1 of 23

Le keynésianisme�

2 of 23

Le keynésianisme est une école de pensée économique fondée par l’économiste britannique John Maynard Keynes. Pour les keynésiens, les marchés laissés à eux-mêmes ne conduisent pas forcement l’optimum économique. En outre, l’Etat a un rôle à jouer dans le domaine économique notamment dans le cadre de politique de relance. Toutefois l’importance de ce rôle varie avec les courants keynésiens et avec les traditions étatiques des différents pays.

3 of 23

Les courants dominants actuels sont la synthèse néo-classique nommée aussi néo-keynésianisme et la nouvelle économie keynésienne.

Pour Alan Blinder le keynésianisme s’articule autour de six principaux traits dont trois concernent le fonctionnement de l’économie et trois les politiques économiques.

4 of 23

Les trois principes sur le fonctionnement de l’économie sont : (1) la demande agrégée est erratique ; (2) les inflexions de la demande ont une plus grande influence sur la production et l’emploi que sur les prix; (3) les prix et spécialement les salaires réagissent lentement au changement de l’offre et de la demande.

5 of 23

A partir de là, les keynésiens avancent trois principes de politique économique : (1) le niveau usuel de l’emploi n’est pas idéal car il est sujet à la fois aux caprices de la demande et des ajustements des prix trop lents, (2) d’où, pour certains keynésiens la nécessité de politiques de stabilisation et (3), de façon encore moins unanime qu’au point précédent, les keynésiens préfèrent les politiques visant à soutenir l’emploi à celles visant à lutter contre l’inflation.

6 of 23

Les grands traits du keynésianisme à la suite de Keynes, les keynésiens raisonnent d’emblée au niveau macro-économique et considèrent que la théorie classique n’est applicable qu’au cas du plein emploi. Or, écrivant durant la période de crise de l’entre-deux guerres, ce qui l’intéresse, c’est ce qui se passe en période de sous-emploi. De cela découlent deux points clés : l’offre ne crée pas comme chez Jean-Baptiste Say sa propre demande mais dépend de la demande effective ; a la différence des classiques la monnaie n’est pas un voile mais influe sur l’économie réelle.

7 of 23

Demande effective et marché du travail�

Pour Keynes, le salaire n’est pas seulement un côté, c’est aussi un déterminant important de la demande. Par ailleurs, pour Keynes, le mécanisme des prix sur le marché du travail n’aboutit pas usuellement au plein emploi d’où l’introduction de la notion de chômage involontaire. Pour les classiques, l’offre de travail par les salariés dépend du salaire réel w/p.

8 of 23

S’il y a du chômage c’est que le salaire réel w/p (w salaire nominal et p indice des prix) est supérieur a la productivité marginale du travail appelé PmL.

Le chômage ne peut être que volontaire c’est a dire venant du refus de travailler au nouveau salaire d’équilibre. Pour Keynes au contraire le refus des salariés de voir leur salaire baisser

9 of 23

est finalement une bonne chose car elle évite une spirale déflationniste. Pour Keynes, les salaires nominaux w ne peuvent pas baisser pour plusieurs raisons : il y a une viscosité des salaires nominaux lies à la négociation des contrats ; une baisse des salaires nominaux entrainerait une contraction de la demande qui provoquerait à son tour une baisse de la production. Alors que pour Jean-Baptiste Say l’offre crée sa propre demande.

10 of 23

Pour Keynes, une demande effective insuffisante va déterminer une offre qui ne correspondra pas à une situation de plein emploi.

Le seul fait qu’il existe une insuffisance de la demande effective peut arrêter et arrête souvent l’augmentation de l’emploi avant qu’il ait atteint son maximum. De sorte que pour lui le chômage peut être involontaire. Toutefois Keynes ne récuse pas totalement la théorie classique.

11 of 23

Les composantes de la demande effective�

En économie fermée, la demande effective D est égale la somme de la consommation (C) et de l’investissement.

Consommation et épargne

La fonction de Consommation (C) : C = cY + b

C : consommation ; c : propension marginale a consommer.

