Cours de Thermochimie
Enthalpie Libre et
Potentiel Chimique
Deuxième Année de Classe Préparatoire aux Grandes Écoles
Chimie - Thermodynamique Chimique
Programme MP-PT
Année 2025-2026
Plan du Cours
Structure du Programme
1
Quelques Rappels
Systèmes thermodynamiques, grandeurs intensives et extensives, variables d'état, transformations, états standard
2
L'Entropie S
Définition, propriétés, variations d'entropie, troisième principe de la thermodynamique
3
L'Enthalpie Libre G
Fonction de Gibbs, expression différentielle, relation de Gibbs-Helmholtz, critères d'évolution
4
Le Potentiel Chimique
Grandeurs molaires partielles, définition, variations avec T et P, expressions pour gaz et phases condensées
5
Changement de Phases
Équilibres diphasés, relation de Clapeyron, diagrammes d'état du corps pur
Objectifs du Cours
Maîtriser le vocabulaire thermodynamique
Exprimer les potentiels chimiques
Prévoir les déplacements d'équilibre
1
Quelques Rappels
Fondements de la thermodynamique et vocabulaire essentiel pour l'étude des systèmes physico-chimiques
Systèmes et grandeurs
Équilibres et états standard
§1.1 - 1.4
Système, Grandeurs et Constituants`
Système et Milieu Extérieur
Définition : Un système S est un ensemble de corps appartenant à un domaine de l'espace délimité par une surface fermée (Σ).
Type | Énergie | Matière |
Isolé | Non | Non |
Fermé | Oui | Non |
Ouvert | Oui | Oui |
Notion de Phase
Définition : Une phase est une région où toutes les grandeurs intensives sont des fonctions continues des coordonnées de l'espace.
Monophasé
Une seule phase
Polyphasé
Plusieurs phases
Exemple : Un mélange eau-cyclohexane présente deux phases (doc. 3 du cours)
§1.1 - 1.4
Système, Grandeurs et Constituants
Système et Milieu Extérieur
Définition : Un système S est un ensemble de corps appartenant à un domaine de l'espace délimité par une surface fermée (Σ).
Type | Énergie | Matière |
Isolé | Non | Non |
Fermé | Oui | Non |
Ouvert | Oui | Oui |
Notion de Phase
Définition : Une phase est une région où toutes les grandeurs intensives sont des fonctions continues des coordonnées de l'espace.
Monophasé
Une seule phase
Polyphasé
Plusieurs phases
Exemple : Un mélange eau-cyclohexane présente deux phases (doc. 3 du cours)
Grandeurs Intensives et Extensives
Grandeurs Extensives
Proportionnelles à la quantité de matière. Fonctions homogènes de degré 1.
Masse m
Volume V
Enthalpie H
Charge q
Grandeurs Intensives
Indépendantes de la quantité de matière. Définies en chaque point.
Pression p
Température T
pH
Concentration c
Constituants
Constituant : Entité représentée par une formule chimique (atome, ion, molécule, édifice cristallin).
Exemples : O, O₂, O₃, O²⁻, Hg, Fe, H₂O, MgO
Constituant physico-chimique : Constituant dont on a précisé l'état physique.
O₂(ℓ) et O₂(g) sont deux constituants physico-chimiques différents
§1.5 - 1.6
Variables d'État et Transformations
Variables et Fonctions d'État
Variables d'état : Grandeurs indépendantes dont la connaissance suffit pour définir l'état macroscopique du système.
Fonctions d'état : Grandeurs qui se déduisent des variables d'état par des équations d'état.
Exemple : Gaz parfait
Variables : n, V, T → Fonction : p = nRT/V
Différentielle Exacte
Pour une fonction d'état Y(z₁, z₂, ..., zₙ), la différentielle est exacte :
dY = Σ (∂Y/∂zᵢ) dzᵢ
Relation de Schwarz :
∂²Y/∂zᵢ∂zⱼ = ∂²Y/∂zⱼ∂zᵢ
Types de Transformations
Isobare
Pression constante
Isotherme
Température constante
Isochore
Volume constant
Adiabatique
Q = 0 (pas d'échange thermique)
Propriétés des Fonctions d'État
Variation indépendante du chemin :
La variation Y₂ - Y₁ ne dépend que des états initial et final, pas de la transformation suivie.
⚠️ Grandeurs de transfert :
W (travail) et Q (chaleur) ne sont PAS des fonctions d'état. Leurs valeurs dépendent de la nature de la transformation.
