1 of 14

TITIMOUN ET LA DAME DE LA FORÊT

Alain LANDY 2024

Conte à réfléchir : la politesse

2 of 14

2

3 of 14

3

Il était une fois, dans une petite commune de Guyane Titimoun, un jeune garçon qui vivait avec ses parents et sa sœur Lola, dans une minuscule case en bois.

Pour subsister, ils n’avaient qu’un petit abattis où ils cultivaient quelques légumes pays.

Le garçonnet allait de temps en temps dans la forêt pour ramasser du bois, cueillir des fruits sauvages et se rendait aussi au bord du fleuve pour pêcher. Pour son goûter, sa mère ne lui donnait qu’un modeste morceau de galette de manioc.

Même si la vie était parfois bien difficile, Titimoun était un enfant qui chantait et dansait tout au long du chemin. Il fredonnait toute la journée en travaillant et rapportait presque chaque soir à sa maman un panier en arouman rempli de bois, de fruits et de poissons.

Un jour, alors qu’il était à pêcher et à chanter, une étrange créature, moitié femme, moitié poisson, sortit de l’eau :

- Aimes-tu danser petit garçon ? lui demanda la sirène.

- Je pourrais danser un jour entier madame ! dit le jeune garçon fièrement en relevant la tête.

- Alors, viens avec moi et je t’apprendrai de nouvelles danses.

4 of 14

4

5 of 14

5

C’est alors que tous les animaux de la forêt se mirent à chanter sur les accords que le vent soufflait dans les branches…

Ils dansèrent, dansèrent, dansèrent ; mais quand le soleil se coucha, Titimoun réalisa que son panier était à moitié vide…

- Titimoun, serais-tu malade ? lui demanda sa maman quand il rentra chez lui.

- Maman, je te promets de remplir mon panier demain !

Le lendemain, sur le chemin, Titimoun n’avait plus envie, ni de danser, ni de chanter.

- Aujourd’hui il n’est pas question que j’accompagne cette étrange femme-poisson, pensa-t-il !

Il pêcha toute la matinée mais, lorsque le soleil arriva au zénith, la belle dame apparut à nouveau pour l’inviter :

- Non, merci, mais je ne peux pas, répondit le jeune garçon, j’ai beaucoup trop à faire !

- Ne t’inquiète donc pas pour ça, je m’en occuperai plus tard !

Et, laissant son panier à terre, ils dansèrent, dansèrent, dansèrent de longues heures durant…

6 of 14

6

7 of 14

7

A la tombée du jour, Titimon s’effondra en larmes en voyant que son panier était presque aussi vide que la veille.

Alors, la mystérieuse femme poisson murmura quelques paroles magiques et, en un clin d’œil, tout fut comme si Titimoun avait pêché et cueilli durant toute une journée.

- Pêche, cueille, mais ne jure jamais, lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux. N’oublie pas, pêche, cueille, mais surtout, ne jure jamais ! Répéta la femme poisson.

Le lendemain, le jeune garçon chantait et dansait à nouveau tout en cheminant vers le fleuve. A midi, la belle sirène se présenta, les animaux chantèrent et le vent souffla ses accords…

Et ils dansèrent, dansèrent, dansèrent, jusqu’au soir…

A la tombée de la nuit, Titimoun reçut de la dame un joli petit coffre en angélique, une variété de bois pays.

- Surtout, ne regarde pas ce qui est à l’intérieur avant d’être rentré chez toi, précisa-t-elle en levant son index bien droit !

8 of 14

8

9 of 14

9

Mais, en cours de route, Titimoun qui est curieux comme un pian, ouvrit le petit coffre et le trouva plein de graines d’awaras. En fouillant dans le coffret, avant de la refermer, trois graines tombèrent sur le sol et se perdirent dans l’herbe épaisse. Un peu déçu par le contenu du coffret, il rentra enfin chez lui.

Sa mère en colère l’attendait sur le pas de la porte :

- Titimoun, dis moi pourquoi ton panier n’est-il jamais plein de la même façon et pourquoi sembles-tu aussi penaud depuis quelques jours ? N’y a-t-il pas derrière tout ça quelques sorcelleries ou quelques diableries ?

Le jeune garçon ne voulant pas mentir à sa maman fut bien obligé de tout lui avouer : la merveilleuse et mystérieuse femme poisson, les danses sans fin, les animaux chanteurs, le coffret en bois pays et la promesse de ne jamais jurer…

- Tu as certainement rencontré Manman Dilo, lui dit sa mère en secouant la tête. Elle sort parfois du fleuve pour venir danser avec les jeunes garçons ou les jeunes filles. Par contre, si elle rencontre un homme mûr, elle l’entraîne au plus profond de l’eau et on ne le revoit plus jamais. Souviens t’en mon fils, pour plus tard !

10 of 14

10

11 of 14

11

Titimoun lui montra alors le petit coffre en bois pays et, lorsqu’ils l’ouvrirent, ils constatèrent que les awaras restants s’étaient tous transformés en chemin, en autant de pépites d’or…

- Heureusement que tu n’as pas tout laissé tomber à terre ! lui dit sa mère en secouant la tête par saccades et en tchipant.

Le lendemain, toute la famille alla à l’endroit où Titimoun avait laissé tomber les trois awaras. Mais, ils ne découvrirent rien d’autre que trois nouveaux majestueux pieds d’awaras aux longues épines qui avaient poussé pendant la nuit.

Pour faire plaisir à sa maman, Titimoun ne rencontra plus jamais Manman Dilo et ne jura jamais de toute sa vie.

En vendant les pépites, ses parents achetèrent une belle case créole et le jeune garçon continua à danser et à chanter tout au long des jours suivants.

Aujourd’hui Titimoun est tambouyen et il fait danser et chanter les habitants de la Guyane, surtout pendant la longue période du Carnaval.

12 of 14

12

13 of 14

13

Je colorie

14 of 14

14

Je colorie