KARYAKOU LA BICHE ET TIG LE JAGUAR
Conte inspiré d’un conte traditionnel allemand « Le Loup et les Sept Chevreaux » qui figure parmi ceux recueillis par les frères Grimm dans le premier volume de 1812.
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Ou comment aborder la fourberie avec les enfants.
Lavi a a pa oun bòl toloman : la vie n'est pas une partie de plaisir, c'est une lutte perpétuelle.
Il y a temps longtemps, dans l’immense forêt guyanaise habitait Karyakou, une biche de daguet qui avait quatre enfants. Un jour, elle voulut aller dans la forêt pour leur rapporter quelque chose de bon à manger.
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Avant de partir, elle les rassembla tous les quatre et leur dit :
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Peu de temps après, quelqu'un frappa à la porte de la case de la biche en criant :
Mais les petits de Karyakou reconnurent la grosse voix de Konpè Tig.
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Tig partit alors à la pharmacie la plus proche pour y acheter des pastilles pour la gorge. Il en suça trois et sa voix devint plus douce. Il revint ensuite vers la case de Karyakou, frappa et appela à nouveau :
Et, tout en parlant, il posa sa patte jaune tachée de noir sur la fenêtre ; les petits de la biche l'aperçurent et crièrent :
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Tig partit prés de la rivière et trempa ses pattes dans la boue. Quand la boue eut séché, il revint vers la case de Karyakou, frappa doucement et appela à nouveau :
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Konpè Tig posa sa patte sur le rebord de la fenêtre, et lorsque les petits de Karyakou virent qu'elle était de la même couleur que celle de leur maman, ils ouvrirent la porte.
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Le jaguar entra dans la case de la biche et, en quelques secondes, il dévora tout crus trois petits.
Le quatrième, le plus malin, réussit à se cacher dans une armoire.
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Peu de temps après, Karyakou revint de la forêt. Mais le malheur l'attendait dans sa case.
La porte était grande ouverte. La table et les chaises étaient renversées. Elle chercha ses quatre faons, mais en vain. Elle les appela par leur prénom, l'un après l'autre, mais aucun ne répondit. C'est seulement lorsqu'elle prononça le prénom du plus jeune qu'une petite voix se fit entendre :
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Maman Karyakou l’aida à sortir et le consola. Son petit dernier lui raconta en sanglotant tout ce qui s’était passé. Très malheureuse, en pleurs, elle partit de sa case avec son seul enfant restant derrière elle.
Près de la rivière, Tig le jaguar était couché sur une grosse branche d’arbre et ronflait à en faire trembler les feuilles. La biche le regarda, s’approcha et observa que quelque chose bougeait dans son gros ventre.
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Le dernier petit repartit aussitôt à leur case pour rapporter des ciseaux, une aiguille et du fil. Karyakou fendit le ventre de Konpè Tig qui dormait encore. Et, instantanément le premier petit sortit la tête ; elle continua et les deux autres sortirent. Ouf, ils étaient tous sains et saufs. Trop affamé, Tig les avait avalés tout entiers.
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Et Karyakou dit alors :
- Allez, mes enfants, apportez vite des roches, aussi grosses que possible, nous les mettrons dans le ventre de Tig avant qu’il ne se réveille.
Et les quatre faons apportèrent des roches et en remplirent le ventre du jaguar jusqu'à ce qu'il soit bien plein. Leur maman le recousit vite et silencieusement, de sorte qu’il ne s'aperçut de rien.
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Quand il se réveilla enfin, il se leva, et comme les pierres lui pesaient dans l'estomac, il eut très soif. Il voulut aller à la rivière pour boire. Les lourdes roches le tirèrent sous l'eau et Konpè Tig se noya.
- Vous avez eu beaucoup de chance dit maman Karyakou à ses faons mais que cela vous serve de leçon pour la prochaine fois où je vous laisserai tout seuls.
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BONNE LECTURE
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