Le Quichotte�
in « Les Grands Récits »�Arts, cultures, sociétés�ESAV Marrakech - Année 2021/2022�Juan Palao
La Mancha : au centre de l’Espagne �(figure 1 : Theatrum orbis terrarum, 1584. Biblioteca Nacional de España)
A. Strates
Figure 2: Dessin à l’encre du Quichotte et Sancho Panza (1955). Pablo Picasso (1881-1974). Manipulée.
Strates (I)
Cervantès contre le « faux » Quichotte d’Avellaneda (1614) > Première partie en 1605 et seconde en 1615. Victoire du style dans la littérature : le vrai Quichotte va corriger les erreurs de la version « fausse », ou apocryphe, d’ Avellaneda : le personnage face à l’écriture de sa propre histoire (2ème partie, chapitre 59).
Figure 3 : L’Arracheur de dents (1609). Le Caravage (Caravaggio, 1571-1610). Palais Pitti, Florence.
Strates (II)
Les couches de l’écriture et de la traduction : les aventures racontées sont la traduction des aventures racontées par l’historien fictif arabe Cide Hamete Benengeli (1ère partie, chapitre 9). C’est l’épisode à Tolède de l’auteur à la première personne, avec le morisque qui va traduire les pages écrites en arabe contenant les aventures du Quichotte. Vertige face à l’autre/l’arabe qui nous raconte avant et mieux que nous : nous nous reconnaissons/devenons nous-mêmes par la traduction.
Figure 4 : Le Porteur d’eau de Séville (1620). Diego Vélasquez (1599-1660). Victoria and Albert Museum, Apsley House, Londres
Strates (III)
Prologue de Cervantès :
« Mais un jour, que j’étais indécis, le papier devant moi, la plume sur l’oreille, le coude sur la table et la main sur la joue, pensant à ce que j’allais dire, voilà que tout à coup entre un de mes amis, homme d’intelligence et d’enjouement, lequel, me voyant si sombre et si rêveur, m’en demanda la cause. Comme je ne voulais pas la lui cacher, je lui répondis que je pensais au prologue qu’il fallait écrire pour l’histoire de Don Quichotte, et que j’étais si découragé que j’avais résolu de ne pas le faire, et dès lors de ne pas mettre au jour les exploits d’un si noble chevalier. »
(…)
« De tout cela mon livre va manquer ; car je n’ai rien à annoter en marge, rien à commenter à la fin, et je ne sais pas davantage quels auteurs j’y ai suivis, afin de citer leurs noms en tête du livre, comme font tous les autres, (…) »
Réponse de l’ami:
« (…) Eh bien ! soyez attentif, et vous verrez comment, en un clin d’œil, je dissipe toutes ces difficultés. (…)
Quant à citer en marge les livres et les auteurs où vous auriez pris les sentences et les maximes que vous placerez dans votre histoire, vous n’avez qu’à vous arranger de façon qu’il y vienne à propos quelque dicton latin, (…) Par exemple, en parlant de liberté et d’esclavage, vous pourriez mettre :
Non bene pro toto libertas venditur auro,
et citer en marge Horace, ou celui qui l’a dit. (…)
(…)
Pour ce qui est de mettre des notes et commentaires à la fin du livre, vous pouvez en toute sûreté le faire de cette façon : si vous avez à nommer quelque géant dans votre livre, faites en sorte que ce soit le géant Goliath, et vous avez, sans qu’il vous en coûte rien, une longue annotation toute prête ; car vous pourrez dire : Le géant Golias, ou Goliath, fut un Philistin que le berger David tua d’un coup de fronde dans la vallée de Térébinthe, ainsi qu’il est conté dans le Livre des Rois, au chapitre où vous en trouverez l’histoire. (…)
(…)
D’ailleurs, qui s’avisera, n’ayant à cela nul intérêt, de vérifier si vous y avez ou non suivi ces auteurs ? Mais il y a plus, et, si je ne me trompe, votre livre n’a pas le moindre besoin d’aucune de ces choses que vous dites lui manquer ; car enfin, il n’est tout au long qu’une invective contre les livres de chevalerie, dont Aristote n’entendit jamais parler, dont Cicéron n’eut pas la moindre idée, et dont saint Basile n’a pas dit un mot. (…)
