1 of 122

Surdiagnostic des cancers du sein�Controverse à propos du dépistage

B. DUPERRAY

12/03/2024

DIU d’Imagerie Mammaire Ile-De-France

Faculté des Saints Pères, Paris

2 of 122

Conflits d’intérêts

Je tiens à préciser que je n’ai aucun conflit d’intérêt tant avec l’industrie qu’avec un

quelconque carriérisme.

J’ai écrit un livre publié en 2019 : “Dépistage du cancer du sein, la grande illusion”

pour faire le lien entre les générations face à un problème récurrent dont on ne voit

toujours pas la fin et apporter un témoignage après avoir participé durant 50 ans à

l’évolution de cette controverse.

3 of 122

Durant cet exposé, nous allons utiliser 4 concepts intriqués :

- le dépistage,

- l’histoire naturelle du cancer du sein,

- le surdiagnostic

- la santé publique

Ils interagissent de façon contre-intuitive, en contradiction

avec les préceptes de la doxa.

Ils sont à aborder sans préjugé.

NB : les diapos marquées d’un carré en haut à gauche et ce qui est écrit en italique peuvent être passés à la première lecture pour mieux suivre le fil de l’exposé.

4 of 122

La controverse sur le dépistage du cancer du sein est née en même temps que

la mammographie dans les années 60/70.

C’est une controverse à la vie dure, où s’opposent un a priori :

dépister une petite lésion est la garantie d’un bon pronostic et

une réalité clinique et épidémiologique bien différente.

Voilà plus d’un siècle qu’on prétend périodiquement avoir vaincu le cancer du

sein et que dans les faits,

on va d’échec en échec sans en tirer sur le fond la moindre leçon.

Nous allons reprendre l’historique des faits qui permettent de montrer que

le dépistage n’a atteint aucun de ses objectifs.

5 of 122

  • Emblématique de la maladie cancéreuse depuis des millénaires, le cancer du sein a été un cancer à « ciel ouvert » puis , avec la mammographie le diagnostic de lésions infracliniques est devenu possible.
  • Pourtant, ce cancer continue à défier tous les savoir-faire.

Ce qui paraissait intuitivement évident - un diagnostic plus précoce grâce à la

mammographie permet de sauver des vies - a été invalidé expérimentalement

par le dépistage.

  • Nous allons voir que la tumeur ne résume pas la maladie, elle n’est que le

témoin d’un processus pathologique et non son primum movens.

Le dépistage de masse met au premier plan le divorce entre l’affirmation d’un

succès et une réalité profondément délétère.

C’est le paradoxe que nous allons tenter d’élucider.

6 of 122

Une évolution douloureuse : la mythologie et les contes populaires témoignent d’une lutte de plusieurs siècles entre matriarcat et patriarcat.

Achille, malgré son émotion, tue Panthésilée .

Zeus chasse de l’Olympe les divinités féminines. La langue grecque à l’époque classique évolue : «maître» prend la signification d’époux,

« domptée » devient épouse.

Asclépios (Esculape) remplace sa mère Coronis, vue auparavant comme la mère

de la médecine.

Avant d’entrer dans le vif du sujet une remarque importante : ce cancer essentiellement féminin a été historiquement l’objet d’une agressivité étonnante.

La femme a été durant des millénaires au centre de l’activité humaine mais l’Antiquité est pour elle la descente aux enfers.

Quand la filiation devient patrilinéaire, la femme se retrouve enfermée dans le gynécée. Son utérus est sanctuarisé. Son corps est alors compartimenté, séquestré́ pour la reproduction. Le sein est perçu comme un organe détachable, sur lequel toutes les audaces techniques ont été́ permises jusque dans les années 1970/80.

7 of 122

Hippocrate (460-370 av JC) :

D’un côté, la révolution hippocratique :

La maladie n’est plus due à des forces surnaturelles. On observe et cherche dans le corps la cause des maux pour en déduire les traitements possibles.

Hippocrate met en garde sur ce qui peut paraître intuitivement évident.

Galien (129-216) et pendant les 14 siècles suivants :

De l’autre, une médecine née dans une société patriarcale

qui voit la femme ainsi :

…“de même que, de tous les animaux, l’homme est plus parfait, de même dans l’espèce humaine, l’homme est plus parfait que la femme. La femme n’est « qu’un mâle à l’envers » un réceptacle, un vase vide, le sperme retenu dans les testicules de la femme est pauvre et froid incapable d’engendrer. La femme est tout juste bonne à abriter la semence masculine, celle qui est réellement féconde. »

En même temps naît la médecine moderne : une médecine des Hommes,

par les hommes, pour les hommes.

8 of 122

"La femme ne peut prétendre à parcourir sérieusement la carrière médicale (…) qu'à la condition de cesser d'être femme : de par les lois physiologiques, la femme médecin est un être douteux, hermaphrodite ou sans sexe, en tout cas un monstre. Libre maintenant à celle que tentera cette distinction de chercher à l'acquérir. »

Lucas-Championnaire, Just, "article 9997" J. méd. chir. prat., n° de juin 1875. p. 241-242

« Pour être médecin il faut avoir une intelligence ouverte et prompte, une instruction solide et variée, un caractère sérieux et ferme, un grand sang-froid, un mélange de bonté et d'énergie, un empire complet sur toutes ses sensations, une vigueur morale, et au besoin, une force musculaire. (…) Ne sont-elles pas au contraire de la nature féminine. »

Richelot, G. La femme-médecin, Paris : E. Dentu, 1875, p.43 et suiv.

L’avis de Galien peut prêter à sourire. Malheureusement l’opinion de nos collègues

sur les femmes à la veille du XXème siècle n’a pas bougé d’un iota :

9 of 122

C’est dans ce contexte qu’en 1894 Halsted, un chirurgien nord américain de renom, prétend obtenir la guérison du cancer du sein grâce à une ablation élargie.

Les progrès de la chirurgie à la fin du XIXème siècle (asepsie, anesthésie…) permettent aux femmes de ne plus mourir sur la table d’opération. Cette avancée technique est prise à tort pour une victoire sur la maladie.

Halsted reprend le schéma classique d’une maladie d’organe à extension progressive, locorégionale puis générale.

Une petite tumeur correspond à un diagnostic précoce synonyme de maladie curable.

Tout retard de diagnostic porte préjudice à la patiente.

Le sein est l’organe idéal pour ce schéma : il est externe et non vital, ce qui paraît faciliter diagnostic et traitement.

Ainsi, pour Halsted, tout semble réuni pour vaincre le cancer du sein par la chirurgie élargie.

Pince hémostatique

gants

Prétendre vaincre le cancer du sein est une vieille histoire

10 of 122

Halsted pousse à l’extrême l’ablation du sein, incluant le plan pectoral, les chaînes

ganglionnaires axillaire, cervicale, para sternale, réalisant une véritable mutilation avec de lourdes séquelles thoraciques et parfois un gros bras invalidant.

Mais c’est le prix à payer pour guérir.

En 1894, William Halsted annonce trois récidives après 50 interventions, soit un taux remarquablement bas, de 6 % seulement.

Avec l’annonce d’Halsted débute dans les pays industrialisés la généralisation de la chirurgie radicale comme traitement du cancer du sein.

W. S. Halsted, The results of operations for the cure of cancer of the breast performed at the Johns Hopkins Hospital from June 1889 to January 1894. Ann Surg. 1894 Nov; 20(5:497-555).

11 of 122

Pour Halsted et pour la doxa encore aujourd’hui, leur conception de l’histoire

naturelle du cancer du sein est une doctrine qui s’impose et qui a

force de loi.

- Une lésion de petit volume signifie une lésion diagnostiquée précocement.

- Petit et précoce sont synonymes de curable.

- La progression de la maladie est inéluctable et linéaire dans le temps.

- Cellule atypique > carcinome in situ > cancer invasif > métastases > décès

par cancer.

- Le tout s’enchaîne mécaniquement par étapes successives.

12 of 122

Tout cela paraît tellement intuitif qu’on invente une histoire naturelle

de la maladie taillée sur mesure pour le dépistage :

Le temps moyen de “doublement” serait d’environ 100 jours, ce qui

signifierait qu’il faut 7 à 8 ans pour passer de la première cellule maligne à

une tumeur de 5 mm (20 duplications).

10 ans pour que la tumeur soit palpable.

La mammographie précèderait la clinique de 2 à 3 ans.

13 of 122

L’arrivée de la mammographie en France avec le sénographe F1 doit donner le coup de grâce au cancer du sein en permettant de le diagnostiquer à son tout début, quand il est curable, avant même qu’il soit palpable.

Il n ’y a plus qu’à … dépister !

Sénographe F1

1966

14 of 122

Le résultat attendu du dépistage est :

- une baisse drastique de la mortalité

- l’éradication des formes évoluées

- la diminution du nombre des mastectomies totales.

Grâce au dépistage, on ne doit plus mourir prématurément d’un cancer du sein.

Les effets pervers sont considérés comme marginaux, le surdiagnostic nié ou au plus vu

comme un épiphénomène sans intérêt compte-tenu des bénéfices attendus.

��

15 of 122

Ainsi, on déclare aux 11e journées de la Société Française de Sénologie à Tours en 1989 que toutes les conditions nécessaires au dépistage de masse du cancer du sein sont réunies :

a) Une forte prévalence de la maladie.

b) Une absence de prévention primaire connue.

c) Une phase suffisamment longue durant laquelle il est possible de

guérir la maladie.

d) Un traitement curatif qui n’altère pas la qualité de vie. 

e) Un test non iatrogène, spécifique et sensible avec de bonnes

valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN)

La VPP attendue devait être d’au moins 30 %.

f) Un test simple (un seul cliché sur chaque sein sans examen

clinique), moins coûteux et moins long que l’examen diagnostique traditionnel.  

16 of 122

- C’est sur ces bases que, dans sa 1ère version, le dépistage de masse du cancer du

sein est organisé en France dans les années 90.

Il consiste à l’époque en un tri par un test anonyme en population associé

à une réponse binaire ( + / - ), sans préjuger du diagnostic, l’examen de diagnostic

personnalisé n’intervenant que secondairement en cas de test positif.

Nous sommes bien dans le cadre d’une opération de santé publique classique

s’adressant à une population a priori bien portante.

- Par ailleurs deux études randomisées sont censées avoir prouvé

l’efficacité de ce test mammographique et validé ainsi le schéma halstedien

de l’histoire naturelle de la maladie.

17 of 122

Le HIP à New-York en 1963.

Les Deux Comtés : Suède, 1985, 1997.

Les résultats publiés sont identiques :

    • Baisse de la mortalité de 30% dans le groupe dépisté par rapport au groupe

témoin chez les femmes de plus de 50 ans.

- Le caractère randomisé de ces études leur confère un statut d’études fiables

Tout parait prêt pour se lancer dans une opération de santé publique à

grande échelle.

    • (Tabar, Reduction in mortality from breast cancer after mass sreening; Lancet 1985, 13; 1(8433)
    • Méta-analyse de Kerlikowske et al. 1995. JAMA ; 273 : 149-154.

18 of 122

Pourtant, avant même la mise en place du dépistage, des médecins sensibilisés à la pathologie�mammaire émettaient les plus grandes réserves sur l’intérêt d’un dépistage de masse.

Dès 1963 Charles Gros remarquait dans son livre « Les maladies du sein » :

« Le diagnostic utile, c’est-à-dire celui qui donne à la malade les plus grandes chances d’efficacité thérapeutique, n’est pas synonyme de diagnostic précoce : il n’y a pas un parallélisme rigoureux entre le diagnostic précoce dans le temps et précoce dans l’espace »

« Si cette technique (la mammographie) se généralise trop vite sous couvert de dépistage, les erreurs seront nombreuses. »

En 1994, le docteur Marie-Hélène Dilhuidy (Institut Bergonié, Bordeaux) pose la question : « Œuvre généreuse et salvatrice ou idéologie sanitaire à l’éthique perverse, le dépistage du cancer du sein est-il utile aux femmes ? »

En 1995, j’ai démissionné de mes fonctions de président du comité scientifique pour le dépistage dans le département pilote de l’Oise en constatant : « les femmes n’ont actuellement aucune garantie que le système soit efficace, pire, que les effets pervers ne soient pas supérieurs aux bénéfices…  »

19 of 122

Petit ne signifie pas précoce.

Volumineux n’exclut pas un diagnostic précoce.

Petit ne signifie pas obligatoirement bon pronostic.

Un cancer in situ peut être palpable.

En 40 ans, le délai entre deux dépistages n’a cessé de diminuer :

3 ans puis 2 ans en France et 1 an aux USA sans que les cancers

de l’intervalle soient maitrisés.

