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POESIE ET VERSIFICATION

Filière: Etudes françaises

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C’est quoi la poésie? La versification?

  • La poésie est avant tout un genre littéraire ancien (roman, théâtre, essai)
  • c'est un usage particulier du langage: astreint à une mesure que l'on appelle mètre. elle coule la langue dans des moules aussi divers qu'il y a des mètres.

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  • La poésie se distingue de la prose par les règles de la versification. Celles-ci fixent la mesure du vers et de la strophe , le jeu sur les sonorités et les variations du rythme à l'intérieur du poème.
  • Par sa musicalité, le texte poétique s'inscrit ainsi dans la mémoire du lecteur.

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  • le poète est un créateur, un artiste qui joue avec les mots pour exprimer de manière personnelle originale et souvent inattendue sa vision du monde.
  • C’est comme un orfèvre qui travaille le langage. elle obéit à des contraintes formelles: vers, rimes, strophes….

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  • La versification est l’ensemble des règles et des techniques employées dans l'écriture poétique traditionnelle, qui obéissent à des usages : l’utilisation du vers, le regroupement en strophes, le jeu des rythmes et des sonorités…

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  • Dans Introduction à l’analyse de la poésie de Jean Molino et Joelle Gardes. (1982) la versification se définit comme:

« l’étude de tous les types de structuration du vers, qu’il s’agisse de la structure interne ou de l’arrangement des vers entre eux, qu’il s’agisse des mesures fixes et conventionnelles qui définissent chaque type de vers, comme les deux hémistiches de l’alexandrin, ou des groupements syntaxiques et rythmiques isolés par des coupes. »

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Cela montre que la versification est un terme générique qui comprend trois niveaux:

A- la métrique: l’étude des éléments de mesures fixes qui définissent l’organisation interne du vers,

B- la prosodie : effets sonores,

C- le rythme: découpage des vers,

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La métrique

1- Le vers et le mètre

  • Le poème est composé de vers qui est l'unité rythmique de base du poème, c'est une suite de mots écrits sur une même ligne.

  • La métrique: C’est l’étude des éléments de mesure dont sont formés les vers.

  • dans la poésie française, L'unité de mesure est la syllabe.

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  • Le mètre est le nombre de syllabes prononcées dans un vers.
  • Comprendre la métrique syllabique, c'est donc d'abord savoir compter les syllabes. ( effectuer le découpage syllabique)

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On peut rencontrer quatre types de syllabes:

  • consonne-voyelle: C+V: (me, si);
  • consonne-voyelle-consonne: C+V+C: (coq, pour, mur);
  • Voyelle: V: (a, on);
  • Voyelle consonne: V+C: (or, art).

Chaque syllabe n'a qu'une voyelle prononcée.

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Le Chêne, un jour, dit au roseau (La Fontaine)

On divise ce vers ainsi, chaque syllabe n'ayant qu'une voyelle prononcée :

Le/ Chê/ne, un/ jour/, di/t au/ ro/ seau

On compte 8 syllabes: octosyllabe

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  • Certaines consonnes doubles restent toujours ensemble; c'est le cas quand la deuxième consonne est R ou L (a/près, com/plet).
  • Les autres consonnes doubles se divisent, la deuxième se liant avec la voyelle suivante: (quel/que, lais/sé).

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Deux problèmes surtout se présentent pour le compte des syllabes dans la poésie traditionnelle: \'e muet et la diérèse.

A- L'e muet est une voyelle qui n'est pas d'habitude prononcée dans la langue parlée. Mais dans la poésie traditionnelle cette voyelle se prononce assez souvent.

  • Elle n'est jamais comptée à la fin d'un vers même si elle est suivie de -s (frères) ou de -nt (regardent).

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  • Le e muet se prononce quand la syllabe ou le mot suivant commencent par une consonne.

Exemples:

- Sa grande aile l'entraine ainsi qu'un lent navire (Sully Prudhomme)

- Francere des arts

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  • B- La diérèse: La poésie française classique essayait d‘éviter l'hiatus, c'est à dire, la rencontre de deux voyelles prononcées—«Il alla à sa maison». François Malherbe, au début du XVIIe siècle, a proscrit l'hiatus.

Néanmoins, au XIXe siècle, les poètes ont découvert les effets stylistiques de la diérèse.

