Biologie du cancer
Dr. HIMEUR M A
Institut de formation supérieure Paramédicale – H.Dey
Plan:
I- Un nouveau modèle biologique
II- Histoire naturelle du développement des tumeurs solides
III- La cellule cancéreuse : vision globale
A- Caractères généraux de la cellule cancéreuse:
B- Anomalies biochimiques:
IV- Modes de propagation des tumeurs
V- Mécanismes moléculaires de l’oncogènése:
A- Oncogènes
B- Anti-oncogènes ou gènes suppresseurs de tumeur
C- Les gènes de réparation de l’ADN
D- Apoptose
E- Télomérases
F- Néoangiogénèse tumorale - facteurs de régulation
I- Un nouveau modèle biologique
La modélisation du processus de cancérogenèse comporte trois étapes :
II- Histoire naturelle du développement des �tumeurs solides
Quatre phases caractérisent l’évolution naturelle des tu meurs solides : une phase pré-clinique, une phase infraclinique, une phase clinique et une phase terminale.
1. La phase préclinique résulte de la présence d’une anomalie génomique acquise ou transmise, incapable à elle seule de transformer une cellule normale en cellule cancéreuse, mais qui réduit le nombre de phénomènes acquis nécessaires à la transformation cellulaire.
2. La phase infraclinique comporte une étape d’initiation aboutissant à une transformation cellulaire (acquisition d’un phénotype de cellule maligne). Il s’agit d’une étape acquise par action conjointe sur le génome d’agents carcinogènes (initiateurs = mutagènes) et d’agents cocarcinogènes (promoteurs : non mutagènes, facteurs de croissance-like).
L’étape de promotion entraîne l’apparition d’une émergence d’un phénotype cellulaire tumoral indépendant des contrôles tissulaires. L’étape de promotion est associée à une étape de progression infraclinique lente initiale puis exponentielle.
Ces 2 étapes sous-tendent 2 notions capitales :
La notion de promoteur : facteurs de croissance, phénomènes d’autocrinie et de paracrinie,interactions cellulaires et angiogénèse.
Une notion d’hétérogénéité tumorale avec expression d’un phénotype tumoral particulier.
La phase clinique apparaît lors du développement de plus 109 cellules tumorales. Une pro-gression métastatique apparaît après une première phase d’invasivité locale. Le phénomène métastatique résulte de multiples étapes toutes limitantes :
— croissance de la tumeur primitive (angiogénèse)
— invasion (sécrétion d’enzymes protéolytiques et migration cellulaire)
— survie dans la circulation générale
— arrêt dans les organes cibles (adhésion spécifique à l’endothélium vasculaire et aux membranes basales)
— extravasation (sécrétion d’enzymes protéolytiques et migration cellulaire)
— croissance dans l’environnement tissulaire spécifique au sein de l’organe cible, de la métastase primaire (récepteurs aux facteurs de croissance, phénomènes d’autocrinie)
— métastases secondaires.
La phase terminale est le résultat d’un échappement th érapeutique. Les cellules tumorales sont caractérisées par une autonomie de croissance, une adaptabilité métabolique cellulaire, des phénomènes de pharmacorésistance.
III- La cellule cancéreuse : vision globale
La cellule cancéreuse possède les caractéristiques phénotypiques suivantes :
1. perte de l’inhibition de contact
2. indépendance par rapport a ux facteurs de croissance
3. immortalité
4. tumorégénicité
A- Caractères généraux de la cellule cancéreuse:
Caractères résiduels
Caractères morphologiques acquis
Caractères dynamiques acquis
B- Anomalies biochimiques:
Notion de croissance tumorale
La tumeur comporte 3 compartiments
3 paramètres définissent la cinétique de croissance tumorale
Les phases du cycle cellulaire se répartissent en moyenne de la façon suivante :
IV- Modes de propagation des tumeurs
Une phase d’extension locale initiale est observée. Les cellules cancéreuses adoptent des caractéristiques de mobilité accrue, de perte de l’inhibition de contact, de moindre cohésion intercellulaire.
Des substances favorisant cette progression sont sécrétées. Il s’agit de facteurs d’angiogénèse, de facteurs toxiques induisant une nécrose tissulaire, de facteurs protéolytiques à l’origine d’une destruction de l’élastine et du collagène, d’une activation des phénomènes de lyse locale.
L’extension régionale résulte de facteurs mécaniques (compression tumorale sur les organes de voisinage), de modifications de la vascularisation régionale. L’extension régionale est liée à la nature du tissu d’origine (stroma péri tumoral, réaction inflammatoire).
Une progression locale peut se propager anatomiquement le long des gaines des nerfs, des vaisseaux, des aponévroses.
L’extension métastatique repose le plus souvent sur les deux voies de dissémination décrites ci-dessous.
• Dissémination lymphatique : les cellules tumorales atteignent le premier relais ganglionnaire, puis le canal thoracique et en fin la circulation sanguine.