Schaffer P et col. Cancer du sein entre deux dépistages : l’intervalle de trois ans est-il trop long ?

Laboratoire d’Epidémiologie et de santé publique de la Faculté de Médecine de Strasbourg,1995.

De fait, l’observation clinique est incompatible avec le schéma halstédien d’une

histoire naturelle par étapes successives inéluctables avec une progression linéaire.

20 of 122

Petite image, stable durant 18 ans : CCIS

Quelques cas cliniques

21 of 122

2,5 cm

Les tumeurs avec expression clinique se révèlent le plus souvent brutalement, en quelques mois, quelques semaines, voire quelques jours. Cela a condamné la classification PEV (Poussées Evolutives) en 3 stades dont il ne reste que le caractère inflammatoire ou non de la tumeur. Exit le temps de doublement de la tumeur de moins de 6 mois qui condamnait la chirurgie première.

Ici on passe en 7 mois de l’absence d’opacité à une opacité de 2,5 cm correspondant à une tumeur palpable.

22 of 122

« petit » et de mauvais pronostic 

Métastases osseuses diffuses

23 of 122

gros et de bon pronostic

24 of 122

état local catastrophique sans métastase décelable après 11 ans d’évolution.

25 of 122

mars 1987

octobre 1988

octobre 1989

janvier 1998

Ici une évolution spontanée en contradiction avec le schéma « halstedien »

L’évolution n’est pas linéaire dans le temps, régression et poussée évolutive sont possibles.

La régression spontanée est considérée comme exceptionnelle. En réalité, ce qui est exceptionnel, c’est la possibilité de l’observer.

26 of 122

10 cm

Il n’y a pas forcément de parallélisme entre la taille de la tumeur palpable et sa traduction radiologique.

10 x 9 cm

5 mm

Fibroadénome calcifié

Ici une masse de 10 cm qui ne se traduit que par un foyer de microcalcifications de 5 mm

27 of 122

Certains cancers du sein n’ont pas de traduction radiologique.

Dans ce cas, la mammographie ne montre aucune image permettant d’identifier un cancer chez cette patiente porteuse de nombreuses métastases osseuses révélées par la scintigraphie.

La mammographie n’est qu’un simple cliché sans préparation de parties molles et la tomosynthèse n’y change rien .

La réduction du cancer à l’image radiologique ne rend pas compte de toute la réalité de la maladie.

« Les cancers occultes à la mammographie » JFR : 2002

Multiples métastases osseuses sur le rachis et le bassin.

Pas d’anomalie à la mammographie

G

D

28 of 122

Désorganisation d’architecture Rigidité

Épaississement de la base des crêtes fibreuses

L’opacité tumorale est non spécifique. Pour qu’elle soit visible il faut une réaction des tissus environnants qui détermine parfois un halo clair silhouettant l’opacité.

Microcalcifications

En effet, les cellules cancéreuses ne se

différencient pas des cellules normales en mammographie.

Ce sont essentiellement des signes indirects

liés à la réaction des tissus environnants qui font suspecter la malignité. La mammographie ne détecte que certains cancers.

29 of 122

Q sup ext

Union Q ext

Union Q inf

Notre perception de la maladie dépend étroitement de l’outil d’observation utilisé : on retrouve 20 % de lésions additionnelles avec l’IRM par rapport à la mammographie

On remarquera dans ce cas, deux localisations occultes à la mammographie dans un milieu pourtant radio transparent.

30 of 122

- Le couple sensibilité / spécificité de la mammographie est peu

performant, c’est pourquoi on a pratiquement abandonné la

surveillance au profit de la biopsie d’emblée.

- L’évolution de la classification ACR en est l’illustration :

on favorise le classement en ACR 4 (biopsie) au détriment de l’ACR 3 (surveillance)

avec pour corollaire une agressivité toujours plus grande.

- L’ACR 4 est devenu un véritable trou noir, on biopsie tout avec

en conséquence la multiplication des biopsies inutiles et du surdiagnostic.

Ces constatations cliniques et radiologiques, habituelles pour nous qui

faisions essentiellement de la sénologie, nous ont conduits à émettre les

plus grands doutes sur l’efficacité d’un dépistage de masse par mammographie

et à demander des études expérimentales préalables sur la base d’un volontariat

avec des femmes clairement informées.

Nous allons maintenant passer au crible les arguments de ceux qui ont fait

et font l’apologie du dépistage :

31 of 122

En 1894, William Halsted annonçait trois récidives seulement après 50

interventions.

Mais l’examen détaillé des interventions pratiquées jusqu’en mai

1892, pour lesquelles le recul était d’au moins 2 ans, montre

que 16 des 25 premières femmes opérées, soit 64 % avaient récidivé ou

étaient mortes.

Dès 1903 le chirurgien néerlandais Korteweg remettait en question la publication de

Halsted. Keynes faisait de même en 1929.

D’ailleurs Halsted lui-même avait constaté que 24 % des patientes sans

envahissement ganglionnaire qu’il avait opérées étaient malgré tout décédées.

[ Halsted WS. The results of operations for the cure of cancer of the breast performed at the Johns Hopkins Hospital From June 1889 to January 1894. Ann Surg. 1894 Nov; 20(5:497-555]

[ Barron.H.Lerner, Breast cancer wars, Oxford University Press, 2001.]

En y regardant de plus près !

32 of 122

Dans l’hypothèse « halstédienne » :

- la dissémination tumorale s’enchaîne mécaniquement

- donc le type d’intervention détermine le devenir de la patiente

- tout retard de diagnostic est dommageable.

Il faut attendre les années 1970/80 pour que Fisher et Veronesi

remettent en cause cette hypothèse par des études randomisées.

Ils avancent une hypothèse alternative :

- Il n’y a pas d’ordre dans la dissémination de la tumeur.

- Les variations de traitement n’affectent pas la survie.

Ils ouvrent ainsi la voie à la chirurgie conservatrice.

33 of 122

En 1980, après avoir montré que l’opération mutilante de Halsted n’était

pas plus efficace qu’une intervention plus limitée, Bernard Fisher conteste

le modèle linéaire de l’histoire naturelle du cancer.

Il affirme que l’examen ponctuel d’une tumeur n’est pas plus prédictif de

son devenir qu’un arrêt sur image de la suite d’un film.

Cette constatation contribue à invalider le schéma halstédien d’une

l’histoire naturelle évoluant mécaniquement par étapes successives

obligatoires.

On aurait dû alors et on devrait encore se poser la question :

Pourquoi une intervention aussi radicale est-elle un échec ?

Depuis plus d’un siècle, cette question est toujours occultée malgré les

différentes alertes.

La désescalade chirurgicale qui s’est imposée n’a pas remis en cause

le schéma halstédien. Il reste d’actualité et contribue toujours à

nous égarer.

34 of 122

Le bel échafaudage sur lequel s’est appuyé le dépistage comme opération de santé publique s’est écroulé tant sur le plan théorique que sur le plan pratique.��Des conditions nécessaires au dépistage définies en 1989 �seules la prévalence de la maladie et l’absence de prévention primaire étaient conformes à la réalité.

Tous les autres points étaient non fondés et ont été contredits par les faits :

c) Une phase suffisamment longue durant laquelle il est possible de guérir la maladie : faux

d) Un traitement curatif qui n’altère pas la qualité de vie : faux

e) Un test non iatrogène, spécifique et sensible avec de bonnes

valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN) : faux

La VPP n’a été que de 9 % quand la mammographie était utilisée comme test de dépistage et

de 16,9 % comme examen de diagnostic en situation de dépistage, loin des 30 % attendus.

f) Un test simple (un seul cliché sur chaque sein sans examen clinique, moins coûteux que

l’examen diagnostique traditionnel : faux (on est revenu à l’examen de diagnostic).

Ces constatations auraient dû interpeller sur la crédibilité des résultats de l’étude de New York et de l’étude suédoise des « Deux Comtés ».

35 of 122

Ainsi, la première version du dépistage a été un échec évident mais aucune

leçon n’a été tirée sur le fond, on ne s’est intéressé qu’à la forme en réduisant

l’échec à une simple insuffisance technique pour sombrer dans une fuite en

avant où les effets pervers vont aller crescendo.

Le test est devenu dans sa 2ème version une investigation diagnostique

personnalisée, intrusive d’emblée pour chaque femme.

L’objectif du dépistage a alors radicalement changé sans que cela soit dit.

On cherche maintenant à faire un diagnostic et éliminer un cancer du sein chez

une femme identifiée, asymptomatique mais considérée comme possiblement

atteinte et non plus à faire un tri dans une population de femmes anonymes a priori

bien portantes.

L’objectif de santé publique devient irréaliste et absurde parce que, dans l’état

actuel de nos connaissances, il est impossible aussi bien techniquement que

théoriquement d’affirmer l’absence d’un cancer du sein chez un individu.

Médicaliser des bien-portantes dans ce but est déraisonnable et conduit à des

effets délétères majeurs. C’est ouvrir la porte à une surmédicalisation insensée.

Une machine infernale a été installée dont les femmes sont toujours prisonnières

aujourd’hui.

36 of 122

Cette modification du dépistage est en fait un changement radical de nature :

à l’obligation de résultats pour les pouvoirs publics devrait s’ajouter, dans le

cadre d’un diagnostic personnalisé, une obligation de moyens pour le

radiologue, ce qui supposerait d’aller au-delà de la mammographie.

Obligation de moyens vis à vis de leurs patientes que les radiologues ont

abandonnée en renonçant au serment d’Hippocrate.

La confusion entre santé publique et médecine d’individu est totale.

Cette 2ème version du dépistage a abouti à une augmentation

considérable du nombre de cancers diagnostiqués, en particulier de cancers in

situ, qui ont été traités.

Mais sans que pour autant on ait observé ensuite une diminution du nombre

des cancers invasifs ou des cancers avancés.

”Is Carcinoma in situ a precursor lesion of invasive breast cancer ? Teresa T, C Wall, Cornelia J, Baines. B Miller. IJCancer : 135, 1646-1652 (2014)

37 of 122

��Rien dans les faits n’est venu confirmer la théorie qui a servi de base au dépistage.���Pourtant des études randomisées auraient montré une baisse de mortalité de 30 % dans les groupes dépistés. Qu’en est-il ?��� - Les résultats des différentes études randomisées n’étant pas � concordants, plusieurs méta analyses ont été faites.  �� - Leurs conclusions, également divergentes, ont conduit à s’interroger� sur la validité des procédures employées et sur les conséquence néfastes éventuelles de celles-ci.�����

38 of 122

Le Lancet en 2000, la Cochrane en 2001, 2009 et 2011, Prescrire en 2006 et 2007 remettent en question la réalité d’une baisse de mortalité de 30 %.

Ils constatent que la méthodologie des essais n’obéit pas à des critères de

qualité suffisants et qu’aucun essai concluant en faveur du dépistage n’atteint

un niveau de preuve acceptable quand on tient compte :

    • De la méthode de tirage au sort,
    • De la comparabilité des groupes,
    • Des exclusions en cours d’étude après randomisation
    • Du biais de classification des causes de décès en faveur des groupes dépistés

39 of 122

Parmi les 7 études randomisées de dépistage de grande envergure,

aucune n’est complètement satisfaisante par sa méthodologie :

      • 2 sont de qualité moyenne (Malmö et Canada)
      • 3 médiocres (Two-County, Stockholm et Göteborg)
      • 2 nulles (New-York HIP et Edinburgh).

      • Ce sont les études médiocres ou nulles comme celle de New York qui

ont conclu à l’efficacité observée sur le critère : décès par cancer du sein.

Conclusion du rapport du COCHRANE GROUPE, OLSEN 0 en 2001 :

“Il n’existe aucune preuve sûre que le dépistage du cancer du

sein diminue la mortalité.”

40 of 122

Pour les 3 essais les plus fiables ayant fait l’objet d’un audit, il n’y a pas de différence significative de mortalité par cancer du sein après 7 ans selon que le groupe est invité ou non au dépistage par mammographie

(Ces résultats sont confirmés à 25 ans)

Etude et référence Invitation à une mammographie

oui non

Malmö [Andersson I, BMJ 1988] 44 38

Canada I [Miller AB, CMAJ 1992] 38* 28

Canada II [Miller AB, CMAJ 1992] 38 39

Total, 7 ans 120 105

Soit 15 décès par cancer du sein de plus dans le groupe dépisté

Malmö : n = 42283 ; Canada I : n= 50430 ; Canada II : n= 39405

* Un audit a confirmé ces résultats : pas de biais [Bailar JC CMAJ 1997]

41 of 122

Les doutes sur l’étude de référence des Deux Comtés sont confirmés.

Results of the Two-County trial of mammography screening are not compatible

with contemporaneous official breast cancer statistics in Sweden .

