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RAFARA

D’après un vieux conte africain.

Ou comment aborder la jalousie avec les enfants .

Livre à colorier

Alain LANDY 2025

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CONTES POUR GRANDIR

Depuis longtemps, les humains de toutes les cultures savent que les contes aident à construire, à reconstruire une personnalité et même souvent, peut la guérir si elle est abîmée .

Ils permettent de nommer l’inexprimable, de dénouer les contradictions, de réparer les blessures de notre histoire présente et passée. Ils nous aident à grandir et à nous harmoniser. Ils favorisent à l’intérieur de nous-même la réconciliation entre différents états de notre condition humaine, le psychisme, le corps et l’esprit qui parfois se révèlent adversaires et même contraires.

Les contes contiennent des mots, des expressions qui nous enveloppent, nous cajolent dans une clarté affectueuse ; ils nous proposent des associations qui nous illuminent dans une atmosphère limpide et nous emmènent, plus apaisés, aux confins de l’imaginaire et du réel.

Pour aller à la rencontre de contes sur la Guyane suivez les liens :

https://landyschool.blogspot.com/

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Yé krik ! Yé krak !

Il était une fois en Guyane, dans un village près du grand Fleuve Maroni, une grand-mère qui racontait à ses petits-enfants un vieux conte africain.

- En temps longtemps, dans le village de nos ancêtres, il y avait trois filles. La plus jeune était douce et gentille. Mais, les deux aînées la jalousaient et lui voulaient du mal.

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Un jour qu’elles cueillaient des morelles* dans les bois, les deux méchantes filles s’éloignèrent en abandonnant leur petite sœur. Bientôt, la nuit descendit sur la forêt. L’obscurité s’emplit alors de bruits étranges. La fillette finit pourtant par s’endormir.

Mais le monstre Trimobé** surgit dès la première lueur de l’aube.

*https://lepotagerduncurieux.fr/index.php?id_product=152&id_product_attribute=0&rewrite=morelle-africaine-ngoyo-&controller=product

* *Espèce d’ogre africain

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Il s’empara de la malheureuse enfant et l’emporta au plus profond de la forêt.

« Tu seras ma fille Rafara », lui dit-il.

« Je serai donc Rafara ta fille puisque le sort en a décidé ainsi », répondit la petite fille perdue.

Mais Trimobé n’avait nullement l’intention de traiter Rafara comme sa fille chérie. Il l’enferma dans sa case et la gava de nourritures.

Son maléfique projet était de la manger lorsqu’elle serait bien grasse et bien dodue.

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Chaque jour, Trimobé partait chercher de la nourriture en recommandant à Rafara de n’ouvrir à personne. Et chaque jour, il revenait les bras chargés.

A la nuit tombée, sous prétexte de l’embrasser comme le ferait un bon papa, il lui tâtait les côtes pour savoir si elle était à point. Et chaque soir, Rafara le suppliait :

« S’il te plait Trimobé, laisse-moi rentrer dans mon village pour rassurer ma famille… »

« Patience, patience, chère petite, je t’y conduirai bientôt », lui répondait le monstre. Mais c’est au village des morts qu’il avait l’intention de l’emmener.

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Une nuit, tandis que le monstre ronflait comme un éléphant, une minuscule souris se glissa sous l’oreiller de Rafara.

« Rafara, Petite fille » dit la souris, « J’ai très faim…S’il te plait, donne-moi un peu de riz. »

Et Rafara tendit aussitôt à la souris l’écuelle qui était sous son lit.

« Merci, merci, dit la souris. Et, puisque tu as bon cœur, je vais t’aider. Si Trimobé te trouve encore ici demain, il te mangera. Lève-toi vite et fuis immédiatement ! »

« Mais, si je m’enfuis, il me rattrapera », dit la fillette les larmes aux yeux.

« Emporte ce bâton, ce galet et cet œuf et, en chaque occasion, écoute ta petite voix intérieure : c’est ton intuition » dit encore la petite souris.

