FINANCE ISLAMIQUE
Section 1: Définition de la finance islamique
Section 2: Les piliers de la finance islamique
Section 3: Les produits et contrats financiers
SOMMAIRE
m62 visualcommunications
SECTION 1:
DÉFINITION DE LA FINANCE ISLAMIQUE
m62 visualcommunications
Définition
La finance islamique
La finance islamique est l'ensemble des activités économiques et financières adoptées par les musulmans afin de respecter l'interdiction simultanément de l'usure et de l'intérêt.
SECTION 2:
LES PILIERS DE LA FINANCE ISLAMIQUE
Les grands objectifs de l’activité économique
L'augmentation de la richesse, qui est définie comme l'accroissement du capital productif, grâce à l'esprit d'entreprise;
La distribution équitable de la richesse et des revenus. Cet objectif apparaît comme central du fait de la pratique obligatoire dans la religion musulmane de la zakat (aumône légale);
L'augmentation de l'emploi, grâce à la participation de toutes les parties prenantes à la mise en place et au bon fonctionnement des projets de production;
Les grands objectifs de l’activité économique
L’absence du gaspillage
Les piliers de la finance islamique
Pas de « gharar » ni de « maysir » (spéculation, incertitude, hasad)
Pas de « riba » (intérêt, usure)
Obligation de partage des profits et pertes (principes d’al-Ghunm bi al-ghurm)
Pas de « haram » (secteurs illicites)
Les 5 piliers de la finance islamique
Principe d’asset-backing (adossement à un actif tangible)
Pas de « riba » (intérêt, usure)
Les prêts d'argent doivent être dénués de profit ce qui revient à des taux d'intérêt proches du zéro. En effet, la finance islamique considère que l'intérêt fixe engendre une discrimination à l'accès au crédit et entraîne une asymétrie du partage des risques qui sont subit par l'entrepreneur.
La loi islamique (Charia) ne s'oppose pas au principe de rémunération de l'argent prêté, mais au caractère fixe et prédéterminé du taux d'intérêt (Riba, de raba, augmenter). La finance islamique considère que le fondement de la rémunération de l'argent placé est exclusivement la rentabilité de l'actif financé.
Pas de « gharar » ni de « maysir » (spéculation, incertitude, hasard)
Le Qimâr (ou Maysir) se définit comme toute forme de contrat dans lequel le droit des parties contractantes dépend d'un événement aléatoire, comme les jeux de hasard
Le Gharar se définit comme toute transaction dans laquelle il y a ignorance (Jahâla) sur l’objet du contrat.
L'incertitude étant condamnée, les contrats sont clairement définis en ce qui concerne l'identité des cocontractants, les prix et les délais. De ce fait il n'existe quasiment pas de clauses suspensives aux contrats.
Pas de « haram » (secteurs illicites)
L’industrie des jeux de hasard
L’industrie du divertissement (excepté celle qui prône les bonnes mœurs)
L’industrie du tabac
Pornographie, érotisme
L’industrie de l’alcool et du vin (aussi les drogues)
Secteurs illicites
L’industrie porcine et de l’alimentaire non licite
L’industrie bancaire (excepté l’industrie bancaire islamique)
L’industrie de l’assurance (excepté l’industrie Takafoul: assurance mutuelle islamique
L’industrie de l’armement
Obligation de partage des profits et des pertes (principe d’al-ghunm bi al-ghurm)
Que se soit entre associés ou entre banque et client, le partage des profits et des pertes est obligatoire et se fait selon le contrat initial ou selon les apports respectifs;
Les banques ont obligation de partager avec leurs clients les profits et les pertes issus de projets financés et de redistribuer une partie (au moins 2,5%) des gains (Zakat) à la communauté musulmane.
Ce principe découle de l'interdiction de l'intérêt puisqu'il constitue une solution alternative pour la rémunération du prêteur. Ce procédé est conforme aux valeurs du système économique islamique, basées sur le partage du risque et de la rémunération entre le prêteur et l'emprunteur qui deviennent partenaires et s'engagent à œuvrer à la réussite du projet financé.
Principe dasset-backing (adossement à un actif tangible)
Les transactions financières islamiques doivent avoir un lien direct avec un actif réel et tangible donc avec l'économie réelle. On entend par tangibilité de l'actif une opération adossée à un actif, réel, matériel et surtout détenu.
