ELABORATION DES METAUX
Elaboration de la fonte
Introduction
La Sidérurgie est le secteur industriel concerné par la métallurgie d'élaboration des alliages ferreux et par leur mise en forme visant à fournir des produits demi finis aux diverses branches industrielles utilisatrices. Bien qu'apparue au XIXeme siècle la technologie sidérurgique est en perpétuelle évolution et intègre constamment les possibilités et les exigences conjoncturelles: économies d'énergie, gain de productivité, automatisation et informatisation des procédés
1. LES MATIÈRES PREMIÈRES
1-1. Les minerais de fer.
Le fer s'y trouve essentiellement combiné sous forme d'oxydes: oxyde ferrique Fe203 ou oxyde magnétique Fe304 (magnétite). Le fer en sera donc extrait par réduction. L'abondance de la gangue détermine la richesse du minerai: 30 % de fer pour les minerais à faible teneur, 60 % de fer pour les minerais riches. La gangue est formée de silico-aluminates de calcium et de magnésium et de phosphate de calcium. La composition de la gangue varie selon la provenance du minerai. Les ressources en minerai de fer sont pratiquement illimitées [5 % de Fe dans l'écorce terrestre].
1-2. Les ferrailles.
Elles proviennent des récupérations des industries de transformation, de l'industrie sidérurgique et de la collecte des biens d'équipement et de consommation hors d'usage. Contrairement au minerai leur disponibilité est directement liée à l'activité industrielle.
1-3. Le coke métallurgique.
Le carbone est introduit dans les charges sous forme de coke métallurgique qui doit avoir une porosité et une résistance à l'écrasement suffisantes. Il est partiellement remplacé par des injections de fuel ou de gaz naturel et même par des injections de carbone pulvérulent (Japon).
1-4. Fondants.
Ils permettent d'éliminer la gangue sous forme de laitier fusible. Ils sont calcaires si la gangue est siliceuse ou alumineuse et inversement. Certains mélanges de minerai sont auto fondants et ne nécessitent pas d'addition.
1-5. Oxygène.
Le développement actuel des procédés d'élaboration de l'acier à l'oxygène nécessite une production massive de ce gaz dans des centrales à oxygène par rectification d'air liquide. L'oxygène est produit à une pression de 40 bars et alimente l'aciérie sous 15 bars.
2- GÉNÉRALITÉS SUR LE HAUT FOURNEAU
Le haut fourneau est un réacteur à lit consommable à contre-courant. Les réactions principales qui s'y déroulent sont:
. Les réactions de réduction des oxydes.
. Les réactions d'échange entre le métal et le laitier.
Le tableau ci-dessous résume les opérations essentielles.
Haut fourneau
Processus d’élaboration�Réactions chimiques
C + ½O2 🡪 CO
C + 2O 🡪 CO2 (1)
C + CO2 🡪 2CO (2)
(Ces réactions nous donnent en résultat du CO)
Processus d’élaboration�Réactions chimiques
Fe2O3 🡪 Fe3O4 🡪 FeO 🡪 Fe
(1) 3Fe2O3 + CO 🡪 2Fe3O4 + CO2 (à T>320°C)
(2) Fe3O4 + CO 🡪 3FeO + CO2 (à 620°<T<950°)
(3) FeO + CO 🡪 Fe + CO2 (à T>950°C)
Processus d’élaboration�Résultat final
Après toutes ces réactions on obtient de la fonte, il en existe deux types:
Composition de la fonte.
Rôles du laitier.
Formé à partir des constituants de la gangue, du fondant et des cendres du coke, le laitier est un silicate complexe d'aluminium, de calcium et de magnésium, il contient en outre des oxydes de manganèse et de fer en faible quantité ainsi que du sulfure de calcium. Le altier a un rôle double:
- permettre l'élimination de la gangue à l'aide des caractéristiques de fusibilité et fluidité convenables;
- permettre des réactions d'échange avec le métal liquide agissant sur la composition de celui-ci.
Exemple: Désulfuration de la fonte au H.F.
Le soufre est introduit essentiellement par le coke, il arrive en presque totalité aux étalages où il forme FeS très soluble dans le métal. Il faut éliminer le plus possible le soufre de la fonte en le faisant passer dans le laitier.
Les différents types de fontes
Les fontes grises
Les fontes grises
Les différents types de fontes
Les fontes hématites et phosphoreuses
ELABORATION DES METAUX
ÉLABORATION DE L'ACIER
L'élaboration de l'acier se fait:
- soit à partir de la fonte liquide (fonte d'affinage): convertisseurs à l'oxygène
Afin de constituer un stock tampon entre les H.F. et l'aciérie dont les cadences de coulée sont très différentes on peut utiliser soit un mélangeur, soit un nombre suffisant de poches-tonneaux (ex. : SOLMER). Le mélangeur homogénéise la composition de la fonte provenant des diverses coulées et conduit à une certaine désulfuration de la fonte.
Cette désulfuration se fait par déplacement de l'équilibre:
[FeS] + [Mn]🡪 [Fe] + (MnS).
La désulfuration peut être améliorée par les techniques de la métallurgie en poche: introduction de carbonate de sodium, de chaux vive (CaO) avec brassage, ou plus récemment de magnésium (procédé USIRMAG).
Le passage de la fonte liquide à l'acier nécessite une diminution des teneurs de pratiquement tous les éléments comme le montre la comparaison ci-dessous:
2. ACIER A L'OXYGÈNE
Ce procédé, actuellement le plus répandu, est basé sur l'insufflation d'oxygène pur dans un bain de fonte liquide. On peut ainsi transformer celle-ci en acier liquide, en assurant simultanément l'élimination de C, Si, Mn, P et S et l'élévation de température nécessaire pour passer de la fonte liquide (1250 °C en moyenne) à l'acier liquide (1600 °C en moyenne).Le réglage de la température finale se fait par introduction de ferrailles à refondre.
3. ACIER ÉLECTRIQUE
La filière de la refusion des ferrailles utilise un four à sole réfractaire sur laquelle sont placées les matières à refondre.
L'énergie thermique est fournie par production d'arcs électriques entre trois électrodes et la charge. Naguère réservé à l'élaboration d'aciers spéciaux, le procédé électrique assure actuellement une part importante du tonnage des aciers courants. Il a, dans ce domaine, définitivement remplacé l'élaboration sur sole au four Martin.
Le procédé électrique basique est le plus répandu, il est caractérisé par:
. Une haute température du bain (+ 1 800°C) facilement réglable, ce qui facilite la fusion des laitiers très réfractaires et la réduction des oxydes.
. La non-intervention de l'atmosphère du four qui est neutre. Les réactions ont uniquement lieu entre le bain et les additions à l'aide desquelles on peut réaliser un milieu oxydant ou réducteur. On peut en outre réaliser la fusion d'éléments oxydables comme le Cr sans perte par formation d'oxydes.
COULÉE DE L'ACIER
La coulée de l'acier liquide, si on excepte les aciers moulés, s'opère selon deux techniques différentes.
. Coulée en lingotières qui reste prépondérante dans les pays de technologie sidérurgique peu développée
. Coulée continue qui est devenue prépondérante dans les pays de technologie sidérurgique développée (Japon, Allemagne, Italie). La France est en position moyenne après ces derniers.