COURS DE COMPTABILITE ANALYTIQUE
Comité pédagogique de
De comptabilité
FSEG
Programme (32 heures)
Chapitre 1 : Principes de la comptabilité (4heures)
Chapitre 2 : Coûts complets (18heures)
Chapitres 3 : Coûts partiels (10 heures)
Chapitre 1 : Principes de la comptabilité analytique
Section 1 : La définition et les objectifs de la comptabilité analytique
La comptabilité analytique est la technique qui permet la détermination et l’analyse des coûts.
Elle vise à maîtriser les coûts et les résultats ; il n’existe cependant aucun texte la rendant obligatoire.
La comptabilité analytique doit être adaptée à l’activité, à la structure fonctionnelle de l’entreprise et aux besoins des décideurs
2. Les objectifs de la comptabilité analytique
La comptabilité analytique doit fournir tous les éléments de nature à éclairer et à orienter les prises de décisions destinées à améliorer la performance de l’entreprise.
Les objectifs essentiels sont :
La comptabilité analytique est intrinsèquement liée à la comptabilité générale : plus précisément elle extrait les données comptabilisées dans les classes 3, 6 et 7 ; elle soumet ces données à un traitement spécifique de manière à faire ressortir de ce traitement des informations porteuses de sens pour la gestion saisie dans son ensemble.
La comptabilité analytique non seulement maintient (ou réintègre) la pratique comptable au sein de l’entreprise mais en outre elle rompt son isolement par rapport aux autres grandes fonctions de l’entreprise ; bien plus elle leur devient intimement liée et c’est plus particulièrement le cas de la gestion de la production.
3. Les coûts
Un coût est une accumulation de charges significatives sur un produit ou sur tout autre objet de coûts.
La périodicité de calcul des coûts est le plus souvent mensuelle.
Un coût est défini par trois caractéristiques indépendantes les unes des autres : son champ d’application, son contenu et le moment de son calcul.
Le calcul des coûts doit s’adapter à l’organisation de l’entreprise et à son activité :
CHAMP D’APPLICATION
COÛT PAR FONCTION ÉCONOMIQUE
(approvisionnement, production, distribution…)
COÛT PAR MOYEN D’EXPLOITATION
(magasin, usine…)
COÛT PAR ACTIVITÉ D’EXPLOITATION
(ensemble des activités, famille de produits…)
COÛT PAR RESPONSABILITÉ
(direction, chef de service, chef d’atelier…)
il existe 2 grandes catégories coûts partiels : le coût variable et
le coût direct.
• Le coût variable : il est constitué seulement des charges qui varient avec le volume d’activité de l’entreprise, sont donc exclues les charges dites fixes ou de structure.
• Le coût direct : il est constitué par les charges qui peuvent lui être directement affectées.
b. Le contenu
On distingue :
Ils sont constitués par la totalité des charges relatives à l’objet du calcul, il
en existe deux sortes :
• Les coûts complets traditionnels : si les charges de la comptabilité générale sont incorporées telles quelles sons sans modification.
• Les coûts complets économiques : si ces charges ont subi des retraitements en vue d’une meilleure expression du coût.
c. Le moment de calcul
Les coûts sont déterminés :
4. Les méthodes d’analyse des coûts
Une méthode d’analyse de coût constitue un outil d’aide à la décision.
Le gestionnaire a le choix entre plusieurs méthodes, selon ses préoccupations ( fixer un prix de vente, développer une ligne de produits, sous-traiter une activité…) et les contraintes internes ou externes de l’entreprise liées à son activité, à son mode de gestion, aux types de contrats conclus …
Les différentes méthodes et leurs objectifs sont :
Méthodes | objectifs |
Méthodes classiques des coûts complets | Analyse de la performance des produits |
Méthode à base d’activités | Analyse de la performance des activités |
Méthode des coûts variables | Analyse de la contribution de chaque produit ou activité à couvrir les coûts fixes et à former le résultat. Analyse d’indicateurs de risque (seuil de rentabilité, indice de sécurité…) |
Méthode des coûts directs | Analyse de la contribution de chaque produit ou activité à couvrir les coûts indirects et à former le résultat. |
Méthode des coûts spécifiques | Analyse de la contribution de chaque produit ou activité à couvrir les coûts fixes indirects et à former le résultat. |
Méthode du coût cible | Analyse des produits dès leur phase de conception et tout au long de leur cycle de vie en fonction du marché et de la marge attendue. |
NB : les différentes méthodes ne s’opposent pas mais se complètent et se combinent.