ZAHL PH et coll Dan. Med. Bull. 2006 ; 53 : 438-40.

Zahl et coll montrent que les résultats publiés concernant l’essai des Deux Comtés sont incompatibles avec les données du fichier national suédois :

« Par rapport aux statistiques officielles suédoises, nous avons constaté que 192 cas de cancer du sein et 43 décès par cancer du sein semblent ne pas figurer dans la publication principale de l’essai de Deux-Comtés ». « En 1992, Tabar et ses collègues ont signalé 465 décès par cancer du sein dans le groupe d’âge des 40 à 74 ans, soit 16 de moins que le nombre indiqué dans l’aperçu des essais suédois » etc.

Catherine Riva et coll font état en 2012 dans le The Lancet des liens d’intérêts de László Tabár, instigateur et investigateur des essais suédois.

The Lancet, 25 – 11- 2006 : « What is publication ? »

à propos de la censure des preuves de Zahl dans l’European Journal of Cancer.

Catherine Riva, Jérôme Biollaz, Philippe Foucras, Bernard Junod, Philippe Nicot, Jean-Pierre Spinosa, Effect of population-based screening on breast cancer mortality – Correspondence, The Lancet, Volume 379, Issue 9823, Page 1296, 7 April 2012.

Autier P, Boniol M, Smans M, Sullivan R, Boyle P. Observed and predicted risk of breast cancer death in randomized trials on breast cancer screening. PLOS One, 2016 April.

42 of 122

La revue « Prescrire » : mars, avril, mai 2006

a analysé 10 essais randomisés, concernant 400 000 femmes. Il est retrouvé un faible niveau de preuves, des conceptions critiquables, de l’imprécision….

Les conclusions :

- l’effet estimé du dépistage sur la mortalité totale varie d’une baisse de 1 % à une

augmentation de 3 %.

- l’effet sur la mortalité par cancer du sein est non démontré.

- les diagnostics en excès (surdiagnostic) varient de 30 à 50 %

- les cancers de l’intervalle représentent 1/3 des cas.

- les traitements agressifs sont en augmentation !

43 of 122

LA META ANALYSE COCHRANE réalisée en octobre 2009 (1)

sur 7 essais randomisés, concernant 600 000 femmes, montre qu’

il faut inclure l’ensemble des essais, y compris ceux dont les biais en faveur

du dépistage sont évidents, pour estimer un gain de mortalité de 15 %.

Cela signifie que le dépistage de 2000 femmes pendant 10 ans est nécessaire

pour sauver une seule d’entre elles, de mort par cancer du sein, soit un effet de 0,05 %.

pour les 3 essais les plus fiables :

- pas d’effet sur la mortalité toute cause à 13 ans

- pas d’effet sur la mortalité par cancer à 10 ans

- pas d’effet sur la mortalité spécifique après 25 ans (2)

(Tumorectomies, mastectomies et radiothérapie plus nombreuses dans les groupes

dépistés)

(1) GOTZSCHE PC NIELSEN M Screening with mammography (Review) Cochrane 7 octobre 2009 issue 4

(2) Miller A. B., Wall C., C. J. Baines, P. Sun, To T & Narod S. A ,Twenty five year follow-up for breast cancer incidence and mortality of the Canadian National Breast Screening Study: randomised screening trial,., BMJ 2014;348:g366 doi: 10.1136/bmj.g366

44 of 122

Dans la vraie vie aucun des objectifs

du dépistage n’a été atteint.

45 of 122

Evolution de la mortalité par cancer du sein en France :

1954 -------------------- 5 008 décès (Données INSERM – Causes de mortalité en France)

1960 5 912 décès

1965 6 724 décès

1970 7 116 décès

1975 8 151 décès

1980 8 362 décès

1985 9 313 décès

1990 ------------------- 10 173 décès

1992 10 435 décès

1995 10 789 décès

2000 ------------------ - 11 637 décès

2005 -------------------- 11 201 décès

2006 --------------------- 11 441 décès

2011 -------------------- 11 500 décès

2012 -------------------- 11 886 décès

2015 -------------------- 11 913 décès

Les résultats bruts indiquent clairement qu’il n’y a pas de grands bouleversements induits par le dépistage dans la mortalité par cancer du sein.

1) Il n’y a pas eu de baisse drastique de la mortalité

46 of 122

Taux standardisé de mortalité des cancers du sein en France :

Taux bruts Taux standardisés

 

Année Europe Monde

1950 20,02 18,62 13,02

1955 22,67 20,76 14,57

1960 25,13 23 16,08

1970 27,39 24,92 17,48

1980 30,33 26,58 18,67

1990 34,94 28,84 20,14

1993 36,14 29,17 20,37

2000 36,05 27 18,80

2005 36,17 25,52 17,67

2006 36,31 25,41 17,61

2010 36,2 23,35 16,06

2012 35,52 22,11 15,15

2015 36,88 21,86 14,88

Les taux bruts ne suffisent pas : après correction des effets du vieillissement et de la démographie,

les taux standardisés confirment l’absence de bouleversement lié au dépistage.

Ils montrent que la mortalité en 2006 est supérieure à celle observée dans les années 1970 et que

si la mortalité a baissé à partir de 1993, les taux de mortalité aujourd’hui restent supérieurs à ceux

de 1950.

On peut argumenter sur la qualité des prises de données des années 50 mais à partir des années 70 le recueil des données est identique à celui d’aujourd’hui.

Par ailleurs, le choix du standard induit de larges variations des chiffres publiés car il est

réalisé à partir d’une population extrapolée, dite mondiale ou européenne, dont la structure par âge pondère massivement les classes jeunes.

(Hill C, Doyon F, Mousannif A. Évolution de la mortalité par cancer en France de 1950 à 2006. Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire, mai 2009, 272 p. Disponible sur :www.invs.sante.fr) (1) K. Jehannin-Ligier etc Invs

47 of 122

Ces résultats interpellent :

Pourquoi la mortalité augmente-t-elle jusqu’en 1993 malgré une

réduction de la taille des tumeurs au moment du diagnostic ?

Quel a été l’impact de la chimiothérapie durant cette période ?

Par ailleurs, pourquoi le recul de la mortalité par cancer du sein

est-il beaucoup moins marqué que le recul global de mortalité

toutes causes confondues, et ce bien qu’on ait fait du

cancer du sein une priorité de santé publique avec le dépistage

et qu’on lui ait consacré plus de moyens qu’à d’autres pathologies ?

La France, où l’on fait proportionnellement 4 fois plus de

mammographies qu’en Angleterre, obtient un résultat sur la baisse de

mortalité par cancer du sein bien moins bon et l’un des plus mauvais

avec la Suède en Europe occidentale.

48 of 122

Entre 1980 et 2005 :

Peu d’évolution du risque de décès par cancer du sein

en 1980, 1 sur 1852 ; en 2005, 1 sur 1884 ; soit une baisse globale de 2 %.

Entre 2004 et 2007 :

Réduction plus marquée des taux de mortalité par cancer du sein, de 2,7 décès pour 100 000 femmes suivies pendant 4 ans, soit une réduction de 1% du taux annuel.

(dans la même période, diminution des taux de mortalité générale de 1,5% du taux annuel).

En effet, la mortalité générale a beaucoup baissé :

1/63 personnes en 1980 pour 1/103 en 2005,

soit une réduction sur la période de 39 %.

Evolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France de 1980 à 2005. Estimations à partir des données des registres du réseau FRANCIM et CepiDCIM. IVS. Janv 2008.

    • Cépidic INSERM

La baisse de mortalité par cancer du sein est très modeste par rapport à celle de la mortalité toute cause dans la population générale.

49 of 122

  • La médecine a un rôle marginal dans l’espérance de vie d’une population : les facteurs médicaux constituent moins de 20 % des facteurs déterminant la

mortalité. (1)

 

  • le cumul des quatre facteurs de risque que sont le tabac, l’alcool, le manque de fruits et légumes et le manque d’exercice physique, multiplie le risque de décès par 4,4 ; le cumul de trois facteurs par 2,5 ; de deux facteurs par près de 2, et un facteur par 1,4.

  • La participation au dépistage sélectionne une population qui, par sa condition sociale, son environnement, est moins exposée aux cancers en général. Une étude menée en Colombie Britannique montre que le risque de décès par cancer autre que le cancer du sein est inférieur de 26 % chez les femmes qui se présentent au dépistage comparativement aux femmes qui ne participent pas. (2)

(1) Béraud C. Le dépistage du cancer du sein, un exemple de la nécessaire, mais difficile complémentarité entre la médecine et la

santé publique. Gynécologie. Avril 1996 ; 5(4) : 102-107.

Prof Claude Béraud, « Trop de médecine, trop peu de soins » p 310 ; Ed Thierry Souccar.

(2) PHillips n, Coldman a. Comparison of non breast cancer incidence, survival and mortality between breast screening program

participants and nonparticipants. The International Journal of Cancer. 2008 Jan 1;122(1):197- 201.

50 of 122

��Quel est le rôle du dépistage dans la baisse de mortalité observée par cancer du sein ?��Une étude danoise donne la réponse

  • L’étude a repris tous les cas de décès par cancer du sein de 1971 à 2006, classés par année, par région et par tranches d’âge de 5 ans (données corrélées à la population féminine totale).

  • Il a été tenu compte des cancers du sein survenus chez des femmes exclues du dépistage : les femmes de 35 à 54 ans et de 75 ans et plus.

  • La mortalité a été observée durant les 10 ans où le dépistage a pu avoir un effet.

Karsten Juhl Jorgensen, Per-Henrik Zahl, Gotzsche ; Breast cancer mortality in organised mammography screnning in Danemark : comparative study. BMJ 2010 ; 340 : c1241.

51 of 122

Résultats :

  • La mortalité par cancer du sein des femmes de 55-74 ans a été réduite de 1 % dans les

zones où le dépistage existait.

  • Réduction de 2% dans les zones où le dépistage n’existait pas.

  • Réduction de 5 % chez les femmes de 35 à 54 ans là où le dépistage existait et de 6 %

dans les zones où il n’existait pas.

  • Pas de modification de mortalité chez les femmes de plus de 75 ans.

  • La réduction de mortalité enregistrée au Danemark n’est pas liée au dépistage.

Voir également : Effet of screening Mammography on breast cancer mortality in Norway. Mette Kalager et al. New England

journal of Medecine sept 2010, vol 363

Philippe Autier , , Mathieu Boniol Mammography screening: A major issue in medicine

European Journal of Cancer Volume 90, February 2018, Pages 34–62

52 of 122

De très nombreuses autres études confirment l’absence de lien entre l’activité mammographique et la baisse de mortalité par cancer du sein : ��

- Norvège (Kalager, NEJM 2010) régions avec / sans dépistage

- Danemark (Jorgensen, BMJ 2010) régions avec / sans dépistage

- Europe (Autier, BMJ 2011) trois paires de pays avec / sans dépistage

- France (Junod, BMC Cancer 2011) avant / après dépistage

P. Autier confiait au Monde fin octobre 2011 :

« Quand j’ai commencé à travailler sur ce sujet, j’étais convaincu que le

dépistage était efficace. Mais, manifestement, il y a un décalage entre les

résultats des essais et ce qui est observé dans les populations. »

Autier P, et al. Disparities in breast cancer mortality trends betwen 30 European countries : Retrospective trend analysis of WHO mortality database. BMJ 2010; 341:c3620 doi:10.1136.

Pizot C. Overview of breast cancer mortality trends in the world. San Antonio Breast Cancer Symposium. Dec 6-10, 2016. Abstract number: P5-08-04. San Antonio, Texas, USA.Dec 6-10, 2016. 

53 of 122

 

- Une étude réalisée aux Etats Unis par une équipe de l’université Harvard à Cambridge auprès de seize millions de femmes suivies pendant dix ans entre 2000 et 2010 dans 547 comtés montre que l’extension du dépistage ne s’est pas accompagnée d’une baisse de la mortalité spécifique.

Harding C et coll. Breast Cancer Screening, Incidence, and Mortality Across US Counties.JAMA Intern Med. 2015 Sep ; 175 9: 1483-9. Published online July 06, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2015.3043

- En Norvège, H Srovring publie en 2018 une étude de cohortes à haut niveau de preuves.

Deux populations, l'une éligible au dépistage et l’autre pas, issues de la même communauté d’âge sont suivies sur plusieurs années. Les décès qui surviennent avec le temps dans chacune des populations sont comptabilisés.

Il est constaté que le dépistage par mammographie n’est pas associé à une réduction plus importante de la mortalité par cancer du sein chez les femmes éligibles au dépistage comparées aux femmes non éligibles.