Ainsi donc, puisque votre ouvrage n’a d’autre but que de fermer l’accès et de détruire l’autorité qu’ont dans le monde et parmi le vulgaire les livres de chevalerie, qu’est-il besoin que vous alliez mendiant des sentences de philosophes, des conseils de la sainte Écriture, des fictions de poëtes, des oraisons de rhétoriciens et des miracles de bienheureux ? Mais tâchez que, tout uniment et avec des paroles claires, honnêtes, bien disposées, votre période soit sonore et votre récit amusant, que vous peigniez tout ce que votre imagination conçoit, et que vous fassiez comprendre vos pensées sans les obscurcir et les embrouiller. Tâchez aussi qu’en lisant votre histoire le mélancolique s’excite à rire, que le rieur augmente sa gaîté, que le simple ne s’ennuie pas, que l’habile admire l’invention, que le grave ne la méprise point, et que le prudent se croie tenu de la louer. Surtout, visez continuellement à renverser de fond en comble cette machine mal assurée des livres de chevalerie, réprouvés de tant de gens, et vantés d’un bien plus grand nombre. Si vous en venez à bout, vous n’aurez pas fait une mince besogne. »
Strates (IV)
Un roman et un recueil de contes, nouvelles, récits (et poèmes). Le roman n’existait pas tel que nous l’entendons aujourd’hui. Il y avait déjà des genres développés, comme les contes, les récits et ce que l’on appelle aujourd’hui les nouvelles, et des histoires indépendantes de ce type sont insérées dans le Quichotte à la manière du Décaméron de Boccaccio (vers 1353), les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer (vers 1400) ou des Mille et une nuits, lorsqu’un personnage est prié de raconter son histoire, avec parfois des histoires racontées à l’intérieur d’autres histoires. Tout ce corpus d’histoires « externes » aux aventures de Don Quichotte et Sancho Panza sert parfois à nourrir leurs commentaires d’appréciation sur les valeurs morales présentées. Le Quichotte cite souvent les actions héroïques d’un chevalier qu’il admire pour justifier ses propres actions, par imitation. C’est un roman qui accumule les autres genres littéraires, du théâtre aux livres de chevalerie, du prestigieux au plus populaire. Les poèmes ne manquent pas, et les discussions s’enrichissent de nombreux refrains et proverbes, clairs et beaux, spécialement chez Sancho Panza, apportant une richesse d’images verbales aux dialogues.
Figure 5 : Le Chevalier, la Mort et le Diable ou, plus anciennement, Le Cheval de la mort (en allemand, Ritter, Tod und Teufel, Der Reuther) 1513, gravure d’Albrecht Dürer (1471-1528). Staatliche Kunsthalle Karlsruhe et National Gallery of Art, Washington.
Strates (V)
Les livres de chevalerie ont une vaste pluralité de sources écrites et orales. Nous pouvons noter d’un côté une source gréco-latine, ce que l’on appelle la « matière troiana-alexandrina », l’amalgame des récits et personnages dérivés de l’Iliade, de l’Enéide de Virgile et des récits apparentés aux conquêtes d’Alexandre le Grand, mélangé avec le « cycle arthurien » ou légende arthurienne, liée aux chevaliers de la Table Ronde, à la magie (Merlin), et à l’amour courtois (par exemple les œuvres de Chrétien de Troyes, du XIIe siècle).
Du côté du monde arabo-musulman, il y a un précédent arabe, connu comme Ayyâm al-Arab, les récits des guerres et batailles à l’époque pré-islamique et au tout début de l’Islam, et de l’autre une épique populaire arabe qui se manifeste dans des récits écrits pour être récités à haute voix, littérature qui à son tour va se mélanger avec le corpus de récits connu comme la geste des Banû Hilâl, remontant au moins au XIIIe siècle, et plus tard le « Roman de Baybars », remontant au moins au XVe siècle, mais dont la première mention écrite date du XVIe siècle (Garcin, 2003).