Valeur | Sujet | Explication |
Réalité | La monnaie | La monnaie est une mesure de la valeur, et non une valeur en soi. C’est l’économie réelle qui prime. |
Responsabilité | La dette | La dette est sacrée ; elle constitue une responsabilité et ne fait pas l’objet d’un échange. L’endettement excessif est découragé. |
Copropriété | La régence sur le monde | Les hommes ne sont pas maîtres et professeurs de la nature ; ils en sont seulement les dépositaires. |
Equité | La justice sociale | La finance participative, de type actionnarial et mutualiste, est encouragée ; ni la spéculation, ni la thésaurisation ne sont souhaitables. |
Séquentialité | La production et l’échange | La production précède l’échange marchand ; on ne peut pas vendre ce qu’on ne possède pas. |
Il est assez fréquent de résumer les valeurs de la finance islamique comme suit :
SECTION 3:
LES PRODUITS ET CONTRATS FINANCIERS
�LES PRODUITS ET CONTRATS FINANCIERS�
Nous présentons d’abord les produits financiers que la banque islamique propose à ses clients, demandeurs de ressources puis les modalités de collecte des fonds auprès des clients.
�LES PRODUITS ET CONTRATS FINANCIERS�
Nous verrons à cette occasion que dans les opérations en amont, avec les déposants, la banque recourt à des contrats identiques à ceux utilisés avec les clients en aval.
��Les produits islamiques de financement��
Ils peuvent être classés comme suit :
��Les produits islamiques de financement��
La figure 2.1 présente les principaux produits islamiques ainsi que les caractéristiques permettant de les différencier
Les principaux produits financiers islamiques
Les modes financements de type participatif (PPP)
Les opérations commerciales (sans PPP)
Moudharaba
(Prêt rémunéré sur les bénéfices)
Moucharaka
(Partenariat actif)
Mourabaha (coût majoré)
Salam (livraison différée)
Ijara (location-vente)
Istnaa (bien à fabriquer)
Les opérations sans contre parties : Quard al Hassan
��Les produits islamiques de financement��
1.1. Les modes de financement participatifs
1.1.1 Le contrat moudharaba
��Les produits islamiques de financement��
1.1. Les modes de financement participatifs
1.1.1 Le contrat moudharaba
��Les produits islamiques de financement��
Définition
C’est un contrat conclu entre un (ou des) investisseur (s) qui apporte (nt) des fonds (ral-el-mal) – en l’occurrence la banque – et un entrepreneur qui assure le travail nécessaire et apporte son expertise pour faire fructifier ces fonds (moudharaba) dans une opération conforme à la charia.
��Les produits islamiques de financement��
Définition (suite)
��Les produits islamiques de financement��
Définition (suite)
��Les produits islamiques de financement��
Figure 2.2 — Le contrat moudharaba
��Les produits islamiques de financement��
Les différentes étapes (voir figure ci-dessus)
��Les produits islamiques de financement��
Les différentes étapes (suite)
��Les produits islamiques de financement��
Les différentes étapes (suite)
��Les produits islamiques de financement��
Les différentes étapes (suite)
��Les produits islamiques de financement��
Les formes possibles
Le contrat peut être :
��Les produits islamiques de financement��
Les conditions de validité du contrat
Au moment de la signature, le contrat doit :
��Les produits islamiques de financement��
Les conditions de validité du contrat
��Les produits islamiques de financement��
��Les produits islamiques de financement��
1.1.2 Le contrat moucharaka (partenariat actif)
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Définition
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Définition
Dans le cas de sociétés de capitaux, les banques islamiques peuvent siéger au conseil d'administration et exercer leur droit de vote.
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Définition
On peut la définir comme un contrat par lequel deux parties (ou plus) souscrivent au capital d'une nouvelle société pour la réalisation d'un projet spécifique (de type joint-venture), où prennent des participations dans une société existante et participent aux profits selon les indications consignées dans le contrat et aux pertes proportionnellement à leurs apports respectifs dans le capital, sauf si la mauvaise gestion est avérée.
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Définition
Dans le cas de sociétés de capitaux, les banques islamiques peuvent siéger au conseil d'administration et exercer leur droit de vote.
