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KALOU

Librement inspiré par le conte des frères Grimm : Raiponce

Ou comment aborder le principe de liberté avec les enfants .

Livre à colorier

Alain Landy 2025

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CONTES POUR GRANDIR

Depuis longtemps, les humains de toutes les cultures savent que les contes aident à construire, à reconstruire une personnalité et même souvent, peut la guérir si elle est abîmée.

Ils permettent de nommer l’inexprimable, de dénouer les contradictions, de réparer les blessures de notre histoire présente et passée. Ils nous aident à grandir et à nous harmoniser. Ils favorisent à l’intérieur de nous-même la réconciliation entre différents états de notre condition humaine, le psychisme, le corps et l’esprit qui parfois se révèlent adversaires et même contraires.

Les contes contiennent des mots, des expressions qui nous enveloppent, nous cajolent dans une clarté affectueuse ; ils nous proposent des associations qui nous illuminent dans une atmosphère limpide et nous emmènent, plus apaisés, aux confins de l’imaginaire et du réel.

Pour aller à la rencontre de contes sur la Guyane suivez les liens :

https://landyschool.blogspot.com/

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Bonjour, je m’appelle Kalou.

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Yé krik ! Yé krak !

Il était une fois en Guyane une femme qui souhaitait depuis longtemps avoir un enfant.

Un jour enfin, elle apprit qu’elle allait être maman.

Depuis la fenêtre de sa chambre, elle pouvait voir un splendide abattis où poussaient les plus beaux légumes de tout le pays des eaux abondantes ( la Guyane). Mais, ce potager était entouré d’une haute barrière et personne ne s’y risquait car il appartenait à un puissant gadò* que tout le monde craignait.

Un jour, cette femme aperçut un carré où poussaient de beaux calous**. Elle eut aussitôt envie d’en manger.

L’envie grandissait chaque jour de plus en plus et comme elle savait qu’elle ne pourrait pas en avoir, elle dépérissait, pâlissait et devenait malade.

*sorcier

** aussi appelé dans d’autres régions du monde : kalou, gombo, okra, lalo, quimbombò, calalou

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Bonjour, je suis le fils du gouverneur.

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Alors son homme prit peur et demanda :

- Que te manque-t-il ma doudou ?

- Hélas, répondit-elle, si je ne peux manger de ces calous de l’abattis qui est derrière notre maison, alors je vais mourir.

L’homme qui aimait sa femme pensa :

- Je ne laisserai pas ma femme mourir ! Je vais aller lui chercher des calous quoiqu’il m’en coûte.

Lorsque la nuit fut arrivée, il escalada la barrière, cueillit rapidement une pleine poignée de calous et les rapporta à sa femme.

Elle les prépara aussitôt en salade et les mangea d’un coup avidement.

Ils lui plurent tant que, le jour suivant, elle en eut encore trois fois plus envie.

Pour la calmer, l’homme dut encore une fois escalader la barrière du gadò.

Il le fit à nouveau la nuit venue.

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Bonjour, je suis le gadò (sorcier).

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Mais tandis qu’il grimpait, il aperçut le sorcier qui se tenait devant lui.

- Comment peux-tu te risquer, cria-t-il avec un regard plein de méchanceté, à pénétrer dans ma propriété et à me voler mes calous comme un bandit ? Je vais te punir !

- Je vous en prie ! répondit l’homme en joignant ses mains, soyez indulgent avec moi ! Je ne l’ai fait que par nécessité. Ma femme qui attend un bébé a vu vos calous depuis notre fenêtre et elle en a eu une telle envie qu’elle serait morte si elle n’avait pas pu en manger.

Le gadò se calma et répondit :

- Prends-en autant que tu voudras mais, j’y mets une condition : tu devras me donner l’enfant que ta femme mettra au monde. Il sera bien traité et je m’en occuperai comme si j’étais son propre père.

Par peur, l’homme fut d’accord, et lorsque sa femme donna le jour à son enfant, il le porta immédiatement chez le sorcier qui l‘appela Kalou. Et Kalou devint la plus jolie petite fille qui soit de toute la Guyane.

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La case du sorcier

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Lorsqu’elle eut douze ans, le gadò l’enferma dans une case qui ne possédait aucune porte, au milieu de la forêt guyanaise. Presque au niveau du toit, s’ouvrait l’unique fenêtre.

Quand le sorcier voulait entrer, il se tenait sous la fenêtre et appelait :

- Kalou, Kalou, lance vers moi tes cheveux !

Car Kalou avait une très longue chevelure tressée.

Ainsi, le gadò pouvait rentrer dans la case en grimpant le long des cheveux.

Quelques années s’écoulèrent lorsque le fils du gouverneur, qui chassait dans la forêt, vint à passer près de la case. Il entendit un chant si doux qu’il s’arrêta aussitôt pour écouter. C’était Kalou qui, lorsqu’elle était seule, passait le temps en chantant de sa voix douce et mélodieuse.

Le fils du gouverneur chercha alors une porte, mais il n’en trouva aucune. Il s’en retourna chez lui déçu. Cependant, ce chant l’avait tellement ému que, désormais, chaque jour, il partait pour la forêt pour l’écouter.

