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CHIRURGIE VALVULAIRE �ET SURVEILLANCE DES�PORTEURS DE VALVES

Dr.S. GHEMRI

EHS Dr MAOUCHE MOHAND AMOKRANE EX C.N.M.S

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Le remplacement d'une valve sténosée ou fuyante par une prothèse est une chirurgie courante. Il procure généralement une excellente amélioration clinique cependant cette chirurgie doit être considéré plutôt comme une "chirurgie palliative" que comme une véritable guérison

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la mortalité péri-opératoire pour un remplacement

monovalvulaire est de 1 à 2 %

la survie des opérés

      • 80 % à 5 ans
      • 60% à 10 ans
      • 50 % à 15 ans

Chez les patients de 45-54 ans la mortalité à 15 ans

bioprothèse aortique est de 30 %

valve mécanique est de 26 %

conservations valvulaires aortiques est de 10 % avec une meilleure qualité de vie et une espérance de vie similaire à celle de la population générale.

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le porteur de prothèses valvulaires est exposé à des

complications:

  1. hémorragiques,
  2. thromboemboliques
  3. Infectieuse c’est l’endocardite infectieuse

Ces patients sont donc soumis à certaines contraintes,

notamment l'observance d'un traitement anticoagulant

parfaitement équilibré et une prophylaxie draconienne de

l'endocardite infectieuse

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Il faut donc considérer les prothèses valvulaires comme un

substitut imparfait des valves natives (c'est pourquoi l'on

s'oriente de plus en plus de nos jours vers le traitement

conservateur des valvulopathies, surtout mitrales,

commissurotomie percutanée pour la sténose mitrale,

plastie chirurgicale dans la majorité des cas d'insuffisance

mitrale

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les prothèses mécaniques

composée de matériaux inertes ,comportant

    • un anneau métallique
    • un élément mobile de constitution variable,

dont les mouvements vont ouvrir et fermer

alternativement la prothèse.

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les anciennes prothèses: l'élément mobile est une bille en silastic se déplaçant entre l'anneau d'insertion recouvert de dacron et une cage en titane (prothèse de Starr-Edwards)�Des prothèses à disque sont apparues �dont le chef de file était�la valve de Björk-Shiley. �Ultérieurement, des prothèses dont l'élément mobile est fait�de deux hémi-disques ou ailettes en�carbone pyrolytique sont apparues et sont�actuellement les plus largement utilisées�(prothèses de Saint-Jude, Sorin, Tekna,�Medtronic-Hall...).�

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PROTHÈSES MÉCANIQUES

= élément mobile

mouvements variations de pressions de part et d'autre de la prothèse

à bille (Starr)

à disque unique:

(Bjork, Lillehey, Medtronic-Hall),

à doubles ailettes (SJM,Carbomédisc, Sorin)

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Avantages et inconvénients

Avantage:

ayant une excellente durabilité et devant,

en principe, durer toute la vie du patient.

inconvénients :

  • la nécessité d'un traitement anticoagulant à

vie parfaitement équilibré .

  • la sensibilité particulière au risque infectieux.

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Bio prothèses classique: les valves ont été placées sur une armature rigide qui sert

d’ intermédiaire entre le tissu valvulaire animal

et l’anneau aortique du patient, afin d’en faciliter

la pose.

Les valves stentless: Les valves stentless porcines ont la particularité de ne pas avoir été montées sur un support métallique ou plastique.

les prothèses biologiques ou bio prothèses

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les prothèses biologiques ou bio prothèses,�

Comportant une armature métallique sur laquelle s'insèrent 3 valves biologiques:

    • le plus souvent sigmoïdes aortiques de porc (bio prothèses de Hancock, de Carpentier-Edwards...)
    • plus rarement de péricarde de veau (valve de Ionescu-Shiley).

Bioprothèses d’origine animale (xénogreffes) avec armature

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stentless.

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Avantages et inconvénients

Avantages:

Ne pas nécessiter de traitement anticoagulant

Un moindre risque de complications :

    • thromboemboliques .
    • infectieuses

inconvénients :

une durabilité inférieure, qui n'excède guère

10 ans.

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Les facteurs favorisant une dégénérescence d'une bioprothèse ne sont pas bien établis.