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Définition (suite)
Ce mode de financement peut être utilisé pour financer des immobilisations, le besoin de fonds de roulement, etc. d’un projet ou d’une entreprise dont l’activité peut être aussi bien industrielle que commerciale.
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Figure - Le contrat moucharaka (Profit Sharing)
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Les formes possibles
Deux formes sont possibles :
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Conditions de validité
Hormis le respect des conditions relatives au respect des principes de la Charia :
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Conditions de validité (suite)
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Apprécier :
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Avantages de la moucharaka
Ce mode de financement est avantageux pour les banques et pour les entreprises.
Pour les banques, c'est :
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
Pour les entreprises, c’est un mode de financement adapté à leur création et à leur expansion :
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
�Le contrat moucharaka (partenariat actif)�
��Les produits islamiques de financement��
1.2 Les opérations commerciales (sans PPP)
Nous présenterons les contrats les plus courants :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.1 Le contrat mourabaha (financement Cost-plus)
Cette opération constitue l’activité la plus importante des banques islamiques. Elle prend le nom de muajjal en Asie.
Les banques islamiques utilisent la mourabaha de deux manières :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.1 Le contrat mourabaha (financement Cost-plus)
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Définition de la mourabaha
Le contrat mourabaha fait intervenir trois acteurs :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Définition de la mourabaha
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Comparaison avec le crédit acheteur
Cette opération se rapproche beaucoup du prêt à intérêt conventionnel, appelé crédit acheteur. Elle se rapproche d’autant plus que la marge sera souvent fixée par référence avec la charge d'intérêt. Toutefois, elle diffère sur les points suivants.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Comparaison avec le crédit acheteur
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Comparaison avec le crédit acheteur
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Étapes de l'opération
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Étapes de l'opération
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Étapes de l'opération
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Figure 2.4 Le contrat mourabaha (Financement Cost-plus)
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Conditions de validité
Comme les autres contrats, il doit être en conformité avec les règles de la Charia. De plus :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Conditions de validité
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Conditions de validité
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
IMPORTANT : Par simplification, la banque islamique donne généralement mandat à son client (contrat wakala) pour acheter le bien, surtout lorsqu'il s'agit de financer une importation. Ce dernier, en tant que mandataire de la banque, contrôle et achète directement le bien au vendeur. Il est alors détenteur du bien mais au nom et pour le compte de la banque.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
La mourabaha est le contrat le plus répandu. Il représente près de 80 % de l'activité des banques islamiques. Il sert à financer aussi bien le besoin de fonds de roulement que les stocks de marchandises et les équipements. Les principales raisons de son succès sont :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Le tawarrug (« mourabaha inversée »)
Cette opération est utilisée lorsque le client a besoin de liquidités. Pour se procurer des liquidités, deux montages juridiques sont possibles :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Le tawarrug ( mourabaha inversée ) : le Bai al inah
Le Bai al inah consiste en deux opérations successives, un achat et une vente entre les deux mêmes parties, l'un vend un bien à l'autre contre paiement comptant et le rachète à un prix majoré avec paiement différé.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Le tawarrug (mourabaha inversée ) : le Bai al inah
Ce contrat a été considéré comme un stratagème et condamné par la plupart des jurisconsultes. Il est d'autant plus condamnable lorsque les opérations d'achat et de vente sont stipulées dans le même contrat.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Le tawarrug (mourabaha inversée ) : tawarruq
Le tawarruq est dérivé de la mourabaha, il est basé sur le même principe : un achat suivi d’une vente.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Le tawarrug (mourabaha inversée ) : tawarruq
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Figure 2.5 : Le contrat Tawarruq
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.2 Le contrat salam (achat avec livraison différée et paiement comptant)
Définition