Figure 6 : Portrait d’un chevalier, ou jeune chevalier dans un paysage (1510). Vittore Carpaccio (1465-1526). Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid.
Strates (VI)
Dans la Péninsule ibérique se produisent aussi dans l’orature les poèmes épiques chantés connus comme cantares, dont le plus connu, transmis par écrit, est le Cantar de mio Cid, du début du XIIIe siècle. Ces chansons de geste vont inspirer les poèmes de type romances, qui vont se tourner vers le lyrisme et la courtoisie, formant le corpus du Romancero, transmis par écrit, mais aussi oralement jusqu’au XIXe siècle.
C’est ce grand « pot aux roses » qui alimente une littérature de prestige, les livres de chevalerie, par exemple Amadís de Gaula, publié en 1508, ou l’italien Orlando furioso, de Ludovico Ariosto, publié en 1516, mais qui à force d’être copiés et imités avaient perdu une partie de leur qualité littéraire, noyée dans les clichés et les comportements prévisibles, mais aussi l’excès de fantaisie et le manque de vraisemblance des comportements et des discours.
Figure 7 : Histoire de Cardenio et Luscinda (1ère partie, chapitre 32). Gustave Doré (1832-1883) pour l’édition anglaise de 1863 (p. 263). Source : numistral.fr et Musées de Strasbourg
B. Contexte historique et antagonisme en Espagne pour le symbole du Quichotte (I)
Début du XVIIe siècle, comme William Shakespeare : période de transition entre une orature héritée du Moyen Age (épithètes, balancement, antithèses, structures formulaires, lieux communs, etc.) et l’essor du livre imprimé, spécialement les livres de chevalerie, la poésie courtoise tardive écrite souvent en sonnets, les pièces de théâtre tragi-comiques de Comedia nueva, et les « romans » de divertissement d’aventures picaresques, comme Guzmán de Alfarache, écrit par Mateo Alemán et publié d’abord à Madrid en 1599, et continué à Lisbonne en 1604.
Pouvoir secret et magique de l’écriture (soumise à un tri et condamnée en partie au bûcher de la censure), mais défiance face à la fiction qui semble rester toujours inférieure à l’action.
Production à échelle industrielle du papier et distribution importante de livres imprimés (plus faciles à lire et beaucoup moins chers, parmi les effets de l’invention de Gutenberg, m. en 1468), prolongeant la Renaissance italienne à échelle européenne.
Figure 8 : Amadís de Gaula (Amadis de Gaule) appartient au genre des livres de chevalerie produits en Espagne de la fin du XVe siècle à la première moitié du XVIe, souvent basés sur des sources françaises. Son auteur, Garci Rodríguez de Montalvo, publia l’œuvre en 1508. Cette édition de 1539, imprimée à Séville, est décorée de gravures sur bois. Bibliothèque numérique mondiale, en partenariat avec la Bibliothèque nationale de Colombie.
B. Contexte historique et antagonisme en Espagne pour le symbole du Quichotte (II)
L’Espagne est encore un empire très puissant, avec un énorme appareil bureaucratique et ecclésiastique qui profite de l’or et l’argent de l’Amérique, mais sa puissance militaire est déjà en déclin. Après l’expulsion de Juifs et Musulmans à partir de 1492, se déclenchent des guerres et expulsions contre les minorités de musulmans convertis au catholicisme, les Moriscos, la plus grave étant celle promulguée par le Roi Philippe III en 1609. Le tissu social de la Péninsule, spécialement dans une région comme La Mancha, est appauvri : perte de métiers, de savoir-faire, de culture dans un sens large. Miguel de Cervantès (1547-1616) est témoin de cette épuration néfaste, et plaide pour la tolérance en donnant la parole à un Morisco voisin et ami de Sancho Panza, appelé Ricote (2ème partie, chapitre 54).