À retenir : Pour calculer ΔY lors d'une transformation réelle, on peut imaginer une suite de transformations réversibles fictives entre les mêmes états.
§1.7 - 1.8
Équilibre et États Standard
Système en Équilibre
Un système est en équilibre s'il n'est le siège d'aucune transformation.
Équilibre thermique
T uniforme
Équilibre mécanique
p uniforme
Équilibre chimique
Composition uniforme
Équilibre électrique
Potentiel uniforme
Transformation quasi statique : Suite continue d'états d'équilibre (infiniment lente)
Réversible vs Irréversible
Transformation réversible :
Quasi statique + retour par les mêmes états en sens inverse. Modèle fictif.
Transformation irréversible :
Toute transformation réelle. Non réversible.
⚠️ Ne pas confondre : Renversable (possible) ≠ Réversible (modèle)
États Standard d'un Constituant
Pression standard :
p° = 1,0 bar = 1,0 × 10⁵ Pa
État standard d'un gaz :
État du gaz parfait associé, à la température T et sous p°
État standard solide/liquide :
État du corps pur, même état physique, à T et sous p°
⚠️ Il n'existe pas de température standard. À chaque T correspond un état standard.
États Standard de Référence
Définition : État standard du corps simple dans l'état physique le plus stable à la température T.
Exemple : Brome à 25°C → Br₂(ℓ) ; à 100°C → Br₂(g)
(T°vap(Br₂) = 58,8°C)
Convention particulière :
Pour H₂, N₂, O₂, F₂, Cl₂, gaz nobles → gaz parfait à toute T
2
L'Entropie S
Deuxième principe de la thermodynamique et création d'entropie
Non-conservation
Critère d'irréversibilité
§2.1 - 2.2
Définition et Propriétés de l'Entropie
Définition de l'Entropie
À tout système S, on associe une fonction d'état extensive S , appelée entropie.
Pour une transformation finie (état 1 → état 2) :
ΔS₁→₂ = (S₂ - S₁)ₑ + (S₂ - S₁)ᵢ
Entropie de transfert
(ΔS)ₑ : échanges avec l'extérieur
Entropie créée
(ΔS)ᵢ : phénomènes irréversibles internes
Pour une transformation élémentaire : dS = dSₑ + dSᵢ
Non-Conservation de l'Entropie
Deuxième Principe :
dSᵢ ≥ 0
Réversible : dSᵢ = 0 (équilibre à tout instant)
Irréversible : dSᵢ > 0 (transformation réelle)
L'entropie créée traduit l'irréversibilité de la transformation.
Relation avec l'Énergie Thermique
Pour une transformation monotherme à la température T :
dSₑ = δQₑ/T
Monotherme : le système n'échange de l'énergie thermique qu'avec une seule source à la température T.
Si k sources thermiques : dSₑ = Σ δQₖ/Tₖ
Interprétation Microscopique
La thermodynamique statistique montre qu'une augmentation de l'entropie traduit un accroissement du désordre du système.
Exemple : Diiode à 298 K
État | S° (J·K⁻¹·mol⁻¹) |
I₂(s) | 116,1 |
I₂(ℓ) | 150,9 |
I₂(g) | 260,6 |
Plus l'état est désordonné, plus l'entropie est élevée.
§2.3 - 2.4
Variation d'Entropie
Transformation Réversible
Pour une transformation réversible : dSᵢ = 0
dS = δQᵣéᵥ/T
Transformation finie réversible :
ΔS₁→₂ = ∫₁² δQᵣéᵥ/T
Si isotherme :
ΔS₁→₂ = Qᵣéᵥ/T
Cas des changements d'état sous P constante
Exemple Calculé
Vaporisation de l'eau à 100°C sous 1 bar :
Qᵥₐₚ = ΔᵥₐₚH°ₘ(H₂O) = 40,65 kJ·mol⁻¹
ΔᵥₐₚS°ₘ = 40,65×10³/373 = 109,0 J·K⁻¹·mol⁻¹
Transformation Irréversible
Pour toute transformation : dS = dSₑ + dSᵢ
Avec dSₑ = δQₑ/T et dSᵢ > 0
Inégalités de Clausius :
dS > δQᵢᵣᵣéᵥ/T
ΔS₁→₂ > Qᵢᵣᵣéᵥ/T
Conséquence importante :
Pour une transformation monotherme entre deux états donnés :
Qᵣéᵥ > Qᵢᵣᵣéᵥ
Le transfert thermique est maximal lorsque la transformation est réversible.
