=10 électrons à caser dans les OM.

- Faible différence d’énergie entre 2s et 2p interaction s-p,

36 of 45

  • -la structure électronique : (σ2s)2(σ2s*)2(πx,πy)4(σz)2.
  • -le nombre de liaison : i=1/2(8-2)=3.
  • -diagramme de Lewis :
  • -Diagramme énergétique :

37 of 45

  • II-3-Molécules diatomiques heteronucléaires : Type AB
  • - Dans le cas d’une molécule homonucléaire (A2), la répartition des électrons de liaison est symétrique par rapport à l’axe internucléaire A-A et au plan médiateur de cet axe.
  • - La liaison est purement covalente. Elle est dite apolaire.
  • - Dans une molécule heteronucléaire AB, la différence d’EN entre A et B entraîne une densité électronique plus importante sur l’atome le plus électronégatif.
  • - La répartition des électrons de liaison est dissymétrique, la liaison est dite polarisée.

38 of 45

  • II-3-1-Moment dipolaire
  • La molécule AB(χB>>χA) est polaire, elle est caractérisée par un moment dipolaire permanent :
  • q=δe ; 0<δ<1(δ : charge partielle) ;

μ=ql en Cm ou en Debye(D).

Le Debye: le moment dipolaire de 2 charges +e et –e séparées par un 1Å est μ=4,8D.

  • μ=el=1,6.10-19.10-10Cm=4,8D 1D=(1,6/4,8).10-29Cm =(1/3).10-29 Cm.

39 of 45

  • Dans le cas d’une molécule AB :
  • μ=ql=δel=δl.1,6.10-29Cm=4,8δl D. (l en Å).
  • Exemple : HF : μ=1,83D, l=0,92A ; calculer δ ?
  • On sait que χH=2.3 et χF=4 alors HF est polaire :
  • Hδ+--------Fδ- δ=μ/4,8.l=1,83/4,8.0,92=0,41.
  • II-3-2-La liaison ionique
  • - La liaison ionique est le cas extrême de la liaison covalente.
  • - Ce type de liaison est rencontré dans les molécules formées d’atomes d’électronégativités très différentes.

40 of 45

  • (χB>>χA)
  • Il y a transfert d’un électron de A vers B.
  • II-3-3-Caractère ionique partiel d’une liaison.
  • - Les valeurs du moment dipolaire des molécules permettent de définir le caractère ionique partiel d’une liaison.
  • A—B : aucun transfert, forme purement covalente, μCov=0.
  • A+—B- : transfert total, forme purement ionique, μion=4,8l.
  • Aδ+—Bδ- : transfert partiel, forme réelle, μexp=4,8δl.
  • l est la distance de liaison.

41 of 45

  • - Le pourcentage de caractère ionique est défini selon Pauling par : %ionique=(μexp/μion).100
  • %ionique=(4,8δl/4,8l).100=δ.100.
  • Exemple : HF 
  • μexp=1,83D, l=0,92A ; μion=4,8l=4,8.0,92=4,42D
  • %ionique=(1,83/4,42).100=41%.
  • On peut écrire HF, comme :
  • H+0,41--------F-0,41.

42 of 45

  • II-3-4-Diagramme énergétique d’une molécule AB.
  • - Dans le cas des molécules AB, le recouvrement est axial.
  • - Il se produit selon la symétrie de révolution autour de l’axe internucléaire et entre les OA d’énergies voisines.
  • Exemple : la molécule HF.
  • Seules les OA : F2s et H1s ou F2pz et H1s qui peuvent se recouvrirent (en tenant compte de leur symétrie).
  • L’énergie de ces OA est : H1s : -13,6eV ;
  • F1s : -686eV ; F2s : -40,2eV  et F2pz : -18,6eV.

43 of 45

  • - Selon leur énergie, il y'a combinaison entre F2pz et H1s, donnant naissance à 2 OM: σz liante et σz*.
  • σz=c1H1s+c2F2pz liante et σz*=c3H1s–c4F2pz antiliante. c1c2c3c4 c2>c1 car F est plus électronégatif que H.
  • Les OA 2s, 2px et 2py non utilisées donnent des OM de même énergie que ces OA.
  • On les appelle OM non liantes.
  • Elles restent localisées sur F(doublets libres).

44 of 45

  • la structure élect (2s)2(σz)2(2px,2py)4.
  • -le nombre de liaison : i=1/2(2-0)=1.
  • -diagramme de Lewis :

S'il y'a interaction s-p à cause des énergies voisines des OA. On obtient un diagramme comme celui de la molécule BO:

(σ2s)2(σ2s*)2(πx,πy)4(σz)1. i=5/2. Paramagnétique.

45 of 45

S'il y'a interaction s-p à cause des énergies voisines des OA. On obtient un diagramme comme celui de la molécule BO:

(σ2s)2(σ2s*)2(πx,πy)4(σz)1. i=5/2. Paramagnétique.