Vanessa et Théo super-héros
Très librement inspiré par le roman « L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche » écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615.
Ou comment aborder le principe de réalité avec les enfants .
Conte à réfléchir
Alain Landy 2025
Bonjour , je m’appelle Vanessa.
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Bonjour , je m’appelle Théo et je suis le frère de Vanessa.
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Vanessa et son frère Théo occupaient leur temps libre à regarder la télévision ou à jouer avec leur téléphone portable, obtenu de guerre lasse pour leur anniversaire respectif.
Aux premières lueurs de l’aube, les deux enfants se levaient et se ruaient devant le poste de télévision, à l’assaut de la télécommande, trophée du plus rapide ou du plus fort.
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Leurs parents avaient beau les appeler, ordonner, voire se fâcher, pour que petits déjeuners et douches soient pris en temps et en heure, les garnements, complètement sourds aux différents appels, buvaient littéralement les images qui défilaient sur le bel écran plat.
Hypnotisés par les acteurs et leurs actions, galvanisés par les jeux vidéo, leur esprit s’envolait ailleurs.
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Le même scénario recommençait dès qu’ils rentraient de l’école ou en vacances, leçons et devoirs vite expédiés pour s’adonner à leur activité favorite.
Le calme relatif qui régnait alors, faisait dire à leurs parents indulgents, puis résignés, que cette situation valait tout de même mieux, que de supporter leurs bagarres incessantes et leurs horribles cris stridents.
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Vanessa et Théo, fans de super-héros et incollables sur les aventures de ces derniers, se mirent au fil des jours à désirer très fort que leur vraie vie ressemble à celle de leurs idoles virtuelles et que la réalité et la fiction forment un tout indissociable.
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Ainsi, comme le téméraire Icare dans l’Antiquité, décidèrent-ils d’un commun accord, un premier jour de longues vacances, de devenir « pour de vrai » des super-héros volants.
Grands cartons et liteaux de bois, dénichés en cachette dans l’atelier de leur père, se transformèrent bientôt en ailes de fortune, par le truchement d’une agrafeuse magique.
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Théo, voulant afficher des velléités viriles pour impressionner sa sœur, se hissa sur le toit de l’atelier paternel en s’aidant de l’escabeau, tandis que son agile rivale escaladait quant à elle l’imposant manguier du jardin.
Au signal de Théo, tous deux, ayant préalablement enfilé et agité leurs ailes à tout-va, s’élancèrent dans le vide en poussant un grand cri de victoire prématurée, qui ne tarda pas, vous le devinez bien, à se transformer en cris de harpie, plumée vive.
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Alertés, les malheureux parents n’eurent d’autre choix que d’appeler aussitôt les secours.
Vanessa dont les dents avaient difficilement accusé l’atterrissage, eut droit, à son grand désarroi, à de multiples séances chez le dentiste. Son frère, quant à lui, quitta l’hôpital armé de béquilles, avec une jambe plâtrée.
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Ambulance
Cette malencontreuse aventure fut, pour eux, le commencement d’expériences beaucoup plus sages : ils choisirent, pour se faire reconnaître, de suivre des chemins de super-héros du monde réel, ayant des moyens peut-être moins spectaculaires mais tout aussi prestigieux.
Grâce à la lecture, ils trouvèrent des solutions.
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Je réfléchis
Sources :
https://www.youtube.com/watch?v=iWPnkJuZILs
PS : Cette histoire m’a aussi été inspiré par un fait réel qui s’est dans la commune où je résidais mais, qui s’est terminée heureusement par “plus de peur que de mal”.
ACCRO AUX ÉCRANS
« L'éducation, c'est la famille qui la donne ; l'instruction, c'est l'Etat qui la doit. » Victor Hugo
A Cayenne, la seconde édition de « Pagra Liv », le marché de Noël du livre, qui s’est déroulée, ce samedi 8 décembre 2018, aux portes de la Bibliothèque Alexandre Franconie et le « Touk du savoir », ce nouveau Festival qui portera sur les activités culturelles et artistiques liées au livre et qui se déroulera du 14 au 16 décembre 2018 m’ont inspiré cet article.
Après de sérieuses études sur la question de l’exposition des enfants devant des écrans, voilà la recommandation unanime des chercheurs des Instituts nationaux américains et français de la santé pour les parents : « Vos enfants ont plus besoin d’attention que d’applications. »
Trop souvent devant un écran (plus de 2 heures par jour) entraîne chez l’enfant un amincissement du cortex, une diminution de la mémoire et du vocabulaire, réduit son sommeil, limite ses activités physiques et affecte ses capacités intellectuelles. Autre phénomène dénoncé : l'effet addictif qui peut rendre nos enfants littéralement accros aux écrans.
Des chercheurs canadiens ont établi un lien direct entre le temps passé devant les écrans, le sommeil et les performances cognitives des enfants. Cependant, dans notre « nouveau monde informatisé » il ne faut pas interdire bêtement mais accompagner intelligemment l’usage des écrans : «Il faut créer une réelle pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif», insiste le psychologue français Olivier Houdé. « Dans le monde actuel, on ne peut plus «pasteuriser» l'environnement numérique des enfants », explique-t-il.
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Éviter une exposition passive, ne jamais les laisser seuls trop longtemps devant la télévision ou face à un autre écran, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent. Il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de s'autoréguler. Quant aux jeux vidéo en général, à dose raisonnable, ils améliorent les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.
Si l’on respecte des consignes simples et intelligentes, on ne sera pas ainsi confronté au revers de la médaille des jeux et d'Internet, qui risquent de développer une pensée « trop rapide et superficielle » (un effet « zapping ») et de créer un désintérêt pour tout ce qui n'est pas numérique en général et les apprentissages scolaires ordinaires en particulier.
Pour combattre l’échec scolaire, grands-parents, parents, enseignants et citoyens ordinaires, soyons plus vigilants et plus énergiques dans notre rôle d’éducateurs à la maison, à l’école comme dans tous les lieux de vie.
Un ultime conseil : proposons plutôt des livres ajustés à l’âge de nos petits-enfants, de nos enfants ou de nos élèves, que des images mouvantes inadaptées, lire le fera grandir sans nuire à sa santé.
Alain LANDY : Article de journal , décembre 2018
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