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MARENGWENG KÉ ZÒRÈ

D’après un conte guyanais de Michel LOHIER 1960

Ou comment aborder la fourberie avec nos enfants.

Alain LANDY 2026

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Marengweng le moustique habite près d’un pripri insalubre. Aussi, sa femme est-elle souvent malade. Zòrè l'oreille, leur voisin, vient un jour leur rendre visite.

- Zòrè, s’il te plait, veux-tu me rendre un service ? demande Marengweng ?

- Naturellement mon voisin, je suis à ta disposition.

- Voici 20 €uros, s’il te plait, va chez le Chinois et achète-moi une petite bouteille de rhum pays. C'est pour préparer un remède contre le paludisme dont souffre ma femme.

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- Laisse-moi cinq minutes et je te rapporte ta petite bouteille de rhum.

Zòrè arrive chez lui en souriant et dit à sa femme :

- Femme, nous sommes riches, regarde ce beau billet.

- Où l'as-tu pris, questionna Madame Zòrè ?

- Il vient de Marengweng qui ose me prendre pour un gamin. À mon âge, ce grand fainéant m'envoie faire ses commissions. Eh bien, non, il se trompe d'adresse.

- Mais réfléchis, dit Madame Zòrè, si Marengweng vient te réclamer son argent ?

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- Sois sans crainte, ma Doudou, je prendrai mes précautions.

Or, il ne restait chez les Marengweng que cet unique billet de 20 €uros pour toute économie .

Les heures passent, la nuit arrive : pas de Zòrè !

Inquiète, madame Marengweng dit à son mari :

- Notre voisin nous a sans doute oubliés. Va donc te faire rendre notre billet. Les enfants ont faim.

- À cette heure il doit dormir. J’irai demain dès l’aube répond Marengweng le moustique.

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Cependant, le jour suivant, avant même le premier chant du pipiri, Zòrè va trouver Lanmen la main, son amie.

- Lanmen, dit-il, ne me refuse pas ce que je vais te demander, tu sais bien que : « Roun lanmen lavé ròt, une main lave l'autre, il faut s’entraider ici-bas ».

- Oui, compère Zòrè, je t'écoute.

- Depuis quelque temps, je ne sais ce que mon voisin Marengweng me veut. Il ne fait que tourner autour de moi et le bruit de ses ailes m'agace.

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- Alors, Zòrè, dit Lanmen, que dois-je faire pour toi ?

- A chaque fois que tu l'entendras vrombir, frappe-le. Si tu arrives même à lui casser une seule aile, il finira certainement par me laisser tranquille. Je compte sur toi !

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Zòrè n'a pas fermé la bouche que déjà Marengweng lui demande à l'oreille :

- Alors, Zòrè, s’il te plait, rends-moi mes 20 €uros.

Mais, à peine prononce-t-il ces paroles qu'il entend à sa droite :

- Baou ! baou !

Rapide, il évite cette première salve. Il passe à gauche.

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- Zòrè, Zòrè, s’il te... mais, il n’a pas le temps de finir sa phrase.

Une gifle bien appliquée l'envoie bien loin. Maintenant, il a une aile cassée et une patte en moins.

C'est avec peine qu'il arrive à regagner sa case.

- Femme, gémit-il, abandonnons les 20 €uros à notre malhonnête voisin. Il s'est entendu avec la main, son amie, pour m'assassiner.

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Depuis lors, à chaque fois qu'un moustique s'approche d’une oreille, une main, toujours prête, le chasse et même souvent le tue.

Et l’histoire finit ainsi pour les grands comme pour pour les petits.

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Et, voilà ce que dirait notre sage compère le mouton paresseux :

- Mes amis, méfiez-vous des promesses, elles n’engagent que ceux qui y croient !

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Je colorie Marengweng le moustique

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