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EVIDENCES SANITAIRES, NUTRITIONNELLES, ÉCONOMIQUES ET SOCIALES LIÉES AU FINANCEMENT DE LA NUTRITION AU SÉNÉGAL�

Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique

Direction de la Santé de la Mère et de l’enfant/DSME

Division Alimentation Nutrition

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PLAN

  • INTRODUCTION

  • SITUATION NUTRITIONNELLE AU SENEGAL

  • GOUVERNANCE ET ENGAGEMENTS POLITIQUES EN FAVEUR DE LA NUTRITION

  • STRATEGIE DE MOBILISATION DES RESSOURCES

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INTRODUCTION

  • La nutrition constitue l’un des déterminants majeurs du développement humain. Elle influence directement la survie, la croissance, le développement cognitif, les performances scolaires, la productivité économique et la santé des populations tout au long de la vie.
  • Au Sénégal, la malnutrition demeure un défi majeur de santé publique.
  • Pour une mise en œuvre optimale du programme de Nutrition, le ministère de la Santé en collaboration avec le CNDN a élaboré une Stratégie de mobilisation des ressources pour la nutrition afin d’assurer un financement durable des interventions nutritionnelles

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SITUATION NUTRITIONNELLE AU SÉNÉGAL

Le Sénégal a enregistré des progrès significatifs dans la lutte contre la malnutrition au cours de la dernière décennie. Mais des efforts supplémentaires sont nécessaires au regard des résultats de l’EDS-C 2023 pour l’atteinte de ODD de 2030.

Principaux résultats obtenus : EDS-C 2023

MAG = 10,2%

MAS = 1,1%

Prévalence de la malnutrition aigue niveau national

RC = 17,5%

RCS = 4,0%

Prévalence du retard de croissance niveau national

IP = 16,2%

IPS = 2,8%

Prévalence insuffisance ponderal niveau national

28,8%

Prévalence de la surcharge pondérale chez les adultes

IP = 38,9%

Prévalence de femme en surcharge pondérale

Enquête STEPS 2024

    • Persistance de la sous-nutrition ;
    • Augmentation des facteurs de risque et MNT liées à l’alimentation

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34%

des enfants sont

allaités exclusivement

pendant 6 mois

Cible PSMN 2: 70% au moins d'ici 2028

38%

des enfants sont mis

au sein dans l'heure

suivant la naissance

Recommandation OMS : > 50%

27%

des enfants atteignent

la diversité alimentaire

minimale recommandée

Seuil OMS : 5 groupes d'aliments/jour

Un nourrisson non allaité exclusivement a plus de 10 fois plus de risque de mourir de diarrhée dans ses 6 premiers mois (Lamberti LM et al., 2011)

EDS, 2023

SITUATION NUTRITIONNELLE AU SÉNÉGAL

EDS, 2023

EDS, 2023

59,8%

des enfants 6-59 mois

anémiés

Seuil d’alerte de 40 % de l’OMS

LARNAH/CNDN/NI, 2025

47,6%

des femmes anémiées

La supplémentation en vit A, réduit la mortalité toutes causes de 24% (Imdad A et al., 2010/2020)

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GOUVERNANCE ET ENGAGEMENTS POLITIQUES EN FAVEUR DE LA NUTRITION

Le Sénégal est considéré comme l’un des pays les plus engagés en Afrique dans la lutte contre la malnutrition.

Cet engagement s’est traduit par :

  • La Politique Nationale de Développement de la Nutrition (PNDN) adoptée en 2015, elle constitue le cadre de référence national en matière de nutrition.
  • Le Conseil National de Développement de la Nutrition (CNDN) qui assure la coordination multisectorielle des interventions.
  • Les Plans Stratégiques Multisectoriels de la Nutrition
    • PSMN 2018-2022 ;
    • PSMN 2024-2028 ;
  • PS SRMNIA-N 2024-2030.
  • Le Projet d’Amélioration de la Nutrition au Sénégal
  • Les Engagements N4G avec comme Point essentiel
  • Assurer le financement des plans d’action nutrition des secteurs à hauteur d’au moins 70%, d’ici 2030

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FINANCEMENT PAS SANTE

Malgré ces avancées institutionnelles :

  • 14 % des besoins annuels du PAS Santé ont été financés.

Les interventions à consolider sont :

    • Prise en charge de la malnutrition aiguë (PECMA) ;
    • Prévention du retard de croissance durant les 1 000 premiers jours ;
    • Prévention du surpoids et des maladies non transmissibles.

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FINANCEMENT DU PAS SANTE

Pour la mise en œuvre du PAS Santé du PSMN 2024-2028 :

  • Ressources identifiées
    • Budget de l’État : 3 %
    • Partenaires techniques et financiers : 21 %
  • Ressources non couvertes 77 % :
  • Possibilités de financement avec les nouveaux projets EPIC et JHPIEGO
  • Mise en œuvre prochaine du Programme PfoR

.