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  • Ce procédé est basé sur le fait que dans la poésie certaines voyelles qui sont normalement prononcées en une syllabe peuvent se prononcer en deux syllabes. La diérèse est donc la séparation en deux syllabes de deux voyelles qui se suivent:

li/on, pi/ed).

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Exemples:

- au/ da/ ci/ eux

On/ n'est/ pas /sé /ri/ eux/ quand/ on/ a/ dix /sept /ans (Rimbaud)

Elle permet de prononcer séparément deux sons habituellement groupés, pour respecter le mètre ) du poème ( mi-lli-ion pour mi-llion)--

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La diérèse s'emploie pour :

  • Respecter le mètre du poème
  • mettre en valeur certains mots et idées.

Dans le vers suivant le poète a choisi d‘étendre l'articulation du mot «expansion » pour lui donner quatre syllabes au lieu de trois, renforçant ainsi le sens du mot.

Ayant l'ex/pan/si/on des choses infinies. (Charles Baudelaire)

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- La synérèse La synérèse permet au contraire de prononcer en une seule syllabe deux sons habituellement prononcés de manière séparée (lion pour li/on)

Si dans un poème ou tous les autres vers sont de douze syllabes, vous en trouvez un de onze syllabes, relisez le vers en cherchant un mot avec une combinaison de voyelles telle que:

ui, ieu, oue, et plus souvent io ou ie.

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2- Les Noms des mètres:

  • Le vers de douze syllabes s'appelle un alexandrin. Le vers de dix syllabes est un décasyllabe. Le vers de huit syllabes est un octosyllabe.
  • Ce sont les mètres, ou mesures, les plus fréquents dans la poésie traditionnelle. On décrit les autres tout simplement comme un vers de quatre syllabes, un vers de sept syllabes, etc. Verlaine, dans son poème «L'Art poétique», disait du mètre impair (de 3, 5, 7, 9 syllabes) qu'il était plus musical, plus léger, «sans rien en lui qui pèse ou qui pose».

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Les principaux types de vers :

  • 12 syllabes = alexandrin
  • 11 = hendécasyllabe
  • 10 = décasyllabe
  • 9 = un ennéasyllabe
  • 8 = octosyllabe
  • 7 syllabes = heptasyllabe
  • 6 syllabes = hexasyllabe
  • 5 syllabes = pentasyllabe

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Types de vers

  • Le vers régulier : il repose sur le compte des syllabes (de une à douze) qui fixe son rythme ; c’est le vers français classique, qui obéit de plus aux règles de la rime et de la césure.
  • Le vers irrégulier : le vers moderne est libre ; on se libère à partir de la fin du XIX° des contraintes

des vers de même longueur et l’on fait se succéder des vers de longueurs différentes, mais on abandonne aussi les contraintes de la rime, voire la ponctuation.

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Récapitulation

  • 1- Longueur des vers : le mètre est le nombre de syllabes dans un vers
  • 2- Comment compter les syllabes ?
  • Prononcer ou non le e ?
  • L’élision est le fait de ne pas compter un son qu’on ne prononce pas :
  • « Pré/ten/dai/t a/rri/ver// san/s en/com/br[e] à/ la/ vill[e] » (La Fontaine) = 12 : 6 // 6
  • « J’im/plo/re/ ta/ pi/tié//, Toi,// l’u/ni/que/ que/ j’aim[e] » (Baudelaire) = 12 6 // 1 / 5

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  • Règles :

L’e muet + consonne se prononce toujours (me/ le; ce…)

L’e muet + voyelle et en fin de vers ne se prononce jamais ( voir vers de Lafontaine)

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Quand il y a un hiatus (i + voyelle) : passion, lion, dieu, etc., on peut compter une ou deux syllabes

« Sa/ bu/r[e] où /je/ voy/ais // des /cons/tel/la/ti/ons » (Hugo)

« On/ n’est /pas /sé/ri/ieux // quand on a dix-sept ans » (« Roman » d’A. Rimbaud)

  • diérèse = on compte deux syllabes pour le hiatus : le mot est allongé, donc mis en valeur
  • synérèse = on compte une syllabe

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  • Vers impairs Vers pairs
  • 1-monosyllabe 2-dissyllabe
  • 3-trisyllabe 4-tétrasyllabe
  • 5-pentasyllabe 6-hexasyllabe
  • 7-heptasyllabe 8-octosyllabe
  • 9- ennéasyllabe 10-décasyllabe
  • 11-endécasyllabe 12-alexandrin

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Exercices

Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent!

Quelle importune main, en formant tous ces nœuds,

A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux?

Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.

(Jean Racine, Phèdre, 1677)

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  • Divisez les vers suivants en syllabes:

Homme, pourquoi gémir devant la mort des feuilles

Et de ce que ton pied marche en sa vanité?

Eh quoi! N'as-tu jamais songe, quand tu les cueilles,

Que le charme des fleurs, c'est leur fragilité?

(Robert Choquette, A travers les vents, )

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  • Indiquez si les syllabes en gras dans les vers suivants sont a lire avec diérèse ou synérèse:

Passants, ayez quelque pitié,

Qu'il vous souvienne une prière,

Car pratiquait bien dur métier

Le chiffonnier de nos misères.

(Alphonse Piche, Ballades de la petite extrace, 1946)

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Strophes et poèmes à forme fixe

  • La strophe:

Elle désigne un ensemble de vers structuré selon un schéma particulier de rimes et éventuellement de mètres séparé des autres vers par une ligne blanche.

  • Un poème classique est normalement construit de plusieurs strophes, chacune composée d'une suite de vers égaux en nombre de syllabes.

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  • Traditionnellement la strophe doit constituer un ensemble syntaxique et sémantique complet. Si on trouve une strophe qui est incomplète-ce qui est indiqué le plus souvent par un manque de ponctuation ou par une virgule- il faut commenter l'effet stylistique et sémantique de cette discordance.

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  • Une strophe de deux vers s'appelle un distique.
  • Une strophe de trois vers s'appelle un tercet.
  • Ensuite nous avons le quatrain (4 vers),
  • le quintil (5 vers),
  • le sizain (6 vers),
  • le septain (7 vers),
  • le huitain (8 vers),
  • le neuvain (9 vers),
  • Le dizain (10 vers),
  • le onzain (11 vers),
  • et le douzain (12 vers).

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  • Les vers qui composent une strophe peuvent être réguliers (ils ont tous le même nombre de pieds), on dit que la strophe est isométrique ; ou irréguliers, et la strophe est alors hétérométrique.
  • ces strophes combinent des vers de plusieurs mètres dans la même strophe. Voici un exemple du XIXe siècle:

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L‘été vient, l'aquilon soulève

La poudre des sillons, qui pour lui n'est qu'un jeu,

Et sur le germe éteint ou couve encor la sève

En laisse retomber un peu.

(Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, 1820)

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  • Quand une suite de strophes se termine par le même vers ou par la même petite strophe, l‘élément ainsi répète est un refrain.
  • Le refrain assure la clôture du texte et, se répétant chaque fois dans un contexte différent,
  • change légèrement de sens a chaque reprise. Dans «Le Pont Mirabeau» de Guillaume Apollinaire, (Alcools, 1913) dont voici les trois premières strophes, le refrain souligne le passage du temps:

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Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

Le jour venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons en face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

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  • La répétition du refrain a une valeur musicale et surtout rythmique. Le refrain peut également avoir une valeur sémantique: il dit et redit l’essentiel de la signification du poème.

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Poèmes à forme fixe

  • L'ode et l‘élégie sont deux genres poétiques nobles dont les modèles remontent a l'Antiquité. Pendant la Renaissance on les a introduites dans la poésie française et, depuis ce moment, ils ont connu un grand succès. L'ode pindarique, héritée du poète grec Pindare, célèbre des héros; elle comprend

de longues strophes souvent très érudites.

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  • L'ode horatienne, influencée par les Carmina du poète latin Horace, par contre, est plus courte et plus légère et ainsi s'adapte mieux a la thématique de l'amour ou de la nature.

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  • Quant à l‘élégie, c'est une forme assez libre, le plus souvent en alexandrins ou en décasyllabes, et à rimes plates, dans laquelle le locuteur, parlant à la première personne, se plaint de sa propre souffrance, occasionnée par la mort de quelqu'un, ou, dans le cas de l‘élégie amoureuse, par l'inconstance de la femme aimée.

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  • Ainsi, dans cette elegie par Théophile de Viau le je s'adresse a un interlocuteur absent, la femme aimée:

Depuis ce triste jour qu'un adieu malheureux

M‘ôta le cher objet de mes yeux amoureux,

Mon âme de mes sens fut toute désunie,

Et prive que je fus de votre compagnie . . .

