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THÈME 1 :��FAIRE LA GUERRE, �FAIRE LA PAIX : �FORMES DE CONFLITS ET MODES DE RÉSOLUTION

Une colonne de blindés russes détruits dans la rue Vokzalna, à Boutcha, en Ukraine, le 4 avril 2022.

Source : Le Monde

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CHAPITRE INTRODUCTIF��LES MUTATIONS DE LA GUERRE DEPUIS LA FIN DU XXe SIÈCLE

Une colonne de blindés russes détruits dans la rue Vokzalna, à Boutcha, en Ukraine, le 4 avril 2022.

Source : Le Monde

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Introduction

  • Fin de la guerre froide (en 1989-1991)

-> espoir d’un apaisement des relations internationales

  • John Mueller (géopolitologue américain) annonce une « obsolescence des guerres majeures » (1989) et une « fin de la guerre » (2004)

  • Martin Van Creveld (historien israélien) considère, dans La Transformation de la guerre (1991), que les guerres conventionnelles (= entre États) sont en voie d’extinction

Ouvrage paru en 1989

(non traduit)

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Introduction

  • Une thèse contredite par la guerre en Ukraine ?

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PROBLÉMATIQUE:

Dans quelle mesure la thèse d’une fin des guerres, notamment des conflits interétatiques,

se vérifie-t-elle depuis 1991 ?

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Définitions: �Y a-t-il une différence entre conflit et guerre ?

  • CONFLIT =

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Définitions: �Y a-t-il une différence entre conflit et guerre ?

  • CONFLIT = situation de désaccord entre deux acteurs au moins (individus, groupes sociaux, États).
  • conflit pas nécessairement violent

  • GUERRE =

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Définitions: �Y a-t-il une différence entre conflit et guerre ?

  • CONFLIT = situation de désaccord entre deux acteurs au moins (individus, groupes sociaux, États).
  • conflit pas nécessairement violent

  • GUERRE = « conflit armé à grande échelle opposant au moins deux groupes humains : tribus, villes, communautés, Etat, empires, alliances voire organisations internationales », selon le politologue Bruno Tertrais.

  • La guerre est une forme de conflit
  • mais tous les conflits ne sont pas des guerres.

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  1. DES GUERRES INTRAÉTATIQUES DE PLUS EN PLUS NOMBREUSES

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A. La raréfaction des guerres interétatiques

Source : Uppsala Conflict Data Program (UCDP).

Nombre de conflits armés par type (1946-2017)

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A. La raréfaction des guerres interétatiques

  • Très peu de conflits interétatiques depuis 1991.

> La guerre au sens classique a presque disparu.

  • 2 grands facteurs (selon J. Mueller) :

- La guerre n’apparaît pas rentable.

  • Le but principal des Etats est la prospérité économique.
  • Évolution entamée en fait dès 1945
  • En lien avec un 3e facteur : la peur d’une apocalypse nucléaire

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Les principaux conflits interétatiques depuis 1991

  • Haut-Karabakh (Arménie/Azerbaïdjan de 1999 à 1994 et rejeu en 2020)
  • 1ère guerre du Golfe (1990-91)
  • 2ème guerre du Golfe/d’Irak (2003-2011)
  • Guerre entre Russie et Géorgie (2008)
  • Guerre entre l’Erythrée et l’Ethiopie entre 1998 et 2000 (repris en 2020)
  • Guerre entre la Russie et l’Ukraine depuis 2022 (sinon depuis 2014…)
  • Anciens conflits non réglés : 1947 Inde/Pakistan

1950 Corée du Nord/du Sud (armistice en 1953)

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B. Des conflits majoritairement intraétatiques et asymétriques

Source : Uppsala Conflict Data Program (UCDP).

Nombre de conflits armés par type (1946-2017)

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B. Des conflits majoritairement intraétatiques et asymétriques

  • Depuis 1991, les guerres civiles ou intraétiques représentent les ¾ des conflits armés.
  • Ces guerres sont le plus souvent asymétriques.
  • Ces guerres sont souvent complexes : 1/3 sont des guerres civiles internationalisées.
  • Autre forme de conflit asymétrique (qui n’est pas toujours intraétatique) : le terrorisme djihadiste qui s’est fortement développé depuis les années 1990.
  • Depuis 1991, 90 % des victimes de conflits sont des civils.
  • Dans ces conflits asymétriques, les notions de combattants, de bataille et de victoire se brouillent.

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B. Des conflits majoritairement intraétatiques et asymétriques

Les pays en guerre en 2023

Source : wikipedia.fr

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B. Des conflits majoritairement intraétatiques et asymétriques

Conflits intraétatiques en 2023 :

  • Au Myanmar (ex-Birmanie)
  • En Syrie
  • En Afghanistan
  • En RDC
  • Au Sahel
  • Au Mexique, en Colombie

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C. L’impuissance des Etats dans les guerres asymétriques

Ouvrage paru en 2016

Saigon, Kaboul,

30 avril 1975 15 août 2021

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C. L’impuissance des Etats dans les guerres asymétriques

  • Paradoxe des guerres asymétriques : les « forts » n’arrivent pas à l’emporter sur les « faibles »
  • D’autant plus étonnant que les armées ont connu une forte modernisation (« révolution dans les affaires militaires » ou RMA en lien avec le développement des NTIC).
  • Raisons de cette impuissance :
  • Les puissances ont un exercice de la guerre très coûteux et peu efficace face à des groupes mobiles dilués dans la population.
  • Les « forts » rechignent à utiliser des méthodes contre-insurrectionnelles violentes // peur d’être condamnés par l’opinion.