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En tenant serrés contre son cœur les trois cadeaux de la souris, Rafara ouvrit doucement la porte et rejoignit la forêt sans faire de bruit.

Lorsque Trimobé se réveilla et se dirigea vers le petit lit de bambou où dormait habituellement Rafara, il le trouva vide. Il rentra alors dans une colère terrible.

« Heureusement que Rafara est déjà loin ! » pensa la souris qui observait le monstre depuis l’ouverture de sa cachette. Mais Trimobé avait un flair remarquable.

Il eut vite fait de retrouver la trace de la fillette et de la rejoindre, car il courait au moins dix fois plus vite qu’elle.

« Je te tiens, je te tiens petite fugueuse ! » grogna-t-il en levant les bras pour la saisir.

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Rafara jeta alors le bâton derrière elle en disant : « Cher bâton, cadeau de la petite souris, transforme-toi en fleuve! »

On raconte qu’aussitôt le bâton se transforma en un fleuve aussi large et aussi profond que notre Maroni à la fin de la saison des pluies. Ce qui mit la fillette à l’abri du monstre.

Mais pas pour longtemps. Car Trimobé avait une bouche énorme. A chaque gorgée, il avalait le contenu de mille jarres ! Et, en quelques minute, il but toute l’eau du fleuve qui fut aussi sec que lors des plus terribles saisons sèches. Quand il fut de nouveau tout près d’elle, la fillette se souvint du galet et le jeta en disant : « Chère galet, cadeau de la souris, transforme-toi en épaisse forêt ! »

On raconte qu’aussitôt une immense forêt se dressa entre Rafara et le monstre.

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Mais Trimobé avait une queue puissante et tranchante comme une hache de bucheron. Il eut vite fait d’abattre tous les arbres de cette forêt et de rattraper la fillette. Rafara jeta alors l’œuf en disant : « Cher œuf, cadeau de la souris, transforme-toi en montagne ! »

On raconte que la fillette se retrouva aussitôt au sommet d’une montagne plus haute et plus inaccessible que nos monts Tumuc-Humac.

On raconte aussi que Vovondréo, le grand oiseau aux ailes puissantes passait par là et que Rafara l’appela :

« Vovondréo, gentil oiseau, prends-moi sur ton dos et ramène-moi dans mon village. Je te promets en récompense des pierres précieuse de toutes les couleurs qui feront scintiller ton plumage. »

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Vovondréo, qui avait un plumage terne, accepta avec joie. Il emporta Rafara sur son dos et la déposa dans son village juste devant la case de ses parents.

Rafara décora alors les ailes du fabuleux volatile de mille pierres précieuses puis, elle salua le bel oiseau qui s’envola pour retrouver son nid.

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On raconte que le père fut rempli de joie quand il retrouva sa fillette chérie mais, que sa colère fut terrible lorsqu’il apprit que ses deux sœurs l’avaient abandonné seule dans la forêt. Il voulut leur couper les mains mais Rafara le supplia de les épargner.

« Soit », dit le père, « je vous fais grâce. Cependant, s’il vous arrive encore d’être jalouses et méchantes, c’est votre cou que je trancherai ! »

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On raconte enfin qu’en grandissant, Rafara devint si jolie que le fils du roi la voyant passer devant son château la demanda en mariage. On raconte même que…

Mais ceci mes enfants, c’est une autre histoire que ma grand-mère ne m’a jamais racontée !

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Je réfléchis

  1. Où se passe cette histoire ?
  2. Que penses-tu des sœurs de Rafara?
  3. Que penses-tu de Rafara ?
  4. Que penses-tu de Trimobé ?
  5. Que penses-tu de la souris ?
  6. Que penses-tu du papa de Rafara ?
  7. Quelles leçons de vie tires-tu de ce conte ?
  8. Connais-tu des contes guyanais qui parlent de monstres ?

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=QYKfHfLMFos