Conservation de la biodiversité 101
Présentation dans le cadre des rencontres de la communauté de pratique - Protection des milieux naturels
Marie-Pierre Beauvais, directrice Aires protégées – Sud du Québec
7 avril 2026
Ce document vous est transmis à titre informatif pour accompagner votre réflexion quant aux différents mécanismes et outils disponibles pour conserver les milieux naturels. Il n’est pas un mode d’emploi garanti.
Avant d’agir, il est recommandé de valider les informations, notamment auprès d’organismes de conservation de vos régions.
Présentation de la SNAP Québec
Un groupe porteur de solutions !
La clé : tenure du territoire
Comment savoir ?
---» Forêt ouverte (ou Infolot – voir plus bas)
(Catalogue, territoire, terrain forestier par domanialité)
Territoire public intramunicipal
Les terres publiques intramunicipales (TPI) sont des terres appartenant à l'État, situées à l'intérieur des limites municipales, dont la gestion est souvent déléguée aux MRC pour la planification, la villégiature, l'exploitation forestière et la protection.
Exemple : Parc Éco Laurentides (Mont-Blanc)
Si terres publiques
Conservation volontaire
Si terres privées
Désignation d’aires protégées
Conservation volontaire
La conservation volontaire exprime la prise en charge de la conservation du patrimoine naturel sur une terre privée par les gens qui en sont propriétaires, qui y habitent ou qui en profitent (MELCCFP, 2026).
Principales étapes :
(*Bonne pratique : Informer les communautés autochtones concernées)
Pas de recette miracle, ni parfaite !
©Boreal River
Complémentaire à l’action citoyenne
Étape 1 - Comment trouver le ou les propriétaires d’un lot privé ?
---» NUMÉRO DE LOT, SUPPRIMER TOUS LES ESPACES ENTRE LES CHIFFRES.
Si le propriétaire est une entreprise, consulter le Registraire des entreprises (gratuit).
Étape 2 - Réseau de milieux naturels protégés
Organisme parapluie représentant la plupart des organismes de conservation et initiatives de conservation volontaire = mine d’or d’informations !
Acquisition par achat ou don des pleins titres
Les principales mesures légales de conservation
Avantages | Inconvénients |
Propriétaire vend sa propriété ($) ou à accès à un visa fiscal ($) | En fonction du prix du marché ou de la situation financière du propriétaire (fiscaliste) |
Propriété devient le patrimoine de l'OC, de la FUS ou de la municipalité qui peut décider des usages (compatibles) | |
Protection à long terme | Le nouveau propriétaire doit assumer les charges (assurances, taxes, entretien) = Fonds de gestion |
**La simple détention des titres de propriété par une MUN n’assure pas la protection à perpétuité.
L’organisme avait jusqu’ici acquis trois terrains, dont, en 2023, une partie du boisé Neilson dans le secteur de la Pointe-de-Sainte-Foy qui bénéficiait de l’appui d’un comité de résidents.
En grande vitesse
Les choses se sont accélérées ces derniers mois avec l’ajout de 206 hectares (les plaines d’Abraham en font 98) grâce à des dons ou des acquisitions, notamment auprès de la société 3B immobilier.
« Ce sont deux ans de travail faisant multiplier notre impact par 10 », raconte avec satisfaction M. Viens.
Pour lire l’article.
Servitude de conservation
Servitude réelle de conservation : le lot visé (fonds servant) doit fournir un bénéfice écologique direct à un autre lot appartenant à un organisme ou une fiducie de conservation (ou municipalité) (fonds dominant).
Servitude personnelle : S’il n’existe pas de lot pouvant faire office de fonds dominant, la servitude peut être créée envers la mission d’un organisme de conservation ou une fiducie (ou une municipalité).
Les principales mesures légales de conservation
Fonds dominant
Fonds servant
Lien écologique
= ruisseau par ex.
Avantages | Inconvénients |
Propriétaire reste propriétaire de son lot | Nécessite un fonds dominant ou ne sera pas reconnu au Registre |
Poursuite des usages jugés compatibles | Il faut s’assurer que les usages sont surveillés (OC) |
Protection à long terme | |
Réserve naturelle
Les principales mesures légales de conservation
Avantages | Inconvénients |
Propriétaire reste propriétaire | Délais élevés pour la reconnaissance |
Pas besoin de Fonds dominant | Diminution de la JVM |
Peut donner droit à des exemptions complètes ou partielles de taxes foncières et scolaires | Si pas d'organisme de conservation impliqué, gestion peut être un enjeu |
Le rôle des organismes de conservation (OC) :
Aucun OC dans votre secteur ? Pas de panique !
Fiducie d’utilité sociale
Comment ça fonctionne ?
EXEMPLE : WILD
Conservation en terres publiques
La conservation en terres publiques est une décision gouvernementale (comité interministériel).