Mette H Moller, Mette Lise Lousdal, Ivar S. Kristiansen, H. Srovring ; Effect of organised mammography screening on breast cancer mortality: A population‐based cohort study in Norway https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/ijc.31832 publication du 25/08/2018

54 of 122

L’échec du dépistage sur la mortalité n’est pas une surprise. � Depuis plus d’un demi siècle, la lutte contre le cancer du sein a pour priorité la recherche d’un diagnostic précoce assimilé à une image de petite taille.

Avant le dépistage, des années 60 à 80, l’introduction de la mammographie

a permis de dire que nous étions passés au moment du diagnostic :

de la prune au noyau”.

Pourtant, le taux de mortalité n’a jamais cessé d’augmenter.

(alors que par ailleurs l’utilisation de la chimiothérapie progressait fortement.)

Ancrés dans nos certitudes, nous avons poursuivi dans cette voie sans faire

de bilan.

La notion de diagnostic précoce lié à la taille est inadaptée pour le cancer du

sein, tout comme l’est la relation entre le pronostic et la taille. (1)

(1) Sparano, J. A., Gray, R. J., Makower, D. F., Pritchard, K. I., Albain, K. S., Hayes, D. F., … & Zujewski, J. (2015).

Prospective validation of a 21-gene expression assay in breast cancer. New England Journal of Medicine, 373(21)

2005-2014.

55 of 122

- La notion de précocité du diagnostic suppose que l’évolution de la maladie soit

linéaire dans le temps et proportionnelle à la croissance tumorale et que l’on sache

quand débute la maladie (ce qui n’est pas le cas).

- Le pronostic paraît d’autant plus favorable que la tumeur est petite.

Cette affirmation a semblé se confirmer avec le dépistage.

On a bien observé une augmentation du diagnostic des tumeurs de moins de 2 cm

mais au prix d’une formidable augmentation de l’incidence sans que pour autant

soit retrouvée une baisse de mortalité liée à ce dépistage.

- Le lien statistique constaté entre un petit volume tumoral et un bon pronostic

n’implique pas un lien de causalité.

- Dans l’espèce humaine, la taille du pied et le développement des capacités

cognitives évoluent parallèlement de la naissance à l’âge adulte, sans

que l’intelligence dépende de la taille du pied.

56 of 122

  • Du lien constaté entre la taille de la tumeur et le pronostic on a déduit

abusivement une corrélation entre petite taille tumorale, précocité du

diagnostic et meilleur pronostic, sous prétexte qu’une lésion a été petite

avant d’être grosse.

- La corrélation apparente entre la taille tumorale et le pronostic tient

essentiellement au surdiagnostic, il n’y a pas de corrélation simple entre

la taille, le temps et le pronostic (lui-même mal mesuré par la survie).

- Le volume tumoral est un symptôme qui ne résume pas la maladie.

57 of 122

L’analyse superficielle lie le pronostic à la taille tumorale et la taille

au temps d’évolution.

Or la taille ne dépend pas que du temps d’évolution, elle dépend

surtout des interactions hôte-tumeur.

La tumeur dans l’organe n’est qu’un reflet très partiel de la

maladie si on la considère à l’échelle du corps entier.

C’est ce qui explique des constatations parfois déconcertantes :

- des métastases avec une petite tumeur du sein ou même sans

tumeur retrouvée

- de grosses tumeurs qui se manifestent cliniquement en quelques

jours,

- des tumeurs qui régressent spontanément.

Il n’y a pas d’exception qui confirme la règle, l’exception ici prouve

simplement que la règle est caduque et qu’il faut en changer.

58 of 122

Aux Pays-Bas, à partir de 1988, le programme national de dépistage du cancer du sein a invité les femmes de 50 à 75 ans à subir un dépistage mammographique bisannuel. 

La participation au dépistage des femmes a toujours été d'environ 80%

Malgré cette participation élevée au dépistage pendant 23 ans, l'incidence des cancers du sein de stade II-IV n'a pas changé au fil du temps chez les femmes de 50 ans et plus, elle est passée :

de 168 pour 100 000 en 1989 à 166 pour 100 000 en 2012. 

 

Philippe Autier, Magali Boniol, Alice Koechlin, C. Pizot, Mathieu Boniol, Effectiveness of and overdiagnosis from mammography screening in the Netherlands: population based study,

BMJ 2017;359:j5224

Pas plus qu’il ne fait baisser la mortalité,

2) le dépistage ne diminue le nombre des formes évoluées.

59 of 122

Le dépistage ne diminue pas le nombre des formes évoluées

Bernard Junod http://www.formindep.org/Effets-indesirables-mortels-et.html

Autier P., Koechlin A., Smans M., Vatten L. & Boniol M.,Mammography Screening and Breast Cancer Mortality in Sweden,

J Natl Cancer Inst Vol 104, pp. 1080-1093, 2012.

 http://annals.org/aim/fullarticle/2596394/breast-cancer-screening-denmark-cohort-study-tumor-size-overdiagnosis

Un travail de Bernard Junod montre qu’entre 1990 et 2008 dans 4 départements français (Loire Atlantique, Isère,Tarn, Hérault) l’incidence des stades précoces augmente toujours, alors que l’incidence des stades avancés ne diminue pas pour autant.

60 of 122

3) Le dépistage ne diminue pas le nombre de mastectomies totales

On note depuis les années 2000 une réduction des indications de mastectomie

totale avec l’élargissement du traitement conservateur à des tumeurs plus

volumineuses grâce aux chimiothérapies néo-adjuvantes, (éventuellement à la

bifocalité, etc.)

Pourtant leur nombre ne diminue pas avec le dépistage.

Les 90 % de cancers diagnostiqués au stade “précoce” qui font la satisfaction des

défenseurs du dépistage n’ont pas permis de réduire l’agressivité thérapeutique.

61 of 122

  • Pendant les années 2013-17, ont été réalisées en moyenne 19.966 mastectomies totales par an, contre 18.351 annuelles au cours des quatre années ayant précédé la généralisation du dépistage organisé (2000-2003), soit une hausse de 8,8%.
  • Dans le même temps, le nombre de cancers du sein diagnostiqués chaque année a augmenté. Mais, l’augmentation d’incidence étant prise en compte force est de constater qu’en 2012 on effectue toujours 4 mastectomies totales pour 10 nouveaux cancers, comme en l’an 2000. (1)

  • La diminution de la part des mastectomies totales n’est pas due à une réduction du nombre absolu des mastectomies totales mais à une augmentation des mastectomies partielles plus importante que celle des mastectomies totales.

  • Ainsi, le nombre de mastectomies totales n’a jamais régressé, son pourcentage est simplement noyé progressivement par l’augmentation des mastectomies partielles liées au surdiagnostic. �
  • On ne peut parler d’allègement thérapeutique.

Robert v, Doubovetzky J et al. Le dépistage organisé permet-il réellement d’alléger le traitement chirurgical des cancers du sein ? Médecine. octobre 2017 ; 13 (1).

62 of 122

« Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion ».

Paul Valéry

La propagande trompe

délibérément en introduisant la confusion entre prévention primaire et secondaire

Rien ne justifie plus cette opération de santé publique.

Par contre, la désinformation est omniprésente pour mobiliser une population mise sous tutelle.

63 of 122

Comment en est-on arrivé à cette mascarade médiatique et à une telle désinformation ?

Le mois national de sensibilisation au cancer au sein a été initié par Zeneca Group aux USA en 1985 (Imperial Chemical Industries) : un fabricant de médicaments contre le cancer du sein qui a contribué à promouvoir l’adoption généralisée de la mammographie.

En France, à l'initiative du groupe Estée Lauder et du magazine Marie-Claire, est lancée en 1994 la première campagne, à laquelle laboratoires pharmaceutiques et lobbies vont se joindre.

64 of 122

- L’information déséquilibrée concernant le dépistage du cancer du sein a pour

conséquences des idées erronées sur ses effets.

Une étude portant sur des femmes américaines et européennes a montré que :

68 % d’entre elles croyaient que le dépistage réduisait leur risque d’être atteintes,

62 % que le dépistage réduisait au moins de moitié la mortalité

75 % que 10 ans de dépistage sauvaient 10 participantes sur 1000

(une surestimation de 20 fois dans le meilleur des cas).

- Une autre étude a montré que seules 8 % des femmes interrogées étaient

conscientes que la participation au dépistage pouvait nuire à des femmes en bonne

santé, le surdiagnostic étant le plus souvent occulté.

- Il y a conflit d’intérêts quand ceux qui sont chargés de fournir l’information sont

les initiateurs et les responsables du succès du programme de dépistage.

Catherine Riva Octobre 2014.

http://www.sept.info/un-quart-de-siecle-de-desinformation/

http://www.sept.info/depistage-du-cancer-du-sein-les-liaisons-dangereuses/.

https://www.cancer-rose.fr

65 of 122

N. Biller-Andorno, P. Juni, Abolishing mammography screening programs? A view from the Swiss Medical Board. N Engl J Med, 370

Dire que le risque de mourir d’un cancer du sein baisse de 20 % chez les femmes dépistées par rapport aux non dépistées ne veut pas dire qu’une femme sur 5 aura un bénéfice à se faire dépister. L’information quant au bénéfice réel que la femme va tirer du dépistage n’a de sens qu’après conversion de la variation du risque relatif en variation du risque absolu de mourir d’un cancer du sein en l’absence de dépistage.

Tout est mis en œuvre pour manipuler l’opinion

Quel est donc alors dans le meilleur des cas le bénéfice pour une femme de se faire dépister ? Sur les 1000 femmes qui se feront dépister, 1 seule sera sauvée ( 5 décès – 4 décès).

Si on l’exprime en pourcentage, cela donne donc 1/1000 soit 0.1% (moins alléchant que 20 % !)

66 of 122

Par ailleurs, tenir compte de la seule mortalité spécifique par cancer du sein pour

juger de l’efficacité d’un dépistage de masse est insuffisant.

Seule l’étude de la mortalité globale entre groupe dépisté et non dépisté

permettrait d’inclure tous les effets néfastes, attendus et inattendus, du dépistage.

Cette donnée élémentaire est d’autant plus importante que l’on suspecte l’opération

de santé publique d’avoir des effets secondaires inacceptables alors que les

autorités politiques et sanitaires la généralisent et veulent l’imposer.

Ainsi, même si le dépistage réduisait effectivement la mortalité par cancer du sein,

on pourrait n’en retrouver aucun impact significatif sur la mortalité globale  parce que

la réduction de la mortalité spécifique peut être compensée partiellement ou

totalement par les effets pervers du dépistage en aval et qui sont dans le cas du

cancer du sein évidents. (en particulier par la nature des soins prescrits en

cancérologie)

Vinay Prasad, Jeanne Lenzer, David H. Newman. Pourquoi n'a-t-il jamais été démontré que le dépistage du cancer «sauvait des vies» - et ce que nous pouvons faire à ce sujet . BMJ ,

Screening for breast cancer with mammography By Peter / May 3, 2023 : https://www.scientificfreedom.dk/2023/05/03/screening-for-breast-cancer-with-mammography/

67 of 122

Diagnostics par année

Décès par année

1990

2000

1995

308 mammographes 1980

2511 mammographes en 2000

Année

1985

1980

10000

20000

30000

40000

Nombre de cas ou décès par an

Source des nombres de diagnostics : Remontet et al 2003 - Source des nombres de décès : CépiDC – INSERM 2004

2588 décès de plus

en 2000 qu’en 1980

20634 cas annuels de plus en 2000 qu’en 1980

Succès d’une opération de santé publique ou catastrophe sanitaire provoquée ?

Non seulement le dépistage n’atteint pas ses objectifs mais encore il s’accompagne

d’une explosion de l’incidence des cancers du sein.

350 000 mammo en 1982

3 millions de mammo en 2000

1 900 000 en 1989

2005 : 49 814

contrastant avec une mortalité quasi stable

INCIDENCE X 2,3

68 of 122

Devant l’explosion de l’incidence et la relative stabilité de la mortalité, deux hypothèses :

Succès du dépistage face à une formidable épidémie de cancers du sein

ou

Surdiagnostic massif causé par une activité injustifiée sur une population de bien portantes.

69 of 122

- En 1980 en France : 1 femme sur 665 âgée de 35 à 84 ans a eu un cancer du sein.

- En 2005 en France : 1 femme sur 372,

(300 000 cas supplémentaires sur 25 ans.)

Le dépistage est corrélé à une explosion du nombre annuel de cancers du sein

70 of 122

1 ere hypothèse : l’épidémie

Si cet accroissement continu et spectaculaire des nouveaux diagnostics annuels

correspondait à une épidémie de cancers à évolution létale, il faudrait alors que

la réduction de mortalité grâce au dépistage soit considérable.

