Décision
D’investissement
et
de financement
La politique financière consiste à définir le cadre de référence des décisions financières en accord avec la politique générale de l’entreprise.
Les principaux axes retenus et autour desquels se définit la politique financière :
Elle permet de hiérarchiser les priorités, de sélectionner les décisions et définir les objectifs financiers.
La pratique de la stratégie financière est abordée selon ses deux composantes :
Les deux décisions sont intimement liées : pour réaliser ses objectifs de croissance et de profits, l’entreprise se heurtent à des sources de financement nécessairement limitées. En ce qui concerne la politique d’investissement, elle a au contraire, un éventail de projets en nombre pratiquement illimités. Une sélection entre divers projets s’avère donc nécessaire.
Décisions d’investissement
Décision de financement
Plan de financement
Évaluer, sélectionner
les investissements
Définitions, Typologie et Caractéristiques des investissements
I- Définitions :
II- Typologie des investissements :
1- Selon leur nature :
Il s’agit des investissements : corporels, financiers, incorporels
2- Selon leur objectif et leur risque :
3- Suivant que l’investissement est productif ou non productif :
Investissements non productifs: de prestige, sociaux ou de sécurité
Investissements productifs: renouvellement, expansion…
Evaluation des projets d’investissement dans un objectif de minimiser les coûts des sources de financement
Evaluation des projets d’investissement dans un objectif d’une rentabilité économique et financière suffisante
III- Caractéristiques de la décision d’investissement
IV-INVESTIR: quelle utilité pour les agents économiques?
Pour l’individu: Maximisation de la fonction d’utilité a travers :
Placement de l’épargne
Réalisation de projets d’investissement
Atteinte d’objectifs personnels : dépassement de soi, accomplissement, considération sociale…..
Pour l’entreprise : Maximisation de la valeur (effet sur la valeur intrinsèque, effet sur le cours boursier, solidité des fondamentaux de l’entreprise…)
Pour l’État : un levier fondamental de la stabilité économique à travers ses politiques budgétaire et monétaire.
Processus de la décision d’investissements
Étude des paramètres
d’investissement
Étude des critères de
Choix d’investissement
Plans
d’investissement et
de financement
Sélection des investissements sur la base de la rentabilité économique
Sélection des investissements sur la base de la rentabilité financière
Cette succession dans les calculs correspond donc à une séparation dans le processus de décision entre :
La recherche du financement optimal indépendamment du choix des investissements implique de rattacher les flux de trésorerie aux cycles auxquels ils se rapportent :
Flux de trésorerie des opérations d’exploitation
Flux de trésorerie des opérations d’investissement
Flux économiques
Flux de trésorerie des opérations de financement provenant des tiers
Solde des flux de trésorerie prévisionnels
A
B
A+B
C
A+B+C
Mesure de la rentabilité économique
Calcul du coût des sources de financement
Mesure de la rentabilité financière
Détermination des paramètres du projet d’investissement
Décaissements
Encaissements
I0
0 1 2 3 4
FNT 1
FNT 2
FNT 3
FNT 4
Par convention : Début de l’année 1 = année 0
Les flux de trésorerie sont perçus en fin d’année
1- Evaluation du montant global de l’investissement
Le montant global de l’investissement comprend :
Coût des études préalables (généralement exclus)
EXEMPLE :
L’entreprise ALPHA envisage d’acquérir une nouvelle machine pour 600 000 dhs TTC. Les frais d’installation et de formation du personnel s’élèvent à
20 000 dhs HT. Cette machine viendrait remplacer un matériel plus ancien cédé pour 130 000 dhs. Par ailleurs, l’entreprise est amenée à utiliser une pièce qu’elle possède déjà et dont la valeur de marché est de 15 000 dh HT.
La machine ayant une capacité de production plus importante, il est probable que les stocks seront amenés à augmenter de 20 000 dhs, les créances clients de 18 000 dhs ; les dettes fournisseurs augmenteront quant à elles de 7 000 dhs. Préalablement à cette acquisition, l’entreprise avait demandé une étude d’opportunité de remplacement de cette machine à une société de conseil, qui avait coûté 9 000 dhs HT. Le taux de l’IS est de 30%.
2- Détermination de la durée de vie utile de l’investissement
C’est la période sur laquelle se fera l’étude prévisionnelle. Or, il existe plusieurs durées de vie.
De ces trois durée, il faut retenir la plus courte pour l’étude de rentabilité.