Les bioprothèses de type « stentless » (sans armature métallique) semblent donner des dégénérescences plus tardives

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Le TAVI ou remplacement valvulaire aortique percutané

Le TAVI est une technique employée dans les cas de rétrécissement aortique

  • La valve CoreValve est une bioprothèse porcine péricardique à trois feuillets montés sur un ressort (Stent) en Nitinol à mémoire de forme, auto-expansible

  • La valve Sapien  est une bioprothèse bovine péricardique à trois feuillets montés sur un stent en acier inoxydable  radio opaque.

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MitraClip permet de rapprocher les deux feuillets de la valve mitrale et ainsi réduire l'orifice, ce qui diminue le risque de fuite entre l'oreillette et le ventricule. Il est véhiculé jusqu'à la valve mitrale par un cathéter introduit dans la veine fémorale puis passé dans l'atrium gauche par voie transseptale, sous guidage par fluoroscopie et échographie transoesophagienne.

MitraClip

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Surveillance

  • Clinique
  • Radiologique
  • Électro Cardiographique
  • Échocardiogramme-doppler +++
  • Surveillance du traitement anticoagulant

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Fréquence

  • Le patient doit être vu une fois par mois par son médecin traitant

afin de vérifier l'état clinique et l'équilibre du traitement anticoagulant

par les anti-vitamines K (AVK).

  • Le patient sera examiné par le Cardiologue au 2-3 ème mois post-

opératoire pour la réalisation de l'échocardiogramme-Doppler qui

servira de référence.ensuite, il sera vu par le cardiologue 1 à 2 fois par an,

la réalisation d'un écho-Doppler transthoracique tous les 1 à 2 ans étant

recommandée.

  • Il est souhaitable que le porteur de prothèse soit muni d'un carnet de surveillance, dans lequel sont indiqués le(s) type(s) de prothèse(s) implantée(s), le niveau d'anti coagulation souhaité et les caractéristiques de la valve à l'écho-Doppler de référence. Le patient doit être en permanence porteur de sa carte de groupe sanguin en cas d'accident hémorragique aigu.

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Surveillance clinique

Elle comporte un examen clinique complet, en particulier cardio-vasculaire,

neurologique et infectieux

On recherchera notamment :

• une fièvre ou un foyer infectieux

• la réapparition des symptômes ayant justifié le remplacement valvulaire

• l'apparition de signes fonctionnels tels que dyspnée, récidive d'insuffisance cardiaque

gauche ou droite, lipothymies, syncopes…

• à l'anamnèse et à l'examen clinique des épisodes de déficits neurologiques transitoires

ou constitués (AIT, AVC) ou d'ischémie périphérique faisant craindre une thrombose

de prothèse

• des saignements anormaux, des hématomes, une hémorragie ou des signes cliniques

en faveur d'une anémie.

• une modification de l'auscultation qui doit faire suspecter une dysfonction de prothèse

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Les bioprothèses ont une auscultation identique à celle des valves natives.

Les prothèses mécaniques ont des bruits d'ouverture et surtout de

fermeture intenses, claqués, métalliques.

Les modifications pathologiques sont

    • la diminution d'intensité
    • le caractère variable des bruits d'ouverture ou de fermeture d'un

cycle cardiaque à l'autre

    • l'apparition ou l'augmentation d'intensité d'un souffle systolique
    • l'apparition d'un bruit diastolique surajouté (souffle d'insuffisance

aortique en cas de prothèse aortique ou roulement diastolique

en cas de prothèse mitrale)

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Surveillance radiologique

Le cliché de thorax permet d'apprécier les modifications de volume de la silhouette cardiaque, qui doit diminuer de taille après le remplacement valvulaire. Il recherchera d'éventuels signes classiques d'insuffisance cardiaque.

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Surveillance radiologique

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Surveillance électrocardiographique

L'ECG permet la surveillance du rythme cardiaque

et permet de constater la régression éventuelle

d'une hypertrophie ventriculaire gauche ou droite,

mais il n'apporte pas d'élément spécifique pour la

surveillance de la prothèse. On sera particulièrement

attentifs à la survenue de troubles de conduction

auriculo-ventriculaire – en particulier après

Remplacement valvulaire aortique – ou de signes

d'ischémie myocardique ou d'infarctus asymptomatique

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L'échocardiogramme-Doppler +++

Il doit être réalisé au moins une fois par an et systématiquement au

moindre doute de dysfonction ou de thrombose de prothèse et en

cas de syndrome infectieux.