(Oeuvres, 1632)

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  • Dès le Moyen Age, on a établi des schémas qui réglaient le nombre de strophes et leur ordre pour constituer ce qu'on appelait des poèmes à forme fixe.
  • Le rondeau, construit sur deux rimes, se compose le plus souvent de 13 vers et d'un refrain reprenant les premiers mots du premier vers au milieu et a la fin du poème. II est divise en trois parties, deux de cinq vers séparées par une de trois vers. (5+3+5)

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  • Le rondeau est un court poème qui doit son nom à la ronde (que l’on dansait et chantait à l’origine). Il est apparu au XIIIe siècle, et il est généralement composé de trois strophes en octosyllabes ou en décasyllabes sur deux rimes seulement. Le rondeau est rythmé par un refrain.
  • Vincent Voiture s'est moqué du genre dans le rondeau suivant:

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Ma foi, c'est fait de moi. Car Isabeau�M'a conjuré de lui faire un rondeau.�Cela me met en une peine extrême.�Quoi ! treize vers : huit en eau, cinq en ême !�Je lui ferais aussitôt un bateau.

En voilà cinq pourtant en un monceau.�Faisons-en sept, en invoquant Brodeau,�Et puis mettons : par quelque stratagème :� Ma foi, c'est fait.

Si je pouvais encor de mon cerveau�Tirer cinq vers, l'ouvrage serait beau.�Mais cependant me voilà dans l'onzième,�Et si je crois que je fais le douzième,�En voilà treize ajusté de niveau.� Ma foi, c'est fait !

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  • La ballade était une autre forme poétique très pratiquée au Moyen Age. Elle comprend d'habitude trois strophes composées sur les mêmes rimes et terminées chacune par un refrain d'un ou de deux vers.

- Les vers sont des octosyllabes ou des décasyllabes. Quand il y a des octosyllabes, la strophe doit avoir huit vers; quand ce sont des décasyllabes, elle en a dix.

- L'envoi-tout à la fin-s'adresse normalement au prince. L'une des plus célèbres ballades est «La Ballade des pendus» par François Villon dans lequel il donne la voix à des criminels pendus qui s'adressent aux vivants. En voici les premiers vers:

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Frères humains qui après nous vivez,

N'ayez les cœurs contre nous endurcis,

Car, si pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tôt de vous mercis.

(Testament, 1461)

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  • Le sonnet, d'origine italienne, fut introduit en France au XVIe siècle et mis en valeur par les poètes de La Pléiade. Le sonnet a connu un nouvel âge d'or au XIXe siècle et est encore pratiqué aujourd'hui. Il comprend quatorze

vers, dont deux quatrains et un sizain organisé en deux tercets.

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  • Les quatrains sont normalement bâtis sur les mêmes rimes (abba); les deux tercets sont construits sur trois rimes (ccd ede ou ccd eed). Les derniers vers, ou ce qu'on appelle la chute du sonnet, revêtent une importance majeure.
  • Exemple : Le dormeur du val

Arthur Rimbaud (1854 – 1891)

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C'est un trou de verdure où chante une rivière,�Accrochant follement aux herbes des haillons�D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,�Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.��Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,�Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,�Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,�Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.��Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme�Sourirait un enfant malade, il fait un somme :�Nature, berce-le chaudement : il a froid.��Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;�Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,�Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

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La versification: la rime

  • Deux mots riment quand au moins leur dernière voyelle sonore est identique. La rime, étant un marqueur de la fin des vers, établit un parallélisme d'un vers à l'autre. C'est ainsi qu'elle joue souvent un rôle sémantique, mettant en valeur les oppositions ou les équivalences entre les mots qui riment.
  • On doit prendre en compte la rime comme un procède poétique qui joue un rôle considérable dans l'organisation du poème, dans sa musicalité et dans la création de ses rythmes.

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1. L'Alternance des rimes: rimes masculines et rimes

féminines:

  • Quand les deux mots rimes se terminent par un e muet, on est en présence d'une rime féminine: mère / père.
  • Il faut noter que l’e muet est souvent suivi de consonnes non prononcées (laissent / portèrent); ce

sont toujours des rimes féminines.

  • Quand les deux mots rimes ne se terminent pas par un e muet, il s'agit d'une rime masculine: mer / cher.

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  • Selon les normes de la poésie classique, on ne peut pas rimer un mot se terminant par un e muet et un mot ne se terminant pas par un e muet: mer / père.
  • Depuis le XVIe siècle, la poésie française traditionnelle pratique l'alternance des rimes masculines et féminines. Si la première rime est masculine, elle doit être suivie par une rime féminine, et vice versa.
  • Dans les vers suivants, par Charles Baudelaire, la rime féminine en –tige est suivie par la rime masculine en -soir.