Plus la durée est importante, plus les prévisions sont incertaines.
3- Estimation des flux nets de trésorerie
FNT n = Encaissements n – Décaissements n
ou n indique l’année concernée
C’est la différence entre charges décaissées et produits encaissées.
Pour en connaître le montant, il faut partir du CPC prévisionnel et le rectifier de la dotation aux amortissements, de la variation du BFRE et de la valeur résiduelle de l’investissement.
Tableau type pour l’analyse des flux nets de trésorerie liés à l’exploitation d’un investissement | ||||
Dates | 0 Début 1 | 1 Fin 1 | 2 Fin 2 | 3 Fin 3 |
Encaissements (+)
| | X | X | X X X |
Décaissements (-)
| X X | X | X | |
Flux nets de trésorerie (Encaissements – Décaissements) | FNT0 | FNT1 | FNT2 | FNT3 |
Flux nets de trésorerie cumulés | X | X | X | X |
L’entreprise GAMA acquiert des équipements pour 350 000 dhs HT l’année 0. Ces équipements sont amortissables linéairement en cinq ans. Cet investissement générera un chiffre d’affaire annuel de 300 000 DHS, de l’année 1 à l’année 5. Le taux de marges sur coût variable sera de 60%. Les charges fixes annuelles comprendront les charges d’amortissement plus 20 000 DHS. Le BFR normatif sera de 180 DHS pour un DH de chiffre d’affaires par jour. Après cinq ans, les équipements seront revendues pour 60 000 dhs. Le coût du capital est de 12%. L’ IS est de 30%
Calculer les flux de trésorerie actualisés
Exemple :
4- Taux d’actualisation :
Il permet de comparer des flux de trésorerie intervenant à des moments différents. En effet, l’argent n’a pas la même valeur dans le temps.
L’actualisation traduit le renoncement à la liquidité immédiate : «préférez-vous 1DH aujourd’hui ou demain? »
« le taux d’actualisation est le taux qui permet de rendre comparable un revenu ou une dépense futurs à un revenu ou une dépense immédiats.
L’actualisation est calculée en intérêts composés sur la base d’un taux annuel. » le dictionnaire de la bourse
Deux conséquences de l’application de l’actualisation :
Les notions/concepts de base : l’actualisation
Années | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | Total |
Résultats non actualisés | - 40 | 10 | 20 | 25 | 25 | 20 | 60 |
Années | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | Total |
Coef d’actualisation t = 5% | 1 | 0,95 | 0,91 | 0,86 | 0,82 | 0,78 | |
Résultats actualisés | - 40 | 9,5 | 18 | 22 | 21 | 16 | 45 |
Années | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | Total |
Coef d’actualisation t = 10% | 1 | 0,91 | 0,83 | 0,75 | 0,68 | 0,62 | |
Résultats actualisés | - 40 | 9 | 17 | 19 | 17 | 12 | 34 |
Années | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | Total |
Coef d’actualisation t = 20% | 1 | 0,83 | 0,69 | 0,58 | 0,48 | 0,4 | |
Résultats actualisés | - 40 | 8 | 14 | 14 | 12 | 8 | 17 |
Le choix d’un taux d’actualisation : critères objectifs + critères subjectifs
Taux plafond
+ Aversion au risque
+ Santé financière de l’entreprise
+ Prime de rentabilité / secteur d’activité (la « béta » d’un projet)
+ Prime de risque attachée au projet d’investissement
+ Taux de placement sans risque (marchés des obligations)
Taux plancher (taux de référence d’un placement sans risque : bons du Trésor, obligations d’Etat à moins d’un an)
Dans une optique d’investissement, on se place dans l’attente d’une rentabilité future. Le taux d’actualisation renvoie alors à trois raisonnement . Le taux d’actualisation comme :
Evaluation du projet d’investissement
Pour le choix des investissements il y a des principes de base à respecter :
On notera également que deux projets peuvent être :
1- Taux de rendement comptable
Cette méthode est la seule qui considère les bénéfices et non les flux de trésorerie.
Taux de rendement comptable = Bénéfice annuel moyen / Investissement initial en immobilisations
L’entreprise se fixe arbitrairement un taux limite et élimine les projets pour lesquels le taux de rendement est inférieur à cette limite. Cette méthode simple est actuellement dépassée.