Il permet :

• de mesurer les gradients trans-prothétiques, surtout le gradient moyen.

• de déterminer la "surface utile" de la prothèse.

• de rechercher une fuite prothétique, intraprothétique ou paraprothétique par désinsertion de la valve.

• de recueillir les paramètres classiques en particulier de fonction ventriculaire gauche

En cas de suspicion de dysfonction de prothèse,

l'échocardiogramme-Doppler transoesophagien est d'un apport

essentiel, notamment s'il s'agit d'une prothèse mitrale

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Surveillance du traitement anticoagulant

Un équilibre parfait du traitement anticoagulant par les anti-vitamines K est

indispensable,et ceci de manière définitive.

• La surveillance du traitement AVK par le TP est peu fiable et doit être abandonnée au

profit de la surveillance par l'INR (International Normalized Ratio).

• Ce contrôle doit être réalisé aussi souvent que nécessaire lors de la phase d'équilibration du traitement, puis au moins une fois par mois.

• Il doit être contrôlé lors de chaque modification de l'ordonnance en raison du risque élevé d'interaction médicamenteuse avec cette classe pharmacologique.

• Il doit s'accompagner d'une éducation du patient : compréhension de la nécessité du

traitement, connaissance de l'INR souhaité, notion de risque thrombotique et de risque

hémorragique, risque d'interaction médicamenteuse, port de la carte de groupe sanguin.

• Les porteurs de bioprothèses ne nécessitent pas de traitement anticoagulant, sauf durant les trois premiers mois post-opératoires ou naturellement s'il existe une autre raison de le prescrire, telle qu'une fibrillation atriale, etc...

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Tous les porteurs de prothèses mécaniques doivent recevoir à vie

un traitement anticoagulant par les AVK, parfaitement équilibré

avec INR cible entre [ 3 et 4.5].

� les prothèses les plus récentes (double ailette):

  • pour une prothèse aortique : INR entre [2.5 à 3 ]

  • pour une prothèse mitrale : INR entre [3 à 3.5] ��

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Le traitement anticoagulant ne doit jamais être interrompu. �

  • En cas d'extraction dentaire : le patient peut être traité en ambulatoire, avec un INR de 2 à 2.5 (interruption du traitement anticoagulant 1 à 3 jours avant et reprise des AVK le jour de l'extraction.

  • Pour une intervention extracardiaque ou en cas de complication hémorragique, il doit être arrêté et remplacé par l'héparine.

  • En cas de grossesse, le risque d'accident thrombo-embolique à partir de la prothèse est multiplié par 10.

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  • L'attitude classique consiste à mettre la patiente sous héparine durant le 1er trimestre de grossesse (en raison du risque tératogène des AVK) et durant les 15 derniers jours, en maintenant les AVK entre-temps.
  • Les recommandations actuelles de certains auteurs européens vont plutôt dans le sens d'un traitement par AVK pendant toute la durée de la grossesse jusqu'à la 38ème semaine, mais il n'y a pas de consensus à ce propos.

Relais héparine AVK en cas de grossesse

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Complications

  • Complications des prothèses mécaniques:
    1. thrombo-emboliques
    2. Désinsertions de prothèse
    3. Complications infectieuses
    4. Complications du traitement anticoagulant
  • Complication des bioprotheses :
    • Dégénérescence
  • Complications rares:

L'hémolyse.

La fracture

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Complications thrombo-emboliques

Elles représentent la complication la plus fréquente des prothèses valvulaires, plus fréquentes avec les prothèses mécaniques qu'avec les bio prothèses.

• Elles sont plus fréquentes dans la première année suivant l'implantation de la prothèse, mais le risque persiste au-delà.

• L'incidence en est plus élevée pour les prothèses mitrales que pour les prothèses aortiques.

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Complications thrombo-emboliques

  • Embolies systémiques
  • Thromboses de prothèse
  • Dysfonction de prothèse
  • Thromboses non obstructives

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Embolies systémiques

    • Accident ischémique transitoire ou constitué (AIT , AVC).
    • Ischémie aiguë d'un membre inférieur .
    • Infarctus du myocarde embolique.
    • Infarctus rénal ou splénique.