Figure 9 : Débarquement des Morisques à Oran (1613). Vicente Mestre. Fundación Bancaja de Valencia.
B. Contexte historique et antagonisme en Espagne pour le symbole du Quichotte (III)
L’utilisation abusive, comme outil politique d’un nationalisme espagnol, du prestige du Quichotte depuis sa publication, en le présentant en héros glorieux d’une « race », bastion du catholicisme, excluant le différent, bénie par Dieu (qui est le fond « intellectuel » du franquisme du XXe siècle) contraste avec l’intention tolérante et critique de l’auteur. C’est ce Cervantès tolérant et enrichi de la pluralité culturelle, qui est revendiqué par Américo Castro (1885-1972), auteur du livre El pensamiento de Cervantes (« La pensée de Cervantes », 1925) et de La realidad histórica de España (« La Réalité historique de l'Espagne », México, 1954), puis par Juan Goytisolo (1931-2017), écrivain espagnol qui s’installa à Marrakech, par goût pour le monde arabe et pour signaler par cet exil volontaire sa marginalité constitutive, la part ignorée de l’Espagne.
Figure 10 : L’expulsion des marchands du temple (1571-1575). El Greco (Domínikos Theotokópoulos, dit Le Greco, 1541-1614). Minneapolis Institute of Art.
C. Le roman (I)�
Don Quichotte, le titre original étant « El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha », dévoile la configuration d’un genre littéraire plus individuel, plus psychologique, plus centré sur les nuances et changements intérieurs des personnages (les personnages « ronds » face aux personnages « plats » selon la distinction de E. M. Forster dans son ouvrage Aspects of the Novel de 1927), qui va prendre son essor à partir de cette époque : le roman. Le seul grand précédent de la littérature occidentale dans le genre du roman qui puisse être cité est l’œuvre monumentale du français François Rabelais (1483-1554), auteur de Pantagruel (1532) et Gargantua (1534), à la fois chroniques, contes de géants, épopées parodiques et livres de chevalerie. Le roman deviendra au XVIIe siècle, après le Quichotte, le genre hégémonique de la littérature occidentale jusqu’au XXe siècle. Il consacre une lecture de plus en plus personnelle, solitaire, silencieuse.
Figure 11 : Illustration de frontispice de Gustave Doré (1832-1883) pour l’édition anglaise de 1863. Source : numistral.fr et Musées de Strasbourg
C. Le Roman (II)
Figure 12 : Vieille faisant frire des œufs (1618). Diego Vélasquez (1599-1660). National Gallery of Scotland, Edimbourg.
C. Le roman (III)�
Figure 13 : Don Qhichotte veille devant l’armure pour pouvoir être investi chevalier, devant l’auberge. Illustration de Gustave Doré (p. 47). Source : numistral.fr et Musées de Strasbourg
C. Le roman (IV)
Perspectives simultanées antagonistes (perspectivisme) : tandis que le Quichotte (et Sancho Panza contaminé par sa vision) voient la réalité d’une manière, les autres la voient d’une autre manière : l’exemple le plus connu étant celui des moulins pris pour des géants (1ère partie, chapitre 8) :
« En ce moment, ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu’il y a dans cette plaine, et, dès que Don Quichotte les vit, il dit à son écuyer :
« La fortune conduit nos affaires mieux que ne pourrait y réussir notre désir même. Regarde, ami Sancho, voilà devant nous au moins trente démesurés géants, auxquels je pense livrer bataille et ôter la vie à tous tant qu’ils sont. Avec leurs dépouilles, nous commencerons à nous enrichir ; car c’est prise de bonne guerre, et c’est grandement servir Dieu que de faire disparaître si mauvaise engeance de la face de la terre.
— Quels géants ? demanda Sancho Panza.
— Ceux que tu vois là-bas, lui répondit son maître, avec leurs grands bras, car il y en a qui les ont de presque deux lieues de long.
— Prenez donc garde, répliqua Sancho ; ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent, et ce qui paraît leurs bras ce sont leurs ailes, qui, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin.