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Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige

Chaque fleur s‘évapore ainsi qu'un encensoir;

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir-

Valse mélancolique et langoureux vertige!

(Les Fleurs du mal, 1857)

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2. La Qualité des rimes

La rime est pauvre quand il n'y a qu'une voyelle sonore identique: fou / loup./ vis-pis)

La rime est suffisante quand deux éléments sonores sont identiques:

La rime foi / roi est suffisante parce qu'un son consonantique [w] et une voyelle [a] sont présents. ( identique-panique) las-là

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  • La rime est riche quand plus de deux éléments sonores sont identiques:

nature / aventure;

injuste / arbuste;

pl/aine / haleine.

Notez bien: Il ne s'agit pas de l'orthographe des mots, mais plutôt de leur prononciation. La rime roux—poux est pauvre, tout ainsi que la rime teint—pain.

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  • 3. La Disposition des rimes:

Les rimes peuvent être disposées de façons différentes dans chaque strophe.

Les vers suivants par le poète Jean-Baptiste Chassignet sont écrits en rimes plates ou suivies (aa, bb, cc, etc.):

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De l'air voisin du ciel, tu vois comme souvent a

II passe en pluie et nue, en orage et en vent. a

Descends plus has encore et diligemment sondes b

Le naturel divers et des eaux et des ondes: b

Ces fleuves spacieux, ces lacs, et ces ruisseaux, c

Desquels nous estimons éternelles les eaux ... c

(Le Mespris de la vie et consolation centre la mort, 1594)

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  • Les vers suivants par Robert Desnos sont écrits en rimes embrassées (abba):

C'est l'heure ou panache de fumée et de suie, a

Le toit comme une plage offre au fantôme nu b

Son ardoise ou mirer le visage inconnu b

De son double vivant dans un miroir de pluie. a

(Etat de veille, 1943)

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  • Deux rimes croisées se mêlent en combinant quatre vers selon le modèle abab :

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

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Remarque:

  • Une rime interne indique que le mot situé en fin de vers fait écho à un terme placé à l’intérieur du vers. Elle crée un effet de sens en rapprochant ces deux termes sur le plan sonore.

Cet alexandrin de Ronsard présente une rime interne :

« Cueillez dès aujourd’hui // les roses de la vie »

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La prosodie: les effets sonores et la musicalité

  • Un principe doit souligner l‘étude des procèdes sonores et musicaux d'un poème: il ne faut pas dissocier les sons de la signification des mots.
  • le poète à force de répéter certains phonèmes les investit lui-même d'une motivation sémantique. C'est surtout par des répétitions de phonèmes que la poésie réalise une expressivité sonore: l'assonance, l'allitération et d'autres jeux phoniques.
  • Donc les échos sonores entre les mots invitent à mettre ces derniers en relation : s’établit ainsi un double rapport de son et de sens qu’il est intéressant d’étudier.

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L'Assonance: L'assonance au sens strict du terme est la répétition de la même voyelle dans la dernière syllabe des mots:

Je le vis, je rougis, je palis à sa vue (Jean Racine)

L'assonance au sens plus large est le retour d'une même voyelle à intervalles rapprochés:

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Verlaine)

Dans le vers précédent, nous avons la répétition de deux voyelles deux fois, d'une voyelle trois fois, et d'une autre paire de voyelles quatre fois. Lesquelles?

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  • Exemples:

Il a deux trous rouges dans la poitrine. (Rimb)

L’assonance crée un écho sonore et suscite une impression douloureuse.

Les sources sont couronnées d’ombre (Eluard)

Voici minuit, minuit point d’honneur de la nuit (Eluard)

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  • L'Allitération: Les consonnes aussi se répètent par des jeux de parallélisme et de symétrie.

L'allitération au sens strict du terme est la répétition d'une consonne en tète de mots:

L'heure menteuse et molle aux membres sur la mousse. (Paul Valery)

  • L'allitération au sens plus large est le retour sensible d'un même son consonantique. Dans ce vers de Pierre Emmanuel les [v] et les [t] se répètent:

Rien n'ose les vêtir devant l‘éternité

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  • Exemples:

Un soir, t’en souvient-il? Nous voguions en silence (Lamartine)

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches (Verlaine)

  • Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes (Racine) ( allitération en s, elle permet de mimer le son produit par le serpent)

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  • On parle aussi d'allitération quand ce sont des consonnes voisines (par exemple, des labiales—p, b; des dentales—t, d; des labio-dentales—qui sont rapprochées.

