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L’ÉCUELLE EN BOIS

D’après un conte de Grimm : L’écuelle du grand-père que m’a raconté Mme Fanny Simon professeure à l’ESPE de Cayenne.

Ou comment aborder les relations intergénérationnelles avec les enfants.

Livre à Colorier

Alain Landy 2025

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CONTES POUR GRANDIR

Depuis longtemps, les humains de toutes les cultures savent que les contes aident à construire, à reconstruire une personnalité et même souvent, peuvent la guérir si elle est abîmée.

Ils permettent de nommer l’inexprimable, de dénouer les contradictions, de réparer les blessures de notre histoire présente et passée. Ils nous aident à grandir et à nous harmoniser. Ils favorisent à l’intérieur de nous-même la réconciliation entre différents états de notre condition humaine, le psychisme, le corps et l’esprit qui parfois se révèlent adversaires et même contraires.

Les contes contiennent des mots, des expressions qui nous enveloppent, nous cajolent dans une clarté affectueuse ; ils nous proposent des associations qui nous illuminent dans une atmosphère limpide et nous emmènent, plus apaisés, aux confins de l’imaginaire et du réel.

Pour aller à la rencontre de contes sur la Guyane suivez les liens :

https://landyschool.blogspot.com/

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À nos petits-enfants

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Yé krik ! Yé krak !

Il y a temps longtemps, en Guyane, une grand-mère vivait chez sa fille et son gendre.

Elle aurait pu être heureuse, puisqu’elle avait un petit-fils adorable de sept ans et une gracieuse petite-fille de cinq ans, qui jouaient, chantaient et riaient toute la journée auprès d’elle. Elle les dorlotait ?

Et bien oui mes amis ! Mais… car il y a un mais !

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Comme la grand-mère mangeait très mal, à cause de ses pauvres vieilles mains tremblantes et de ses dents qui lui manquaient, pendant les repas, on la reléguait tout au bout de la table, dans un coin où presque personne ne pouvait la voir.

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Souvent son gendre se plaignait et disait haut et fort :

- Elle a encore taché notre nappe en renversant son verre !

Et sa fille ajoutait :

- Et elle a encore gâché la moitié du repas qu’on lui avait servi !

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Un jour, comme la pauvre grand-mère avait, pour la deuxième fois dans la semaine, cassé son assiette en la faisant tomber, on lui acheta une écuelle en bois, comme celle que l’on donne aux chiens, aux chats, aux poules ou aux cochons.

Et sa fille lui dit alors d’un air supérieur :

- Ainsi, maman, désormais, tu ne casseras plus notre vaisselle !

Vous saisissez maintenant, pourquoi cette grand-mère souhaitait mourir ?

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Le petit garçon et sa sœur, eux, ne comprenaient pas encore ces choses-là.

Parce qu’ils étaient bien trop jeunes peut-être ?

Et ils se disaient :

- Comme c’est bizarre : aux gangans on donne des écuelles en bois et on les commande comme des bébés !

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Et le jour même, ensemble, assis sur les escaliers de la terrasse, ils commencèrent à tailler un morceau de bois avec leurs couteaux, dans une grosse branche d’angélique.

- Que faites-vous donc là ? leur demandèrent tour à tour leur mère et leur père.

- Vous voyez bien : nous fabriquons deux écuelles en bois pour vous, quand vous serez bientôt vieux ! répondirent-ils d’une seule voix.

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Le père et la mère comprirent alors :

- Comme nous avons été durs et ingrats envers notre propre gangan ! Et voilà ce que notre petit garçon et notre petite fille ont compris, que nous leur apprenions à devenir aussi durs et aussi ingrats que nous !

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Alors, chacun de leur côté, les parents prirent la grand-mère par le bras, la conduisirent à table, à la place d’honneur, et désormais, dans la case, ce fut à qui gâterait et honorerait cette chère vieille dame.

Elle retrouva à nouveau le sourire et sa place dans la famille.

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Je réfléchis

  1. Où se passe cette histoire ?
  2. Que penses-tu de la grand-mère ?
  3. Que penses-tu des petits-enfants ?
  4. Que penses-tu des parents ?
  5. Que penses-tu de la fin de ce conte ?
  6. Quelles leçons de vie tires-tu de ce conte ?
  7. Connais-tu d’autres contes qui parlent des gangans en Guyane ?

L’éducation c’est l’exemple ! Célestin Freinet