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.2 Le contrat salam (achat avec livraison différée et paiement comptant)
Définition
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.2 Le contrat salam (achat avec livraison différée et paiement comptant)
Définition
Pour contourner l'interdiction du gharar, d'une part, l’objet du contrat devait être indiqué avec précision (telle variété de céréales), d’autre part, au moment de la livraison, si la récolte était insuffisante, l'agriculteur devait s'approvisionner sur le marché pour pouvoir honorer son engagement à la date prévue.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.2 Le contrat salam (achat avec livraison différée et paiement comptant)
Définition
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.2 Le contrat salam (achat avec livraison différée et paiement comptant)
Les différentes étapes
Nous prendrons le cas général, celui où le contrat salam est assorti d'un contrat salam parallèle (salam Mouwazi) et où vendeur et acheteur, parties prenantes de deux contrats successifs avec la banque, se concertent préalablement.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Les différentes étapes
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Les différentes étapes
(2 bis) Lors de la signature du contrat salam avec le vendeur, la banque peut signer un contrat salam parallèle (salam mouwazi) avec l'acheteur, notamment pour se prémunir d’une baisse de prix. Ce contrat étant signé, la banque sera tenue de livrer la marchandise même si le vendeur n’a pas honoré son engagement en ne livrant pas la marchandise.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Les différentes étapes
3). Livraison de la marchandise;
4) Paiement par l'acheteur du prix indiqué dans le contrat salam parallèle, c'est-à-dire le coût de revient auquel s'ajoute une marge.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Figure 2.6 - Le contrat salam (achat avec livraison différée) et salam parallèle
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Conditions de validité
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
IMPORTANT
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Ce mode de financement peut être rapproché des modes de financement du besoin de fonds de roulement existant dans le système conventionnel : facilités de caisse, découvert, crédit de campagne, etc.
Il permet à la banque des placements à court terme (3 mois à 1 an). Il est cependant d’un usage très limité.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.3 Le contrat ijara (crédit-bail)
L'ijara est une sorte de crédit-bail à moyen et long terme qui fait intervenir trois acteurs : Le client de la banque, locataire du bien, la banque, et le fabricant, vendeur du bien (sauf dans le cas où le bien appartient déjà au locataire).
Les secteurs concernés sont essentiellement : les transports, l'immobilier et l'équipement.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Description de l'opération
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Les étapes de l'opération
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Les étapes de l'opération
3) La banque achète le bien au vendeur. Elle peut désigner un agent pour le représenter, son client par exemple.
4) Le vendeur livre le bien.
5) La banque (propriétaire) loue le bien à son client.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
5) À maturité le dénouement de l'opération dépend du type de contrat, ijara ou ijara wa ikina.
Figure 2.7 - Le contrat ijara (Crédit-bail)
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Conditions de validité
Hormis les conditions qui relèvent des règles de la Charia, notamment que l'usage des biens loués soit une activité licite, les conditions suivantes doivent être respectées :
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
La révision du contrat de location sera ultérieurement possible (modification du prix, de la durée, etc.).
En cas de dégradation, le locataire est responsable sauf si la cause est indépendante de sa volonté.
La banque doit effectuer les travaux d'entretien, de réparation, dans le but de maintenir le bien en état de servir.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
La banque supporte toutes les charges locatives jusqu’au début de la période de location, ensuite elles sont à la charge du locataire.
La sous-location n'est pas possible saut convention spéciale.
La banque peut souscrire une assurance pour se couvrir contre les risques qu'elle encourt.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
IMPORTANT
La banque peut également louer au vendeur un bien lui appartenant. Il faut évidemment que la vente soit effective.
Dans ce cas, le contrat (sorte de lease-back) ne fait intervenir que deux personnes, le vendeur - qui est successivement vendeur puis locataire - et la banque. C'est un moyen, pour le client, d'obtenir des liquidités.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
IMPORTANT
Certains jurisconsultes ont admis que le contrat pouvait porter sur des biens en fabrication (ijara mawsufah fi-al dhimmah). L'objectif est alors de pouvoir rémunérer, sous forme de loyers, les organismes qui financent la construction. Cette formule s’apparente au crédit-bail anticipé.