12 of 23

« La loi psychologique fondamentale, a laquelle nous pouvons faire toute confiance à la fois a priori en raison de notre connaissance de la nature humaine et a posteriori en raison des enseignements détaillés de l’expérience, c’est qu’en moyenne et la plupart du temps les hommes tendent accroître leur consommation à mesure que leur revenu croît, mais non d’une quantité aussi grande que l’accroissement du revenu. » J.M.Keyne

13 of 23

Aussi pour Keynes si C : est la consommation et Y le revenu alors dC/dY, c’est a dire la propension marginale a consommer, est positive et inférieure à un.

  • Y : revenu
  • b : consommation incompressible ou revenu désépargné.

14 of 23

La fonction d’épargne (S) : I = S

  • S = épargne
  • I = Investissement
  • Y = C + I
  • Et Y = C + S
  • Donc C + I = C + S ou I = S

15 of 23

Alors que chez les classiques l’épargne dépend du taux d’intérêt (i), chez Keynes, elle dépend du revenu Y. Le lien investissement épargne a donné lieu a un débat entre John Maynard Keynes et les disciples de Knut Wicksell dont Dennis Robertson.

16 of 23

L’investissement

Pour Keynes, l’investissement (I) dépend du taux d’intérêt et de l’efficacité marginale du capital qu’il définit comme le taux d’escompte qui, appliqué a la série d’annuités constitue par les rendements escomptés de ce capital pendant son existence entière, rend la valeur actuelle des annuités egale au prix d’offre de ce capital.

17 of 23

Si l’efficacité marginale est supérieure au taux d’intérêt, l’entreprise investira sinon il vaudra mieux placer l’argent. Aussi plus le taux d’intérêt est faible et plus les entreprises auront tendance a investir.

La monnaie

Pour Keynes, nous désirons de la monnaie pour trois raisons :

18 of 23

  • motif de transaction i.e. le besoin de monnaie pour la réalisation courante des échanges personnels et professionnels. D’où une distinction entre motif de revenu (ménages) et motif d’entreprise (firmes).
  • motif de précaution i.e. le désir de sécurité en ce qui concerne l’équivalent futur en argent d’une certaine proportion de ses ressources totales.

19 of 23

  • motif de spéculation i.e. le désir de profiter d’une connaissance meilleure que celle du marché de ce que réserve l’avenir.

Les grands courants du Keynésianisme

L’influence de Keynes va principalement se faire sentir à travers les divers courants keynésiens. La Théorie générale contenant deux projets :

un projet radical et un projet pragmatique en faveur duquel Keynes aurait arbitré

20 of 23

lorsqu’il prit conscience (en 1933) du degré d’imprégnation de l’orthodoxie classique, les disciples de Keynes peuvent être classés en deux grands groupes selon qu’on considère qu’ils acceptent un partie de l’orthodoxie néoclassique ou qu’ils la récusent. Incontestablement, les néo-keynésiens de l’Ecole de la synthèse néo-classique font partie du premier groupe. Ils ont constitué le courant dominant de la révolution keynésienne de 1945 au début des années soixante-dix a eu à

21 of 23

lutter contre les postkeynésiens de l’université de Cambridge en Angleterre, ce qui donna lieu notamment a la controverse des deux Cambridge.

La perception du keynésianisme selon les pays:

La signification du keynésianisme varie selon les pays. Elle dépend en autre des économistes qui en ont été les introducteurs dans le pays et des traditions politiques et économiques des pays.

22 of 23

France : En France, Keynes a été introduit par des hauts fonctionnaires et il est parfois synonyme de colbertisme. C’est ainsi que dans le Monde, Alain Frachon parle de de «  vrai keynésien » pour le premier ministre de Singapour dont le gouvernement pratique du colbertisme autoritaire ou l’état dirige le capitalisme. Notons que Keynes n’emploie pas ou peu le terme Etat utilisant le terme gouvernement ce qui n’est pas la même chose.

23 of 23

Aux Etats-Unis : Le keynésianisme est perçu ici de façon plus sociale-libérale ou certes le gouvernement peut par des politiques conjoncturelles ou structurelles intervenir tant sur la conjoncture et tenter d’orienter le développement futur du pays mais où, les citoyens et les agents ont vis-vis de l’administration une plus grande liberté d’action.