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FEMMES DE MA GUYANE

Alain LANDY

Fanm a chatingn, wonm a friapin !

La châtaigne pousse et se développe, le fruit à pain s'affaisse et fond sur lui-même !

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Je me souviens, ma mère...

Je me souviens, ma mère, de ta belle robe blanche,

Que tu mettais pour les cérémonies,

J'étais fier de t'accompagner les dimanches,

Je te couvais des yeux en ces instants bénis.

Je me souviens, ma mère, de ta gôl d'abati,

De ton cam'za convoué sur ta taille menue,

Quand tôt, tu partais le matin, au chantant pipiri,

Légère comme un oiseau sur tes mignons pieds nus.

Mais le temps a passé, et tu nous as quittés.

Si tu voyais maman, aujourd'hui...

Comme les dimanches sont sans cérémonie,

Plus de robe tètèche,

Plus de lachat,

Plus de bijoux montés,

Les femmes sont en bleu jeans ou en short mini

Leurs têtes sont cocos ou cheveux rallongés,

Je suis certain maman que tu serais saisie.

Et, je sais bien que de ce tralala,

Tu dirais d'un petit air chagrin :

« Kouman sa, kouman sa ! En mo péi jodla,

Tout moun ka semblé oun wonm atchwèlman ! »

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Femmes de ma Guyane…

Je vous ai vues passer, tantôt sous mes fenêtres,

Graciles et délicates, sur la pointe des pieds,

Le visage serein, affichant un bien-être,

Femmes de ma Guyane, comme vous me plaisez !

Je vous ai vues assises, le soir, aux Amandiers,

L’épaule découverte, les cheveux bien tressés,

Le regard au lointain vers l’horizon fixé,

Femmes de ma Guyane, comme vous me séduisez !

Je vous ai vues aussi, dans les rues de Cayenne,

Un enfant sur le bras, un autre à vos côtés,

Mères très attentives, mères très souveraines,

Femmes de ma Guyane, toujours vous me charmez!

Je vous verrais passer, souvent sous mes fenêtres,

Je vous verrais assises, le soir, aux Amandiers,

Je vous verrais enfin, dans nos rues de Cayenne,

Femmes de ma Guyane, sans jamais me lasser !

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Ma Cayennaise…

Cayenne aujourd'hui, pour moi, c'est un peu toi,

C'est De Gaulle parcourue à tes bras enlacé,

Où tes sourires radieux fusent en rires de joie,

C'est aussi les Palmistes à petits pas pressés.

C'est Pointe Buzaret, là où nos jours se lèvent,

Les bancs des Amandiers qui unissent nos rêves.

C'est la plage Zéphir, la place du marché,

Cépérou, la colline où nous allons marcher.

Cayenne romantique, Cayenne du bout du cœur,

Ville où j'ai pu comprendre enfin le mot bonheur.

Cayenne, désormais, pour moi, ce sera toi,

Cayenne de l'amour, Cayenne de la joie,

Cayenne à jamais, du fond de mon émoi,

Cayenne pour toujours, pour moi, ce sera toi !

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Ma chabine…

Dans ma rue, je t'ai vu toi, ma belle chabine,

Tu marchais lentement, téléphone à la main,

Avec tes longs cheveux, tu me semblais divine,

Aussitôt j'ai flashé, je ne voyais plus rien.

Je t'ai suivi des yeux, saisi et immobile,

Mon cœur dans ma poitrine frappait comme un tambour,

J'ai erré avec toi dans toute cette ville,

Je voulais te guider jusqu'au bout de mes jours.

Plusieurs fois, j'ai voulu t'aborder dans la rue,

Plusieurs fois j'essayai de faire le premier pas,

Mais tu étais si belle que jamais je n'ai pu,

Et j'étais si timide que je ne l'osais pas.

Aujourd'hui, je t'attends, derrière ma fenêtre,

Aujourd'hui je t'attends, mon cœur plein d'émoi,

Quand vas-tu repasser, quand vas-tu apparaître ?

Quand vais-je te revoir une prochaine fois ?

J'ai eu le coup de foudre en te voyant passer,

J'ai eu le coup de foudre pour toi belle voisine,

J'ai eu le coup de foudre et je suis terrassé,

Je ne pourrais jamais t'oublier ma chabine.