Le traitement des données en comptabilité analytique nécessite, pour la quasi-totalité des entreprises, la mise en place d’un système de traitement informatisé.
Section 2 : Les charges incorporées aux coûts
Les charges incorporées aux coûts proviennent :
Afin d’intégrer des coûts pertinents, l’entreprise intègre dans sa comptabilité analytique :
Il est nécessaire de différencier :
Les charges de la comptabilité générale
Incorporables aux coûts
(Charges courantes, retraitées ou non)
Non incorporables aux coûts
Charges exceptionnelles calculées selon des critères Juridiques ou fiscaux ( dotations aux amortissements dérogatoires, impôts sur les bénéfices…)
Les Charges supplétives
Eléments de coût non comptabilisés en charges: il s’agit de la rémunération de l’exploitant et de la rémunération des capitaux propres
Les charges incorporées aux coûts se déterminent à l’aide du calcul suivant :
2. Le retraitement des charges incorporables
Certaines charges, telles que les dotations aux amortissements, aux dépréciations , aux provisions et les consommations de matières, font l’objet de correction afin de donner aux coûts une meilleure expression économique ;
La différence entre le montant de la charge enregistrée en comptabilité générale et le montant économiquement justifié, retenu en comptabilité analytique, constitue une différence d’incorporation.
Charges incorporées aux coûts = ch. de la compta G – ch. non incorporables
Charges incorporées aux coûts = ch. incorporables + ch. supplétives - ch. non incorporables
Par ailleurs, d’autres charges incorporables telles que les primes d’assurance, les consommations d’électricité, d’eau… ont une périodicité d’enregistrement comptable ( annuelle, trimestrielle …) différente de celui du calcul des coûts, généralement mensuelle. Il est alors nécessaire de répartir ces charges selon la méthode dite de l’abonnement afin de les incorporer aux coûts au fur et à mesure de leur consommation et pour la période correspondant au calcul des coûts :
Différence d’incorporation = charges de substitution – charges incorporables de la comptabilité G
Application 1 :
Les charges de la Comptabilité générale d’une entreprise qui calcule ses coûts par trimestre s’élève à 6 000.000 FCFA dont 100 000 FCFA de dotation non incorporables. Par ailleurs il faut tenir compte de la rémunération du capital qui s’élève à 40.000.000 FCFA au taux annuel de 12%. Déterminer les charges incorporées
Solution
Charges incorporées = ch. incorporables + ch. supplétives - ch. non incorporables
Charges incorporées = 6 000 000 + (40 000.000 x 12% x ¼) – 100 000
= 7 100 000 FCFA
Application 2
Les charges de la comptabilité générale pour le mois d’octobre s’élèvent à 8 400 000 FCFA, dont
Les capitaux propres de 5 000 000 FCFA sont rémunérés à 10 % l’an.
Les coûts sont calculés mensuellement.
Charges incorporables corrigées
L’abonnement mensuel du loyer s’élève à 48 000/3 = 16 000 FCFA
Les charges incorporables corrigées se déterminent comme suit :
Charges de la comptabilité générale: 8 400 000
Charges non incorporables - (260 000 + 120 000)
Différence d’incorporation (48 000-16 000) -(288 000- 196 000)
= 7 896 000 FCFA
Charges supplétives
Montant de la rémunération mensuelle des capitaux propres :
(5 000 000 x 10%)/12 = 41 667 FCFA
Charges incorporées aux coûts
7 896 000 + 41667 = 7 937 667 FCFA
Section 3 : L’inventaire permanent des stocks
La comptabilité analytique évalue les stocks selon la méthode de l’inventaire permanent qui permet de connaître à tout moment les entrées en stocks, les sorties de stocks et l’état des stocks grâce à la tenue systématiques des fiches de stocks.
Elle renseigne la comptabilité financière sur l’évaluation des stocks finaux intégrés au bilan de fin d’années.
les stocks sont constitués de l’ensemble des biens ou des services qui interviennent dans le cycle d’exploitation de l’entreprise pour être :
On distingue :
2. La valorisation des mouvements de stocks
Les stocks relatifs à l’approvisionnement sont valorisés au coût d’achat.
Les stocks relatifs à la production sont évalués au coût de production.
Il existe cinq méthodes pour évaluer les sorties et les stocks finaux.
L’entreprise doit choisir l’une d’entre elles et respecter le principe de permanence des méthodes .