Ni les résultats les plus optimistes des essais contrôlés concernant la réduction de

mortalité ni les progrès thérapeutiques durant cette période ne peuvent soutenir

cette hypothèse.

2 eme hypothèse : le surdiagnostic

Cette hypothèse est étayée par une convergence de constatations

épidémiologiques, anatomopathologiques en population, jamais démenties

au cours du temps.

71 of 122

Le surdiagnostic correspond à des cancers « en excès » qui sont d’autant plus nombreux que le dépistage est plus intense.

Exemple (Oslo 2006) : le taux cumulé de cancers est de 22 % plus élevé dans le groupe dépisté tous les deux ans par rapport à un groupe dépisté une fois au bout de 6 ans.

Un intrus est bel et bien venu squatter le dépistage : le surdiagnostic

72 of 122

En Norvège, on dispose d’un suivi individuel précis de chaque

femme. On sait à quelle fréquence chacune a été examinée par

mammographie.

En comparant celles examinées à intervalle régulier aux autres,

on constate que la mortalité par cancer du sein cumulée sur plusieurs

années est la même dans les deux groupes.

Par contre, le nombre de diagnostics

de cancer est d’autant plus élevé que

les femmes ont eu plus souvent

une mammographie de dépistage.

Les preuves de la réalité du surdiagnostic

La réalité du surdiagnostic n’est mise en évidence que par l’épidémiologie qui compare

des populations soumises à un dépistage d’intensité variable.

73 of 122

Ces résultats sont confortés par les études autopsiques :

Sur 110 autopsies systématiques

l’étude de Nielsen, Danemark, 1987

retrouve à l’examen anapath des seins de femmes âgées de 20 à 54 ans sans antécédent

de pathologie mammaire une fréquence très surprenante de lésions malignes :

20 % de lésions malignes dont 2% d’invasives,

7 % d’ hyperplasie atypique,

37 % de cancers du sein entre 40 et 54 ans,

39 % de cancers du sein entre 40 et 49 ans.

Nielsen M, Jensen J, Andersen J. Precancerous and Cancerous Breast Lesions During Lifetime and at Autopsy. A Study of 83 Women. Cancer 1984 ; 54 : 612-615.

Nielsen M, Thomsen JL, Primdahls et al. Breast cancer and atypia among young and middle-aged women : a study of 110 medicolegal autopsies. Br J Cancer 1987 ; 56 : 814-819.

74 of 122

D’autres études autopsiques publiées entre 1984 et 1987 confirment ces résultats

686 femmes décédées d’une autre cause qu’un cancer du sein ont été autopsiées.

22 cancers invasifs ont été retrouvés, soit 32 pour mille, c’est-à-dire quatre fois plus que le taux calculé à partir des cas diagnostiqués dans la pratique clinique pendant la même période.

Le réservoir des diagnostics histologiques de cancer est immense.

Plus on cherche, plus on trouve.

Welch HG et coll "Surdiagnostic, rendre les gens malades dans la quête de la santé », Beacon Press, Boston

2011 ; Prix Prescrire 2012

75 of 122

- L’hypothèse d’une majoration du surdiagnostic liée au dépistage n’a pas de contre

argument objectif.

Une bonne partie de l’augmentation apparente de l’incidence est essentiellement due au

surdiagnostic, même si des facteurs environnementaux interviennent également.

- Les toxiques mutagènes, les perturbateurs endocriniens, les traitements comme le THS,

l’obésité, l’alcool et la pollution atmosphérique induisent une augmentation des lésions

tumorales et contribuent à la constitution d’un réservoir de cancers, en particulier du sein.

Parmi ces lésions toutes ne seront pas des cancers maladies mortelles mais elles

déterminent depuis des décennies une croissance progressive de l’incidence.

- Par contre, lors de l’introduction du dépistage, se produit une cassure immédiate de

la courbe d’incidence avec une envolée de cancers qui n’est pas liée uniquement au

pic de prévalence attendu lors de son introduction car l’augmentation d’incidence perdure

dans le temps, c’est précisément ce qui caractérise le surdiagnostic.

- Ce sont l’amplitude et la dynamique du phénomène « surdiagnostic » lié au dépistage qui

font son importance et son originalité.

76 of 122

Voici un tableau avec les différences d’évolution de l’incidence et de la mortalité

pour 3 cancers selon qu’ils sont dépistés ou non.

Pour le cancer du poumon, qui n’est pas dépisté, le nombre de morts suit le nombre de diagnostics. Pour les deux cancers dépistés (sein et prostate) apparaît un phénomène de ciseaux entre l’augmentation du nombre de diagnostics et la quasi stabilité de la mortalité.

77 of 122

Comment définir le surdiagnostic ?

Le surdiagnostic est le diagnostic histologique d’une “maladie” qui, si elle était

restée inconnue, n’aurait jamais entraîné d’inconvénients durant la vie de la

patiente.

Dans le contexte de nos connaissances actuelles, ce n’est pas une erreur de

diagnostic, c’est un diagnostic correct mais sans utilité pour la patiente.

Le cancer surdiagnostiqué est un vrai cancer au regard de notre définition actuelle

de la maladie, basée uniquement sur l’histologie de la tumeur épithéliale.

Mais son évolution est atypique ou occulte par rapport au schéma attendu.

C’est une définition encore trop vague, un concept mal compris, aux conséquences

redoutables pour les femmes et pour les bases théoriques de la cancérologie.

78 of 122

problème !

Le surdiagnostic n’est identifiable ni par le radiologue ni par le soignant

ni par l’anapath ni par la patiente.

Pour eux, il n’y a que des diagnostics.

Le surdiagnostic lié au dépistage pénalise dans le contexte actuel

l’individu à l’insu de tous.

79 of 122

Origine du surdiagnostic

Le dépistage de masse ou individuel n’est pas la cause unique du surdiagnostic

(celui-ci est aussi étroitement lié au niveau de tolérance des médecins et des

femmes vis-à-vis de leur corps) mais il le catalyse et fait exploser l’incidence des

cancers surdiagnostiqués.

Le surdiagnostic est à la fois le produit et la condamnation de la définition de la

maladie cancéreuse réduite à la simple histologie.

Le surdiagnostic des cancers du sein est la manifestation concrète de

deux erreurs qui se potentialisent :

- d’une part, la recherche par le dépistage d’images radiologiques et histologiques insuffisamment spécifiques dans le cadre d’une opération

de santé publique,

- d’autre part une théorie où l’histoire naturelle de la maladie serait linéaire, par étapes successives obligatoires.

80 of 122

1 ère erreur :

La validité de l’examen histologique est bonne pour confirmer ou non une

suspicion de maladie cancéreuse fondée sur la dynamique de symptômes,

alors qu’elle est mauvaise quand la suspicion résulte de tests de dépistage.

Pour faire le diagnostic d’un cancer évolutif létal, l’examen ana path est à la fois

nécessaire et insuffisant.

A un véritable cancer, qui évolue avec des métastases mortelles, correspond un diagnostic

ana path positif, mais à un diagnostic ana path positif peuvent correspondre des altérations

de cellules qui n’évoluent pas en cancer mortel dans des délais prévisibles voire régressent.

2 ème erreur :

continuer à s’appuyer sur une théorie de l’histoire naturelle de la maladie

incompatible aussi bien avec l’observation clinique que les résultats des études

épidémiologiques et autopsiques.

81 of 122

Une quantification du surdiagnostic attribuable au dépistage par mammographie�� a été réalisée grâce à une méta analyse à partir des données collectées par les�� 5 programmes de dépistage organisé les mieux documentés.

L’ étude de l’incidence du cancer du sein a été réalisée avant et après introduction

du dépistage.

Les données ont été recueillies sur des périodes d’au moins 7 ans avant et 7 ans

après la mise en place du dépistage pour que l’estimation ne soit pas faussée par

le pic de prévalence à l’introduction du dépistage.

Ont été inclus des groupes d’âge dépistés et non dépistés.

K.J Jorgensen et al, BMJ ; 339 : b2587 (10-07-09)

Que représente concrètement le surdiagnostic

82 of 122

conclusions de l’étude

L’augmentation de l’incidence du cancer du sein est étroitement liée à l’introduction

du dépistage mais peu de cette hausse est compensé par une baisse d’incidence chez

les femmes plus âgées préalablement dépistées.

- L’augmentation de l’incidence des cancers du sein attribuable au dépistage organisé

est estimée à :

. 52 % (IC = 95 %, 46 à 58 %) quand les in situ sont inclus,

. 35 % (IC = 95 %, 29 % à 42 %) quand seul le carcinome infiltrant est

pris en compte.

Autre étude : Zackrisson S et coll : Rate of overdiagnosis of breast cancer 15 years after end of Malmö mammographic screening trial : follow up study BMJ 2006 332 : 689-692

http://annals.org/aim/fullarticle/2596394/breast-cancer-screening-denmark-cohort-study-tumor-size-overdiagnosis, Surdiagnostic évalué à 48,3 % chez les femmes de 35 à 84 ans et à 38,6 % si on exclut les in situ.

Une étude plus récente confirme ces résultats : Philippe Autier, Mathieu Boniola,

Mammography screening : A major issue in medicine European Journal of Cancer Volume 90,

February 2018, Pages 34–62. Surdiagnostic : 52% des cancers dépistés seraient surdiagnostiqués.

83 of 122

L’appréciation quantitative du surdiagnostic repose sur des approches transparentes (3) (4) (5) et sur des études avec modélisation (1). Selon les modèles appliqués aux mêmes données, les résultats varient considérablement (2). Quant aux approches transparentes, elles indiquent toujours un surdiagnostic élevé.

Une étude de cohorte du comté de Funen, au Danemark publiée en 2018 suggère que le surdiagnostic est faible (environ 1 %) (1). Un tel résultat est aberrant, en contradiction complète avec les résultats de toutes les approches transparentes, les études autopsiques aléatoires etc…

Chaltiel D, Hill C se sont appuyés sur le travail du comté de Funen pour contester l’importance du surdiagnostic (6).

Alexandra Barratt et coll dans un article de réponse ont critiqué l‘argumentaire et réaffirmé l’ampleur du surdiagnostic. (7)

(1) Sisse Helle Njor 1,2, Eugenio Paci3 and Matejka Rebolj4 As you like it: How the same data can support manifold views of overdiagnosis in breast cancer screening Int. J. Cancer: 143, 1287–1294 (2018) V C 2018 UICC

(2) Ryser MD1,2, Gulati R3, Eisenberg MC4, Shen Y5, Hwang ES1, Etzioni RB3. Identification of the Fraction of Indolent Tumors and Associated Overdiagnosis in Breast Cancer Screening Trials. Am J Epidemiol. 2019 Jan 1;188(1):197-205. doi: 10.1093/aje/kwy214

(3) Archie Bleyer UK Panel, (Lancet , Vol. 380, n°9855. (17 novembre 2012), p. 1778-1786, doi: 10.1016 / s0140-6736 (12) 61611-0),

(4) P. Autier, M. Boniol, A. Koechlin, C. Pizot, M. Boniol Efficacité et surdiagnostic du dépistage mammographique aux Pays-Bas: étude de population. BMJ, 359 (2017), p. j5224 BMJ 2017)

(5) US National Cancer Institute Updated : 08/10/2018 Breast Cancer Screening (PDQ®)–Health Professional Versionhttps://www.cancer.gov/types/breast/hp/breast-screening-pdq#link/_13_toc).

(6)  Chaltiel D, Hill C. Estimations of overdiagnosis in breast cancer screening�vary between 0% and over 50%: why? BMJ Open 2021;11:e046353. doi:10.1136/ bmjopen-2020-046353

(7) https://bmjopen.bmj.com/content/11/6/e046353.responses

Alexandra Barratt,  Professor of Public Health Wiser Healthcare, University of Sydney

Other Contributors : Karsten Jørgensen, MD, DMedSci, Philippe Autier, Director Population Research, Barnett S Kramer, Public Health Researcher. BMJ open 13 July 2021 :“When talking about evidence on overdiagnosis, complexity is not a substitute for quality” 

84 of 122

Des études de suivi de cohortes à long terme sur plusieurs décennies, où l’avance au diagnostic n’a pratiquement plus d’effet sur l’incidence observée, obtiennent les résultats suivants : au Danemark en 2010, chez les femmes de 35 à 84 ans, le surdiagnostic est évalué à 48,3 % et à 38,6 % si on exclut les cancers in situ.

En 2015, la revue Prescrire estime qu’en France 19 cancers sont diagnostiqués en excès pour 1 000 femmes sur une période de vingt ans. Elle précise que ce chiffre concorde avec ceux de l’U.S. Preventive Service Task Force qui donnait 11 à 34 cas de cancers diagnostiqués en excès pour 1 000 femmes de 50 à 74 ans participant au dépistage par mammographie tous les deux ans et suivies jusqu’à leur mort.