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�������POURQUOI FAUT-IL INVESTIR DANS LA NUTRITION ?

La nutrition n’est pas une dépense sociale mais un investissement stratégique.

Bénéfices économiques

Selon les estimations :

  • 1 FCFA investi dans la nutrition génère environ 23 FCFA de retombées économiques.

Le Sénégal pourrait accumuler :

  • 3 600 milliards FCFA de gains économiques entre 2025 et 2034.

Bénéfices sanitaires

La mise à l’échelle des interventions nutritionnelles pourrait :

  • Sauver 25 000 enfants ;
  • Eviter 1 000 décès maternels

Source: Evaluation Economique de la mise à l’échelle d’un paquet d’intervention pour l’amélioration des la nutrition au Sénégal, Banque mondial, 2025.

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LA STRATÉGIE DE MOBILISATION DES RESSOURCES

La stratégie repose sur un principe fondamental : La transition financière

L’objectif est de passer progressivement :

  • D’un financement dépendant majoritairement de l’aide extérieure à un financement majoritairement domestique.

Cette approche vise :

  • La souveraineté financière ;
  • La durabilité des programmes ;
  • Le respect des engagements internationaux et nationaux (N4G, PSMN, PS-SRMNIA, etc.)

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LES OBJECTIFS DE LA STRATÉGIE DE MOBILISATION DES RESSOURCES D'ICI 2030

Objectif général

  • Mobiliser les ressources nécessaires au financement durable des interventions nutritionnelles.

Objectifs spécifiques

  • 1. Respecter les engagements Nutrition for Growth (N4G) d’ici 2030 avec comme action clé santé, amélioration couverture d’offre de service ;

2. Accroître les crédits budgétaires destinés à la nutrition y compris l’achat des intrants nutritionnels ;

3. Renforcer le suivi, la transparence et la redevabilité financière.

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ÉVOLUTION PRÉVUE DES FINANCEMENTS (2025-2030)

L’effort financier annuel devra passer :

  • de 7,8 milliards FCFA en 2025
  • à 14,7 milliards FCFA en 2030.

Budget de l’État

  • 1,8 milliard → 5,9 milliards FCFA

Collectivités territoriales

  • 439 millions → 1,55 milliard FCFA

Secteur privé

  • 527 millions → 1,86 milliard FCFA

Partenaires

  • 6 milliards → 5,4 milliards FCFA

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LE RÔLE DES DIFFÉRENTS ACTEURS

L’État

  • Augmentation progressive des allocations budgétaires.
  • Mobilisation de ressources innovantes.

Les collectivités territoriales

  • Intégration de la nutrition dans les plans de développement local.
  • Création de lignes budgétaires nutritionnelles.

Le secteur privé

  • Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
  • Soutien aux programmes nutritionnels.

Les partenaires techniques et financiers

  • Engagements et respect des accords;
  • Soutien aux programmes nutritionnels.

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MÉCANISMES INNOVANTS DE FINANCEMENT

La stratégie propose également l’utilisation de nouvelles sources de financement :

  • Taxes :
    • Tabac
    • Alcool
    • Jeux de hasard
  • Taxation des transactions financières
  • Mécanismes climatiques
    • Fonds Vert pour le Climat
    • Fonds pour l’Environnement Mondial
  • Financements catalytiques internationaux

Ces mécanismes devraient réduire la dépendance vis-à-vis de l’aide traditionnelle.

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GOUVERNANCE, SUIVI ET REDEVABILITÉ

  • Un suivi
    • mobilisation des ressources ;
    • exécution budgétaire ;
    • résultats nutritionnels.
  • Une revue annuelle conjointe pour mesurer les progrès réalisés et définir les mesures correctrices.

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DÉFIS DE MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE

CONTEXTE ÉCONOMIQUE PAS ASSEZ FAVORABLE

RÉDUCTION DE L’AIDE INTERNATIONALE

NÉCESSITÉ D’UNE FORTE COORDINATION MULTISECTORIELLE

IMPORTANCE DU SUIVI DES DÉPENSES NUTRITIONNELLES

Malgré son ambition, plusieurs défis demeurent :

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PERSPECTIVES À L’HORIZON 2030

La stratégie vise à atteindre :

    • 63 % de financement domestique ;
    • 37 % de financement extérieur.

Cette évolution permettra :

    • une meilleure autonomie financière ;
    • une plus grande prévisibilité des ressources ;
    • Une disponibilité et une sécurisation des intrants nutritionnels;
    • une amélioration durable des résultats nutritionnels.

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CONCLUSION

Le financement de la nutrition constitue aujourd’hui un enjeu stratégique pour le Sénégal.

L’atteinte des objectifs nutritionnels dépendra fortement de la capacité du pays à :

  • accroître les ressources domestiques ;
  • maintenir l’engagement des partenaires ;
  • renforcer la redevabilité ;
  • investir durablement dans les interventions à fort impact.

Investir dans la nutrition, c’est investir dans le capital humain, la croissance économique et le développement durable du Sénégal.