NB : En période de fluctuation des prix, chaque méthode présente des avantages ou des inconvénients au regard de la valorisation des sorties, du stock final et du résultat.
Date | Numéro du bon | Entrées | Sorties | stocks | ||||||
Qté | PU | Montant | Qté | PU | Montant | Qté | PU | Montant | ||
2/2 5/2 12/2 18/2 28/2 | Stock initial Sortie n°1 Entrée n°1 Sortie n°2 Entrée n°2 Totaux | 100 150 200 | 1000 1200 1300 | 100 000 180 000 260 000 | 50 80 | 1200 1200 | 60 000 96 000 | 100 50 200 120 320 | 1000 1200 | 100000 |
450 | 540000 | 130 | 156 000 | 320 | 384 000 | |||||
Date | Numéro de bon | Entrée | Sortie | Stock | ||||||
Qté | PU | Montant | Qté | PU | Montant | Qté | PU | Montant | ||
2/2 5/2 12/2 18/2 28/2 | Stock initial Sortie n°1 Entrée n°1 Sortie n°2 Entrée n°2 | 100 150 200 | 1000 1200 1300 | 100 000 180 000 260 000 | 50 80 | 1000 1150 | 50 000 92 000 | 100 50 200 120 320 320 | 1000 1000 1150 1150 1244 | 100 000 50 000 230 000 138 000 398 080 |
| | 450 | 540 000 | 130 | 142 000 | 1244 | 398 080 | |||
Les sorties sont évaluées au prix le plus actuel possible, par exemple, prix de la dernière facture ou prix de la dernière production.
Le coût théorique est déterminé en fonction du prix du marché.
Exemple
La société MOBO constate, pour le produit fini P, les mouvements de stocks suivants au cours du mois de février :
2 février stocks 100 articles à 1000 FCFA
5 février bon de sortie n°1 50 articles
12 février bon d’entrée n°1 150 articles à 1200 FCFA
18 février bon de sortie n°2 80 articles
28 février bon d’entrée n°2 200 articles à 1300 FCFA
3. Les relations entre les mouvements de stocks
Quelle que soit la méthode d’évaluation des stocks choisie, les relations suivantes doivent être vérifiées :
Stock initial +Entrées – Sorties = Stock final
Stock initial + Entrées = Sorties +Stock final
Stock initial –Stock final = Sorties - Entrées
Diverses méthodes peuvent être utilisées. Les méthodes retenues par le SYSCOA sont : la méthode du première entrée, première sortie (PEPS ou FIFO) ; la méthode du coût unitaire moyen pondéré (CUMP).
La méthode du coût unitaire moyen pondéré peut être évaluée enfin de période (CUMP de fin de période) ou après chaque entrée (CUMP après chaque entrée).
L’entreprise peut opter pour la méthode de son choix mais ne peut en changer que pour des raisons sérieusement motivé et cela en application du principe comptable de permanence des méthodes.
First in, First out (FIFO) ou Premier entré, Premier sorti (PEPS) Chaque entrée constitue un lot. Les sorties sont valorisées au prix de l’article le plus ancien des stocks. Le principe consiste à épuiser l’ancien lot avant d’entamer le nouveau. Les lots les plus anciens sortent les premiers jusqu’à épuisement total.
Last in, First out (LIFO) ou dernier entré, premier sorti (DEPS) Chaque entrée constitue un lot . Les sorties sont valorisées au prix de l’article le plus récent des stocks. Le principe consiste à épuiser le nouveau lot avant d’entamer l’ancien. Les lots les plus récents sont les premiers à sortir
Coût de remplacement Les sorties sont évaluées au prix le plus actuel possible, par exemple , prix de la dernière facture ou prix de la dernière productions. Le coût théorique est déterminé en fonction du prix du marché.
Exemple
La société MOBO constate, pour le produit fini P, les mouvements de stocks suivants au cours du mois de février : 2 février stocks 100 articles à 1000 FCFA 5 février bon de sortie n°1 50 articles 12 février bon d’entrée n°1 150 articles à 1200 FCFA 18 février bon de sortie n°2 80 articles 28 février bon d’entrée n°2 200 articles à 1300 FCFA
Stock final réel – stock final théorique = Différence d’inventaire
Les différences d’inventaire sont dues essentiellement :
- aux erreurs de comptage ou de saisie des données ;
- aux détériorations , aux pertes ou aux vols des articles .
Le stock doit être corrigé en conséquence pour correspondre au stock réel.