Le propriétaire du bien, en l'occurrence la banque, peut vendre le bien au cours du contrat de location. Dans ce cas, les droits et obligations découlant du contrat sont transférés au nouveau propriétaire.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Rapprochement avec le crédit-bail
Le contrat est similaire. Notons toutefois que la banque islamique supporte tous les risques du propriétaire alors que dans les contrats classiques des clauses visent généralement à faire supporter les risques de la chose louée au locataire.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Rapprochement avec le crédit-bail
C'est ainsi uniquement dans le cas où le bien loué est rendu impropre à l'usage auquel il était destiné. Dans le contrat classique, le locataire est, en principe, tenu de continuer à verser obligation. Dans le contrat ijara le client locataire est déchargé de ses obligations.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
En conséquence, la banque islamique peut souscrire une assurance. On comprend également qu'elle se protège en imposant certaines conditions : usage conforme du bien, droit d’inspection, etc. et qu'elle prenne en charge les frais d'entretien et de maintenance.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Le contrat ijara est assez répandu, surtout lorsqu'il s'agit de financer des actifs d'exploitation d’un montant important. Ainsi certaines compagnies aériennes du Moyen-Orient l'ont utilisé pour financer leurs appareils en souscrivant des contrats dont la durée est d'environ 10 ans.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.2.4 Le contrat istinaa (bien à fabriquer)
Le contrat istinaa ressemble au contrat salam puisqu'il est également relatif au financement d’un bien qui n'existe pas au moment de la signature du contrat mais il porte non sur la livraison de produits marchands courants mais sur la livraison de biens à manufacturer ou à construire selon les spécifications fournies par l'acheteur.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Définition
C'est un contrat par lequel l’une des parties (le moustananii) demande à l’autre partie (le sanii) de lui fabriquer ou construire un bien moyennant une rémunération fixée. Par différence avec la vente salam, le prix n’a pas à être payé en totalité au moment de la vente.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Ce produit fait donc intervenir deux parties, l'acheteur et le vendeur. Toutefois, dans le cas du financement par une banque islamique, l'opération prend la forme d'un double contrat istinaa et trois parties sont concernées : Le client de la banque, acheteur d'un bien pour lequel il cherche un financement, la banque et le vendeur, maître d'ouvrage.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Les deux contrats portent sur le même bien mais sont indépendants, notamment les prix sont différents, l'écart représentant la marge de la banque.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Differences étapes
1) Le client acheteur et le fournisseur se concertent pour déterminer les spécifications du bien à réaliser.
2) La banque passe un contrat istinaa avec le producteur. Dans ce contrat sont précisés les spécifications du bien, la date de livraison, le lieu de livraison et les modalités de paiement,
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Differences étapes
3) La banque et le client acheteur s'engagent par un contrat istinaa, qui reprend les spécifications du bien à réaliser, la date de livraison et précise les modalités de paiement propres à ce deuxième contrat.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Differences étapes
4) La banque reçoit livraison du bien, ou plus généralement, directement le client acheteur s'il en a été convenu ainsi, Ce dernier peut alors contrôler la conformité des biens livrés.
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Figure 2.8 Le contrat istinaa (Objet à fabriquer)
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
Conditions de validité
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
IMPORTANT
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
IMPORTANT
���Les opérations commerciales (sans PPP)���
1.3 Les opérations sans contrepartie : Les prêts de bienfaisance
Selon les règles de la Charia, le prêt n’est pas interdit, seul l'est l'intérêt, Le prêt sans intérêt accordé par la banque est le quard al hassan.
���Les opérations sans contrepartie ���
La loi coranique distingue deux types de prêt :
���Les opérations sans contrepartie ���
���Les opérations sans contrepartie ���
Définition
���Les opérations sans contrepartie ���
Modalités d'octroi et de remboursement
���Les opérations sans contrepartie ���
Modalités d'octroi et de remboursement
���LES OPERATIONS FINANCIERES ISLAMIQUES ���
SECTION 4 : LES SOUKOUKS
���Les SOUKOUKS���
Les soukouks sont des produits récents de la finance islamique qui se sont développés rapidement au cours de cette décennie.
Le marché des soukouks, qui n'existait pas au début du siècle, a atteint un volume de plus de 130 milliards de $ US en 2011.
���Les SOUKOUKS���
Définition
Les soukouks sont des sortes d'obligations émises par des organismes, États ou entreprises, qui ont besoin d'argent. Appelées souvent obligations islamiques, ce sont plutôt des produits assimilables aux Asser-Backed Securities (ABS) de la finance conventionnelle car, selon les principes de la Charia, la transaction financière est toujours sous-tendue par un actif.
L'émission de soukouks suppose donc le recours à la technique de la titrisation.