Système Isolé
Pour un système isolé : δQ = 0 (adiabatique)
Donc dSₑ = 0 et dS = dSᵢ
Réversible : dS = 0 → isentropique
Irréversible : dS > 0 → l'entropie croît
L'entropie d'un système isolé ne peut que croître.
§2.5
Troisième Principe de la Thermodynamique
Principe de Nernst
Énoncé du Troisième Principe
L'entropie de tous les corps purs parfaitement cristallisés est nulle à la température de 0 K :
limT→0 S°(T) = 0
Conséquence : L'entropie d'un corps pur est toujours positive.
Remarque Importante
Entropie : On peut définir une entropie absolue grâce au Troisième Principe.
Enthalpie et Énergie interne : Impossible de définir des valeurs absolues. On ne connaît que des variations.
Calcul de l'Entropie Absolue
L'entropie absolue à la température T s'obtient par :
S°(T) = ∫₀Tfus (C°p(s)/T)dT + ΔfusH°/Tfus
+ ∫TfusTéb (C°p(ℓ)/T)dT + ΔvapH°/Téb
+ ∫TébT (C°p(g)/T)dT
Les discontinuités correspondent aux changements d'état physique.
Méthode de Calcul
1
Calculer l'entropie de chauffage de chaque phase
2
Ajouter les entropies de changement d'état
3
Sommer toutes les contributions
3
L'Enthalpie Libre G
Fonction de Gibbs et critères d'évolution des systèmes
Critère d'évolution
Minimum à l'équilibre
§3.1 - 3.2
Définition et Expression Différentielle
Définition de l'Enthalpie Libre
Fonction de Gibbs
Caractéristiques :
• Fonction d'état extensive
• Homogène à une énergie
• Différentielle exacte
Énergie libre (Helmholtz) :
F = U - T·S
Pourquoi G est Essentielle
G est la fonction d'état de choix pour les transformations à :
T = constante
P = constante
C'est le cas le plus fréquent en chimie (laboratoire à pression atmosphérique, thermostat).
Expression Différentielle
Pour une transformation réversible d'un système fermé :
Relation Fondamentale
Valable pour toute transformation (G est fonction d'état)
Conséquences Importantes
(∂G/∂P)T = V
À T constante
(∂G/∂T)P = -S
À P constante
( G=H-TS )
( dU=TdS=PdV )
( dG=-SdT+VdP )
§3.3 - 3.4
Relation de Gibbs-Helmholtz et Évolution
Relation de Gibbs-Helmholtz
Or : S = -(∂G/∂T)P
D'où : H = G - T(∂G/∂T)P
Relation de Gibbs-Helmholtz
Permet de calculer H(T) connaissant G(T), et d'établir la relation de Van't Hoff.
Domaine d'Application
Calcul des constantes d'équilibre
Relation de Van't Hoff (chapitre 3)
Prévision des déplacements d'équilibre
Condition d'Évolution Spontanée
Pour une transformation isobare et isotherme :
D'après le deuxième principe : dQ ≤ T·dS
Condition d'évolution spontanée
Condition d'Équilibre
Condition d'équilibre
Corollaire : À l'équilibre, G est minimum.
⚠️ Transformation inverse : Si dGT,P > 0, il faut fournir de l'énergie (ex: électrolyse).
( dG_{T,P}=dQ-TdS )
( \text {Par \,définition:}\, G=H-TS )
( \text {Donc:}\, H= G + TS )
( H=-T^2 \frac{\partial (G/T) }{\partial T} )
( dG_{T,P}\leq0 )
( dG_{T,P}<0 )
( dG_{T,P} = 0 )
4
Le Potentiel Chimique
Grandeur fondamentale pour les systèmes de composition variable
Mélanges et solutions
Équilibre de phases
§4.1
Grandeurs Molaires Partielles
Volume Molaire Partiel
Exemple : Méthanol pur à 20°C, 1 bar
V°m = 40,5 cm³·mol⁻¹
Mélange eau-méthanol (xMeOH = 0,20) :
Ajout d'1 mol de méthanol → ΔV = 37,7 cm³
Vm(MeOH) = 37,7 cm³·mol⁻¹
À température et pression données, le volume molaire partiel dépend de la composition du mélange.