Principales étapes :
** Pour l’instant, l’appel à projets est la procédure officielle.
© Benjamin Dy
Étape 1 : Comment trouver les informations en territoire public ?
Principales activités industrielles en terres publiques : chantiers forestiers, mines
Étape 2 : Délimiter un secteur d’intérêt en terres publiques
Autres sources de données :
Données ouvertes : https://www.donneesquebec.ca/
QGIS : logiciel gratuit - https://qgis.org/
Étape 3 : Bâtir l’acceptabilité sociale du projet
Étape 4 : plaidoyer auprès des décideurs --- municipalité, MRC, député-es régionaux
Un peu de technicalités… statuts d’AP
Le numéro assigné à une catégorie n’indique pas son importance, mais définit des différences dans les approches de gestion.
Un réseau équilibré regroupe différentes catégories et une composition marquée de catégories de protection dites plus strictes, soit de I à III (85 % du réseau québécois).
Source : Dudley, N. 2008. Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion aux aires protégées. 116 p. https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/paps-016-fr.pdf
©Boreal River
En résumé
Aire protégée d’utilisation durable
(APUD)
Réserve écologique
(Forêt-la-Blanche)
Réserve de biodiversité�Réserve marine
Paysage humanisé
(Île-Bizard)
Degré de flexibilité des aires protégées
I
II
III
IV
VI
V
Aire protégée d’initiative autochtone (APIA)
Activités scientifiques et éducatives
Activités récréatives et éducatives
Utilisations durables et territoires habités
Adapté d’un schéma du MELCCFP (2024).
Principales lois
Maintenant : MELCCFP (Faune et Parcs)
Aire protégée d’utilisation durable (APUD)
Aires protégées avec utilisation durable des ressources naturelles (APUD) : VI
« préservent des écosystèmes et des habitats, ainsi que les valeurs culturelles et les systèmes de gestion des ressources naturelles traditionnelles qui y sont associés. Elles sont généralement vastes, et la plus grande partie de leur superficie présente des conditions naturelles ; une certaine proportion y est soumise à une gestion durable des ressources naturelles ; et une utilisation modérée des ressources naturelles, non industrielle et compatible avec la conservation de la nature, y est considérée comme l’un des objectifs principaux de l’aire ».
Objectif premier :
Protéger des écosystèmes naturels et utiliser les ressources naturelles de façon durable, lorsque conservation et utilisation durable peuvent être mutuellement bénéfiques.
Source : Dudley, N. 2008. Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion aux aires protégées. 116 p. https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/paps-016-fr.pdf
Exemple au Québec : APUD
« se caractérise par la présence de conditions naturelles sur la plus grande partie de son territoire et par une utilisation durable des ressources naturelles. Son territoire est mis en valeur au bénéfice des communautés locales et autochtones concernées. Sa gestion est exemplaire et la participation des communautés y est favorisée »*.
Ce statut a été introduit dans la Loi en 2021. Depuis, deux projets pilotes en cours, mais pas de résultats encore publiés.
Document d’information (mars 2026) :
Un cas à part :
L’autre mesure de conservation efficace
(terres privées ET publiques)
« une zone géographiquement délimitée, autre qu’une aire protégée, qui est réglementée et gérée de façon à obtenir des résultats positifs et durables à long terme pour la conservation in situ* de la diversité biologique, y compris des fonctions et services écosystémiques connexes et, le cas échéant, des valeurs culturelles, spirituelles, socioéconomiques et d’autres valeurs pertinentes localement ».
Source : UICN. 2019. Reconnaissance et signalement des autres mesures de conservation efficaces par zone. 36 p. https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/PATRS-003-Fr.pdf
© Benjamin Dy
Différence entre AP et AMCE
Reconnaissance
Désignation
Attention : les mécanismes qui créent des résultats ne doivent pas être facilement inversés ou modifiés.
Un aparté sur la réserve de biodiversité
Au Québec, et particulièrement dans le sud habité, la réserve de biodiversité est un outil précieux.
La réserve de biodiversité se distingue des autres statuts par la souplesse des mesures de protection qu’elles proposent en vue d’atteindre les objectifs de maintien de la biodiversité (+ 90 % des AP du réseau).
Caractéristiques clés :
Pour aller plus loin sur les réserves de biodiversité, consultez : Régime d’activités dans les réserves de biodiversité, MELCC, 2012, 47 p.
Le régime d’usage de la réserve de biodiversité
Quatre catégories d’activités et d’interventions :
Cohabitation des usages de conservation avec des usages touristiques, sportifs, récréatifs, culturels, de subsistance.
La clé : encadrer les usages.
Conservation volontaire (et AMCE)
En résumé
Désignation d’aires protégées (et AMCE)
COMMUNICATION POSITIVE !
Des questions ?
Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)
4126 Saint-Denis, bureau 300
Montréal (Québec) H2W 2M5
514 278-7627
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