Il était une fois la création du monde
Alain LANDY 2025
La création du monde tableau de Raphaël RAPHY
10 bonnes raisons d'étudier la mythologie avec les enfants (1)
1. La mythologie accompagne et aide à la construction psychologique de l'enfant
On retrouve dans les contenus des récits mythologiques des éléments forts qui correspondent aux étapes du développement de l'enfant et à ses besoins psychologiques (son vécu intérieur, ses relations avec sa famille ou son entourage). Les récits mythologiques présentent des héros. Ils mettent en scène des besoins de l’enfant qui grandit. Certaines histoires symbolisent nos mauvaises pulsions (l'orgueil, l'égoïsme, la brutalité, etc, etc. La mythologie peut ainsi apporter une sécurité affective et aider l'enfant à trouver sa place de sujet dans le groupe et dans la société.
2. La mythologie prend en compte les inquiétudes de l'enfant
Le mythe met des images avec des mots sur les craintes archaïques, aide à formuler ses peurs et ses incertitudes, en prendre conscience, ce qui permet d'y répondre. Les psychanalystes pensent qu'il est important pour l'enfant qu'on parle de ses peurs. Certains mythes directement accessibles répondent à ces préoccupations. On aborde dans la mythologie deux interdits fondamentaux : l'inceste et l’anthropophagie.
3. La mythologie offre à l'enfant les moyens de grandir par le biais de l'imaginaire
L'analyse des mythes nous renvoie directement à l'imagination et à l'imaginaire collectif et stimulent la créativité. On y trouve des récits, des héros, des dieux qui donnent l'occasion de rechercher le rapport, de faire la différence entre le réel et l'imaginaire, qui nous interrogent entre mythe et science et donnent des réponses. Plonger l'enfant dans l'univers de la mythologie, c'est le rendre riche d'un monde intérieur nourri de symboles et de représentations mentales qui seront nécessaires à son pouvoir créateur.
4. La mythologie aide particulièrement l'enfant qui a peur d'apprendre
Elle permet d'entrer directement dans des problématiques, des inquiétudes ou des peurs des enfants. Les enfants en difficulté ont une réelle peur d'entrer dans les apprentissages car apprendre c'est prendre des risques et ils ont appris par leur vie personnelle à éviter les risques qu’ils perçoivent souvent comme dangereux. Alors que vivre c’est très souvent savoir prendre des risques.
5. La mythologie renforce la conscience d'appartenir à un groupe, à une identité
Ces récits fondateurs possèdent un rôle social. Ils unifient la société et peuvent avoir une fonction intégrative en permettant de rassembler les humains autour d'une origine commune.
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10 bonnes raisons d'étudier la mythologie avec les enfants (2)
6. La mythologie développe des connaissances, enrichit un bagage culturel, participe à la constitution d'un patrimoine
La culture humaniste donne aux élèves des références communes. Elle a pour but de cultiver une attitude de curiosité pour les autres pays du monde (histoire, civilisation, actualité). Elle développe la conscience que les expériences humaines ont quelque chose d'universel.
7. La mythologie construit une culture fondatrice, s'inscrit dans la mémoire commune
La mythologie peut jouer un rôle dans la transmission de valeurs communes.
8. La mythologie permet de découvrir et de comprendre le monde
La mythologie évoque les grandes questions que se pose l'humain :
- recherche des origines
- devenir de l'humanité
- interprétation de faits
9. La mythologie donne des références culturelles
Les mythes fournissent des repères indispensables à la compréhension d'œuvres artistiques (littéraires, plastiques, cinématographiques...). Lorsque nous nous rendons au musée, la valeur des tableaux est totalement différente selon que l'on possède ou non les références. On retrouve cette nécessité dans la littérature, la musique et le cinéma.
10. Le travail autour de la mythologie permet d’acquérir des compétences multiples
- Il améliore l'écoute
- Il améliore la compréhension
- Il améliore l'expression orale
- Il améliore l’expression écrite
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Les habitants actuels de la Guyane sont issus de nombreux peuples venus de presque tous les continents.
Chacun de ses peuples a une histoire et chacun a une légende qui explique la création du monde. En voici quelques versions. ( Naturellement, il y en a d’autres)
Un mythe de la création est un récit ou une explication mytho-religieuse surnaturelle qui décrit les débuts de l'humanité, de la Terre, de la vie et de l'univers (cosmogonie), généralement comme un acte délibéré de « création » par une ou plusieurs divinités. De nombreux mythes de la création partagent des thèmes largement similaires.