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Exemples: allitération et assonance

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  • Attention: en français, une lettre peut correspondre à deux phonèmes différents: parfois C se prononce S et K selon la voyelle qui suit. Prononce.
  • Donc en poésie, quand vous travaillez sur les sonorités, ne vous préoccupez pas de ce que vous voyez (les lettres) mais de ce que vous entendez (les sons, les phonèmes)

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  • La paronomase consiste à utiliser des mots ou groupes de mots de sonorité très proche (des paronymes) ce qui donne un effet de propagation du même son à travers le vers, la strophe ou le poème.�«  Comme la vie est lenteEt comme l’Espérance est violente » (Apollinaire)�Paronymes : vie est lente / violente�Ici, la paronomase est intéressante car elle rapproche, grâce à leurs sonorités proches, des mots de sens opposé (lente / violente). Elle permet donc de souligner un effet de contraste.

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  • Identifiez deux phonèmes vocaliques qui, se répétant, produisent des effets d'assonance dans ces vers de Victor Hugo:

Quels sont ces bruits sourds?

Ecoutez vers l'onde

Cette voix profonde

Qui pleure toujours

Et qui toujours gronde

Quoiqu'un son plus clair

Parfois l'interrompe . . .

Le vent de la mer

Souffle dans sa trompe.

(Les Orientales, 1829)

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  • Relevez les allitérations dans les 3 vers suivants, quel est l’effet produit?:

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes

Le cygne chasse l’ombre avec ses larges palmes

Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil….

(Prudhomme, S, 1869)

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Le rythme

  • Le rythme est un découpage de mots dans un vers. Il divise le vers en groupes rythmiques. L’endroit où s’arrête un groupe rythmique s’appelle la coupe. La coupe principale d’un vers s’appelle la césure. Les coupes sont souvent liées à la ponctuation du poème. On cite la césure, la coupe, les accents, l’hémistiche comme dans l’exemple synthétique suivant :

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Exemple :

Accent mobile) (Accent fixe) (Accent mobile) (Accent fixe)

, , , ,

  • Ce soir, / l’odeur du sang ; // demain, / l’odeur des morts. (Hugo)

2 4 2 4

Coupe interne Césure Coupe interne

 � 1 er Hémistiche 2ème Hémistiche

6 pieds 6 pieds

Commentaire: Cet alexandrin contient deux hémistiches de 6 syllabes séparées par une césure, et des accents fixes et mobiles.

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1- Règles de l’accentuation :

  • Quand un mot se termine par une syllabe qui comporte un « e » muet, l’accent tonique porte sur l’avant-dernière syllabe. Ces mots sont appelés mots à terminaison féminine. (Exemple : orage, tempête). Dans les autres cas, l’accent tonique porte sur la dernière syllabe. Ces mots sont appelés à terminaison masculine. (Ex: jardin, maison).C’est le retour des accents toniques qui crée le rythme: on les place sur la dernière syllabe tonique d’un mot ou d’un groupement de mots qui forme une unité grammaticale. (Ex : Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace (Racine, Phèdre).

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2- Césure :

  • La césure est une coupure qui reste fixe dans les vers de 8 syllabes et plus. Cette coupure intervient après un groupe syntaxique parfois une virgule ou un point virgule vient la marquer typographiquement dans le vers. Le dernier mot avant la césure est accentué (à l’oral il doit être mis en relief). Les mots à la césure sont soigneusement choisis par les poètes : ce sont donc des mots importants à commenter et à analyser en commentaire de texte. Les 2 parties du vers séparés par la césure sont appelés « hémistiches ».

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  • A RETENIR : dans un alexandrin la césure se trouve TOUJOURS au milieu du vers, après la 6e syllabe. Dans les autres types de vers, elle varie.

Ex 3« Mon verre s’est brisé // comme un éclat de rire » (Apollinaire, « Nuits Rhénane »)

Mon/ver/re/s’est/bri/sé  //  com/m’un/é/clat/de/rir’  (12)

 

Interprétation : le « e » final de « verre » se prononce et compte pour une syllabe car il est suivi d’une consonne. Par contre, le « e » de « comme » ne se prononce pas et ne compte pas pour une syllabe en raison de la voyelle du mot qui suit (« un »). Le « e » final est toujours muet et ne se prononce pas.