���Les SOUKOUKS���
Historique
Le groupe saoudien Al Baraka a émis les premiers soukouks en 1998 mais ils se sont surtout développés à partir de 2001, c'est-à-dire après l'événement du 11 septembre 2001, lors du rapatriement d’une partie des fonds placés à l'étranger vers les pays du Golfe, d'où une surliquidité dans le pays. L'offre de fonds était supérieure à la demande.
���Les SOUKOUKS���
En 2001 et 2002, les États de Malaisie, puis du Qatar et Bahreïn, ont émis des Soukouks souverains.
L'étape suivante fut deux émissions successives de soukouks par la BID, l’une en 2003, de 400 millions de dollars US, l’autre en mai 2005, de 1 milliard de dollars US.
���Les SOUKOUKS���
Un événement marquant de cette époque fut le lancement d’une émission de soukouks en Europe. En 2004, l'État de Saxe-Anhalt a émis des soukouks à hauteur de 100 millions d'euros, à échéance de 3 ans.
La mise sur le marché se fit par l'intermédiaire de la société Citygroup. La zone de souscription visée était les pays membres du CCG (Conseil de Coopération du Golfe).
���Les SOUKOUKS���
A la suite de cela, les banques islamiques se sont placées sur ce marché, soit en émettant des soukouks, soit en souscrivant ou en achetant des soukouks selon leur niveau de liquidité.
L'émission de soukouks leur permet de se lancer dans des opérations de financement à plus long terme.
L'absence d'un produit de ce genre faisait défaut sur les marchés, tant pour le placement des surplus de liquidité que pour la collecte de fonds.
���Les SOUKOUKS���
Les soukouks ont l'avantage de permettre aux banques d'équilibrer la structure de leur bilan, actuellement leurs ressources sont surtout constituées de dépôts de court terme.
Sur ce marché, vient en tête la Malaisie, dont le volume des émissions représente 65 % du marché international des soukouks, puis le Moyen-Orient dont le volume représente environ 25 %. En 2009, le volume des soukouks émis était de l'ordre de 90 milliards de $ US.
���Les SOUKOUKS���
Description de l'opération
���Les SOUKOUKS���
Description de l'opération
���Les SOUKOUKS���
���Les SOUKOUKS���
���Les SOUKOUKS���
���Les SOUKOUKS���
���Les SOUKOUKS���
Différentes étapes
Étant donné les différents contrats utilisés dans le montage d'une émission de soukouks, nous nous inspirerons de l'exemple de l'État allemand qui a émis des soukouks en 2004 pour décrire une opération ijara-soukouks.
���LES SOUKOUKS���
bis) Il signe un contrat type ijara wa ikina qui lui permet d'en garder l'usage.
2. L'entité émettrice émet des soukouks sur le marché.
���LES SOUKOUKS���
3. Les souscripteurs versent le montant de leurs souscriptions respectives.
4. L'entité émettrice peut alors verser à l'État le montant correspondant à la vente des biens.
5. L'État verse ensuite périodiquement le montant des loyers, tel que prévu dans le contrat de location.
6, Les loyers permettent la rémunération des souscripteurs.
���LES SOUKOUKS���
Conditions de validité
Elles sont relatives à la transparence et à la divulgation de l'information :
���LES SOUKOUKS ���
Figure 2.9 - Opération ijara-soukouks
���LES SOUKOUKS���
IMPORTANT
L'émission de soukouks est basée sur différents contrats islamiques. Ainsi, dans l'exemple précédent, il s'agissait d'une opération ijara-soukouks,
D'autres formes de Contrats sont possibles : moudharaba-soukouks, moucharaka-soukouks, salam-soukouks ou istinaa-soukouks. Ces différentes formes vont donner lieu à différentes catégories de soukouks, selon que le contrat est de nature PPP (Partage des Profits et Pertes) ou non PPP.
���LES SOUKOUKS ���
Si l'émetteur souscrit (directement ou par délégation) un contrat de partenariat, la rémunération sera variable, par contre si le contrat prévoit le versement de loyers (ijara), la rémunération sera fixe.
Les risques également sont différents. Dans les contrats moucharaka et moudharaba, le risque est de ne pouvoir racheter les actifs à maturité, donc de ne pouvoir rembourser les souscripteurs. Dans le contrat ijara, le risque est le non-paiement de loyers.