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1. La création du monde chez les Wayanas
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Ciel de case Wayana
Il était une fois en Guyane, un vieux chaman Wayana qui, un soir, dans le tukusipan*, conta aux enfants de son village comment leur peuple relatait la création du monde :
- Dans l’Univers Wayana, disait-il, il y a deux ciels superposés.
Le plus bas, qui correspond au niveau des nuages, est le pays des esprits yolok pata. Certains nuages sont d’ailleurs des yolok ahmit, c’est-à-dire sièges, supports des yolok, où ils se reposent entre leurs déplacements d’une rivière à l’autre.
Nous, les chamans, dans nos assomptions, avons accès à ce ciel.
Au-dessus de ce ciel se trouve un autre palier, celui du créateur Kouyouli, des étoiles, du soleil et de la lune.
Les yolok ordinaires n’y ont pas accès, seuls les vautours Kutkutuli et Awila s’élèvent jusque-là.
Toutefois, les hommes médecine comme moi ne peuvent pas y accéder, même en utilisant le tronc d’un fromager qui symbolise l’échelle qui permet aux sorciers d’atteindre le monde des esprits.
*carbet de réunion
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Chaman wayana
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Pour notre peuple, continua-t-il, la terre est comme une masse flottante, une île immense au-dessus d’une étendue d’eau encore plus grande, domaine des Ipo les esprits des eaux.
Kouyouli, l’être suprême, a créé les Wayana et les autres humains. Il n’a pas eu de père. C’est sa grand’mère Pëlé qui a élevé son embryon dans une calebasse-gourde que nous appelons tutpë.
Kouyouli créa d’abord les eaux. Puis il conçut les premiers humains.
Comme, après ce travail harassant, tout son corps était couvert de plaies, sa femme le quitta parce qu’il sentait mauvais.
Elle partit alors danser avec les humains créés par Kouyouli et lui, il demeura avec sa belle-mère qui lui était restée fidèle.
Pour se soigner, il cueillit les fruits charnus d’un genipa, un arbuste de notre forêt. Il frotta tout son corps avec leur jus.
Une fois guéri, il frotta le corps de sa belle-mère avec le même jus pour qu’elle redevienne jeune et belle.
Ensuite, il l’épousa.
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Pour se venger de sa femme et des premiers humains qu’il avait créés et qui l’avaient repoussé parce qu’il était blessé et malade, Kouyouli fit tomber pendant des jours et des jours des eaux qui recouvrirent toute la terre pour les noyer.
Quand, calmé, il arrêta, alors les eaux commencèrent à baisser. Il ne restait qu’un seul survivant malingre qui s’était réfugié sur un tronc d’arbre flottant. Le créateur du monde Wayana lui fit grâce pour qu’il puisse témoigner. Puis, il lui donna à manger. Alors, il conçut de nouveaux humains. Il créa ensuite les poissons. Il fit voler les oiseaux qui, jusque-là, couraient à même la terre. Il jeta aux humains des plants de banane, d’ananas, de patate douces et de nombreux autres fruits et légumes puis, il leur apprit à chasser.
Enfin, avec le concours de l’oiseau coq de roche*, Kouyouli leur révéla le feu.
Et, désormais, les humains aux yeux en amande et à la peau cuivrée pouvant se nourrir et cuire leurs aliments s’installèrent dans notre grande forêt guyanaise.
Aussi, pour se souvenir ce cette création, ils appelèrent leur pays : la Terre des Eaux Abondantes.
Voici comment nous, Wayana, nous avons appris de nos ancêtres de quelle façon avait été créé notre monde et j’ai senti comme un devoir de vous le transmettre.
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QUELQUES SOURCES :
https://landyschool.blogspot.com/
https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_6/Mem_cm/12302.pdf
https://classiques.uqam.ca/contemporains/chapuis_jean/Wayana_eitoponpe/Wayana_eitoponpe_intro.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Genipa_americana
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2. La création du monde chez les colonisateurs européens
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La création du monde tableau de Melchior BOCKSBERGER
Voilà comment les premiers religieux « françois » expliquaient la création du monde aux habitants de cette partie du « Nouveau Monde », de cette « France Équinoxiale », qui deviendra plus tard la Guyane :
- Au commencement du commencement, Dieu le tout puissant créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Il vit que la lumière était bonne ; et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.
Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux. Et il fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi.
Dieu appela l’étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le deuxième jour.
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Un missionnaire religieux en Guyane
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Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec terre et il appela l’amas des eaux mers et il vit que cela était bon.
Puis Dieu dit : Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant des fruits selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et tout fut ainsi. Dieu vit que cela était bon. Et, il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le troisième jour.
Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel pour éclairer la terre, pour séparer le jour d’avec la nuit ; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années. Et cela fut ainsi.
Dieu fit les deux grands luminaires. Le plus grand fut le soleil, pour présider au jour, et le plus petit fut la lune, pour présider à la nuit. Il fit aussi les étoiles pour accompagner la lune dans l'obscurité de la nuit. Dieu vit que tout cela était bon.
Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.
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Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel.
Dieu créa les poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon.
Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux se multiplient sur la terre.
Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.
Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivants, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
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Puis Dieu dit : je vais faire l’homme à mon image, selon ma ressemblance, et qu’il domine les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, le bétail et tous les reptiles qui rampent sur toute la terre.
Dieu créa l’homme à son image. Il créa l’homme puis la femme.
Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, et assujettissez la ; dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, et tout animal qui se meut sur la terre.
Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui des fruits et portant de la semence : ce sera votre nourriture.
Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture.
Et cela fut ainsi.
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Dieu vit tout ce qu’il avait fait et trouva que cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour.
Le septième jour, comme Dieu avait achevé toute son œuvre, il se reposa.
Et moi, religieux chrétien, je suis ici pour vous apprendre comment notre Dieu unique créa le ciel et la terre et tous leurs habitants !
La Bible : Ancien Testament
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La Genèse de Sybo Sylvie BEAUREGARD
3. La création du monde chez les Africains
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Un jour en Guyane, avant l’abolition de l’esclavage, le fils d’une esclave de maison raconta aux enfants de leur maître d’habitation cette vieille légende que lui avait raconté sa mère et la mère de sa mère arrachée à son Afrique natale.
- Il y a très, très longtemps, au tout début du premier commencement, un lézard et un œuf eurent envie de manger du raisin. Ils partirent donc dans la brousse et cherchèrent un beau raisinier. Le raisinier est un arbre africain à petits fruits rouges et sucrés qui ressemblent aux raisins de vos vignes.
Ils cherchèrent très longtemps et finirent par en trouver un chargé de fruits mûrs à point. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le lézard fut dans les branches. L’œuf, lui, eut du mal. Il essaya de grimper mais il n’y arriva pas. Le lézard descendit alors pour l’aider. Il souleva l’œuf puis poussa, poussa, et réussit enfin à le hisser dans les ramures. Et là, tous les deux se mirent à manger du raisin. Ils en mangèrent tant et tant qu’ils en eurent plein la panse, jusqu’à ne plus pouvoir en avaler un seul grain. Ils décidèrent alors de redescendre. L’œuf avait du mal, il roula puis glissa.
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Bélizaire le jeune esclave qui participait à l’éducation des enfants Frey, son « maître d’Habitation »
tableau de Jacques Amans peintre français (1801–1888)
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Il cria au lézard qui était déjà en bas depuis un moment :
- S’il te plait lézard, fais pour moi un tas de terre molle et de feuilles au pied de l’arbre, comme ça, si je tombe, je ne me casserai pas !
Le lézard fit comme son ami le lui avait demandé. Mais, au milieu du tas, il restait une petite pierre pointue. Cela suffit pour que l’œuf en tombant se casse en mille morceaux. Le lézard se mit alors à rire comme un fou, quand près de lui, une herbe très coupante vint lui trancher le cou ! Plus de lézard !
A son tour, l’herbe coupante éclata de rire quand un feu de brousse la brûla. Plus d’herbe !
Le feu se mit lui aussi à rire, il hurla de rire. Mais, quand l’eau d’une pluie tropicale drue vint l’éteindre, plus de feu !
L’eau se mit à rire, elle rit aux larmes mais, quand les animaux sauvages vinrent la boire, plus d’eau, même pas une seule goutte !