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Thromboses de prothèse

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Thromboses de prothèse

Elles sont l'apanage des prothèses mécaniques.

La thrombose aiguë :

A l'origine d'accidents brutaux, souvent dramatiques: œdème aigu pulmonaire, syncope, état de choc, mort subite (en cas d'obstruction majeure).

Embolies périphériques :

sont souvent survenues dans les jours ou les semaines précédents.

Le patient doit être hospitalisé d'urgence, le plus souvent pour

réintervention ou plus rarement pour traitement thrombolytique.

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Dysfonction de prothèse

Un thrombus gênant les mouvements de l'élément mobile :responsable

    • D’accidents emboliques
    • Une sténose
    • Une insuffisance prothétique, avec insuffisance cardiaque

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���Thrombose d'une prothèse à disque basculant (Medtronic-Hall).�Pièce opératoire

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Thromboses non obstructives

Surtout sur les prothèses mitrales, avec thrombus sur la face

atriale de l'anneau d'insertion,n'empêchant pas l'excursion de

l'élément mobile, mais pouvant être emboligène.

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Désinsertions de prothèse

Elles concernent 5 % des cas et surviennent surtout durant les

premiers mois postopératoires. Elles peuvent être soit spontanées, par

lâchage de sutures, soit dues à une endocardite infectieuse.

• S'il s'agit d'une désinsertion peu importante, elle est asymptomatique et sera suspectée par l'apparition d'un souffle.

• Si elle est plus importante, elle peut être à l'origine d'une aggravation fonctionnelle avec apparition d'une insuffisance cardiaque ou d'une hémolyse, qui se manifeste par une anémie de gravité variable, avec élévation des LDH, haptoglobine indosable et présence de schizocytes, qui signe le caractère mécanique de l'hémolyse.

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Frottis sanguin d'un patient ayant une hémolyse mécanique par dysfonction de prothèse valvulaire.��La présence de schizocytes, ou globules rouges déformés et fragmentés affirme le caractère mécanique de l'hémolyse

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Complications infectieuses

L'endocardite infectieuse est une complication redoutable

chez lesporteurs de prothèse.

Ces sujets sont à risque majeur d'endocardite et doivent

bénéficier d'une prophylaxie draconienne, et ceci leur vie

durant.

• Le risque d'endocardite est un peu plus élevé sur prothèse mécanique que sur bioprothèse.

• Il existe des formes précoces et des formes tardives

d'endocardites sur prothèse, qui comportent un pronostic différent

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Les endocardites post-opératoires précoces

sont la conséquence soit d'une contamination per-opératoire soit

à la reprise de l'endocardite infectieuse qui a nécessité le

remplacement. Elles sont souvent dues à des germes multi-

résistants,le plus souvent staphylocoques. Elles revêtent en

général un caractère aigu et se compliquent de désinsertion

de la prothèse.

Outre l'antibiothérapie adaptée au germe isolé dans les

hémocultures, une réintervention précoce est le plus souvent

nécessaire. Le pronostic en demeure très sévère, avec une

mortalité de plus de 60 %.

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L'endocardite tardive

survenant au-delà du 2ème mois post-opératoire,

Se rapproche de l'endocardite sur valve native

avec des germes comparables, mais le staphylococque

est néanmoins en cause dans 50% des cas.

Le pronostic est meilleur que celui de l'endocardite

précoce, d'autant que les germes sont généralement

moins résistants, mais une réintervention est assez

souvent, mais inconstamment, nécessaire.

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En cas de fièvre inexpliquée: �

  • Hémocultures systématiques, avant

toute Antibiothérapie prescrite à l'aveugle.

  • Echocardiographie en cas

de non réponse rapideau traitement

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Complications du traitement anticoagulant: Accidents hémorragiques

Ce risque fait préférer l'implantation de bio prothèses

chez les sujets âgés de plus de 75 ans, chez lesquels le risque

hémorragique est le plus élevé et chez lesquels l'on peut

espérer une longévité suffisante de ce type de prothèse.

