GRAN ZORÈY �LE ROI DE MASSOUGUÉ
D’après un conte de Michel Lohier
Alain LANDY 2026
Admettre d’être différent: « Être fort, c’est s’accepter et se pardonner tel qu’on est.» Proverbe japonais.
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J'ai trouvé la graine d’une histoire,
Je l'ai plantée dans ma mémoire,
Elle a germé, poussé, fleuri,
Je vous en offre tous les fruits.
A votre tour plantez-la
Et la chaîne continuera…
A mon petit-fils Kymani, descendant d’esclave africain… Le roi du selfie
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LES PERSONNAGES
Gran Zorèy le jeune roi
Bacanaco le chasseur
Le vieux roi
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LES PERSONNAGES
Le baobab
Le vieux lion
La femme de Bacanaco
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Le conte du roi aux grandes oreilles est né en Afrique. Il se transmit au fil du temps, de griot* à griot et d’un village à l’autre. Et bientôt, il se répandit dans une très grande partie de l’Afrique noire, comme on disait à cette époque. Puis, il embarqua sur un « navire négrier » pour arriver un jour sur le sol de la colonie américaine de « France Équinoxiale » qui deviendra plus tard la Guyane actuelle.
*En Afrique subsaharienne, membre de la caste des poètes musiciens ambulants, dépositaires de la culture orale et réputés être en relation avec les esprits.
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Et ce sont les conteuses et les conteurs guyanais qui ont perpétué sa transmission.
C’est ainsi que, « le roi aux grandes oreilles de Massougué », conte populaire africain deviendra, au fil du temps, « Gran Zorèy », un conte créole guyanais.
Soyez attentifs, l’un de ces conteurs nous raconte :
“Dèyè toujou dèyè, divan toujou divan”: ce qui est demeure en dépit de tous les obstacles !
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Yé krik, yé krak
Il était une fois, en temps longtemps, sur le continent de mes ancêtres africains, un royaume des savanes qui s’appelait Massougué. Ce pays était gouverné par un vieux roi débonnaire. Ses sujets étaient heureux de l’avoir pour souverain. Ce monarque avait un fils Bakari ce qui veut dire « celui qui espère ».
Mais, ce prince était affligé d’une paire de grandes oreilles. Et tout le monde riait sous cape en le voyant passer. Tous les sujets de son père l’avaient baptisé à son insu « Grandes Oreilles » et nous ici, nous l’aurions certainement appelé « Gran Zorèy ».
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Lorsque le vieux souverain décéda, son fils prit sa place. Alors, après le deuil, dans le royaume de Massougué, les choses changèrent du tout au tout.
À cause de sa difformité naturelle, le nouveau roi était très susceptible.
Il était maintenant interdit de prononcer seulement le mot oreille devant lui. Celle ou celui qui s’y aventurait pouvait terminer sa vie en prison ou, au pire, la perdre.
La nouvelle police était vigilante et les nouveaux juges acharnés.
La vie quotidienne dans tout le pays devint rapidement infernale.
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Or, parmi ses sujets, il y en avait un qui s’appelait Bacanaco.
Bacanaco était un chasseur réputé pour son savoir-faire cynégétique mais aussi pour sa bienveillance naturelle.
Et aujourd'hui, il ne supportait plus ce qui se passait dans ce grand royaume africain.
Il devait faire quelque chose pour que les choses changent.
Il ne fallait plus que son peuple souffre.
Il comprit assez vite que, pour cela , le jeune roi ne devait plus souffrir non plus : grandes oreilles ou pas, il devait s’accepter comme il était et surtout, comme la nature avait choisi qu’il soit.
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Or, Bacanaco avait un don, il était ventriloque. Il émettait des paroles sans bouger les lèvres.
Enfant, il s’amusait parfois à effrayer ses camarades en faisant parler des objets ou des animaux les plus divers pour mieux en rire plus tard.
Une nuit, une idée rocambolesque lui vint et, au matin, il la confia à sa femme.
Celle-ci leva les yeux au ciel et dit à son mari :
- Garde-toi bien de faire ça sinon, le nouveau roi te fera couper la tête.
Mais, Bacanaco était plus têtu qu’une mule.
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Le jour même, il demanda à être reçu en privé et le plus rapidement possible par Gran Zorèy.
- Bonjour votre majesté.
- Bonjour Bacanaco, qu’as-tu à me dire de si important ?
- Mon roi, hier, j’étais en train de chasser l’antilope dans la savane, quand j’ai entendu clairement l’un de nos arbres sacrés, un baobab, qui parlait à un vieux lion et qui prononçait votre nom avec ferveur !
- Comment, Bacanaco, un arbre sacré qui me connaît ?
- Oh oui mon roi ! Et qui vous encense !
- Et comment m’appelle-t-il ?
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Et le matin suivant, quelques minutes après les premiers chants du coq, le jeune roi aux grandes oreilles et Bacanaco le chasseur étaient au pied du baobab.
Et ce qui devait arriver arriva.
Dès que l’arbre sacré vit le roi, il lui dit d’une voix grave :
- Bienvenue majesté dans le monde des végétaux. Gloire à notre roi « Gran Zorèy » le plus grand de tous les rois africains que j’ai pu connaître, moi qui peux vivre plus de deux mille ans !
Et le monarque en resta bouche bée.
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Et, le jour même, quelques heures après leur rencontre avec l’arbre sacré, le jeune roi aux grandes oreilles et Bacanaco le chasseur rejoignaient le vieux lion qui, comme à son habitude, se reposait en plein soleil.
Et ce qui devait arrivé arriva.
Dès que le vieux lion vit le roi, il se redressa et il lui dit :
-Bienvenue majesté dans le monde des animaux ! Gloire à notre roi « Gran Zorèy » le plus grand de tous les monarques africains que j’ai pu connaître : moi qui suis le roi des animaux de ce grand continent !
Et le jeune roi en resta bouche bée.
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Ainsi, grâce à l’habile subterfuge de l’intrépide et ingénieux chasseur Bacanaco, le bonheur et la joie de vivre revinrent enfin à Massougué, le royaume du roi « Gran Zorèy » qui fut désormais aussi débonnaire que son père.
Comme tout le monde avait à y gagner, personne ne révéla jamais la supercherie.
Et comme on le dit dans de nombreux contes pour timoun :
Tout est bien qui finit bien !
JE DÉBATS
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COLORIE LE ROI GRAN ZORÈY
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COLORIE BACANACO LE CHASSEUR
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COLORIE LA CASE DE BACANACO
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COLORIE LE BAOBAB
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COLORIE LE VIEUX LION
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QUELQUES LIENS ET QUELQUES OUVRAGES