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  • Ce vers met l’accent sur le mot « brisé » puisque la césure tombe juste après. Serait-ce un clin d’œil du poète de mettre le mot « brisé » à la césure, précisément à l’endroit où l’on coupe,  brise le vers…

 

  • La coupe centrale de l’alexandrin, qui marque une pause après la sixième syllabe. La césure sépare le vers en deux moitiés égales appelées hémistiches. On parle aussi de césure pour le décasyllabe, que la tradition littéraire découpe régulièrement 4/6. Inversement les vers égaux ou inférieurs à huit syllabes sont perçus comme des mètres simples, non césurés.

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Exemple1:

Un soir, / t’en souvient-il ?// nous voguions en silence

2 Coupe 4 Césure 6

Commentaire :Cet alexandrin est découpé en deux hémistiches de 6 pieds par la césure. Le premier hémistiche se compose de deux groupes rythmiques de 2 et 4 pieds par conte, le deuxième hémistiche se compose d’un groupe rythmique de 6 pieds.

Remarque : Les vers longs, c'est-à-dire essentiellement les décasyllabes et les alexandrins, se partagent le plus souvent en deux hémistiches (= moitié de vers), autour d'une césure (= milieu du vers).

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Exemple 2 :

Tout m'afflige et me nuit // et conspire à me nuire »

  • Commentaire : Cet alexandrin est découpé en deux hémistiches de 6 pieds par césure. La césure est alors une pause, un repos de la voix (qui peut correspondre à une reprise du souffle, mais n'est pas nécessairement à la fin d'un mot). Cette césure centrale donne donc un rythme binaire à l'alexandrin. 

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Exemple 3 :

« Toujours aimer, / toujours (//) souffrir, / toujours mourir ».

Commentaire :A partir de ce vers, certains poètes ne marquent pas la césure, et préfèrent donner un rythme ternaire au vers. Il est également un alexandrin, mais la césure, tombant sur le second « toujours », n'est pas marquée par la voix. La présence des virgules, ainsi que la répétition de l'adverbe, impose de dire l'alexandrin en trois mesures de quatre syllabes chacune, au lieu de deux mesures de six syllabes chacune ; le vers est alors appelé « trimètre ».

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3- Coupes :

  • - Fondée sur le jeu des accents, le rythme repose sur des coupes secondaires ou principales qui suivent les accents toniques placés sur la dernière syllabe accentuée d'un mot ou d'un groupe de mots formant une unité grammaticale, et donc un groupe rythmique.

- La coupe ( / ) se place immédiatement après la syllabe accentuée.

- Quand un mot se termine par une syllabe non accentuée, la coupe sépare cette dernière syllabe du reste du mot.

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On repère en particulier les rythmes binaires constitués par deux mesures de six syllabes qu'on appelle hémistiches. L'alexandrin classique obéit à ce schéma :

Exp : Qui n'a pu l'obtenir | ne le méritait pas. (Corneille)

L'alexandrin peut comporter des coupes secondaires, créant parfois des tétramètres constitués par quatre mesures de trois syllabes.

Exemple1 :

C'est Vénus | tout entière | à sa proie | attachée.

3 3 3 3

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  • On rencontre aussi des rythmes ternaires comportant trois mesures de quatre syllabes, avec effacement de l'hémistiche, trimètre caractéristique de l'alexandrin romantique.

J'ai vu le jour | j'ai vu la foi | j'ai vu l'honneur.(Hugo)

4 4 4

Trois syntagmes sont parfois disposés selon un ordre croissant ou décroissant :

Seigneur | de ce départ | quel est donc le mystère? (Racine)

2 4 6

La rue assourdissant | autour de moi | hurlait. (Baudelaire)

6 4 2

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Remarque: En français, l'accent n'est pas métrique, il est linguistique.

Si bien que la césure apparaît partout où elle coupe la phrase :

Tiens, | le voilà! | Marchons. | Il est à nous. | Viens.

Hélas! | Quel est le prix des vertus? | La souffrance.

