LE FROMAGER ET LE PLANT DE CANNE À SUCRE
CONTES ET FABLES À RÉFLÉCHIR
Texte et illustrations d’Alain LANDY : 2026
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Yé krik, yé krak...
Bienvenue dans le pays des fleuves et des forêts : la Guyane
J’ai trouvé la graine d’une histoire,
Je l'ai plantée dans ma mémoire,
Elle a germé, poussé, fleuri,
Je vous en offre tous les fruits.
A votre tour plantez-la
Et la chaîne continuera…
Bienvenue à
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QUELLE HISTOIRE !
L'histoire de Rémire est profondément liée à la culture de la canne à sucre, qui fut le premier moteur de son économie.
• Origine du premier sucre : Le tout premier sucre de Guyane a été produit à Rémire (anciennement Armire ou anse de Miret) par des réfugiés juifs hollandais au XVIIème siècle.
• L'Habitation Loyola : Dès 1668, les Jésuites y développent une immense exploitation agricole de plus de 1 000 hectares reposant sur le travail forcé de centaines d'esclaves, produisant du sucre ainsi que du café et du cacao.
• L'ère industrielle et le Sentier Vidal : Au XIXème siècle, des domaines comme Mondélice modernisent la production avec l'introduction de machines à vapeur aux côtés des traditionnels moulins à mules, dont les vestiges sont aujourd'hui visibles sur le célèbre sentier Vidal.
• Fin de l'activité agricole : Après l'abolition définitive de l'esclavage en 1848 et le déclin progressif des rhumeries et distilleries locales au XXème siècle, Rémire s'est métamorphosée au fil du temps en une commune essentiellement résidentielle. La canne à sucre figure d'ailleurs toujours en bonne place sur les armoiries de la ville pour commettre ce passé agricole.
Le fromager de Rémire : Le 6 mai 2024 a eu lieu la première labellisation d’un arbre remarquable sur le littoral guyanais, un somptueux fromager, à Remire-Montjoly.
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LE FROMAGER ET LE PLANT DE CANNE À SUCRE
Il était une fois, au temps de la colonisation, dans le village d’Armire (Rémire), une plantation de canne à sucre.
Près de cette dernière, au fil du temps, un immense fromager avait poussé. Il élevait son intense feuillage jusqu’à la canopée.
À ses pieds, au bord d'un fossé, un peu à l’écart de ses frères, poussait un plant de canne à sucre, élancé, souple et couronné de longues feuilles effilées.
Le fromager, ce colosse de la forêt guyanaise, qui semblait né pour défier les siècles, fier de sa stature, jetait presque continuellement un regard dédaigneux sur son malingre voisin. Et, il lui répétait journellement :
- Tu as bien des raisons de maudire la nature. Le simple souffle d'un modeste alizé te fait courber la tête. Le moindre passage d'un agouti à tes pieds te bouscule, et tu dois te plier sous le poids de quelques gouttes de pluie. Pendant ce temps, mon tronc massif arrête les rayons du soleil et se rit des tempêtes même les plus fortes. Ce qui te semble un ouragan n'est pour moi qu'une brise légère. Si encore tu poussais sous l'abri de mon feuillage, je pourrais te protéger, mais tu es né sur un terrain exposé au moindre vent. La nature a été bien injuste envers toi !
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Le plan de canne à sucre s'agita doucement sous la brise, ses feuilles émettant un simple bruissement puis, il répondit sans animosité :
- Mon ami, ta pitié part d'un bon sentiment. Mais, ne t’inquiète pas pour moi. Les vents ne me sont pas mortels. Moi, je plie, mais je ne romps pas. Jusqu'à présent, tu as su résister aux plus grands assauts sans courber le dos, c'est vrai. Cependant, attendons de voir la suite.
À peine avait-il achevé sa réponse qu'un terrible grain s'abattit sur toute la côte guyanaise. Ce n'était pas une simple averse équatoriale, mais un ouragan féroce qui arrachait les tôles des toits et inclinait les arbres même les plus robustes.