 

Dans un article de 2018, Philippe Autier estime que « Le surdiagnostic est courant, représentant 20 % ou plus de tous les cancers du sein chez les femmes invitées au dépistage et 30 à 50 % des cancers dépistés. »

Karsten Juhl Jørgensen, MD, DrMedSci; Peter C. Gøtzsche, MD, MSc; Mette Kalager, MD, PhD *; Per-Henrik Zahl, MD, DrMedSci, Breast Cancer Screening in Denmark: A Cohort Study of Tumor Size and Overdiagnosis. Ann Intern Med. 2017;166(5):313-323. DOI: 10.7326/M16-0270

Philippe Autier, Mathieu Boniol, Mammography screening: A major issue in medicine European Journal x

La grosse majorité des études en provenance d’équipes et de continents différents montre des résultats concordants avec un surdiagnostic toujours élevé qui perdure dans le temps.

85 of 122

Le surdiagnostic sème la confusion dans l’ interprétation des taux de létalité et de mortalité, ��� �

Taux de létalité : c’est le nombre de décès rapporté au nombre de diagnostics

de cancer du sein.

L’augmentation de l’activité diagnostique avec le dépistage induit une

augmentation des cas prévalents et du surdiagnostic noyé dans la masse des

diagnostics, contribuant ainsi à la diminution du taux de létalité perçue alors

comme un progrès.

C’est la perception partielle qu’a le praticien de la maladie au contact de ses

patientes.

Taux de mortalité : c’est le nombre de décès rapporté à l’ensemble de la

population et pas seulement au nombre de cas diagnostiqués.

C’est la perception globale qu’a l’épidémiologiste de la maladie dans

la totalité de la population.

C’est ce qui mesure vraiment l’efficacité d’une opération de santé publique.

86 of 122

Faits observés en France entre 1980 et 2005

Taux pour 100 000 femmes de 35 ans et plus� Population standard : France 1992

Le taux de cancers du sein augmente

La létalité baisse

Mais la mortalité reste stable

1980 2005

Incidence (cancer du sein invasif 153.1 269.1

Létalité en % ( = mortalité / incidence) 39.4 % 22.6 %

Mortalité par cancer du sein 60.4 60.8

Bernard Junod : 5e rencontre du Formindep, 2010

La baisse de létalité est ici un progrès en trompe-l’oeil

87 of 122

Les guérisons augmentent si la baisse de létalité s’accompagne d’une baisse de

mortalité.

Mais

le surdiagnostic augmente si la baisse de létalité se fait sans baisse de mortalité.

Le surdiagnostic égare le clinicien

88 of 122

Le surdiagnostic mystifie les femmes

Les femmes surdiagnostiquées ne peuvent être identifiées et donc remettre

en question leur surtraitement et ses conséquences néfastes.

Au contraire, guéries car « non malades », ces femmes sont souvent le fer

de lance des défenseurs du dépistage alors qu’elles en sont doublement

victimes, dans leur chair et dans leurs illusions qui les portent à défendre les

responsables de leur malheur.

89 of 122

Les conséquences du surdiagnostic

Le surtraitement est la conséquence délétère majeure :

Il existe des surtraitements sans surdiagnostic mais le surtraitement dû au

surdiagnostic des cancers du sein dans le cadre d’une opération de santé publique

est intolérable par la nature des soins prodigués chez des personnes a priori bien

portantes.

Les traitements inutiles augmentent par ailleurs la morbidité : complications

cardiaques, pulmonaires, cancers et sarcomes radio-induits etc.

Le dépistage augmente de 20 % le nombre des mastectomies,

dont beaucoup sont réalisées pour des cancers in situ.

Elles engendrent une altération de la qualité de vie pour des lésions d’évolution

incertaine.

- Michael Baum Harms from breast cancer screening outweigh benefits if death caused by treatment is included BMJ 2013; 346 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.f385 (Published 23January 2013)

- MRI Use May Explain Part Of The Trend In Rising Mastectomies Say Mayo

- Dary S et coll :Risk of heart disease in women after radiothérapy for breast cancer. N Engl J Med., 2013 : 368:987-98.

- Surke P et coll “Effet of mammography sreening on surgical treatment for breast cancer in Norway.” BMJ 2011 ; 343 :d4692 doi:10.1136

90 of 122

Le surdiagnostic est à l’origine d’une inflation de mammographies (surveillance des patientes surdiagnostiquées, familles devenues à risque, mammo hors dépistage organisé chez des femmes de plus en plus jeunes etc.)

Or le sein est l’un des organes les plus radio sensibles de l’organisme.

D’après le CIRC, les cancers radio-induits représentent 1 à 5 décès pour 100 000 femmes réalisant une mammo tous les 2 ans à partir de 50 ans et 10 à 20 décès si le dépistage débute à 40 ans.

« Le Médecin radiologue de France, n° 268, mars 2005 »

Doses d’entrée à la peau

91 of 122

Une étude réalisée après irradiation in vitro de tissu mammaire aux doses mammographiques de 2 mGy a montré que :

- Deux fois 2 mGy produisait plus de cassures d’ADN que 4 mGy en une fois

- Les lésions d’ADN étaient d’autant plus accentuées et en grand nombre qu’il

s’agissait de femmes jeunes à risque.

(or c’est à ces femmes qu’on propose une mammographie annuelle dès l’âge

de 30 ans : aberrant !!)

Ces effets délétères sont minimisés par ceux qui s’accrochent à l’idée que le rapport bénéfice / risque reste favorable au dépistage alors que rien ne permet de l’affirmer, y compris chez les femmes à risque. Le risque est certain, le bénéfice ne l’est pas.

�C. Colin et coll, « DNA double-strand breaks induced by mammographic screening procedures in human mammary epithelial cells. » International Journal of Radiation Biology, 2011

In Brazil, in the State of Goiás, 16.6 annual radio-induced  breast cancer deaths by 100 000 women screened biannually from 40 to 70  years.

http://bmjopen.bmj.com/content/7/8/e016395?

92 of 122

Exemple avec les études de Fischer (1970) qui montrent deux choses :

  1 - il n’y a pas de différence de survie selon le traitement.

2 - les femmes ne présentant pas d’envahissement ganglionnaire ont une meilleure survie que celles avec envahissement ganglionnaire quel que soit le traitement.

Ceci semble renforcer l’idée qu’il faut intervenir « précocement », avant que les ganglions soient envahis.

Mais la comparaison entre paires de patientes avec ou sans envahissement ganglionnaire ne permet pas de tirer de conclusion sur l’efficacité relative des traitements en fonction du stade de la maladie.

Les résultats favorables obtenus s’expliquent simplement par un surdiagnostic plus fréquent parmi les tumeurs sans envahissement ganglionnaire. Les traitements inutiles des cancers surdiagnostiqués donnent l’illusion d’une part d’une guérison et de l’efficacité du dépistage, d’autre part de la possibilité d’un diagnostic « précoce » efficace. Mais c’est une illusion !

Conséquences du surdiagnostic

Le surdiagnostic constitue une entrave à la recherche car, à cause de lui, l’étude de la survie après cancer du sein n’est pas fiable.

93 of 122

Autres conséquences du surdiagnostic

  • Des vies détruites

  • Une élévation du niveau général d’angoisse,

  • Une augmentation sans fondement du nombre de femmes à risque, risque reporté

inutilement sur leur descendance.

  • Des illusions pour le corps médical, les patientes et l’opinion publique

  • Des problèmes médicolégaux

  • Le parasitisme d’une activité médicale inutile avec détournement de l’activité de soins.

94 of 122

Le surdiagnostic est une explication du paradoxe entre le succès apparent du

dépistage et des traitements et

l’absence de réduction significative de la mortalité en population.

Avec le dépistage, le surdiagnostic est devenu un parasite qui s’auto

alimente de bien portantes assujetties à un marché en pleine extension.

Riva C. Cancer du sein: les profiteurs du mammo-business. Sept.info. [cited 2015 Aug 3].

http://www.sept.info/cancer-du-sein-les-profiteurs-du-mammo-business-14/

95 of 122

Indépendamment de l’aspect quantitatif, la simple constatation du

surdiagnostic devrait remettre en question les fondements de notre

conception de l’histoire naturelle de la maladie et les pratiques qui en

découlent.

La spécificité du dépistage de masse organisé est le paradoxe suivant :

- plus il s’améliore techniquement (et on ne cesse de l’améliorer)

- plus il devient pervers.

Le seul mérite du dépistage est d’avoir confirmé expérimentalement

que le schéma de l’histoire naturelle sur lequel il s’appuyait est erroné.

H. Gilbert Welch, C. Black ; J. Natl Cancer Inst 2010 ;102 : 605-613.

96 of 122

  • Comme nous l’avons vu, il est extrêmement dangereux de restreindre

le diagnostic de cancer à une image, qu’elle soit radiologique ou histologique,

particulièrement dans le cadre d’une opération de santé publique.

- Un test positif, une mammographie de dépistage positive, ne signifie

pas obligatoirement être malade.

  • La maladie résulte d’un processus dynamique où interactions et rétroactions conduisent non pas à une évolution monomorphe mais à un éventail de possibilités.

  • Le schéma halstédien d’une histoire naturelle univoque du cancer n’a plus de sens. Un changement complet de paradigme s’impose, d’autant qu’aujourd’hui le regard à différentes échelles du vivant, de la clinique à l’étude nanoscopique, est envisageable, ce qui multiplie les possibilités d’intervention.

97 of 122

L’heure est aux hypothèses alternatives

La tumeur ne se réduit pas aux seules altérations génomiques, elle est aussi le résultat d’interactions avec le milieu cellulaire environnant et plus globalement

elle est produit et facteur d’une évolution qui conduit à un buisson de possibilités, ce qui est à l’opposé du schéma halstédien classique.

On sait aujourd’hui ce que l’histoire naturelle des cancers du sein n’est pas mais on ne sait pas encore précisément ce qu’elle est. Plusieurs théories sont en lice :

B. Duperray, « Dépistage du cancer du sein : la grande illusion », 2019, Ed Thiérry Souccar.

98 of 122

- La théorie génomique où la tumeur cancéreuse serait le résultat

d’une accumulation de mutations dans les chromosomes des cellules

spécialisées du sein. Ce seraient les altérations des chromosomes qui

provoqueraient des anomalies cellulaires et la diffusion de la

maladie. (1)

- Une autre théorie considère que le cancer n’est pas purement le produit d’un

dysfonctionnement des cellules spécialisées du sein mais le résultat

d’interactions entre les cellules épithéliales et le tissu environnant sous l’effet des

carcinogènes.

Contrairement à la théorie précédente, elle prend en compte la réversibilité

de ce mode de désorganisation des tissus. (2)

- La théorie métabolique où la prolifération cellulaire est une conséquence

directe de l’effet Warburg. Le remplacement de la respiration à base d’oxygène

dans les cellules par une fermentation dysmétabolique du sucre conduit à la

cellule cancéreuse. (3) etc..

- En changeant d’échelle, plus on s’approche de la connaissance des mécanismes

les plus intimes du vivant et de la matière, plus la théorie se simplifie avec en

perspective des traitements moins spécifiques d’un organe et moins iatrogènes.

1) Théorie des mutations somatiques ou SMT

(2) Théorie du champ d’organisation tissulaire ou TOFT. Maffini mv, calabro Jm et al. Stromal regulation of neoplastic development: age-dependent normalization of neoplastic mammary cells by mammary stroma. The American Journal of Pathology. 2005 Nov;167(5):1405-10.

(3) Laurent Schwartz,  « Les clés du cancer » 2022 Ed Thierry Souccar

99 of 122

Malgré les apparences et la profusion de moyens technologiques, nous ne savons toujours pas�� définir la maladie cancéreuse du sein. Et deux mille quatre cents ans plus tard, nous partageons�� encore l’ignorance d’Hippocrate. Mais lui, au moins avait pour ligne de conduite : ��« Primum non nocere »� �Le serment d’Hippocrate ne doit pas être une relique de circonstance.��������

Les questions fondamentales demeurent :

- Qu’est – ce qu’un cancer ? �� . une maladie mortelle qui finit par tout envahir ?�� . ou une anomalie cellulaire repérée au microscope à un

moment t sans qu’on puisse préjuger de son devenir ?�

- A partir de quand est-on malade ? Quand doit-on débuter un traitement ?

- Pourquoi certains cancers ne se développent-ils pas ou régressent ?

- Quel est le rôle réel de la tumeur épithéliale ? Celui de la stroma réaction ?

Celui du métabolisme cellulaire dans la maladie cancéreuse ?