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Récapitulation

  • Le rythme est lié au rapport entre la proposition (grammaire) et le vers (poésie).
  • Les coupes sont souvent liées à la ponctuation du poème.
  • La coupe ( / ) se place immédiatement après la syllabe accentuée d'un mot ou d'un groupe de mots formant une unité grammaticale, et donc un groupe rythmique,

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  • On appelle césure ( // ) la coupe qui partage un alexandrin en deux hémistiches de six syllabes.
  • La césure sépare le vers en deux moitiés égales appelées hémistiches. On parle aussi de césure pour le décasyllabe, que la tradition littéraire découpe régulièrement 4/6.
  • A partir du XIX ème siècle, le trimètre romantique divise l’alexandrin en trois parties égales déterminées par trois accents (4/4/4), et permet les balancements et les juxtapositions.
  • Le vers simple (vers jusqu’à 8 syllabes) compte un accent fixe obligatoire sur sa dernière syllabe non muette et un accent interne avant la coupe.

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  • La coupe ( / ) se place immédiatement après la syllabe accentuée.
  • On appelle césure ( // ) la coupe qui partage un alexandrin en deux hémistiches de six syllabes.
  • Quand un mot se termine par une syllabe non accentuée, la coupe sépare cette dernière syllabe du reste du mot.il s’agit d’une pause dans le vers.
  • Dans les vers longs, la coupe la plus importante est placée au milieu du vers = la césure.

Dans l’alexandrin, la césure se situe après la sixième syllabe prononcée = l’hémistiche.

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4- Types de rythmes:

  • Le rythme binaire :

Les deux moitiés d’un vers sont divisées en deux mesures égales.

Ex : Son regard / est pareil // au regard / des statues. (Paul Verlaine).

             3               3               3                   3

  • - Le rythme ternaire :

Le vers est divisé en trois mesures.

Ex : Je marcherai / les yeux fixés / sur mes pensées. (Victor Hugo, « Demain dès l’aube).

          4                       4                    4

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  • Le rythme croissant (gradation)

Les mesures des vers sont de plus en plus longues. Ce rythme évoque souvent un sentiment qui s’amplifie.

Ex : Ainsi / de peu à peu // crût l’empire romain. (Du Bellay, Les Antiquités de Rome).

         2             4                            6

  • Le rythme accumulatif :

Le nombre d’accents toniques est supérieur à la moyenne (supérieur à 4 pour un alexandrin). Ce rythme traduit souvent l’accumulation, la succession, un mouvement désordonné ou encore l’intensité d’un sentiment.

 

Ex : Le lait tom/be ; adieu / veau / va/che, cochon, / couvée.

              3             2            1       1         3                2

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5- Les faits de discordance : enjambement ou rejet 

  • Le rythme est donné par la correspondance ou la discordance entre le vers et la syntaxe (la phrase).
  • Dans les rapports de longueur entre la phrase et le vers, la phrase peut avoir la même longueur que le vers. Ex : « Il marcha trente jours, il marcha trente nuits ». (Victor Hugo, La Légende des siècles).
  • MAIS, quand il n’y a pas d’identité entre la longueur de la phrase et la longueur du vers, dans ce cas, on distingue : l’enjambement, le rejet, le contre-rejet. En général, un vers ne correspond pas forcément à une phrase.

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Il y a enjambement quand une phrase, une proposition ou un groupe commence dans un vers et continue sur le suivant: ex:

Les roses comme avant palpitent; comme avant

Les grands lys orgueilleux se balancent au vent.

(Verlaine)

[…] Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines

Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.

(Rimbaud)

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On appelle rejet la partie qui est rejetée sur le vers suivant:

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. (Hugo)

« […] – Oh ! Quel nom sur ses lèvres muettes

Tressaille ? Quel regret implacable le mord ?[…] (Rimbaud)

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Il y a un contre-rejet quand un élément court d’un vers appartient au vers suivant par la construction et le sens.

j’arrondis la bouche et – j’exhale

Des conseils doux de Crucifix. (Laforgue)

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Bref

Etudier la versification d'un poème, c'est observer : 

  • le type de vers (attention aux e et aux diérèses !) ;
  • le type de rimes ;
  • la forme (groupement des vers en strophes) fixe (comme le sonnet) ou libre

- le rythme : les coupes, les rejets, les enjambements ….�

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MERCI POUR VOTRE ATTENTION

BON COURAGE

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Références

  • AQUIEN Michèle, Dictionnaire de poétique, Paris, Librairie Générale Française, coll. « Le Livre de poche », 1993.
  • AQUIEN Michèle, La versification appliquée aux textes, Paris, Nathan, coll. « 128 », 1993.
  • MAZALEYRAT Jean, Éléments de métrique française, Paris, A. Colin, coll. « Cursus », 1990.