Les animaux sauvages se mirent alors à rire, ils riaient à gorge déployée quand les chasseurs vinrent les tuer. Alors, plus d’animaux sauvages ! Ce sont les chasseurs qui riaient maintenant. Ils riaient de toutes leurs dents quand la mort vient les tuer.
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Plus de chasseurs ! Ce fut au tour de la mort de rire, elle s’étouffa de rire quand la vie vint la foudroyer. Plus de mort !
La vie ne put pas s’empêcher de rire, elle rit de bon cœur quand notre Dieu, le maître de tout, vint la détruire. Plus de vie ! Le monde lui-même était anéanti. Vous savez, notre Dieu créateur est quelqu'un de très sérieux. Lui, il n’a pas ri, ni même esquissé le moindre sourire. Et quand le vieux monde fut complètement anéanti, il créa un nouveau monde, c’est celui-là même où nous vivons, vous et moi, aujourd’hui, ici et ailleurs sur cette terre si vaste.
Et voilà : En Afrique, dans le pays de mes ancêtre, la création de notre monde s’est passé comme ça, et pas autrement. Je vous le jure. C’est ma mère qui me l’a enseigné comme le lui avait aussi appris sa mère, ma grand’mère maternelle.
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4. La création du monde chez les Chinois
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La création du monde par Pangu
À la suite de trois vagues migratoires distinctes (1860, entre 1920 et 1970 et de 1980 à nos jours), une communauté chinoise s’est constituée en Guyane. Les deux premières vagues étaient composées majoritairement de Chinois Hakkas, provenant du Guangdong (Canton). Ils étaient engagés pour travailler dans des plantations de canne à sucre, mais, ils parvinrent très rapidement à ouvrir de petites boutiques.
Un soir, après la fermeture de son magasin, la femme d’un vieux commerçant chinois de Cayenne raconta à sa petite fille comment ses ancêtres pensaient la création du monde :
- Syunay (petite-fille), avant que notre monde actuel ne soit créé, dans l’univers, se trouvait un œuf. Depuis 18.000 ans, dans cet œuf, dormait profondément un homme nommé Pangu (Pángǔ).
Un jour, il se réveilla et ne trouva autour de lui qu’obscurité. Dans cet espace minuscule, il commençait à étouffer. Il se mit alors en colère et frappa la coque qui se brisa en deux.
Les éléments les plus légers s’élevèrent et devinrent le Ciel, tandis que les éléments les plus lourds formèrent la Terre.
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Pangu était libéré et se sentait bien, mais craignant que la Terre et le Ciel se réunissent à nouveau, il tendit les bras pour soutenir le Ciel. Le Ciel et la Terre grandirent jour après jour et il se passa la même chose pour Pangu.
Encore 18.000 ans s’écoulèrent, le Ciel était très grand et la Terre très solide.
Mais, à cause de tous ces efforts pour les maintenir séparés, Pangu était épuisé.
Il tomba au sol et mourut de fatigue.
Alors, tout son corps se transforma et ainsi, son souffle devint le vent, son œil gauche le soleil, son œil droit la lune, ses cheveux et sa barbe les étoiles, sa voix le tonnerre.
Son sang se transforma en rivières et en fleuves, ses dents en pierres précieuses, les poils de sa peau en forêts et en végétation et enfin, ses membres devinrent des montagnes.
Par la suite, sur la terre, les êtres humains seront créés de la main de la Déesse Nüwa.
L’histoire se passe juste après la création du monde par le Géant Pangu.
La Déesse Nüwa qui venait de l’Univers, mi-femme mi-serpent, descendit sur Terre pour visiter l’œuvre de Pangu. Elle se promena dans les montagnes, les champs, le long des fleuves, admira la lune et le soleil.
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Nüwa crée les humains à partir de la boue.
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Le paysage était magnifique mais beaucoup trop calme et Nüwa sentit que quelque chose manquait, elle se sentait seule et avait besoin de compagnie.
Elle s’assit et commença à sculpter des formes avec de la boue. Elle les façonna non pas complètement à son image mais avec deux jambes et, elle leur insuffla la vie. Ainsi étaient nés les premiers humains.
Ils pouvaient marcher et étaient dotés d’intelligence, ce qui amusait beaucoup Nüwa. Les humains l’acclamaient et cela la rendait très heureuse alors, elle décida d’en créer encore plus.
Cela prit la journée entière. Mais, les humains se dispersèrent rapidement sur la Terre qui était Immense. Elle pensa alors que ses créations ne seraient jamais suffisantes pour tout peupler. Aussi, elle devint triste et, pour se changer les idées, elle cassa une petite branche de saule et donna de grands coups dans la boue.
Mais voilà que, comme par magie, chaque gouttelette éclaboussée se transforma en un homme ou une femme.
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Ainsi, des milliers et des milliers d’êtres humains naquirent de cette façon beaucoup plus rapide et la Terre put enfin être entièrement peuplée.
Afin de perpétuer l’humanité et pour que la Terre ne soit plus jamais vide, Nüwa enseigna aux humains l’amour et le mariage, et fit en sorte qu’ils puissent avoir des enfants pour que plus jamais cette création ne soit aussi silencieuse et ennuyeuse.
Voici Syunay (petite-fille), ce que je voulais te transmettre avant de laisser pour toujours cette œuvre de Pangu pour toi et tous tes descendants !
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Pangu
5. La création du monde chez les Indiens
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Plus de 8 000 travailleurs indiens sont arrivés en Guyane, peu après l’abolition de l’esclavage. Depuis les descendants de ces travailleurs, ces « engagés » comme on les a appelés, sont des membres à part entière de la société guyanaise. Pourtant, l’Inde les considère toujours comme ses enfants.
Un jour, en train de partager un thali indien, ce plat complet et généreux, un grand père Indien « engagé » raconta à son petit-fils pour qu’il n’oublie pas ses origines :
- Dans le village de nos ancêtres en Inde, voilà comment on nous racontait la naissance du monde.
Au début, l'univers était entouré de ténèbres, non perçu, indiscernable, indécouvrable, inconnaissable.
Alors se montra Vishvakarman l’artisan de tout, irrésistible, existant en soi , subtil, éternel, essence de tous les êtres, invisible. Afin de produire de son propre corps, diverses créatures, il créa les eaux et y déposa l’œuf d'or Hiranyagarbha, resplendissant comme le soleil, qui fit naître Bramah le créateur du monde.
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Bramha
Après avoir séjourné dans l‘œuf céleste pendant un an, Brahma qui l’habitait le divisa en deux par l'action de sa seule pensée .
La moitié supérieure devint la voûte céleste ou divine, la moitié inférieure la sphère matérielle ou terrestre.
Entre les deux vinrent se situer l'atmosphère, la terre flottant sur les eaux et les dix points cardinaux .
Tous les morceaux de l’œuf se transformèrent en choses bonnes et utiles : Le bas de sa coque fut le fondement de la terre, le haut de sa coque forma le firmament sublime, le dessus de la partie jaune devint le soleil rayonnant, le dessus de la partie blanche la lune brillante.
Tous les débris tachés de la coque devinrent des étoiles au firmament, tous les morceaux foncés de la coque se transformèrent en nuages.
Puis le temps avança. Les ans succédèrent aux ans, à la clarté du soleil neuf, aux rayons de la lune neuve.
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De l'œuf d'or brisé, jaillit aussi l'être primordial Purusha avec mille cuisses, mille bras, mille bouches, mille yeux, mille visages, mille têtes.
Par le sacrifice de chacun de ses membres naquirent les séries d'entité.
De sa bouche sortirent la caste des brahmanes ; la parole, Agni le seigneur du feu, les dieux en général et enfin les chèvres.
De ses aisselles naquirent les saisons.
De ses bras émergèrent la caste des guerriers, Indra le seigneur du ciel et aussi les moutons.
De son abdomen jaillirent les démons.
De ses cuisses sortirent la caste des marchands et le gros bétail.
Ses pieds produisirent la terre, les travailleurs manuels et les chevaux.
Le Soleil sortit de son œil, la Lune de son âme, l'atmosphère de son nombril et le ciel de sa tête.
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Après quoi, disent les Écritures, ayant formé tout ce qui existe et les points cardinaux, Purusha, cet être primordial, fut le premier né du sacrifice entre lui-même avec lui-même. (Façon imagée de faire comprendre que le divin habite et imprègne totalement l'univers qu'il a tiré de sa propre substance).
Voilà mon enfant, comme moi, essaye de ne pas oublier et de transmettre à ton tour !
Chacun, d’où qu’il vienne et où qu’il aille, ne voit-il pas le monde à sa façon ?
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Purusha
colorie
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