• Dissémination hématogène : cette voie est particulièrement fréquente pour les sarcomes, ainsi que pour beaucoup de carcinomes (poumon, colo-rectal, estomac, rénal, prostate, endocrinien).
Parmi les grandes voies de dissémination hématogènes :
— grande circulation à partir du poumon
— poumon à partir du système cave
— foie à partir du système porte
Cette multiplicité de voies de dissémination reflète celle des sites métastatiques.
Autres voies de dissémination :
— séreuses (cancer de l’ovaire, cancer du colon)
— anatomiques le long des conduits naturels (uretère, vessie)
V- Mécanismes moléculaires de l’oncogènése:
A- Oncogènes
B- Anti-oncogènes ou gènes suppresseurs de tumeur
C- Les gènes de réparation de l’ADN
D- Apoptose
E- Télomérases
F- Néoangiogénèse tumorale - facteurs de régulation
A- Oncogènes:
1. les facteurs de croissance (assurent une boucle de régulation autocrine),
Exemple : proto-oncogènes codant pour les protéines de la fami lle FGF (fibroblast growth
factor)
2. les récepteurs transmembranaires de facteurs de croissance
Exemple : le proto-oncogène erb B code pour le récepteur à l’EGF (epidermal growth factor)
3. les G-protéines ou protéines membranaires liant le GTP
Exemple : proto-oncogènes de la famille ras
4. les tyrosines protéine-kinases membranaires
5. les protéine-kinases cytosoliques
6. les protéines à activité nucléaire : contrôlent la transcription de gènes cibles en interagissant avec l’ADN.
Exemple : proto-oncogène erbA codant pour le récepteur aux hormones thyroïdiennes, les proto-oncogènes fos, jun et c-myc
B- Anti-oncogènes ou gènes suppresseurs de tumeur:
2 étapes sont nécessaires :
1ère étape somatique (cancer sporadique) ou germinale (cancer héréditaire : facteur de prédisposition)
2ème étape : somatique
Par exemple,
cancers du sein et de l’ovaire.
C- Les gènes de réparation de l’ADN:
Il s’agit de la 3ème catégorie de gènes dont l’altération intervient dans la cancérogenèse.
Ils interviennent indirectement dans ce processus.
Les systèmes de réparation sont répartis en 2 catégories en fonction de l’origine de la mutation.
1- Système de réparation des mésappariements (m ismatch repair)
Intervient lorsque les mutations de l’ADN résultent d’erreurs de la réplication (dérapage de l’ADN polymérase ou DNA polymerase slippage)
Il comprend les gènes hMSH2, hMLH1, hPMS1, hPMS2, hMSH6
2- Système de réparation NER (Nucleotide Excision Repair)
Il s’agit d’un système de réparation de mutations induites par des carcinogènes environnementaux (UV, carcinogènes chimiques).
D- Apoptose:
Il s’agit de la mort cellulaire programmée, processus hautement régulé aboutissant à la des-truction cellulaire de façon organisée et indépendante de tout phénomène d’inflammation.
Critères morphologiques : condensation de la chromatine à la périphérie, le long de la membrane nucléaire, fragmentation du noyau, éclatement de la cellule en de nombreuses vésicules ou corps apoptotiques.
Contrôle génétique et rapport avec le cycle cellulaire:
• Gène bcl-2
Il s’agit d’un gène de résistance à l’apoptose dans l’ espèce humaine, surexprimé dans 70 % des cancers du sein et 30 à 60 % des cancers de la prostate.
• Gènes bcl-x
— Bcl-xl code pour une protéine à activité anti-apoptotique.
— Bcl-xs code pour une protéine tronquée pro-apoptotique.
• Gène bax
— code pour une protéine se complexant avec les protéines bcl-2 :
— Le complexe Bcl-2/bax est anti-apoptotique.
— Le complexe Bax/bax est pro-apoptotique.
Implication en pathologie humaine:
Le cancer résulte d’un défaut de mort cellulaire des cellules transformées par inhibition de l’apoptose.
Exemples :
Lorsque l’oncogène HER2/neu est surexprimé, (25 % des cancers du sein) une résistance à l’apoptose induite par le TNF α est observée.
E- Télomérases:
F- Néoangiogénèse tumorale - facteurs de régulation:
Les facteurs de croissance:
jouent un rôle prépondérant dans la prolifération des cellules endothéliales :
•VEGF:
Il s’agit d’un puissant inducteur de l’angiogénèse in vivo, son action est médiée par 2 récepteurs endothéliaux de type Tyrosine Kinase :
—R flt -1 (tissus normaux)
— R VEGF-R2 = ex flk -1 (tissus tumoraux)
L’expression du VEGF est médiée par l’hypoxie.
•FGF:
Le bFGF stimule in vitro la prolifération des cellules endothéliales.
•PDGF:
Le PDGF stimule la sécrétion d’agents mitogènes endothéliaux par les cellules stromales.
• EGF/EGF-R :
Il régit la boucle autocrine de la croissance endothéliale. Il facilite la sécrétion de VEGF par les cellules stromales.
Inhibition de l’angiogenèse: