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Télescope Spatial

Nancy Grace Roman

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  • Le Nancy-Grace-Roman (Wide Field Infrared Survey Telescope-WFIRST) est un télescope spatial infrarouge développé par la NASA.
  • Le télescope spatial Roman dispose d'un miroir primaire de 2,4 mètres cédé par la NRO et est équipé de deux instruments : un imageur/spectrographe et un coronographe. Les observations sont effectuées en lumière visible et dans le proche infrarouge . Pour remplir ses objectifs, le télescope spatial dispose d'une focale courte avec un champ de vue étendu. Ses instruments lui permettent de produire des images de la qualité du télescope Hubble en couvrant environ 100 fois plus de surface (0,281 degré carré). Le coronographe expérimental combine plusieurs techniques lui permettant de masquer une étoile 100 millions de fois plus brillante que les planètes qui gravitent autour d'elle.
  • Il doit être lancé en 2027 et placé en orbite autour du point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil. Sa mission primaire a une durée de 5 ans et il emporte des consommables (ergols) garantissant son fonctionnement durant 10 ans.
  • Le télescope spatial prend en 2020 le nom de l’astrophysicienne américaine Nancy Grace Roman (1925-2018). Roman est la première femme a avoir mené un programme scientifique majeur au sein de l'agence spatiale américaine. Responsable du développement des premiers télescopes spatiaux de la NASA elle a également joué un rôle moteur dans le lancement du projet du télescope spatial HUBBLE en mobilisant la communauté des astronomes.

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Le champ de vue de Roman (chaque rectangle correspond à l'image capturée par un des 18 détecteurs de l'instrument WFI) comparé à celui de Hubble et JWST figurés par les petits carrés situés sous la photo du ciel.

NASA •

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Les points de Lagrange

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Objectifs scientifiques de la mission

1) Détermination de la nature de l'énergie sombre

  • L’Univers est en expansion et, du fait des forces de gravité, le taux de cette expansion devrait décroître, mais ce n'est pas constaté. Ce phénomène, découvert au début des années 1990 et qui apparemment s'oppose au ralentissement, a été baptisé « énergie sombre » (ou « noire »). L'énergie sombre représente les trois quarts de la masse/énergie de l'Univers.
  • L'objectif principal de Roman est de tenter de répondre aux principales interrogations soulevées par l'énergie sombre : est ce que celle-ci varie dans le temps ? Est ce qu'elle nécessite une modification de la théorie de la relativité générale d'Einstein ou s'agit-il effectivement d'un nouveau type d'énergie ? Pour y répondre le télescope spatial va utiliser trois techniques pour déterminer le taux d’expansion de l’Univers à travers les âges et le taux d'accroissement des grandes structures (galaxies, groupes de galaxies).

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  • Les méthodes utilisées sont :
  • la spectrométrie d'une très grande quantité de galaxies situées aux latitudes célestes hautes est utilisée pour déterminer les changements dans le temps de la distribution des galaxies ce qui permet d'en déduire l'évolution de l'énergie sombre avec le temps. Ce recensement doit permettre de mesurer la croissance des grandes structures de l'Univers et ainsi tester la théorie de la relativité générale d'Einstein ;
  • la mesure des distances des supernovae de type Ia qui servent de chandelles standard pour la détermination des distances absolues. Des portions de ciel seront surveillées pour découvrir de nouvelles supernovæ de ce type et mesurer les courbes de lumière et les spectres fournissant ainsi à la fois leur distance et leur décalage vers le rouge. Ces données en retour permettent de mesurer l'évolution dans le temps de l'énergie sombre et de recouper les résultats fournis par méthode précédente ;
  • la détermination des formes et des distances d'un très grand nombre de galaxies et groupes de galaxies. La déformation de l'image des galaxies les plus lointaines permet de détecter les concentrations de masse situées entre l'instrument et les galaxies photographiées. En retour celles-ci permettent de déterminer la distribution dans les trois dimensions des masses de l'Univers. Ces données doivent permettre de mesurer l'évolution de la matière sombre dans le temps et fournir une mesure indépendante de la croissance des grandes structures de l'Univers.

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2) Recensement et étude des exoplanètes

  • Deux méthodes différentes sont utilisées pour détecter et caractériser les exoplanètes situées dans le voisinage du système solaire.
  • Roman doit effectuer un recensement des exoplanètes situées dans le bulbe galactique en exploitant le phénomène de lentille gravitationnelle faible. Celle-ci repose sur le fait que la lumière d'une étoile est magnifiée lorsqu'une étoile plus proche de l'observateur (télescope) passe devant elle du fait de la courbure du rayonnement émis sous l'effet de la gravité. Si cette dernière étoile comporte un cortège de planètes, le passage de chacune d'entre elles devant l'étoile en arrière-plan entraîne également une amplification proportionnelle à sa masse. Cette technique permet de mesurer la masse et la distance à leur étoile de planètes de petite masse (à partir d'un dixième de la taille de la Terre) dans la mesure où elles se situent à plus de 0,5 UA de leur étoile.
  • Le programme d'observation prévoit la surveillance de sept régions du bulbe galactique. Des prises de vue seront prises sur plusieurs saisons durant chacune 72 jours avec une fréquence de 15 minutes choisie parce qu'elle permet de détecter avec la méthode des micro-lentilles une planète de la taille de Mars. Chaque région sera ainsi photographiée 2 800 fois par mois. Selon les modèles utilisés pour prédire le nombre de planètes, ce programme devrait permettre de découvrir chaque mois en moyenne 100 planètes tournant autour de leur étoile et 16 planètes vagabondes expulsées de leur système d'origine. Le ratio entre nombre de planètes vagabondes et celui des planètes en orbite autour de leur étoile pourrait avoir un impact important sur la modélisation de la formation des exoplanètes. Les observations effectuées devraient également permettre de détecter 70 000 planètes par la méthode des transits et 1 200 planètes par le biais d'éclipses secondaires.

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Planètes détectables à l'aide de la méthode de la micro-lentille gravitationnelle en fonction de leur distance moyenne à l'étoile parent et de leur masse (en multiple de la Terre). Le domaine observable par Roman (en bleu) complète celui observable par Kepler (en rouge). Le nombre et la distribution des planètes observables figurant dans le schéma ont été déterminés via les observations de Kepler et les résultats d'une modélisation.

Planètes détectables par le coronographe de Roman dans un rayon de 30 parsecs. En abscisse la distance apparente entre la planète et son étoile en seconde d'arc, en ordonnée le rapport de luminosité entre la planète et son étoile. Les planètes représentées sur le schéma (taille, rapport de luminosité//étoile, distance//étoile) sont le résultat d'une simulation réalisée dans une sphère de 30 parsecs autour du système solaire. Les traits continus en haut à droite délimitent les planètes observables, les pointillés délimitent les planètes détectables si le coronographe atteint les performances espérées.

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L’effet de lentille gravitationnelle

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Principe de détection d'une planète par la méthode de la microlentille gravitationnelle :

lorsqu'une planète et son étoile passent en avant-plan d'une source lumineuse (étoile, ou autre objet céleste), la magnitude apparente de cette source est amplifiée avec une évolution de l'amplification comportant deux pics correspondant respectivement au passage de l'étoile et de la planète en avant-plan. La distance entre la planète et son étoile est déterminée par le temps écoulé entre les deux pics tandis que la hauteur du pic lumineux de la planète par rapport à celui de l'étoile fournit le rapport de masse entre les deux corps célestes.

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Les techniques de détection des exoplanètes

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Le coronographe de Roman doit permettre d'obtenir une image directe et un spectre électromagnétique des planètes gravitant autour d'étoiles proches de notre système solaire. Le coronographe masque l'étoile autour de laquelle gravite la planète et permet de visualiser cette dernière sous réserve que le rapport de luminosité entre les deux astres (étoile/planète) n'excède pas un certain seuil et que la distance apparente entre la planète et son étoile soit suffisamment importante.

Roman doit permettre d'effectuer une étude systématique et détaillée (images et spectre électromagnétique) des sources d’infrarouge proche situées dans la Voie Lactée ainsi que des objets célestes présents au tout début de l'univers. 

L'observation de sources lumineuses de faible intensité nécessite d'effectuer des prises de vue avec de très longues poses qui nécessitent de monopoliser l'utilisation d'un télescope sur de longues périodes.

La durée des campagnes d'observation menées par Hubble auraient été divisées par un facteur compris entre 125 et 1 475 si elles avaient été réalisées avec Roman en donnant les mêmes objectifs de sensibilité. Les campagnes d'observation de Roman devraient donc fournir 100 à 1 000 fois plus d'informations que celles de Hubble.

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Coronographe

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Caractéristiques techniques

Roman est un engin long de 12,7 mètres en orbite (avec le pare-soleil et la parabole déployés) et sa masse est environ 10,5 tonnes. L'énergie est fournie par des panneaux solaires qui produisent 4500 Watts. La propulsion est assurée par huit moteurs-fusées à ergols liquides. Roman emporte un peu plus de 100 kg d’ergols qui garantissent son fonctionnement durant au moins 10 ans. Il est stabilisés 3 axes et utilise des roues de réactions pour contrôler son orientation. La précision de pointage atteint 3  secondes d’arc.

L'optique de Roman est de type anastigmatique à trois miroirs. Il utilise un miroir primaire de 2,36 m de diamètre. De taille similaire à celui de Hubble il ne pèse qu'un cinquième de son poids car la technologie a fortement progressé dans ce domaine. Sa sensibilité et sa résolution spatiale sont similaires à celles de Hubble mais son champ de vue est 100 fois plus étendu. La longueur focale de l'ensemble de l'optique est de 7,9. Le rayonnement observé comprend la lumière visible et le proche infrarouge (0,45 à 2 micromètres).

Composants du télescope spatial Roman ː A Vue explosée de la charge utile - 1 Optique - 2 Caméra grand champ (WFI) - 3 Coronographe (CGI) - 4 Structure supportant la charge utile (IC) - B Vue explosée de la plateforme - 5 Panneaux de l'avionique - 6 Module de télécommunications - 7 Module de propulsion - C Charge utile assemblée - D Plateforme assemblée - E Composants externes - 8 Opercule du télescope - 9 Panneaux solaires/paresoleil - 10 Coque externe - F Bus et plateforme assemblées - G Télescope complet avec ses panneaux solaires et son pare soleil déployé.

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  • L'instrument WFI (Wide Field Instrument) est un spectrographe imageur qui comprend :
  • une caméra grand angle qui couvre les longueurs d'onde comprises entre 0,76 et 2 micromètres. Le champ optique est de 0,281 deg2 et chaque pixel représente 0,11 seconde d'arc. L'image est fournie par 18 détecteurs SGA de 16 mégapixels. 7 filtres permettent de sélectionner une bande spectrale plus étroite ;
  • un spectroscope sans fente qui comprend deux canaux : le premier couvre les longueurs d'onde comprises entre 1 et 1,93 micromètre avec une résolution spectrale comprise entre 450 et 850, le second couvre les longueurs d'onde comprises entre 0,8 et 1,8 micromètre avec une résolution spectrale comprise entre 70 et 140. La lumière est dissociée par un prisme qui permet de faire de la spectroscopie multi-objets à basse résolution.

  • On appelle résolution spectrale le pouvoir de séparation d'un spectrographe. Plus la résolution spectrale est grande, plus le spectre obtenu est détaillé, et plus on peut y mesurer des raies de faible intensité ou profondeur.

Les 18 détecteurs SGA de 16 mégapixels situé dans le plan focal de l'instrument WFI.

Filtres couleurs du coronographe.

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NASA’s Nancy Grace Roman Space Telescope: Moving Roman – Reaction Wheels

Une image simulée démontre la puissance du télescope spatial romain Nancy Grace de la NASA

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Télescope Spatial

Nancy Grace Roman

"Le temps viendra où l'homme saura même ce qui se passe sur les autres planètes et pourra peut-être leur rendre visite. "

Henry Ford