Dire non
Comment poser ses limites et riposter malgré les conditionnements genrés ?
CC-BY-NC-SA ©Jessica Mautref
Déroulé
Dans quelle situation auriez-vous aimé dire non / aller au conflit / poser vos limites, et vous n’avez pas pu ?
Stress
adapté
VS
Stress dépassé
Le rapport des femmes au conflit
Spoiler alert : cela remonte à l’enfance, et c’est un conditionnement !
Despentes nous l’explique dans Le Monde :
Une étude publiée il y a cinq ans l’exprimait parfaitement. On faisait passer à des petits garçons et des petites filles de 5-6 ans un faux casting pour une pub de yaourt. Et sans leur dire, on avait salé le yaourt. Les petits garçons, sans exception, font 'beurk' devant la caméra, car le yaourt est infect. Les petites filles, elles, font semblant de l’aimer. Elles ont compris qu’il faut d’abord penser à celui qui les regarde et lui faire plaisir.
Eh bien c’est exactement cela la féminité : ne sois pas spontanée, pense à l’autre avant de penser à toi, avale et souris. Tout est dit.
Alors… On arrête de s’en vouloir, ou de culpabiliser les autres :)
Partageons nos exemples de riposte qui nous ont rendues fières !!
Et… se défendre, ça marche !
Quand on ose répondre, quelle sensation de puissance ! Et quelle découverte, quand la personne en face cesse. Cela change aussi les actions des agresseurs, de savoir qu’il y a réponse possible en face.
Exemple du petit Manuel :
“à Orlando, en Floride, pendant les années 1960, un programme social a donné des cours de tir avec des armes à feu à un grand nombre de femmes pour pouvoir se défendre contre les viols (comme vous le verrez plus loin, je ne conseille pas la défense armée pour autant…). Le programme, son contenu et son objectif furent annoncés partout dans les médias. Le résultat fut que l’année suivante le nombre de viols avait diminué de 88 % dans cette ville ! Cinq ans après le programme, le taux d’agressions sexuelles se situait toujours 13 % en dessous du taux moyen en début du programme. Mais on constata aussi que, durant la même période, les viols avaient fortement augmenté dans les zones autour de la ville où il n’y avait pas de programme comparable. La conclusion était donc que les violeurs ont déplacé leurs agressions vers des quartiers moins « dangereux » pour eux.”
Technique n°38, dite de l’autruche
A priori tenace : si je me défends, ça va être pire. Soit :
2 premiers cas : ignorer une agression, c’est laisser la totalité de l’initiative à l’agresseur, cela fonctionne rarement (pour ne pas dire jamais) pour mettre un terme à l’agression.
Evitement du conflit : ce réflexe est ancré, mais n’est pas forcément bon pour nous, pour notre protection, il s’agit donc de tenter de le déconstruire, en envisageant les autres solutions.
Avec Irène Zeilinger, réaffirmons aussi : “Toute femme a le droit d’avoir un mauvais jour, de ne pas répondre à une transgression de ses limites, de ne pas trouver l’énergie ou l’envie pour le faire. Cela ne la rend pas moins courageuse, autonome, assertive, émancipée. Tant que c’est le résultat d’un choix.”
L’humour, un bon refuge ?
L’humour ou le sens de la répartie sont rarement présents quand on est choquées, donc on ne peut pas compter dessus, et c’est difficile à acquérir.
Surtout quand quelqu’un transgresse nos limites, on n’a pas envie de rire, c’est absolument normal de ne pas être dans cet état d’esprit.
Formuler une fuite, différent de ne rien faire
« je vais réfléchir à ma réponse »
« je te ferai savoir quand j’aurai une réponse »
« j’ai besoin de temps pour réfléchir »
Permet de prendre l’agression au sérieux mais reporter le moment où on y répond
Pratiquer la désescalade
Efficace dans les cas d’agression de frustration (personne guidée par sa colère)
« Je vois que tu es en colère. Est-ce que c’est juste ? Je voudrais en parler avec toi »
« J’ai l’impression que quelque chose ne va pas. Qu’est-ce qui s’est passé ? »
Déstabiliser l’agresseur
La citation dépourvue de sens
Une citation qui n’a pas de sens dans le contexte
=> diversion et énigme
La confirmation non-ironique
Répondre oui : « ah, tu es donc si susceptible que ça ? ! », nous pouvons lui répondre : « oui »
Confirmer partiellement ou réinterpréter : « Qu’est-ce que tu es susceptible ! », vous pouvez répondre : « C’est vrai, je suis sensible, merci. »
Vérité générale : « Tu as vraiment du culot de lécher le cul du chef comme ça », vous pouvez répondre : « Tu as raison, c’est important de bien s’entendre avec tous ses collègues. »
Poser ses limites avec la CNV
L’assertivité : s'affirmer tout en respectant autrui. Il y s'agit de se respecter soi-même en s'exprimant directement, sans détour, mais avec considération.
Technique des 3 phrases :