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Tig et Kòkòt

D’après un texte tiré du « Roman de Renart »

Ou comment aborder l’amitié avec les enfants .

Alain Landy 2025

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VOUS AVEZ DIT BD

Il n'est pas toujours évident de faire lire les enfants. La bande dessinée cependant, avec ses images illustrées, peut être une bonne porte d'entrée pour débuter la lecture dès 5 ans et commencer à se plonger dans des histoires en autonomie.

Voici une fable réécrite en version BD.

Bonne lecture à vous, petits et grands ! Pour d’autres aventures d’animaux en BD suivez le premier lien.

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Yé krik ! Yé krak !

En Guyane, à cause de la saison sèche qui perdure, la nourriture se fait rare. Un matin, le ventre encore plus vide que d’ordinaire, Tig le jaguar aperçoit quelque chose qui bouge en haut d’un papayer. C’est Kòkòt le perroquet qui inspecte les alentours à la recherche de quelques rares graines à becqueter.

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D’habitude, Tig dédaigne les oiseaux, sachant qu’une fois déplumés, il ne reste plus grand-chose à manger. Mais, une horrible faim lui tenaille tellement le ventre, qu’il cherche un moyen de faire descendre Kòkòt de son perchoir naturel.

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De sa grosse voix qu’il s’évertue à adoucir, Tig interpelle Kòkòt :

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Ho, ho, ho, mon cher Kòkòt, cela fait longtemps que je ne t’ai vu ! Je suis très heureux de te rencontrer ! Avec cette maudite sécheresse, tout le monde est parti et je me retrouve tout seul ici !

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Si tu voulais bien descendre pour me donner un baiser qui scellerait notre nouvelle amitié, tu ferais de moi le félin le plus heureux de Guyane et même du monde entier !

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Constatant la maigreur de Tig, Kòkòt comprit aussitôt ce qui allait lui arriver et il répondit avec insolence :

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Pourquoi, subitement, as-tu envie d’être mon ami ? D’habitude, tu m’ignores et ne réponds jamais à mes saluts !

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C’est qu’aujourd’hui, je me sens si seul que je réalise à quel point tu m’es sympathique, combien tu m’es indispensable, comment le simple fait de te voir me réjouit ! Tu es un rayon de soleil, une telle joie de vivre que je n’imagine plus pouvoir me passer de toi ! Descends donc me donner un baiser de l’amitié !

Mais si je descends, qui me dit que tu ne vas pas en profiter pour me dévorer ?

Et Tig explique alors :

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Mais, regarde-toi ! Tes plumes ne suffisent même pas à cacher ta maigreur et tu sais très bien que jamais je n’ai tenté de t’attraper alors même que tu étais beaucoup plus gros ! J’ai toujours marqué ma préférence pour des proies plus importantes. Mais, ce que j’apprécie chez toi, vois-tu, c’est ta façon de raconter des histoires, ta façon de dire des blagues, ton humour quoi ! Mais, puisque tu te méfies de moi, je veux bien fermer les yeux. Comme ça, je ne te verrais pas arriver et tu pourras me donner un baiser de l’amitié, en toute tranquillité !

Et Tig continue :

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Kòkòt qui n’est pas né de la dernière pluie, réfléchit. Il attend que Tig ferme les yeux puis, il arrache l’une des feuilles du papayer et s’approche sans bruit de ce soi-disant nouvel ami. Et, de l’extrémité de la feuille qu’il tient au bout de son bec, il effleure délicatement les babines du jaguar.

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Alors, comme il l’avait prévu, plus vite que l’éclair, le jaguar ouvre sa gueule et arrache la feuille du bec du perroquet. Tig repart la queue basse et se contentera d’avaler quelques grosses boulettes de terre pour tromper son ventre douloureux qui continue à crier famine.

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À malin, malin et demi ! Tel est pris qui croyait prendre !

Kòkòt remonte se percher sur le papayer. Puis, il sourit en voyant partir Tig la queue basse et il pense alors :

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Je réfléchis

  1. Où se passe cette histoire ?
  2. Que penses-tu de Kòkòt le perroquet?
  3. Que penses-tu de Tig le jaguar ?
  4. Que penses-tu de leur amitié ?
  5. Quelles leçons de vie tires-tu de ce conte ?
  6. Connais-tu d’autres contes avec des animaux de Guyane ?

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« Dans le monde, vous avez trois sortes d'amis : vos amis qui vous aiment, vos amis qui ne se soucient pas de vous, et vos amis qui vous haïssent. » Chamfort.