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C. L’impuissance des Etats dans les guerres asymétriques

  • Conséquences :

Ouvrage paru en 2007 traduit en 2008

Drone MQ-1 Predator en vol

Source : Wikipedia.

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C. L’impuissance des Etats dans les guerres asymétriques

  • Conséquences :
  • Développement de la guerre à distance (bombardements, robots, cyberattaques).
  • Recours croissant à des sociétés militaires privées (SMP).

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C. L’impuissance des Etats dans les guerres asymétriques

Effectifs militaires américains en Afghanistan

(de 2007 à 2020) :

GI’s et contractors

Source : Congressional Research Service, 22 février 2021

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C. L’impuissance des Etats dans les guerres asymétriques

  • Conséquences :
  • Développement de la guerre à distance (bombardements, robots, cyberattaques).
  • Recours croissant à des sociétés militaires privées (SMP).
  • La guerre n’est plus le monopole des Etats.

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II. VERS UN RENOUVEAU DES GUERRES INTERÉTATIQUES?

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A. Une nouvelle course aux armements entre Etats

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A. Une nouvelle course aux armements entre Etats

  • Dépenses militaires mondiales = indicateur du contexte géopolitique :
  • Forte baisse à la fin de la guerre froide ;
  • Augmentation à partir de 2001 et surtout depuis 2015.
  • Nouvelle course aux armements, surtout en Afrique et en Asie (là où la hausse des dépenses est la plus forte).

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A. Une nouvelle course aux armements entre Etats

Ouvrage paru en 2005

traduit en 2007

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A. Une nouvelle course aux armements entre Etats

  • Dépenses militaires mondiales = indicateur du contexte géopolitique :
  • Forte baisse à la fin de la guerre froide ;
  • Augmentation à partir de 2001 et surtout depuis 2015.
  • Nouvelle course aux armements, surtout en Afrique et en Asie (là où la hausse des dépenses est la plus forte).
  • Colin Gray (géopolitologue américain) alerte sur le risque d’une reprise des guerres interétatiques et d’un « nouveau siècle de feu et de sang » (2007).

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B. Une recrudescence des guerres interétatiques ?

Revue parue en 2016

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B. Une recrudescence des guerres interétatiques ?

  • De plus en plus de conflits sont qualifiés de « guerres hybrides ».
  • ex.: l’annexion russe de la Crimée par des soldats sans uniforme en 2014.
  • ex.: les cyberattaques comme celles de la Russie contre la Géorgie en 2008.

= conflit associant des pratiques de la guerre régulière et de la guerre irrégulière (combattants et armes non-conventionnels)

  • Objectifs :
  • rester sous le seuil estimé de riposte
  • et/ou préparer une guerre de plus grande ampleur (comme la Russie en Ukraine)

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B. Une recrudescence des guerres interétatiques ?

  • Conséquences :

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B. Une recrudescence des guerres interétatiques ?

  • Conséquences : D’autres Etats que la Russie et la Chine développent des modes d’action hybrides. La France s’y prépare.
  • Recrudescence de la conflictualité interétatique, mais avec une intensité guerrière et une mortalité faible.

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C. L’extension du domaine de la guerre

Ouvrage paru en 2021

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C. L’extension du domaine de la guerre

  • Thomas Gomart parle de « guerres invisibles » pour désigner la compétition interétatique dans des champs non militaires.
  • L’économie est une terrain d’affrontement croissant -> on parle de guerre économique.
  • ex.: guerre tarifaire (2018) et guerre des puces électroniques (2020) entre les EUA et la Chine
  • ex.: sanctions occidentales contre la Russie après l’attaque contre l’Ukraine (2022)
  • La mondialisation n’a pas que rapproché les Etats, elle a accru les rivalités.

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C. L’extension du domaine de la guerre

  • Autre guerre à bas bruit : la cyberguerre.

Le dvt d’Internet permet des attaques très difficile à détecter et à contrer.

Certaines cyberattaques s’apparentent à des actes de guerre.

  • ex.: attaques russes contre la Géorgie en 2008 ou contre l’Ukraine depuis 2014.
  • ex.: ver Stuxnet lancé par les EUA et Israël contre l’Iran en 2010.

- ex.: rançongiciels WannaCry (nord-coréen) et NotPetya (russe) en 2017.

  • Espace extra-atmosphériques et eaux internationales = nouveaux espaces de conflictualité ?

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Conclusion

  • Depuis 1991, on peut parler non d’une fin de la guerre, mais de mutations.
  • Impossible de trancher le débat entre John Mueller et Colin Gray :
  • Importance croissante des conflits intraétatiques ;
  • Raréfaction des guerres interétatiques ;
  • Prégnance du risque d’affrontement entre Etats.
  • Une chose sûre : la fin de la guerre froide n’a pas permis de « civiliser » les relations internationales.