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Fonctions Exécutives, Troubles Cognitifs et Dépression Chez Les Patients Epileptiques Adultes :

Etude Transversale A Propos De 50 Cas

Auteurs: BOUHAFS. IMANE 1,2; SOUIRTI. ZOUHAYR1,3

1 Service de Neurologie, Centre Hospitalier Universitaire Hassan II, Fès, Maroc

2 Laboratoire d’Épidémiologie et de Recherche Clinique, Faculté de Médecine et de Pharmacie , Université Sidi Mohammed Ben Abdallah, Fès, Maroc

3 Laboratoire de Neurosciences Cliniques, Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université Sidi Mohammed Ben Abdallah, Fès, Maroc

L’épilepsie est une affection neurologique chronique dont le retentissement dépasse la survenue des crises. Elle s’accompagne fréquemment de comorbidités cognitives et psychiatriques, notamment des troubles des fonctions exécutives et des symptômes dépressifs. Les fonctions exécutives, impliquées dans la planification, la mémoire de travail, la flexibilité cognitive et le contrôle émotionnel, jouent un rôle essentiel dans l’adaptation au quotidien. Pourtant, leur altération reste souvent sous-estimée en pratique clinique, en particulier lorsqu’elle n’est pas associée à un déficit cognitif global évident.

INTRODUCTION

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale incluant 50 patients adultes suivis pour épilepsie. Les fonctions exécutives, la cognition globale et les symptômes dépressifs ont été évalués à l’aide d’outils standardisés validés. Les données sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques ainsi que les résultats de l’électroencéphalogramme et de l’imagerie cérébrale ont été recueillis et analysés.

DISCUSSION

  • Les résultats de cette étude confirment que les troubles exécutifs sont fréquents au cours de l’épilepsie et qu’ils peuvent rester sous-diagnostiqués en pratique clinique. Ces altérations semblent traduire une atteinte des réseaux fronto-limbiques, impliqués à la fois dans la régulation émotionnelle et le contrôle cognitif.
  • La dissociation observée entre cognition globale et fonctions exécutives met en évidence les limites des outils classiques de dépistage cognitif et souligne l’intérêt d’une évaluation spécifique, plus sensible et plus écologique. Par ailleurs, l’absence d’anomalies à l’imagerie cérébrale et à l’électroencéphalogramme chez certains patients suggère davantage une dysconnectivité fonctionnelle qu’une atteinte structurale visible.
  • Enfin, l’association des troubles exécutifs avec les symptômes dépressifs, fréquemment retrouvés dans l’épilepsie, majore le retentissement fonctionnel de la maladie et renforce l’intérêt d’une prise en charge multidimensionnelle, intégrant les dimensions neurologique, cognitive et émotionnelle.

CONCLUSION

Les troubles exécutifs sont fréquents chez les patients épileptiques adultes et peuvent passer inaperçus en l’absence d’évaluation spécifique. Leur dépistage systématique est essentiel pour mieux appréhender le retentissement de la maladie et améliorer la prise en charge globale, en intégrant les dimensions cognitives et émotionnelles.

REFERENCES

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Résultats

L’étude a inclus 50 patients suivis pour épilepsie, avec un âge moyen de 38,1 ans et une répartition équilibrée selon le sexe. Les épilepsies généralisées étaient prédominantes (66 %) par rapport aux formes focales (34 %). Les explorations paracliniques montraient une IRM cérébrale normale dans 50 % des cas et un EEG intercritique normal dans 56 % des cas. La majorité des patients était sous monothérapie (68 %), contre 32 % sous bithérapie.

Des comorbidités étaient retrouvées chez plusieurs patients, notamment des symptômes dépressifs dans 20% des cas, des troubles du sommeil 12 % et un trouble cognitif global évalué par le MoCA dans 18 %, plus fréquent dans les épilepsies focales.

L’évaluation des fonctions exécutives par le score SAEF-A a mis en évidence un déficit sévère chez 24 % des patients (SAEF-A > 48,5). Parmi ces patients, 50 % étaient sous monothérapie et 50 % sous bithérapie. Fait notable, 66,7 % présentaient une IRM normale et 75 % un EEG normal, confirmant la dissociation entre atteinte fonctionnelle et résultats paracliniques. Le profil des troubles exécutifs était dominé par une altération du contrôle émotionnel, suivie de la mémoire de travail, de l’auto-surveillance, de la flexibilité cognitive et de la planification. La comparaison avec le MoCA montrait une dissociation, avec 50 % des patients ayant un score global normal malgré des atteintes exécutives

( Figure 1) .

Ces résultats soulignent la fréquence des troubles exécutifs dans l’épilepsie, ainsi que la présence non négligeable de symptômes dépressifs et de troubles du sommeil, justifiant une évaluation neuropsychologique et émotionnelle spécifique, indépendamment des résultats des examens paracliniques.

Figure 1: Profil des patients présentant un syndrome dysexécutif sévère (SAEF > 48,5, n = 12 soit 24% des patients )