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Fanm dibout

Tu passes en un instant de la mère sérieuse à la gamine tendre,

Et tes yeux s'harmonisent à chaque évolution,

Je vois dans ton regard tant de soleil à vendre,

Que remplacent aussitôt de gros nuages ronds.

Tu cries parfois très fort la fierté de ta race,

Alors que c'est souvent le cri de l’opprimée,

Mais qu'importe ta peau, mais qu'importe ta place,

Ne sommes-nous pas ensemble de la même lignée ?

Ne sommes-nous pas toujours pour la sincérité ?

Pour un monde de cœur, d'amour, de sentiments,

Où la teneur des mots respire la vérité,

Où la fraternité n'est pas un faire semblant.

Tu passes en un instant de la mère sérieuse à la gamine tendre,

Et mes yeux s'harmonisent à ses évolutions,

J'aime voir le soleil dans ton regard si tendre.

J'aime y chasser aussi ces gros nuages ronds.

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Guyanaises : Who are you ?..

Who are you ?

Angel or demon,

Honey or poison,

Fairy or witch,

Love or hate

Day or night

Who are you ?

I don’t know !

But I love you

Because you are,

Because you are you !

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Women in Guyane : Like a permanent picture…

Like a permanent picture,

You’re on my intimate screens,

Like a permanent picture,

You live in my secret dreams.

Like a permanent picture,

You follow me like a shadow,

Like a permanent picture,

You’ve print my soft pillow.

Like a permanent picture,

You fill my dark bedroom,

Like in my permanent picture,

I like to play your heart groom.

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Votre rencontre…

Il suffit d’un sourire ou parfois d’une larme,

D’un grand éclat de rire, d’un petit brin de charme,

Pour qu’un cœur bascule et s’incline aussitôt,

Et l’on croit se connaître alors depuis très tôt.

Une voix, un parfum, une certaine allure,

Un regard, une moue, une désinvolture,

Un rien de geste tendre perçut les yeux mi-clos,

Et l’on peut se comprendre déjà à demi-mot.

Ces moments exaltants que l’on vole au passage,

Ces ententes joyeuses en guise de messages,

Voilà en quelques mots ce qu’est une rencontre,

Du ciel ou de la terre, nul ne peut être contre.

Vos sourires ont suffi par leur douce présence.

Vos longs éclats de rire, un brin de nonchalance,

Vous voilà devenues mes filles en tout honneur,

Qui installèrent l’amour d’un père dans mon cœur.

A mes filles nées à Cayenne désormais femmes de Guyane...

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A nos belles gangans : En fin de compte…

Quand tes sensuels désirs fuient le regard d’autrui,

Que tes rares cheveux se teintent de nuages,

Que tes mains émaciées frémissent de fortuit,

Et que tes jambes aussi perdent bien du courage,

Lorsque tes yeux s'égarent sur les lignes des pages,

Que ton ouïe est sourde même au bruit de tes pas,

Que ton rire en oublie quelques nacres volages,

Et que ton bras recherche l'appui d'un autre bras,

Alors, tu souriras de tes bonheurs lointains,

Tu laisseras errer tes mémoires fragiles,

Tu haïras le temps qui te liait les mains,

Et ta vie paraîtra de chemins difficiles.

Oui mais, en attendant, mord la vie en fruit mûr,

Attrape le soleil par ses rayons fugaces,

Car demain est parfois un ami pas très sûr,

Qui nous fait trop souvent de bien tragiques farces.

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Ma Guyanaise…

Tu es chaude, ma mie, comme un plat pimenté

Belle comme la lune, à la douce clarté.

Le jour comme la nuit, tu emplis mes pensées

Et pour toi, sur la feuille, ma plume va glisser

Tu es charme en personne, dans toutes tes allures ;

Je ne connais pas d'hommes qui ne perdraient mesure.

Comme plante odorante, en pleine floraison,

Tu me fais perdre ici un peu de ma raison.

Comme il est agréable pour muse de t'avoir,

Tu me guides la main pour dresser notre Histoire ...

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FEMMES DE GUYANE

Octobre 2022