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IL ÉTAIT UNE FOIS �LE COMMERCE TRIANGULAIRE

Alain LANDY 2025

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« L’Homme ne voit le monde qu'à travers les yeux de sa propre culture » Lao-Tseu

« Les transmissions ne sont pas simplement d'ordre héréditaire, mais sont aussi culturelles ».

Lev Vygotski, Psychopédagogue Biélorusse

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AVANT-PROPOS

Curieux comme un pian, un jour, je demandais à Auxence Contout*, lors de nos nombreuses discussions autour de l’histoire de la Guyane, s’il savait comment avait commencé le commerce triangulaire en Guyane :

Il me parla alors de la controverse de Valladolid.

Par la suite, je rentrais en contact avec Jean-Claude Carrière qui a écrit un ouvrage puis un scénario de film sur ce sujet.

Pour honorer la mémoire et la jovialité de mon ancien voisin, voici une nouvelle historique que j’ai imaginée...

NB : Une nouvelle historique n'est pas un fait historique mais une broderie littéraire imaginée autour d'un fait.

* Écrivain guyanais très féru d’histoire locale.

Alain, merci pour l’ouvrage que vous m’avez dédié !

https://www.youtube.com/watch?v=OHkpxGUo9Cc

https://www.youtube.com/watch?v=WuxC_I5KlJc

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BIENVENUE AU PAYS

DES EAUX ABONDANTES :

LA GUYANE

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LA VÉRITABLE HISTOIRE DU COMMERCE TRIANGULAIRE

Dans cette terrible tragédie, tout commence avec le philosophe grec de l’Antiquité Aristote, né en 384 et mort en 322 av. J-C, dont les idées furent très prisées durant des siècles.

Ce savant personnage soutenait “qu'il y des natures d'esclave et des natures de maître, car celui qui, par son intelligence, a la faculté d'organiser le travail d'autrui est maître, là où celui qui a une vigueur corporelle est amené à naturellement travailler comme esclave pour le premier.”

Aristote

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Appliquant les idées philosophiques d’Aristote, durant des siècles, les penseurs de l’église catholique alors toute puissante décrétèrent par écrit que :

-Dans les royaumes, duchés, comtés, principautés et autres domaines, terres, lieux, camps, en possession des susdits Sarrasins, païens, infidèles et autres ennemis du Christ, par l’autorité apostolique, les rois catholiques auraient la pleine et libre faculté d’envahir, de conquérir, d’emporter, de subjuguer et de réduire en perpétuelle servitude toutes les personnes qui y habitent.

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C’est ainsi que saint-Augustin, l’un des plus importants chefs de l’Église de l’Antiquité tardive, dépeignait le domus felix ( la maison heureuse ) :

- Lorsque tu es heureux, que tout te sourit dans le monde, que la mort a épargné les tiens, que dans tes vignes rien n’est desséché, rien n’est endommagé par la grêle, rien n’est stérile, rien ne s’aigrit dans tes fûts, nulle bête n’avorte dans tes troupeaux, rien ne te fait déchoir des dignités que tu occupes dans le monde, lorsque tes amis vivent et te gardent leur amitié, que tes clients sont nombreux, tes enfants soumis, tes esclaves tout tremblants devant toi, ton épouse dans un parfait accord ; c’est là, dit-on, une maison heureuse.

Saint-Augustin

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En 1495, après la conquête de terres nouvelles, dans ce qu’il croyait être les Indes, au retour de son deuxième voyage, Christophe Colomb ramena 550 « Indios* » captifs dans le but de les vendre comme esclaves.

Deux cents d’entre eux moururent au cours de la traversée. Les survivants durent leur liberté à la reine Isabelle de Castille qui, outragée, laissa entendre au marin qu’elle ne tolèrerait pas la mise en esclavage des indigènes avant d’ordonner la remise en liberté et le retour à Hispaniola ( Haïti, St Domingue) des malheureux prisonniers de Colomb.

*Nom que donna Colomb aux habitants du continent qu’il venait de découvrir car il a toujours cru que c’était l’Inde.

Christophe Colomb

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Au XVIe siècle, le roi Charles Quint demanda d’organiser une controverse pour décider enfin du sort des Indios. Elle opposera, à Valladolid, le frère Bartolomé de Las Casas, qui plaidera en faveur des Peuples Premiers chez qui il a vécu, à Juan Ginés de Sepúlveda, le philosophe, qui argumentera et expliquera en quoi ces peuples doivent être colonisés et asservis. Ils auront pour juges le légat (représentant) du pape et le supérieur du monastère où se tiennent les débats.