Origine Physique
Le volume molaire partiel diffère de celui du corps pur à cause des interactions intermoléculaires différentes dans le mélange.
Mélange idéal : Interactions négligeables → Vm,i = V°m,i
Généralisation
Pour toute grandeur extensive Y, la grandeur molaire partielle du constituant Bᵢ :
Propriétés :
• Ym,i est une grandeur intensive
• Dépend de T, P et de la composition
• Généralement Ym,i ≠ Y°m,i
Identité d'Euler
Relation entre Y et les grandeurs molaires partielles :
Cette relation est l'identité d'Euler pour les fonctions homogènes de degré 1.
( Y_{m,i}=\left(\partial Y/ \partial n\right)_{T,P,n_j} )
( Y= \sum n_i \cdot Y{m,i} )
§4.2 - 4.3
Définition et Variations du Potentiel Chimique
Définition du Potentiel Chimique
Potentiel Chimique μᵢ
μᵢ = (∂G/∂nᵢ)T,P,nⱼ≠i
Le potentiel chimique est l'enthalpie libre molaire partielle.
Unité : J·mol⁻¹ ou kJ·mol⁻¹
Nature : grandeur intensive
Expression de G :
G = Σ nᵢ·μᵢ
Cas du Corps Pur
Pour un corps pur : G = n·μ*
Donc : μ* = G/n = Gm
Le potentiel chimique d'un corps pur s'identifie à son enthalpie libre molaire.
Influence de la Température
En utilisant la définition et la relation de Schwarz :
(∂μᵢ/∂T)P,nⱼ = -Sm,i
Pour un corps pur :
(∂μ*/∂T)P = -S°m
L'influence de T est importante quelle que soit la phase.
Influence de la Pression
(∂μᵢ/∂P)T,nⱼ = Vm,i
Pour un corps pur :
(∂μ*/∂P)T = V°m
L'influence de P est importante pour les gaz, négligeable pour les phases condensées (V°m très faible).
§4.4
Potentiel Chimique d'un Gaz Parfait
Gaz Parfait Pur
À partir de : (∂μ*/∂P)T = V°m = RT/P
Par intégration entre P° et P :
μ*(T,P) = μ°(T) + RT·ln(P/P°)
μ°(T) : potentiel chimique standard (gaz parfait sous P° = 1 bar)
Activité :
a = P/P°
μ* = μ°(T) + RT·ln a
Application Numérique
Exemple : O₂ à 298 K sous 2 bar
μ°(O₂) = 0 J·mol⁻¹ (par convention)
μ* = 0 + 8,314 × 298 × ln(2)
μ* = 1,72 kJ·mol⁻¹
Gaz Parfait dans un Mélange
μᵢ(T,Pᵢ) = μᵢ°(T) + RT·ln(Pᵢ/P°)
Pression partielle :
Pᵢ = xᵢ·P
Forme alternative :
μᵢ = μᵢ*(T,P) + RT·ln xᵢ
où μᵢ* est le potentiel du corps pur sous P
Récapitulatif Gaz
Gaz pur :
μ* = μ°(T) + RT·ln(P/P°)
Dans mélange :
μᵢ = μᵢ°(T) + RT·ln(Pᵢ/P°)
Activité :
a = P/P° (pur) ou aᵢ = Pᵢ/P° (mélange)
§4.5 - 4.7
Potentiel Chimique des Phases Condensées
Solide ou Liquide Pur
Par analogie avec les gaz :
μ*(T,P) = μ°(T) + RT·ln a
Évaluation de RT·ln a :
RT·ln a ≈ V°m(P - P°)
Exemple : Eau liquide à 25°C, V°m = 18 cm³·mol⁻¹, P = 11 bar
RT·ln a ≈ 18 J·mol⁻¹
Terme négligeable devant μ°(T)
Approximation :
μ*(T,P) ≈ μ°(T)
Activité :
a = 1
Mélange Condensé Idéal
μᵢ(T,P) = μᵢ°(T) + RT·ln xᵢ
Activité :aᵢ = xᵢ (fraction molaire)
Exemples de mélanges quasi-idéaux :
• Benzène-toluène
• Hexane-heptane
(interactions intermoléculaires de nature voisine)
Soluté Dilué Idéal
μᵢ = μ°i,c,•(T) + RT·ln(cᵢ/c°)
Concentration de référence :
c° = 1,0 mol·L⁻¹
Activité :
aᵢ = cᵢ/c°
Solvant : μ ≈ μ°(T) (activité ≈ 1)
À retenir : Tous les systèmes étudiés au programme ont un comportement idéal. Les expressions données sont donc directement applicables.