EXEMPLE :
Des immobilisations, dont le prix d'acquisition est 200 000, procureront les bénéfices annuels suivants pour chacune des cinq années à venir : 30 000 , 35 000 , 40 000 , 45 000 , 50 000
Bénéfice annuel moyen = 40 000
Taux de rendement comptable = 40 000 / 200 000 = 20%.
1- Délai de récupération des capitaux investis
Exemple 1 :
Une entreprise de mécanique investit 400 000 DHS dans un nouveau modèle de fraiseuse et réalise ainsi une économie de 120 000 DHS par an en améliorant sa productivité. La durée de vie de la machine est de 5 ans.
Points forts
Points faibles
trouvent en situation de
rationnement de capitaux
d’illiquidité
postérieurs au délai calculé
dont les FNT immédiats sont élevés
En effet l’argent ne garde pas la
même valeur dans le temps
Exemple 2 :
Soit deux investissements A et B dont les flux de liquidité sont les suivants :
PROJET | Investissement | FT1 | FT2 | FT3 | DRCI | VAN à 10% |
A | 2 000 | 2 000 | 0 | 0 | 1 | -182 |
B | 2 000 | 1 000 | 1 000 | 5 000 | 2 | 3 492 |
Le DRCI accorde une importance égale à tous les flux avant la date de recouvrement du montant initial et n’accorde aucune importance aux flux ultérieurs.
2- La valeur actuelle nette (VAN).
VAN = – I0 + FNT 1 ( 1+i) –1 + FNT 2 ( 1+i) –2 +….+ FNT n ( 1+i) –n
VAN = – I0 + ΣFNT k (1 + i ) –k
Avec I0 : investissement initial
FNTK : flux nets de trésorerie année K
i : taux d’actualisation
EXEMPLE
Les flux de trésorerie prévisionnels des opérations d'investissement et d'exploitation de deux projets d'investissement exclusifs sont les suivants :
le taux de rentabilité économique requis est de 10%. Calculons la valeur actuelle nette des deux projets.
VAN(B) 1000 +300 1,1 –1 +400 1,1–2 +400 1,1–3 +500 1,1–4 = 245,34
VAN(A) 1000 +500 1,1–1 +400 1,1–2 +300 1,1–3 +50 1,1–4 = 44,67
Les deux projets ont une rentabilité économique supérieure au taux requis (VAN > 0) mais étant exclusifs l'un de l'autre, il convient de retenir le projet B qui offre la plus forte valeur actuelle nette.
Année | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 |
Projet A FT FT cumulés |
| 500 -500 | 400 -100 | 300 200 | 50 250 |
Projet B FT FT cumulés | -1000 -1000 | 300 -700 | 400 -100 | 400 300 | 500 600 |
Signification de l’actualisation :
Le taux d’actualisation joue un double rôle selon que la trésorerie dégagée par le projet d’investissement est négative ou positive.
Flux économiques dégagés
Positifs
Négatifs
Recherche de sources de financements
Excédent de trésorerie à réinvestir
les flux sont pris en compte sur la
période d’investissement
financement
projets dont la durée de vie est
différente
projets dont la taille est différente
Relation VAN et taux d’actualisation :
Soient deux projets exclusifs A et B. Calculons la VAN en faisant varier le taux d’actualisation entre 6% et 20%.
| Périodes | 0 | 1 | 2 | 3 |
Projet A Projet B | Flux de la période Flux de la période |
| 300 500 | 500 600 | 600 250 |
Flux économiques (investissements + exploitation)
Taux | Projet A | Projet B |
6% 7% 8% 9% 10% 11% 12% 13% 14% 15% 16% 17% 18% 19% 20% | 232 207 183 159 137 115 94 73 53 33 15 -4 -21 -39 -56 | 216 196 176 157 138 120 103 86 69 53 37 22 7 -8 -36 |
On appelle taux d’indifférence le taux pour lequel la VAN des deux projets est égale.
VAN (A) = VAN (B) soit 9,6291%
3- L’indice de profitabilité (ou indice de rentabilité)
Indice =
IP ou IR =
Σ FNTK (1+i)- K
I0
Pour qu’un investissement considéré soit acceptable, il faut que son indice de profitabilité soit supérieur à 1.
Indice =
IP ou IR =
VAN
I0
+1
Examinons les deux projets suivants et calculons l’IP :
0
1
2
3
0
1
2
3
100
40
60
30
300
120
180
90
VAN à 10% = 8,49
VAN à 10% = 25,47
L’IP permet de comparer des investissements de montants différents.
L’IP mesure l’avantage relatif d’un projet. La VAN mesure l’avantage absolu susceptible d’être retiré d’un projet.