Charles Quint

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La controverse de Valladolid eut lieu au collège San Gregorio de l'université de Valladolid en Espagne, du 15 août 1550 au 4 mai 1551. Ce fut un débat politique et religieux concernant les relations entre les colonisateurs espagnols en Amérique et les indigènes. Organisé sous le pontificat du pape Jules III à la demande de Charles Quint, roi de Castille et d'Aragon depuis 1516, ce débat réunit des théologiens, des juristes et des administrateurs de haut rang, afin de « traiter et parler de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu'elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience ». La question fut de savoir si les Espagnols pouvaient se fonder sur un « droit de conquête » pour dominer et convertir par la force les populations indigènes ou si les différents Peuples Premiers appelés Indios (Indiens) par les colonisateurs, étaient de légitimes possesseurs de leurs territoires, les Espagnols devant alors se limiter à une colonisation pacifique et à des conversions volontaires.

Le pape Jules III

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Juan Ginés de Sepúlveda,

Bartolomé de Las Casas

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Cependant, avant Charles Quint, la reine de Castille, Isabelle, s’était opposée à l'esclavage des Indios : pour elle, ils étaient des sujets de sa Couronne, ils ne pouvaient donc pas être réduits en esclavage, contrairement à tous les indigènes d'Afrique qui étaient païens, infidèles et ennemis du Christ.

Mais en pratique, elle ne put pas vraiment contrôler ce qui se passait dans le « Nouveau Monde », où de nombreux abus avaient lieu.

La reine Isabelle

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En 1537, le pape Paul III, par les bulles Veritas ipsa du 2 juin 1537 et Sublimis Deus du 9 juin 1537, condamne l'esclavage des Indios et affirme leurs droits, en tant qu'êtres humains, à la liberté et à la propriété.

Le pape Paul III

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La traite atlantique débute au 15ème siècle lorsque les Portugais commencent à acheter des êtres humains sur les côtes d’Afrique. La découverte du « Nouveau Monde » et sa colonisation par les grandes puissances maritimes européennes accélèrent le processus de la traite humaine à travers l’océan atlantique de façon exponentielle. L’exploitation des richesses et des territoires de l’Amérique nécessite une main d’œuvre abondante pour alimenter mines et plantations.

Les émigrants européens, trop peu nombreux, les Indios, décimés par l’exploitation et les maladies, ne suffisent plus à combler ces besoins de plus en plus importants.

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Dès le 16ème siècle, un commerce transatlantique, plus communément appelé « commerce triangulaire » est mis en place. Des navires européens partent avec des marchandises qu’ils échangent sur les côtes d’Afrique contre des captifs fournis par certains royaumes africains. Ces navires européens transportent ensuite les captifs à travers l’Atlantique, dans un abominable voyage. Les captifs sont ensuite vendus à des colons aux Antilles, au Brésil, en Guyane, en Amérique du Nord, mais aussi à la Réunion ou à l’Ile Maurice dans l’Océan Indien.

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Réduits en esclavage, ils travaillent dans des conditions très dures : en moyenne, l’espérance de vie d’un esclave de plantation ne dépasse pas dix ans. Les marchandises produites par les esclaves (sucre, café, cacao, coton, tabac, poivre…) sont ensuite exportées vers l’Europe pour y être vendues.

Les historiens estiment qu’en moyenne, les bénéfices des expéditions de traite sont compris entre 15% et 20%. La traite contribue à l’essor économique des ports, et plus largement des pays qui pratiquent le commerce d’êtres humains.

Le système atteint son apogée aux 18ème et 19ème siècles.

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En Guyane : Les Jésuites ont leurs esclaves

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Entre le milieu du 15ème siècle et la fin du 19ème siècle, on estime que pratiquement 13 millions de captifs furent déportés d’Afrique vers les Amériques et les îles de l’Atlantique. Plus d’un million et demi périrent pendant la traversée.

En Afrique même, d’innombrables victimes moururent lors de leur capture ou lors de leur marche vers la côte, avant même d’embarquer sur les navires négriers.

Le nombre véritable des victimes de ce commerce criminel ne pourra jamais être connu.

La guerre du sucre va beaucoup déstabiliser ce commerce.

Les « Habitations » de Guyane ont profité de ce commerce triangulaire.

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Le triangle maudit

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Vous retrouverez aussi les Peuples Premiers de Guyane dans mon ouvrage !

Et aussi dans celui-ci !