Le plan de canne à sucre fit immédiatement révérence. Il se courba, toucha du bout de ses feuilles la terre rouge trempée et ruisselante, laissa la fureur des rafales glisser sur sa tige lisse.
Le fromager, quant à lui, comme un valeureux soldat à la bataille, voulut rester debout et rigide, opposant toute la force de son bois et de ses racines gigantesques au vent qui hurlait et qui s’amplifiait.
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Puis, la tempête redoubla de violence. Le vent s'engouffra dans la ramure immense du géant. Le sol se mit à trembler. Malgré ses contreforts légendaires, le fromager offrait trop de résistance. Et c’est dans un craquement effroyable qui fit fuir tous les oiseaux de la canopée et hurler les babounes des arbres voisins, que le roi de la forêt guyanaise fut déraciné et s'effondra de tout son long parmi les lianes brisées.
Lorsque le calme revint et que le soleil perça à nouveau les nuages, le plan de canne à sucre se redressa lentement, tranquillement, intacte et ruisselant d'eau. Il regarda avec tristesse le colosse étendu à terre, celui qui, quelques instants plus tôt, croyait dominer pour toujours toute la forêt vierge guyanaise.
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QUELQUES QUESTIONS…
1 Où se passe cette histoire ?
2 Quel est le nom des principaux personnages ?
3 Que penses-tu du fromager ?
4 Que penses-tu du plant de canne à sucre ?
5 Quel personnage aimerais-tu être ? Pourquoi ?
6 Quelles leçons tires-tu de ce conte-fable ?
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LE FROMAGER ET LA CANNE À SUCRE
Régnant sur la forêt d’une fière arrogance,
Fromager se moquait de ses voisins plus grêles.
Il riait de les voir se courber d’impuissance,
Au moindre courant d’air d’un alizé tout frêle.
« Je suis incomparable et je ne crains personne,
Les cieux que je tutoie frôlent mon tronc de pierre.
Dans de nombreux villages, même mon nom raisonne.
Je suis le plus illustre, de toutes les manières. »
Dans sa tige offensée, depuis un certain temps,
Un plant de canne à sucre suivait ces pantomimes.
Il savait que le ciel traque les méprisants,
Et qu’un temps vient toujours pour abattre leur cime.
Il n’eut pas à attendre, quelques jours suffirent...
Venu du bout du monde remplacer les zéphyrs,
Un funeste ouragan frappa tout le pays,
Il rossa le bravache et s’acharna sur lui.
La canne se courba mais elle garda la vie ;
Les racines hors du sol, le fromager périt.
Tiré du livre : Fables d’Amazonie. Fables Amazonie.pdf
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JE COLORIE
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Source d’inspiration
Fable d’Esope : le Chêne et les Roseaux
« Le Chêne et les Roseaux » est une courte fable d'Ésope où un chêne majestueux, ravagé par une tempête, interroge les frêles roseaux sur leur survie. Leur réponse offre une leçon de force encore citée aujourd'hui. »
Un chêne qui poussait sur la rive d'une rivière fut déraciné par une violente tempête et projeté de l'autre côté du cours d'eau. Il tomba parmi des roseaux qui poussaient au bord de l'eau et leur dit :
- Comment se fait-il que vous, si frêles et si maigres, ayez résisté à la tempête, tandis que moi, malgré toute ma force, j'ai été arraché de mes racines et jeté dans la rivière ?
- Tu as été obstiné, répondirent les roseaux, et tu as lutté contre la tempête, qui s'est avérée plus forte que toi ; mais nous, nous plions et cédons à chaque brise, et c'est ainsi que la tempête est passée sans nous nuire.
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Version fable de jean de La Fontaine
LE CHÊNE ET LE ROSEAU
Le Chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui d'aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
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La Nature envers vous me semble bien injuste.
Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.
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Moulin à vent
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QUELQUES OUVRAGES