JEAN COUACOU
Alain LANDY 2026
D’après un conte de Michel Lohier
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LES PRINCIPAUX PERSONNAGES DU CONTE
JEAN COUACOU
MAFOUTOU
AGRATICH LE LÉZARD
MARIE
CORALIE
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Yé krik, yé krak… Il était une fois en Guyane.
Jean Couacou était un homme aisé très paresseux, très égoïste et très méchant et aussi très hypocondriaque.
Il avait malgré tout épousé Coralie, une femme pauvre, travailleuse et gentille.
A cette époque-là, dans la colonie comme en Métropole, il y avait encore des mariages de raison.
Ils eurent une fille qu’ils appelèrent Marie.
Dans la forêt proche de leur habitation, la vaillante Coralie s’occupait d’un grand abattis qu’elle avait réalisé seule, de ses propres mains.
Lorsque Marie atteignit l’âge de raison, sa mère l’envoya surveiller les fruits et les légumes de sa petite exploitation pour que les « nuisibles » ne les dévorent pas.
Mais, le gourmand Mafoutou, notre diable local, faisait aussi partie de tous ces prédateurs.
Quand il vit que Marie venait régulièrement avec son repas, il profita de l’aubaine pour lui faire peur et avaler toute sa nourriture.
Et désormais, la fillette maigrissait à vue d’œil.
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Comme elle avait très peur de Mafoutou, qui l’avait prévenue de ne rien dévoiler à quiconque sinon, il l’emporterait avec lui en enfer, elle restait muette comme une carpe.
Si Jean Couacou avait un cœur de pierre, Coralie avait un cœur de mère et, de voir souffrir sa fille en silence, l’anéantissait. Elle voulut savoir ce qui se passait dans son abattis.
Alors, un matin, elle suivit très discrètement sa fillette et découvrit le « pot aux roses ».
De retour à la maison, elle supplia son mari pour qu’il fasse fuir le démon de son abattis. Elle lui rappela qu’il avait le devoir de protéger Marie. N’était-ce pas aussi sa propre fille ?
Naturellement Jean Couacou refusa. La seule chose qu’il proposa fut son arc et une flèche empoisonnée que son épouse devait lui rendre.
Et il prévint Coralie qu’elle serait chassée de leur demeure, si elle ne rapportait pas son cher arc et sa chère flèche en leur état actuel.
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Le matin suivant, la courageuse maman accompagna sa fillette et blessa Mafoutou en plein ventre, là où il avait englouti toute la nourriture de Marie jour après jour.
Mais, le diable ne mourut pas sur le coup. Il trouva la force de s’enfuir et d’aller se cacher dans la forêt profonde.
Coralie devait obligatoirement retrouver la flèche sinon, elle ne pourrait plus rentrer à la maison.
Alors, après avoir renvoyé Marie chez elle, elle suivit une à une les traces de sang que laissait le diabolique personnage.
Mais voilà que, sur son chemin, elle rencontra Agratich le lézard.
Agratiche la connaissait bien puisqu’il venait souvent la retrouver dans son abattis pour y dévorer mouches, chenilles, papillons, mille-pattes, vers, criquets, sauterelles et araignée.
Et le lézard expliqua à Coralie qu’il savait où avait dû aller Mafoutou et qu’il avait une solution pour récupérer la précieuse flèche.
Et, effectivement, dans une petite clairière, le reptile et son accompagnatrice découvrirent le diable mort, entouré de ses amis de toujours : une multitude de serpents, tous plus dangereux les uns que les autres.
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Sans se faire remarquer, Agratich se faufila parmi eux.
Les pattes mis à part, n’étaient-ils pas tous de sa propre famille : celle des reptiles ?
Après avoir salué le défunt, il proposa à ses semblables de danser autour de la dépouille pour honorer le trépassé, comme le font de nombreux humains.
Et, il se mit alors à chanter à tue-tête un swing endiablé et déchaîné.
La danse dura tant et tant qu’à la fin, tous les participants s’écroulèrent de fatigue et s’endormirent comme des souches.
Agratich qui n’avait que chanté, était encore bien réveillé. Ainsi, il récupéra délicatement la flèche empoisonnée et la remit à Coralie.
Au passage, il déroba aussi l’un des « colliers de soumission » du diable. Collier qui contraignait celui qui le portait à obéir au doigt et à l’œil à celle ou à celui qui l’avait offert.
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Et vous avez compris maintenant ce qui va se passer !
Arrivée auprès de son mari, Coralie lui rendit son arc et surtout sa flèche empoisonnée dans leur état originel.
Puis, elle lui offrit le collier en lui précisant que c’était un « collier de guérison » qui protégeait de tous les maux et de toutes les maladies celui ou celle qui le portait en permanence.
Depuis ce jour, Jean Couacou est devenu le plus charmant des maris.
Et désormais, dans sa maison et dans tout le pays, tout le monde n’en fait que des éloges…
Peut-être, avez-vous déjà entendu parler en Guyane de « Tonton Jean » ce méchant homme qui devint un ange du jour au lendemain ?
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JE DÉBATS
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MOTS EN CROIX : DES REPTILES DE GUYANE
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MOTS EN CROIX : DES REPTILES DE GUYANE
Je corrige
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| | S | | | | | |
1 | L | E | Z | A | R | D | |
| | R | | | | | |
| | P | | | | 5 | |
| | E | | | | I | |
| | N | | | | G | |
| 2 | T | O | R | T | U | E |
| | | | | | A | |
3 | C | A | I | M | A | N | |
| | | | | | E | |
Je colorie Coralie
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Je colorie Marie
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Je colorie Mafoutou
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Je colorie Jean Couacou
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Je colorie Agratich le lézard
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QUELQUES LIENS ET QUELQUES OUVRAGES
https://www.faune-flore.fr/guyane/reptiles/