5
Changement de Phases du Corps Pur
Équilibres de phase et diagrammes d'état
Transitions de phase
Diagrammes P-T
§5.1 - 5.2
États de la Matière et Équilibre Diphasé
Les Changements d'État
Solide
Phase ordonnée
Liquide
Phase désordonnée
Gaz
Phase très désordonnée
Transitions de phase :
Fusion
s → ℓ
Solidification
ℓ → s
Vaporisation
ℓ → g
Condensation
g → ℓ
Sublimation
s → g
Liquéfaction
g → ℓ
Signe des enthalpies : ΔHfusion > 0, ΔHvap > 0, ΔHsub > 0
Passage vers un état plus désordonné = endothermique
Variétés Allotropiques
Certains corps purs existent sous plusieurs formes cristallines (phases différentes).
Exemple : Carbone
• Diamant (phase métastable à 25°C)
• Graphite (phase stable à 25°C)
Condition d'Équilibre
Pour un corps pur B en équilibre sous deux phases α et β :
Condition d'Équilibre
Le potentiel chimique d'un constituant est le même dans toutes les phases à l'équilibre.
Évolution Spontanée
Si μβ < μα :
→ Le corps pur passe spontanément de α à β
Un corps pur évolue spontanément vers la phase de plus bas potentiel chimique.
Exemple : Soufre à 25°C sous 1 bar
μ(Sα) < μ(Sβ) → Sα orthorhombique est stable
( \mu_{\alpha}=\mu_{\beta} )
( B_{\alpha} \rightleftharpoons B_{\beta} )
§5.3
Diagramme des États du Corps Pur
Relation de Clapeyron
Pour l'équilibre B(α) ⇌ B(β) :
dP/dT = ΔSm/ΔVm = ΔHm/(T·ΔVm)
Signe de dP/dT :
Dépend de ΔHm (toujours > 0 pour s→ℓ→g) et de ΔVm
Vaporisation/Sublimation : ΔVm > 0 → dP/dT > 0
Fusion (cas général) : ΔVm > 0 → dP/dT > 0
Fusion (eau) : ΔVm < 0 → dP/dT < 0
Points Particuliers
Point Triple (III)
Les trois phases coexistent. Variance nulle (T et P fixées).
Point Critique (C)
Au-delà : distinction liquide-gaz impossible (fluide supercritique).
Allure du Diagramme (P,T)
Cas général (V°m(s) < V°m(ℓ)) :
Courbe de sublimation (pente > 0)
Courbe de fusion (pente > 0)
Courbe de vaporisation (pente > 0)
Cas de l'eau (V°m(s) > V°m(ℓ)) :
La courbe de fusion a une pente négative.
Explication : la glace flotte sur l'eau liquide.
Exercice d'Application
Données : Eau à 0°C
• ΔfusH° = 6,01 kJ·mol⁻¹
• V°m(s) = 19,6 cm³·mol⁻¹
• V°m(ℓ) = 18,0 cm³·mol⁻¹
Calculer dP/dT :
dP/dT = ΔH/(T·ΔV) = 6010/(273 × (-1,6×10⁻⁶))
dP/dT = -13,7 MPa·K⁻¹ = -137 bar·K⁻¹
La pente est bien négative pour l'eau.
Synthèse
Points Clés du Cours
1
Enthalpie Libre G
G = H - TS : fonction d'état extensive
dG = -SdT + VdP : expression différentielle
dGT,P < 0 : évolution spontanée
G minimum à l'équilibre
2
Potentiel Chimique μ
μ = (∂G/∂n)T,P : enthalpie libre molaire partielle
G = Σ nᵢμᵢ : relation fondamentale
μ égal dans toutes les phases à l'équilibre
Évolution vers le μ minimum
3
Expressions de μ
Gaz parfait : μ = μ° + RT·ln(P/P°)
Condensé pur : μ ≈ μ°
Mélange idéal : μᵢ = μᵢ° + RT·ln xᵢ
Soluté dilué : μᵢ = μ°c,• + RT·ln(c/c°)
Prochaines Étapes
Ces concepts fondamentaux seront appliqués à l'étude des équilibres chimiques, de la réaction chimique et des piles électrochimiques dans les chapitres suivants.