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Les complications hémorragiques peuvent être de tout type

    • hémorragie cérébrale
    • Hémorragie digestive
    • hématurie
    • méno-métrorragies
    • hématome

qui doivent faire rechercher une lésion organique sous-jacente,

Leur gravité est variable,mais certaines peuvent aboutir au décès.

On rappelle l'interdiction de réaliser une injection

intra-musculaire à un patient sous AVK.

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Le traitement antivitamine K doit être interrompu, mais le

maintien d'une anticoagulation par l'héparine est

indispensable, en maintenant un TCA de à ± 2 fois le

témoin.

L'interruption temporaire du traitement anticoagulant est

parfois nécessaire, notamment en cas d'hémorragie

intracrânienne, dont le pronostic est dramatique dans ce

contexte

En cas d'hémorragie sévère

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Dégénérescence des bioprothèses

La détérioration tissulaire survient inexorablement

avec les années des bio prothèses :

    • Calcifications
    • Déchirure

responsables de sténoses et/ou de fuites valvulaires

imposant la ré intervention.

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Complications rares

L'hémolyse est constante, minime et infra-

clinique, due au traumatisme des hématies

sur la prothèse. Les hémolyses pathologiques sont

rares avec les prothèses actuelles et se voient

surtout en cas de dysfonction, et notamment de

désinsertion.

La fracture d'une ailette ou du disque avec

embolisation de l'élément rompu est exceptionnelle.

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POINTS FORTS A RETENIR

Les porteurs de prothèses valvulaires sont exposés à un certain nombre de

complications, notamment thromboemboliques, surtout lorsqu'il s'agit d'une

prothèse mitrale.

Les embolies artérielles périphériques, notamment cérébrales, représentent la

complication la plus fréquente des prothèses.

L'endocardite infectieuse sur prothèse demeure une complication redoutable, grevée

d'une très lourde mortalité malgré les progrès de l'antibiothérapie et de la chirurgie.

Le diagnostic des dysfonctions de prothèse fait surtout appel à l'échocardiogramme-

Doppler transthoracique et transoesophagien. Le diagnostic en demeure difficile et

l'examen nécessite un échographiste entraîné

La surveillance du traitement anticoagulant et l'obtention d'un équilibre parfait de celui-ci

est indispensable et doit être l'objectif principal du suivi effectué par le médecin traitant.

La prévention de l'endocardite infectieuse doit être draconienne chez ces patients à haut

risque infectieux

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Cas clinique

patiente de 62 ans, opérée pour remplacement valvulaire mitral 6

mois auparavant (Saint-Jude à double ailette pour maladie mitrale

rhumatismale), hospitalisée en urgence pour un accident neurologique

régressif : aphasie motrice transitoire survenue quelques heures plus tôt,

totalement régressive en une vingtaine de minutes.�

Aux urgences:

- examen neurologique normal.

- apyrétique.

- auscultation de la prothèse mitrale normale, sans souffle surajouté.

- pas de signe d’insuffisance cardiaque, bien que l’on ait la notion d’une

dysfonction ventriculaire gauche avant l’intervention (FE VG 40%).

- ECG : FA avec un rythme ventriculaire à 70/mn, et une hypertrophie

ventriculaire gauche.

- RP cardiomégalie, dilatation atriale gauche, vascularisation pulmonaire normale.

- dernier INR il y a 15 jours était à 1.8

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Question 1

Pourquoi avoir mis en place une valve mécanique?

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Question 1

Pourquoi avoir mis en place une valve mécanique?

    • Age
    • FA

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Choix de la prothèse

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Choix de la prothèse

Prothèse mécanique

• sujet < 60 ans

• FA

• niveau social et intellectuel : capable d'un suivi correct

Prothèse biologique

• > 75 ans

• Rythme sinusal

• Chirurgie lourde et hémorragique programmée à courte distance

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De quel surveillance devait elle bénéficier après l’intervention chirurgicale ?

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LA SURVEILLANCE

- Multidisciplinaire

  • Prévention endocardite et l’accident thromboembolique.

- Education

- Examen clinique complet tous les 3 à 6 mois.

- L’auscultation recherche :

des signes d’IC,

une modification des bruits de valve.

Un souffle de REGURGITATION est toujours PATHOLOGIQUE

  • Examens paracliniques

Echocardiographie cardiaque (1/an)

Bilan stomato (1/an)

- Carnet suivi AVK

  • Carte de porteurs de valve avec recommandations pour la prévention de l’Osler.