� �

100 of 122

sur 2000 femmes dépistées pendant 10 ans :

1 verra sa vie allongée.

10 seront traitées inutilement et plus d’une

mourra des suites de son diagnostic et de

son traitement.

200 seront inquiétées par un faux positif.

Le mensonge

La réalité vue par la Cochrane Nordique

La santé publique représente un marché potentiel considérable où les conflits d’intérêts, la propagande et les mensonges peuvent dominer le débat scientifique. ��

101 of 122

���Les preuves de l’inefficacité du dépistage et du caractère erroné de la théorie haldédienne de l’histoire naturelle de la maladie continuent de s’accumuler :��Une étude d’août 2023 publiée dans le JAMA, portant sur 18 essais randomisés, montre que les femmes dépistées par mammographie n’ont pas de vie prolongée par rapport à celles non dépistées. �Cette réalité s’impose subrepticement dans les faits, le dépistage perd de sa crédibilité chez les femmes mais il reste socialement maintenu à bout de bras dans un statu quo stérile alors que la définition et l’histoire naturelle du cancer restent des questions sans réponses satisfaisantes.

La méta-analyse des 18 essais cliniques randomisés à long terme impliquant 2,1 millions de personnes a montré que :

le dépistage du cancer colorectal par recto-sigmoïdoscopie a prolongé la durée de vie de 110 jours,

tandis que les analyses fécales et le dépistage par mammographie n'ont pas prolongé la vie.

Une prolongation de 37 jours a été notée pour le dépistage du cancer de la prostate avec test d'antigène prostatique spécifique

et de 107 jours pour le dépistage du cancer du poumon par tomodensitométrie.

Michael Bretthauer, MD, PhD1; Paulina Wieszczy, MSc, PhD1,2; Magnus Løberg, MD, PhD1; et al Michal F. Kaminski, MD, PhD1,2,3; Tarjei Fiskergård Werner, MSc4; Lise M. Helsingen, MD, PhD1; Yuichi Mori, MD, PhD1,5; Øyvind Holme, MD, PhD1; Hans-Olov Adami, MD, PhD1,6,7; Mette Kalager, MD, PhD1 « Estimated Lifetime Gained With Cancer Screening Tests A Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials”

JAMA Intern Med. 2023;183(11):1196-1203. doi:10.1001/jamainternmed.2023.3798 –(August 28, 2023)

102 of 122

En conclusion, cette opération de santé publique est inadéquate car elle associe :

 

  • Une théorie erronée de l’histoire naturelle de la maladie avec le schéma halstédien.
  • Un test mammographique qui a fait la preuve expérimentale de son inefficacité puis a été remplacé par un examen de diagnostic personnalisé avec toutes les conséquences délétères prévisibles d’un tel examen généralisé à l’ensemble d’une population a priori bien portante.
  • Un rapport bénéfice/risque dont le caractère favorable n’a jamais été démontré avec un niveau de preuve suffisant.
  • Des effets indésirables graves : surtraitement de maladies imaginaires avec des vies détruites inutilement.

Supplice de Ste Agathe : (église Ste Cath d’Alexandrie Galatina)

Francesco di Simone da Santacroce

103 of 122

�Trois attitudes face au surdiagnostic

Fuite Perplexité Combat

Le surdiagnostic est un produit direct de l’activité humaine qui peut être limité à défaut d’être complètement éradiqué dans l’état actuel de nos connaissances.

« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font

le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Einstein

104 of 122

Conférence organisée par le British Medical Journal, Consumer Report et The Dartmouth Institute et Bond University d’Australie en septembre 2013

La conférence a permis l’identification des priorités suivantes :

• « Renforcer la science du surdiagnostic, développer un consensus sur les méthodes pour mesurer le problème et évaluer les stratégies visant à maximiser les bénéfices et minimiser les dommages.

• Développer et intégrer la formation sur le surdiagnostic dans les programmes de formation clinique des professionnels et des étudiants.

• Proposer des stratégies pour informer sur le problème et trouver des moyens de communication efficaces sur les pratiques contraires à l’intuition.

L’avenir au présent : le surdiagnostic est devenu une préoccupation mondiale

105 of 122

• Miser sur les efforts des systèmes de soins partout dans le monde visant à réduire le surdiagnostic et combattre les incitatifs pernicieux qui transforment inutilement les personnes en patients.

Plus spécifiquement, modifier la façon dont les maladies sont définies, en minimisant les conflits d’intérêts professionnels et financiers au sein des panels d’experts et en évaluant rigoureusement les bénéfices et les dommages de l’élargissement de la définition des maladies ».

Le travail est poursuivi chaque année :

Preventing Overdiagnosis 2014 Oxford, Wednesday sept 17,” Measuring overdiagnosis by active surveillance of tumeurs suspected by mammography.” ” Fatal side effects and cancer induced by radiotherapy of overdiagnosed breast cancer in France.” B. Junod, T. Gourgues, P. Nicot.

Preventing overdiagnosis ; Barcelona 20-22 septembre 2016

106 of 122

Preventing overdiagnosis, Copenhague, août, 2018

Preventing overdiagnosis, Sydney, décembre 2019

Preventing overdiagnosis Calgary, 9-12 June, 2022

107 of 122

Pour en savoir plus

-August 28, 2023

Estimated Lifetime Gained With Cancer Screening TestsA Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials

Michael Bretthauer, MD, PhD1; Paulina Wieszczy, MSc, PhD1,2; Magnus Løberg, MD, PhD1; et al Michal F. Kaminski, MD, PhD1,2,3; Tarjei Fiskergård Werner, MSc4; Lise M. Helsingen, MD, PhD1; Yuichi Mori, MD, PhD1,5; Øyvind Holme, MD, PhD1; Hans-Olov Adami, MD, PhD1,6,7; Mette Kalager, MD, PhD1

Author Affiliations

JAMA Intern Med. 2023;183(11):1196-1203. doi:10.1001/jamainternmed.2023.3798

- Bernard Duperray, Cécile Bour; BMJ, Volume 27 - Suppl 1, 2022 Preventing

Overdiagnosis; 43 Breast cancer, another view of the disease. Towards a better

information of women. https://ebm.bmj.com/content/27/Suppl_1/A5.2

- Cécile Bour, « Mammo ou Pas Mammo » 2021, Ed Thiérry Souccar.

  • Bernard Duperray, « Dépistage du cancer du sein : la grande illusion », 2019, Ed Thiérry Souccar.

- Ryser MD, Gulati R et Al. Identification of Fraction of indoilent Tumors and Associated

Overdiagnosis in Breast Cancer Screening Trials. American Journal of Epidemiology.

2019 Jan 1 ; 188 (1) : 197-205.

- Møller MH, Lousdal ML et al. Effect of organized mammography screening

on breast cancer mortality: A population-based cohort study in Norway. The

International Journal of Cancer. 2019 Feb 15;144(4):697-706.

  • Baum M, The History and Mystery of Breast Cancer, 2019, Cambridge Scholars

Publishing.

108 of 122

Philippe Autiera, b, , , Mathieu Boniola, bMammography screening: A major issue in medicine

European Journal of Cancer Volume 90, February 2018, Pages 34–62

Sylvia K. Plevritis, PhD; Diego Munoz, MS, PhD; AllisonW. Kurian, MD, MS; Natasha K. Stout, PhD;

Oguzhan Alagoz, PhD; Aimee M. Near, MPH; Sandra J. Lee, ScD; Jeroen J. van den Broek, MS; Xuelin Huang, PhD; Clyde B. Schechter,MA, MD; Brian L. Sprague, PhD; Juhee Song, PhD; Harry J. de Koning, MD, PhD; Amy Trentham-Dietz, MS, PhD; Nicolien T. van Ravesteyn, PhD; Ronald Gangnon, PhD;

Young Chandler,MS, MPH, DrPH; Yisheng Li, PhD; Cong Xu, PhD; Mehmet Ali Ergun, PhD; Hui Huang, MS;

Donald A. Berry, PhD; Jeanne S. Mandelblatt, PhD Association of Screening and Treatment With Breast Cancer Mortality by Molecular Subtype in USWomen, 2000-2012 JAMA January 9, 2018 Volume 319, Number 2

Kaiser J : « Liquid biopsy » for cancer promises early detection. Science 2018 ; 359 ; 259

Philippe Autier,1,2 Magali Boniol,2 Alice Koechlin,1,2 C.cile Pizot,2 Mathieu Boniol1,2

Effectiveness of and overdiagnosis from mammography screening in the Netherlands :

population based study BMJ 2017;359:j5224

http://dx.doi.org/10.1136/bmj.j5224

John Brodersen, Lisa M Schwartz, Carl Heneghan, Jack William O’Sullivan, Jeffrey K Aronson4,

Steven Woloshin; Overdiagnosis: what it is and what it isn’t BMJ Evidence-Based Medicine 2018 ;23 :1-3.

http://dx.doi.org/10.1136/ebmed-2017-110886

Pour en savoir plus

109 of 122

Gemma Jacklyn, Kevin McGeechan,• Les Irwig1• Nehmat Houssami1, Stephen Morrell• Katy Bell, Alexandra Barratt, Trends in stage-specific breast cancer incidence in New South Wales, Australia: insights into the effects of 25 years of screening Mammography, Breast Cancer Res Treat. Aug 2017, DOI 10.1007/s10549-017-4443-x

 

 

Mitchell AP, et al. Financial Relationships With Industry Among National Comprehensive Cancer Network Guideline Authors. JAMA Oncol. Published online August 25, 2016

doi:10.1001/jamaoncol.2016.2710. Available from: http://oncology.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2546172.

 

Liu JJ, Bell CM, Matelski JJ et al. Payments by US pharmaceutical and medical device manufacturers to US medical journal editors: retrospective observational study.

BMJ 2017;359:j4619. Published 26 October 2017. doi:10.1136/bmj.j4619.

 

 

 

Downloaded from http://bmjopen.bmj.com/ on October 13, 2017 - Published by group.bmj.compen Access Breast cancer mortality and associated factors in São Paulo State, Brazil: an ecological analysis

Carmen Simone Grilo Diniz,1 Alessandra Cristina Guedes Pellini,2 Adeylson Guimar.es Ribeiro,3 Marcello Vannucci Tedardi,4 Marina Jorge de Miranda,1 Michelle Mosna Touso,5 Oswaldo Santos Baquero,6 Patr.cia Carlos dos Santos,7 Francisco Chiaravalloti-Neto8

 

 

Pour en savoir plus

110 of 122

Pour en savoir plus

V Prasad, Why cancer screening has never been shown to “save lives”—and what we can do about it BMJ 2016; 352 doi: https://doi.org/10.1136/bmj.h6080 (Published 06 January 2016) Cite this as: BMJ 2016;352:h6080

How do we manage overdiagnosis/overtreatment in breast screening? Clinical Radiology xxx (2017) 1e9 M.G. Wallis*Cambridge Breast Unit and NIHR Cambridge Biomedical Research Centre, Cambridge University Hospitals NHS Trust, Cambridge Biomedical Campus, Hills Road, Cambridge CB2 0QQ, UK�

Karsten Juhl Jørgensen, MD, DrMedSci; Peter C. Gøtzsche, MD, MSc; Mette Kalager, MD, PhD (*); Per-Henrik Zahl, MD, DrMedSci (*) Breast Cancer Screening in Denmark: A Cohort Study of Tumor Size and Overdiagnosis . Ann Intern Med. 10 JANUARY 2017

http://annals.org/aim/article/2596394/breast-cancer-screening-denmark-cohort-study-tumor-size-overdiagnosis

Overview of guidelines on breast screening: Why recommendations differ and what to do about it

Karsten Juhl Jørgensen a, *, Mette Kalager b, c, d, Alexandra Barratt e, Cornelia Baines f, Per-Henrik Zahl g, John Brodersen h, Russell P. Harris. The Breast 31 (2017) 261e269

http://www.cancer-rose.fr

www.formindep.org/-Depister-le-cancer-du-sein-.html

111 of 122

Pour en savoir plus

Fréquence des cancers du sein fortuits et des lésions précancéreuses lors d’études d’autopsies : une revue systématique et méta-analyse.

https://bmccancer.biomedcentral.com/track/pdf/10.1186/s12885-017-3808-1

Elizabeth T. Thomas1 , Chris Del Mar 2 , Paul Glasziou 2 , Gordon Wright 1 , Alexandra Barratt 3 and Katy J. L. Bell 2,3 1 Faculty of Health Sciences and Medicine, Bond University, Robina, QLD 4229, Australia.

