Histoire économique
“L’histoire ne pouvait devenir démocratique sans devenir économique, car les classes qu’elle amenait sur le devant de la scène étaient des classes de travailleurs et de producteurs”
Henri Hauser, 1904
La sociologie quantitative
François Simiand (1873-1935)
Professeur au Collège de France
1931
Histoire économique pluridisciplinaire
1931
1929
Chaire d’histoire économique à la Sorbonne en 1938
Marc Bloch (1886-1944)
L’histoire économique quantifiée
Camille Ernest Labrousse
Chaire d’histoire économique à la Sorbonne (succède à M. B en 1944)
(1895-1988)
1944
1933
Le primat de l’économie
L’économique
Le social
Le politique
L’approche sérielle
“L’historien de demain sera programmateur ou il ne sera plus”
Emmanuel Le Roy Ladurie, 1968
Une histoire sociale des faits économique : le primat du social
« Que faisait-on, au juste, dans les années 1950, 1960 et 1970, sous le label d’histoire économique quand on se réclamait de Labrousse ? De l’histoire économique « pure » ou « principalement économique », selon la formule de Duroselle, ou de l’histoire-économique-et-sociale? Labrousse, pour sa part, parlait de « socio-économie », c’est-à-dire d’une « histoire sociale des faits économiques ». Pour dire les choses autrement, c’est moins le fait économique en soi qui l’intéressait que sa signification sociale »
DAUMAS Jean-Claude (éd.) , L’histoire économiques en mouvement, entre héritages et renouvellements, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2012, p.26
L’école française labroussienne
Une domination sans partage
« La statistique des livres, des thèses et des articles (...) ne confirme par l’idée, aujourd’hui si largement répandue qu’elle fait partie de la doxa disciplinaire, d’une domination sans partage de l’histoire économique jusqu’au tournant des années 1970. […] Quelques grandes thèses, les collections de la VIe section et les Annales – où elle avait, il est vrai, des positions très fortes – ont servi de vitrines à l’histoire économique mais, quantitativement, celle-ci n’a jamais été dominante, loin s’en faut, dans la production historiographique française. »
DAUMAS Jean-Claude (éd.) , L’histoire économiques en mouvement, entre héritages et renouvellements, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2012, p.22-24
La grande synthèse
Alain Corbin raconte...
Quand je suis revenu du service militaire, je voulais faire une histoire des gestes. Michelle Perrot, assistante d’Ernest Labrousse, qui était une amie me l’a fortement déconseillé : « Si vous dites à Ernest Labrousse que vous voulez faire une histoire des gestes, vous ne ferez jamais carrière ». Alors je me suis consacré à l’histoire du Limousin parce que Labrousse ne l’avait pas encore distribué à l’un de ses élèves. C’était, au XIXème siècle, une région très archaïque, donc particulièrement intéressante pour l’historien. Labrousse m’a proposé de demander à Bertrand Gille de me diriger. J’ai commencé par de l’histoire économique. Au bout de deux ans j’arrivai à des constats décevants : les maires ne savaient pas trop écrire, ils ne savaient pas compter, ils n’avaient pas de papiers ; les habitants de la montagne mangeaient des châtaignes et du sarrasin etc. Qu’est-ce que l’on pouvait faire tirer des statistiques économiques? J’ai donc fait essentiellement de l’ethno-histoire et cela a donné une thèse différente de celle qui était prévue. Source : http://aggiornamento.hypotheses.org/727
L’approche macro : Levy-Leboyer
(1920-2014)
L’histoire économique :
une histoire au centre des clivages idéologiques
Cliométrie (New Economic History)
Une histoire contre-factuelle
« La fantaisie ne saurait remplacer l'analyse historique. Celle-ci semble plutôt être desservie par des suppositions du type : que se serait-il passé si Gengis Khan avait été converti aux idéaux de Mère Thérésa ? Napoléon au pacifisme ? ou Philip Snowden au keynésianisme ?... On pourrait très bien se demander comment les Pharaons, Hitler ou Staline auraient tour à tour traité le problème du chômage en Grande-Bretagne entre les deux guerres, mais les spéculations a-historiques ne sont pas une bonne voie pour établir la validité d'un ensemble de propositions économiques. » (S. Glynn & A. Booth, Building Counterfactual Pyramids, Economic History Review, 38/1, 1985).
Un histoire hyper quantitativiste
Robert Solow : « En examinant des travaux récents en histoire économique, j'ai le sentiment déprimant que beaucoup ressemblent exactement à l'analyse économique que je viens de caricaturer : les mêmes intégrales, les mêmes calculs de régressions, les mêmes substitutions de t-ratios à la pensée ! »
1974
Business history (années 1970)
Histoire des entreprises (années 1990)
depuis 1992
Histoire des pratiques entrepreneuriales et de la culture d’entreprise
Histoire économique
Entre crise et renouveau
La demande sociale
Les entreprises privées
Les entreprises publiques
L’Etat
La histoire publique (Public history) - 1983
Entreprises | Institutions | Politiques |
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L’histoire des techniques et de l’innovation : F. Caron
1997
Une histoire culturelle de l’économie : pratiques et représentations
2008
2009
Renouveaux historiographiques : paysages et mémoires
Histoire de l’environnement
Une histoire économique en crise ?
2013
2012
« C’est parce qu’elle faisait le constat de l’affaiblissement et des difficultés actuelles de l’histoire économique dans notre pays que la direction du Département des Sciences de l’Homme et de la Société du CNRS a créé, en mai 2007, le Réseau thématique pluridisciplinaire (RTP) d’histoire économique avec pour mission de faire un audit de cette branche du savoir historique et de favoriser l’émergence de thématiques et de forces nouvelles. » (p.13)
Propositions pour un renouveau
1. “Retrouver le sens du global et de la généralisation”
2. “Le rapprochement avec l’économie : une nécessité”
3. “Complexifier le questionnaire”
4. “Quantification et formation aux méthodes statistiques”
5. “L’horizon de l’histoire globale”
6. “Regard rétrospectif et réflexivité critique”
7. “Créer une revue pluraliste ouverte au débat”
8. Publier en anglais : une nécessité à l’heure de la globalisation
9. Sortir du ghetto académique pour participer au débat public
L’écriture numérique
2013
Annexe
Un historien de l’économie : F. Crouzet
1950
1978
rééd. 2009
L’économie comme grille de lecture
Par son étude des archives sur les prix, les salaires et les documents de la pratique (rapports d'intendants ou d'inspecteurs de manufactures), par sa relecture des textes de Quesnay, Turgot, Necker et des économistes du XVIIIe siècle, le directeur de la rédaction des Annales, chargé de recherches au CNRS, définit les principales caractéristiques d'un monde économique incertain. Marchés instables, institutions financières faibles, comportements imprévisibles, absence de vraie régulation : l'économie des XVIIe et XVIIIe siècles, soumise à des ajustements permanents, a pour cadre une temporalité marquée par l'aléatoire.
Le lien étroit de l’économique et du social