LA BELLE CRÉOLE
D’après « la Princesse au petit pois » conte danois, écrit par Hans Christian Andersen. Le livre a été publié pour la première fois en 1835, quand Andersen avait trente ans.
Ou comment aborder les notions d’apparence et de futilité avec les enfants.
Livre à colorier
Alain Landy 2025
CONTES POUR GRANDIR
Depuis longtemps, les humains de toutes les cultures savent que les contes aident à construire, à reconstruire une personnalité et même souvent, peuvent la guérir si elle est abîmée.
Ils permettent de nommer l’inexprimable, de dénouer les contradictions, de réparer les blessures de notre histoire présente et passée. Ils nous aident à grandir et à nous harmoniser. Ils favorisent à l’intérieur de nous-même la réconciliation entre différents états de notre condition humaine, le psychisme, le corps et l’esprit qui parfois se révèlent adversaires et même contraires.
Les contes contiennent des mots, des expressions qui nous enveloppent, nous cajolent dans une clarté affectueuse ; ils nous proposent des associations qui nous illuminent dans une atmosphère limpide et nous emmènent, plus apaisés, aux confins de l’imaginaire et du réel.
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À nos enfants et petits-enfants
Yé krik ! Yé krak !
Il y a temps longtemps, le fils de l’un des plus riches maîtres d’Habitation de Guyane voulait épouser une fille aisée pour en faire une véritable Tétèche*.
Il fit le tour de la Guyane pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait : celle-ci était trop grande, celle-ci trop maigre et celle-ci pas assez fortunée.
*Tétèche : riche paysanne guyanaise
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Un soir de mauvais temps, avec éclairs, tonnerre et cascades de pluie, on frappa à la porte d’entrée de la demeure du maître de l’Habitation. La domestique alla ouvrir. C'était une Belle Créole qui était là, dehors sur le pas de la porte.
Mais mon Dieu ! De quoi avait-elle l’air ! L'eau ruisselait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon.
Pourtant, elle se disait la fille d’un maître d’Habitation fortuné d’une commune voisine.
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- Nous allons bien voir ça, pensa la maîtresse des lieux une fois présentée à elle.
Cependant, elle salua seulement la jeune fille mais, ne dit rien de plus.
Avant d’accompagner la Belle Créole dans la chambre à coucher réservée aux amis, elle fit retirer toute la literie et fit dissimuler un pois d’Angole sur le sommier du lit. Ensuite, elle fit empiler dix matelas sur le pois d’Angole.
Et c'est là-dessus qu’elle invita la Belle Créole à s’allonger pour se reposer et passer la nuit.
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Au matin, la camériste demanda à la Belle Créole comment elle avait dormi.
- Affreusement mal, répondit-elle, je n'ai presque pas fermé l'œil de toute la nuit. Dieu seul sait ce qu'il y avait dans ce lit. J'étais couchée sur quelque chose de si dur que j'en ai des bleus sur tout mon corps ! Cette nuit fut terrible pour moi !
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Alors le riche maître de l’Habitation, sa femme et son fils reconnurent en elle une véritable fille de riche qui deviendrait certainement une véritable Tétèche puisque, à travers les dix matelas, elle avait senti le minuscule pois d’Angole.
Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d'une authentique fille nantie.
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Le fils du maître d’Habitation la prit donc pour femme, sûr maintenant d'avoir trouvé sa vraie future Tétèche, et le pois d’Angole fut exposé sous une cloche de verre, dans le salon.
Les curieux peuvent encore le voir, si personne ne l'a emporté.
Et ceci, à coup sûr, est une histoire véridique qui se passait il y temps longtemps au pays des fleuves et des forêts, la Guyane.
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Je réfléchis
Dongwé et pois d’Angole
Ustensiles
1 saladier, 1 cuillère, 1 verre, 1 cocotte minute, 1 casserole, 1 cuillère en bois
Ingrédients
600g de pois d’Angole frais ou surgelés, 1 tranche de potiron, 150g de lardons, 1 oignon (ou une échalote), 1 bouquet garni (ciboulette, persil, 1 feuille de bois d’Inde, thym), 1kg de farine, 10 cl d’eau, 2 pincées de sel, 10 ml d’huile, sel, poivre
Préparation
Blanchissez les pois dans une casserole d’eau bouillante salée pendant 5 min puis égouttez-les. Emincez l’échalote (ou l’oignon). Pelez le potiron et coupez-le en dés. Mettez la cocotte minute sur feu moyen, ajoutez les lardons et l’échalote. Laissez suer 3 min. Ajoutez le bouquet garni. Ajoutez les pois d’Angole. Ajoutez les dés de potiron. Mélangez le tout. Ajoutez 1 litre d’eau, fermez la cocote minute et laissez cuire 1h30.
Pendant ce temps préparez les dongwé.
Après les 1h30 ouvrez la cocotte. Ajoutez 2 verres d’eau et rectifiez l’assaisonnement. Ajoutez les dongwé et laissez mijoter 3 min.
Les dongwé sont un plat créole originaire de la Caraïbe. Il est composé de petites boules, ou galettes, de farine cuites auxquelles on ajoute une sauce et toutes sortes de viandes, de poissons ou de crevettes, et des haricots rouges.
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