2 Centre for Research in Evidence-based Practice, Faculty of Health Sciences and Medicine, Bond University, Robina, QLD 4229, Australia.3 Sydney School of Public Health, Sydney Medical School, Edward Ford Building (A27), University of Sydney, Fisher Road, Sydney, NSW 2006, Australia

Pizot C. Overview of breast cancer mortality trends in the world. San Antonio Breast Cancer Symposium. Dec 6-10, 2016. Abstract number: P5-08-04. San Antonio, Texas, USA.Dec 6-10, 2016.

H. Gilbert Welch, M.D., M.P.H., Philip C. Prorok, Ph.D., A. James O’Malley, Ph.D., and

Barnett S. Kramer, M.D., M.P.H. Breast-Cancer Tumor Size, Overdiagnosis, and

Mammography Screening Effectiveness. n engl j med 375;15 nejm.org October 13, 2016 

Concertation citoyenne et scientifique : Ensemble améliorons le dépistage du cancer du sein.

RAPPORT DU COMITÉ D’ORIENTATION – Septembre 2016

Autier P, Boniol M, Smans M, Sullivan R, Boyle P. Observed and predicted risk of breast

cancer death in randomized trials on breast cancer screening. PLOS One, 2016 April.

112 of 122

Pour en savoir plus

Pizot C. Overview of breast cancer mortality trends in the world. San Antonio Breast Cancer

Symposium. Dec 6-10, 2016. Abstract number: P5-08-04. San Antonio, Texas, USA.Dec

6-10, 2016.

H. Gilbert Welch, M.D., M.P.H., Philip C. Prorok, Ph.D., A. James O’Malley, Ph.D., and

Barnett S. Kramer, M.D., M.P.H. Breast-Cancer Tumor Size, Overdiagnosis, and

Mammography Screening Effectiveness. n engl j med 375;15 nejm.org October 13, 2016 

Concertation citoyenne et scientifique : Ensemble améliorons le dépistage du cancer du sein.

RAPPORT DU COMITÉ D’ORIENTATION – Septembre 2016

Autier P, Boniol M, Smans M, Sullivan R, Boyle P. Observed and predicted risk of breast

cancer death in randomized trials on breast cancer screening. PLOS One, 2016 April.

113 of 122

Pour en savoir plus

- Documentaire de Coline Tison, Olivier Joulie ; TV 5 le 12 janvier 2016 : « Au nom de tous

les seins, incertain dépistage » visible sur le site du Formindep.

- Le dépistage des maladies sauve-t-il des vies chez les adultes asymptomatiques ? minerva septembre 2015 volume 14 numéro 7

- Harding C et coll. et coll. Breast Cancer Screening, Incidence, and Mortality Across US Counties.JAMA Intern Med. Published online July 06, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2015.3043

- Formindep : Gourgues Thierry, hommage à B. Junod, fev 2015

http://www.formindep.org/spip.php?page=imp_article&id_article=635

114 of 122

- Vanden Bruel A et coll : People’swillingness to accept over detection in cancer screening : population survey. BMJ 2015 ;350:H980

- International Journal of Epidemiology, 2015, 1–2 doi: 10.1093/ije/dyu268

Commentary on: Does screening for disease save lives in asymptomatic adults? Systematic review of 5 meta-analyses and randomized trials ; Paul G. Shekelle.

- Joann G. Elmore et Ruth Etzioni. Effect of Screening Mammography on Cancer Incidence and Mortality(Editorial). JAMA

Intern Med. Published online July 06, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2015.3056

http://oncology.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2427491 Steven A. Narod, MD, FRCPC1,2; Javaid Iqbal, MD1;

Vasily Giannakeas, MPH1,2; Victoria Sopik, MSc1; Ping Sun, PhD1 JAMA Oncol. Published online August 20, 2015. doi:10.1001/jamaoncol.2015.2510

JAMA Intern Med [Internet]. 2015 juillet [cited 2015 Aug 3]; Available from: http://dx.doi.org/10.1001/jamainternmed.2015.3043

Pour en savoir plus

115 of 122

Pour en savoir plus

- Riva C. Cancer du sein: les profiteurs du mammo-business [Internet]. Sept.info. [cited 2015 Aug 3].

Available from: http://www.sept.info/cancer-du-sein-les-profiteurs-du-mammo-business-14/

http://www.parismatch.com/Actu/Sante/Ne-pas-s-y-soumettre-n-est-pas-une-faute-Depistage-du-cancer-du-sein-par- mammographie-Octobre-rose-844351

- International Journal of Epidemiology, 2015, 1–14 doi: 10.1093/ije/dyu140 Does screening for disease save lives in asymptomatic adults ? Systematic review of meta-analyses and randomized trials ; Nazmus Saquib,1 Juliann Saquib1 and John PA Ioannidis1,2,3

- Hersch J et coll.: Use of a decision aid including information on overdetection to support informed choice about breast cancer screening: a randomised controlled trial. Lancet 2015; (doi.org/10.1016/S0140-6736(15)60123-4). 2) Johansson M et coll.: Informed choice in screening needs more than information. Lancet 2015;

- International Journal of Epidemiology, 2015, 1–2 doi: 10.1093/ije/dyu269 ;

Commentary: Tempering expectations of screening: what is the most authoritative advice

we can give, given the data that we have? ; Paul Taylor

- International Journal of Epidemiology, 2015, 1–2 doi: 10.1093/ije/dyu267

Commentary : Screening: a seductive paradigm that has generally failed us ; PC Gøtzsche

116 of 122

Pour en savoir plus

- BMJ 2014; 349 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.g6358 (Published 26 November 2014) Cite this as: BMJ 2014;349:g6358 Mammography screening Stable incidence of advanced breast cancer argues against screening effectiveness Philippe Autier, professor and research director1, Cécile Pizot, statistician1, Mathieu Boniol, professor and senior statistician1

- Revue Prescrire, novembre 2014 : « Dépistage des cancers du sein par mammographie » ; 837 – 846.

- « Invisible Risks, Emotional Choices — Mammography » and Medical Decision Making ; Lisa Rosenbaum, M.D. N engl j med 371;16 nejm.org october 16, 2014

- "Twenty five year fellow-up for breast cancer incidence and mortality of Canadian National Breast Screening Study : randomised screening trial" Anthony B Miller, C Wall, C J Baines, P Sun, T To, BMJ / 2014, 348 g366 doi : 10.1136

- Mandelblatt JS, Cronin KA, Bailey S, et al. Effects of Mammography Screening Under Different Screening Schedules: Model Estimates of Potential Benefits and Harms. Ann Intern Med 2009; 151:738 / Welch HG, Passow HJ. Quantifying the benefits and harms of screening mammography. JAMA Intern Med 2014; 174:448).

117 of 122

Pour en savoir plus

- Overdiagnosis and Overtreatment in Cancer An Opportunity for improvement. »

Laura J. Esserman, MD, MBA, Ian M Thompson, Jr, MD, Brian Reid, JAMA.

August 28, 2013; 310(8).Overdiagnosed. Making people sick in the pursuit of health

http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=773446

- Gøtzsche PC, Jørgensen KJ « Screening for breast cancer with mammography (Review) » The Cochrane Library 2013, Issue 6

- 15/12/2013 ; rapport du Swiss medical board : Dépistage systématique par mammographie

- Riva C, Biollaz J, Foucras P, Junod B, Nicot P, Spinosa JP. Effect of population-based

screening on breast cancer mortality. Correspondence. Lancet, 2012 April; 379(9823):

1296. Doi: http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(12)60548-0

- Pr Claude Béraud : Trop de médecine, trop peu de soins. Ed Thierry Souccar

- A. Bleyer, H.G.Welch ; « Effect of Three Decades of Screening Mammography on Breast Cancer Incidence » N.E.J.M. vol 367, N°21, Nov 2012 (p 1998-2005)

118 of 122

Pour en savoir plus

- « Mammography screening. Truth, lies and controversy » ; P.C. Gotzsche ; Radcliffe Publishing, Londres, Prix Prescrire 2012.

- "Surdiagnostic, rendre les gens malades dans la quête de la santé" Welch HG et coll., Beacon Press, Boston 2011 Prix Prescrire 2012

- Autier P., Boniol M., Gavin A., Vatten L. J. « Breast cancer mortality in neighbouring European countries with different levels of screening but similar access to treatment: trend analysis of WHO mortality database » BMJ 2011;343:d4411 http://www.bmj.com/content/343/bmj.d4411

- Autier P., Boniol M., Middleton R., et al. « Advanced breast cancer incidence following poupulation-based mammographic screening » Annals of Oncology 22 : 1726-1735, 2011 http://annonc.oxfordjournals.org/content/22/8/1726.long

  • Junod B., Zahl P.-H., Kaplan R. M., et al. « An investigation of the apparent breast cancer epidemic in France: screening and incidence trends in birth cohorts » BMC Cancer 2011, 11:401  doi:10.1186/1471-2407-11-401, adaptation en français sur http://www.formindep.org/Investigation-de-l-epidemie,487.html

  •  

119 of 122

Pour en savoir plus

- Rachel Campergue No mammo ? Enquête sur le dépistage du cancer du

sein 2011; Maxmilo

- « Breast cancer mortality in neighbouring European countries with different levels of screening but similar access to treatment : trend analysis of WHO mortality database »�Autier et coll BMJ, 28 juillet 2011 ; 343:d4411 doi:10.1136/BMJ.D4411

- Bernard Junod : Conflits d’intérêts et surdiagnostic du cancer du sein, 5e rencontres

du FORMINDEP, 20 nov 2010.

http://www.formindep.org/Les-Cinquiemes-rencontres-du.html

- Jørgensen K. J., Zahl P.-H., Gøtzsche P. C. « Breast cancer mortality in organised mammography screening in Denmark: comparative study » BMJ 2010;340:c1241 http://www.bmj.com/content/340/bmj.c1241

- Jorgensen K J, Gotzsche P C Overdiagnosis in publicly organised mammography screening programmes: systematic review of incidence trends BMJ 2009 ; 339:b2587

120 of 122

Pour en savoir plus

  • Jørgensen K. J., Gøtzsche P. C. « Overdiagnosis in publicly organised mammography screening programmes: systematic review of incidence trends » BMJ 2009;339:b2587 http://www.bmj.com/content/339/bmj.b2587

  •  John Brodersen, Ole Hartling, Margrethe Nielsen and Peter Gøtzsche Letters Fall in breast cancer deaths A cause for celebration, and caution BMJ 2009; 338 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.b2126

  • Esserman L, Shieh Y, Thompson I, Rethinking Screening for Breast Cancer and Prostate

Cancer JAMA, 2009 ; 302 (15) :1685-1692

- « Disease, Diagnoses and dollars », Robert, M. Kaplan

Copernicus books, Springer Science + Business Media. LLC. 2009

- Tableau d’après G Welch BMJ 2009, 339 : b 1245.

121 of 122

Pour en savoir plus

- Zahl P.-H., Moehlen J., Welch H.G. « The Natural History of Investive Breast Cancers Detected by Sreening Mammography » Arch Inten Med Vol 168 (n°21) Nov 24, 2008

- « The naturel history of invasive breast cancers detected by screening mammography », Archives of Internal Medicine, 24/11/08

- Prescrire (mars, avril, mai 2006, oct 2007)

- Duperray B, Junod B ; Médecine (vol 2 N°8 2006) « Le dépistage : Une bonne intention, une mauvaise théorie de l’histoire naturelle de la maladie, un résultat absurde ».

- Elias D. Rationnels de la chirurgie oncologique au sein d’un traitement multimodal des cancers. In Robert J Editeur : Cent ans d’innovations diagnostiques et thérapeutiques en cancérologie. Centenaire de la Société française du cancer. John Libbey 2006. pp 69-79

122 of 122

Pour en savoir plus

- J.P. Boissel, E. Amsallem, C.Kasparian, M. Diallo ; Risques et qualité Les traitements utilisés en cancérologie sont-ils fondés sur des données de haut niveau de preuve ? . 2006-Vol III- N°2)

  • « Dois je me faire tester pour le cancer ? Peut-être pas et voici pourquoi. »

G. Welch, Les presses de l’université de Laval. 2005

  • Zahl PH, Strand GH, Maehln, Incidence of breast cancer in Norway and Sweden during introduction of nationwide screening : prospectiv cohort study. BMJ Apr 17 ; 328 (7445) : 921-4. 2004.

  • Schaeffer P : « Campagnes de dépistage des tumeurs : la prudence s’impose »., bulletin de l’ordre des médecins N°2, février 1998.

  • M.H. Dilhuydy : « Œuvre généreuse et salvatrice ou idéologie sanitaire à l’éthique
  • perverse : le dépistage de masse du cancer du sein est-il utile aux femmes ? » 1994

- Skrabanek P. Screening for disease : false premises and false promises of breast cancer

screening. The Lancet 1985 ; 2 : 316-319.

- Ch. Gros. Les maladies du sein. Masson 1963.