— On voit bien, répondit Don Quichotte, que tu n’es pas expert en fait d’aventures : ce sont des géants, te dis-je ; si tu as peur, ôte-toi de là, et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille. » »
Figure 14 : Don Quichotte vaincu par les moulins. Illustration de Gustave Doré (p. 87). Source : numistral.fr et Musées de Strasbourg
Agencements
Figure 15 : Portrait de Giovanna Tornabuoni (1490). Domenico Ghirlandaio (1448-1494). Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
Agencements (I)�
Agonistique, duels et aventures : le voyage comme suite de batailles. Le « chevalier à la Triste Figure » est à la recherche d’adversaires de sa taille pour faire honneur à son amour pour la plus belle, Dulcinea del Toboso.
Figure 16 : Saint Georges et le dragon (vers 1470). Paolo Uccello (1397-1475). National Gallery, Londres.
Agencements (II)
Mobilisation du corps après la lecture : le Quichotte ne peut physiquement plus rester assis à lire ; il doit éprouver son corps par les chemins, par les rencontres, par la faim, par la douleur de l’amour impossible, etc. Mais il continue à porter ses lectures dans la tête.
Figure 17 : Don Quichotte et Sancho Panza. Illustration de Gustave Doré (p. 80). Source : numistral.fr et Musées de Strasbourg.
Agencements (III)
Le Quichotte ou l’antihéros : faible, vieux, fou, lâche, menteur, fuyant la réalité et sa condition de petite noblesse appauvrie : pèlerin, chevalier, voyageur, aventurier, caricature du héros itinérant, nouvel Ulysse dégradé en pastiche. Il est malade d’abus de lecture de la mauvaise langue employée dans les livres de chevalerie (Lázaro Carreter, 1998).
Figure 18 : Allégorie du temps gouverné par la prudence (vers 1550-1565). Titien (Tiziano, 1490-1576). National Gallery de Londres.
Agencements (IV)
Don Quichotte et Sancho Panza : le double du chevalier, son compagnon et écuyer, est l’incarnation de l’esprit pratique, prudent et incrédule. Or, progressivement, c’est Sancho Panza qui croit aux aventures plus que le Quichotte, dans une « quichottisation » qui le pousse à encourager son ami, et à participer avec plus d’enthousiasme que le Quichotte dans les fabulations (Miguel de Unamuno, 1905).
La « quichottisation » est une manière de vivre et de voir le monde où le sens de la liberté, de la justice et de la gloire se confondent avec la réalité pour créer une réalité parallèle où tout est possible. Avant Cervantès, le couple littéraire était généralement un couple de jeunes amoureux (par exemple Tristan et Yseult). Ils forment un couple nouveau, qui aura une influence littéraire très importante.
Figure 19 : Poster du film américain Midnight Cowboy (1969). Réalisateur : John Schlesinger. Avec John Voight et Dustin Hoffman. Repris du site Original Film Art
E. Devenir-Quichotte (quichottisation) :� une conclusion
Roman qui est comparé à une « bible » des temps modernes : le changement doit se faire dans ce monde, et non pas dans un monde à venir après la mort. Résonance de la nouvelle vision scientifique du monde : une planète ronde qui tourne autour du soleil et non plus le centre plat de l’univers organisé par Dieu dans un ordre parfait tel qu’il était présenté par la cosmologie aristotélicienne christianisée, ce que l’on appelle aussi la révolution copernicienne, en référence à Copernic (1473-1543). Selon Georg Lukács (1885-1971), c’est le roman d’un monde abandonné par Dieu (González Echevarría, 2009).
Figure 20 : Don Quichotte et Sancho Panza de retour de Barcelone, fatigués (2ème partie, chapitre 68). Illustration de Gustave Doré (p. 957). Source : numistral.fr et Musées de Strasbourg.
Prolongement possible :�
Le rapport du politique et de la révolution, personnelle ou collective, comme moyen de transformation du monde, avec le Quichotte.
Figure 21 : National Geographic.
Bibliographie :
Sitographie :
Conférences en anglais en ligne :
Références iconographiques :
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