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Bonjour, je suis un calou ou Kalou que certains appellent aussi gombo.

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Un jour, caché derrière un arbre, il vit le sorcier venir et il l’entendit appeler. Puis, il découvrit comment il faisait pour entrer dans la case sans porte.

- Voilà l’échelle par laquelle on parvient à entrer dans cette étrange case. Alors, demain, je vais tenter ma chance, pensa-t-il.

Et le matin suivant, le jeune homme s’approcha de la case sans porte et appela :

- Kalou, Kalou, s’il te plait, lance vers moi tes longs cheveux !

Aussitôt, la chevelure tressée apparut et le jeune homme grimpa.

Au début Kalou fut très effrayée qu’un jeune homme vint jusqu’à elle alors qu’elle n’en avait jamais vu.

Aussi d’une voix douce, le fils du gouverneur la rassura. Il lui expliqua qu’il avait été charmé par son chant et qu’il était tombé amoureux d’elle en l’écoutant puis en la voyant à sa fenêtre.

Après s’être présenté, il lui demanda de l’accompagner jusqu’au Palais de son père.

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Les ciseaux du gadò

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Kalou se sentit rassurée et elle lui dit :

- Je veux bien venir avec toi mais, je ne sais pas comment descendre. Demain, lorsque tu reviendras, apporte une échelle de corde et je l’emprunterai pour partir avec toi.

Mais, aveuglée par son amour, Kalou fit une grosse bêtise. Le jour même, elle demanda au sorcier :

- Dites-moi, comment se peut-il que vous soyez plus lourd à soulever que le fils du gouverneur de la Guyane qui, en un instant, est auprès de moi ?

- Maudite enfant ! Moi qui t’ai élevée comme un vrai père, s’exclama le gadò, je pensais t’avoir mise à l’écart du monde et tu m’as trahie !

Dans sa colère il attrapa la chevelure de Kalou de sa main gauche et la gifla de sa main droite. Puis, encore avec sa main droite, il attrapa une paire de ciseaux qui était sur la table et, en un clin d’œil, il coupa toutes les tresses de Kalou. Ensuite, il la bâillonna, l’attacha et l’enferma à double tour dans une pièce sans fenêtre au rez-de chaussée de la case.

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La forêt de Guyane

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Enfin, le gadò accrocha les tresses à l’intérieur de la fenêtre et, lorsque le jeune homme arriva et appela :

- Kalou, Kalou, mon amour, dénoue et lance vers moi tes beaux cheveux, j’ai apporté une corde solide !

Le sorcier laissa tomber les cheveux jusqu’à terre.

Le fils du gouverneur grimpa rapidement.

Mais, sa chère Kalou n’était pas là pour l’accueillir.

A la place, il se trouva nez à nez avec un homme agacé et très en colère.

- Ah ! ah ! ah ! ricana le sorcier, tu viens chercher ta bien-aimée, mais elle ne chantera plus, ni pour toi ni pour personne d’autre. Kalou est désormais perdue pour toi et tu ne la reverras plus jamais !

Seulement, dans l’obscurité de sa cellule sans fenêtre, Kalou se débattit tant et tant, qu’elle réussit à ôter son bâillon et à chanter l’air préféré de son amoureux.

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Le jeune homme sauta sur le sorcier qui, dans la bagarre se prit les pieds dans la corde et tomba par la fenêtre.

Le fils du gouverneur libéra Kalou et l’emmena dans le palais de son père où elle fut accueilli avec joie.

Les longs cheveux de Kalou repoussèrent.

Et, Kalou et son mari vécurent longtemps heureux et tranquilles.

Le gadò qui était tombé sur la tête perdit la mémoire et ne se souvint plus ni de Kalou, ni du fils du gouverneur, ni même du chemin qui menait à sa case et à son sublime abattis.

Et, encore aujourd’hui, il erre toujours dans la forêt guyanaise.

Si vous le rencontrez, ne lui racontez surtout pas cette histoire, il retrouverait peut-être la mémoire !

Et Kalou et moi-même ne serions alors plus tranquilles.

A mon petit fils Kiminy qui adore manger des calous…

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Je réfléchis

  1. Où se passe cette histoire ?
  2. Que penses-tu de Calou ?
  3. Que penses-tu de ses parents ?
  4. Que penses-tu du sorcier ?
  5. Que penses-tu du fils du gouverneur ?
  6. Que penses-tu de la fin de ce conte ?
  7. Quelles leçons de vie tires-tu de ce conte ?
  8. Connais-tu d’autres contes qui finissent par un heureux mariage?

Sources :

https://www.phonemus.fr/histoires/Raiponce.pdf

https://timolokoy.com/blog/index.php/recipe/salade-de-calous-gombos/

https://hortiflor.shop/potager-perpetuel/635-RAIPONCE_BIO_CAMPANULA_RAPUNCULUS.html#:~:text=De%20la%20famille%20des%20campanules,se%20consomment%20comme%20des%20radis.