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  • Quelles hypothèses diagnostiques formulez-vous chez cette patiente ?

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  • Accident ischémique transitoire (AIT) +++++

  • AVC hémorragique

- Dans le cas d’un porteur de prothèse valvulaire cardiaque, la première

étiologie à envisager est celle d’une thrombose de prothèse, ceci

d’autant que la patiente était mal anticoagulée depuis plusieurs

semaines�

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LA THROMBOSE VALVULAIRE

  • Fréquence : 0.2 % années-patient, en position aortique

0,4 % en position mitrale.

  • Type de prothèse : ++++ prothèses mécaniques.

Facteurs favorisants :

- arythmie de type AC/FA

- âge

- l’altération de la fonction VG

- Dilatation OG

- ATCD de thrombose

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  • 2 types de tableau

  • La thrombose aigue, occlusive

🡪 choc cardiogénique majeur et brutal.

  • Les thromboses partielles

(insidieuses)

🡪 embolie périphérique

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�Quel(s) examen(s) complémentaire(s) allez-vous demander en urgence ?�

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- Un scanner cérébral ou une IRM

- Un bilan de coagulation avec INR �

- Un bilan inflammatoire, bien que la patiente soit apyrétique, pour rechercher d’éventuels signes en faveur d’une endocardite infectieuse : NF, CRP, fibrine

- Un échocardiogramme transthoracique (ETT) et transœsophagien (ETO)�

- Un radiocinéma de prothèse�

- Un écho doppler des TSA

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L’INR est à 1.9, comparable à celui des dernières semaines. Est-il correct ?�Quel est l’objectif d’INR dans cette situation ?

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  • NON

  • INR cible 2.5-3.5

De plus facteurs de risque de thrombose :

  • Prothèse mitrale

- FA�

- Dysfonction ventriculaire gauche�

- Intervention récente

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INR CIBLE 2,5 (2 - 3)

Prothèses aortiques mécaniques

Rythme Sinusal et OG : non dilatée

INR CIBLE 3 (2,5 - 3,5)

Prothèses mitrales / doubles valves mécaniques

Rythme Sinusal et OG : non dilatée

INR CIBLE 2,5 (2 - 3)

+ Aspirine : 75-100 mg/j

Prothèses aortiques mécaniques

Avec facteurs de risque (AC/FA…)

INR CIBLE 3 (2.5 – 3.5)

+ Aspirine : 75-100 mg/j

Prothèses mitrales / doubles valves mécaniques

Avec facteurs de risque

Prothèses avec accident Thrombo-Embol.

Facteurs de risque :

- arythmie de type AC/FA

- âge

- l’altération de la fonction VG

- Dilatation OG

- ATCD de thrombose

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Chez cette patiente quelle(s)

thérapeutique(s) proposerez-vous en

urgence ?

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  • En urgence, mise sous héparine, avec maintien de l’AVK à plus forte posologie�

- Seule l’héparine non fractionnée, intraveineuse continue (500UI/kg/j) ou sous-cutanée en 2 injections quotidiennes (0.1ml/10kg×2 fois/jour) a l’AMM chez les porteurs de prothèse valvulaire cardiaque.�

- vérifier la numération plaquettaire 2 fois/semaine tant que le patient est sous héparine.�

  • Ici, pas de thrombolyse ou de réintervention, car le contexte est en faveur d’une thrombose non obstructive.

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3 mois après la patiente doit être hospitaliser pour subir une coloscopie

Que préconisez vous?

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  • Relais AVK-héparine

(arrêt héparine qq heures avant examen et reprise

précoce des AVK)

  • Prévention de l’endocardite infectieuse

(antibioprophylaxie)

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la prévention de l’endocardite�

  • surveillance et l’éradication de tous les foyers infectieux potentiels.

Prévention : - Génitale chez la femme

- Prostatique et urinaire chez l’homme

- Bucco-dentaire dans les deux cas examen bucco- dentaire annuel associant détartrage et soins

  • L’antibioprophylaxie est indispensable pour tous les gestes invasifs chez les porteurs de valve quelque soit le type de prothèse.

  • Carte de porteur de valve

  • Education