���LES SOUKOUKS���
���LES SOUKOUKS ���
Actuellement les soukouks représentent le produit financier le plus répandu. Si, au départ les émissions étaient essentiellement des émissions souveraines, ces dernières ne représentent plus que 20 % environ du marché des soukouks.
���LES SOUKOUKS���
Au début de la décennie, elles étaient considérées comme un produit purement islamique. Désormais elles sont utilisées par des organismes non musulmans, notamment les États occidentaux, qui ont repris la technique des soukouks.
���LES OPERATIONS FINANCIERES ISLAMIQUES ���
SECTION 5 : LES COMPTES BANCAIRES
���LES COMPTES BANCAIRES���
Les ressources des banques comportent les éléments suivants :
���LES COMPTES BANCAIRES���
Les dépôts constituent une ressource financière importante pour les institutions bancaires. Afin de les mobiliser, les banques islamiques proposent à leurs clients différents types de comptes.
Les comptes de dépôts peuvent être : des comptes courants, des comptes d'épargne ou des comptes d'investissement.
���LES COMPTES BANCAIRES���
Dans la gestion de ces comptes, les techniques de financement envisagées précédemment sont utilisées mais, cette fois, c’est le client qui est le rab-el-mal et le banquier qui est le moudharib.
���LES COMPTES BANCAIRES���
Les comptes courants
Ces comptes sont quasiment identiques à ceux des banques conventionnelles. Les droits et obligations respectives du déposant et de la banque sont les suivants.
���LES COMPTES BANCAIRES���
La banque, gardienne des fonds :
���Les opérations sans contrepartie ���
Le client :
���LES COMPTES BANCAIRES���
���LES COMPTES BANCAIRES���
Les comptes d’épargne
Ce sont des comptes de dépôt à terme basé sur le principe de la participation. L’objectif de ces comptes est d’inciter les gens à épargner. Ces comptes sont peu répandus. Les modalités de fonctionnement sont différentes d’une banque à l’autre. Elles sont généralement les suivantes :
���LES COMPTES BANCAIRES���
Le client :
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La banque :
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Enfin, constituant une liaison entre les comptes courants et les comptes d'investissement, les comptes d'épargne sont des comptes à vue particuliers qui bénéficient d'une rémunération variable dépendante des profits réalisés par la banque islamique. Les capitaux ne sont pas garantis mais les titulaires des comptes ont le droit de retirer leurs fonds d'une manière régulière.
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Les comptes d’investissement
Ils constituent la principale source de fonds des banques islamiques. Leur mode de fonctionnement est tout à fait conforme aux principes de la Charia puisqu'ils sont basés sur le principe du partage des profits et des pertes (PPP) et associent le facteur capital et le facteur travail.
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Caractéristiques
Ils s'apparentent plus à un achat d'actions qu'à un dépôt de type conventionnel. En effet, il n'y a pas de garantie de remboursement à la valeur nominale, les déposants n'ont pas de rémunération fixe, leur rémunération est basée sur le principe du partage des profits et pertes de la banque.
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Caractéristiques (suite)
Par un contrat, le client autorise la banque à investir les fonds dans des projets. Le contrat doit contenir toutes les modalités relatives aux opérations envisagées : objet, échéance, règles de partage, etc. La période de dépôt est généralement comprise entre 6 mois et 3 ans, voire plus. Elle peut être renouvelée.
La banque touche une commission de gestion, les « dividendes » sont donc calculés après déduction de la commission.
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Différents comptes d'investissement
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La rémunération à lieu en fin d'année. La banque intervient successivement comme moudharib, puis comme ra-el-mal. Ces comptes sont, en principe, moins risqués pour le client puisque l'investissement porte sur plusieurs opérations.
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Modalités de fonctionnement des comptes
À la base de ces types de dépôt, il y a un contrat de type moudharaba. Les comptes affectés ou standards correspondent aux deux formes de moudharaba : la moudharaba limitée ou illimitée.
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Le problème important pour la banque est celui de la maîtrise des risques, d’où les précautions au départ : la nécessité d'effectuer une étude sérieuse de faisabilité, le recours à la diversification (secteurs et zones) et la constitution de réserves pour compenser les pertes éventuelles.
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Figure 2.10 - Opération Moudharaba
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