Avantages
Inconvénients
les flux sont pris en compte sur la
période d’investissement
financement
projets dont la taille est différente
projets dont la durée de vie est
différente
4- Taux interne de rentabilité
On recherche donc i tel que :
VAN = 0
ΣFNT k (1 + i ) –k – I0 = 0
| Périodes | 0 | 1 | 2 | 3 |
Projet A Projet B | Flux de la période Flux de la période |
| 300 500 | 500 600 | 600 250 |
Taux | VAN Projet A | VAN Projet B |
6% 7% 8% 9% 10% 11% 12% 13% 14% 15% 16% 17% 18% 19% 20% | 232 207 183 159 137 115 94 73 53 33 15 -4 -21 -39 -56 | 216 196 176 157 138 120 103 86 69 53 37 22 7 -8 -36 |
TIR (A) = 16, 79%
TIR (B) = 18,46%
A
B
Si ce coût est supérieur il faut renoncer à l’investissement.
n’intervient dans le classement des
projet, c’est une méthode qui ne
prend en compte que les données
propres à l’investissement
actuariel
VAN et TIR intégrés ou globaux
pour éviter que le taux d’actualisation ne servent à la fois de taux de rémunération des ressources et de placement des excédents de trésorerie, on définit un taux de réinvestissement des flux économiques positifs différent du taux d’actualisation de la VAN et du TIR.
Cette méthode de la VAN et du TIR intégrés ou globaux est intéressante lorsque les critères du TIR et de la VAN peuvent donner lieu à des décisions différentes :
1er cas : différence dans les montants :
Projet | Montant investi | FT 1 | TRI | VAN à10% |
A | 100 | 200 | 100% | 82 |
B | 10 000 | 15 000 | 50% | 3636 |
2ème cas : différence dans les profils des flux :
Projet | Mt investi | FT1 | FT2 | FT3 | TRI | VAN à9% |
A | 155,22 | 100 | 0 | 100 | 14% | 13,74 |
B | 155,22 | 0 | 0 | 221 | 12,5% | 15,43 |
Selon la VAN, il faut préférer le projet B. selon le critère du TRI, il faut choisir le projet A. Quel projet retenir?
Exemple :
Soit le projet suivant :
| 0 | 1 | 2 | 3 | 4 |
Projet A | 100 | 20 | 50 | 40 | 30 |
Et supposant que les cash-flows soient réinvestis au taux de 12%.
Et admettons que le coût du capital soit de 10%
Calculons la VANG et le TIRG
| 0 | 1 | 2 | 3 |
Projet A |
| 1 000 | 8 000 | 13 000 |
Projet B |
| 12 000 | 5 000 | 2 000 |
Conflits critères de choix d’investissement
Deux projets d’investissement mutuellement exclusifs sont envisagés. Le coût du capital de l’entreprise est de 10%.
Les flux de trésorerie (en milliers de DHS) figurent dans le tableau ci-dessous.
Travail à faire :
DÉCISION
DE
FINANCEMENT
Programme
d’investissements
Besoins de financements
Sélection des projets d’après critères
de rentabilité économique
Cohérence avec la stratégie industrielle
et commerciale
Sélection des financement
Plan de financement
Cohérence avec la politique financière
détermine des
Règles de l’équilibre minimum
Les emplois stables doivent être financés
par les ressources durables
Règles de l’endettement maximum
Le montant des dettes financières
ne doit pas excéder le montant des
fonds propres
Règles de capacité de
remboursement
Le montant de la dette financière
ne doit représenter plus de 3 ou
4 fois la capacité
d’autofinancement annuelle
moyenne prévue
Règles du minimum d’autofinancement
L’entreprise doit autofinancer une partie des
investissements pour lesquels
elle sollicite des crédits
Contraintes de financement
Financement interne
Sources de financement
Financement externe
Sources de financement
Sources
de
financements
Fonds propres
Et
Quasi-FP
Endettement
Internes
Externes
Augmentation du capital
Apports en comptes courants d’associés
Subvention d’investissement
Cessions d’immobilisation
Autofinancement
Par les banques
Par les sociétés financières et institutions financières
Par le marché des capitaux
Par le crédit inter-entreprises
Le coût des sources de financement
Le financement d'un investissement est réalisé par des ressources propres d'origine interne (autofinancement) ou externe (augmentation de capital) ou par des dettes financières.
Ces ressources doivent être rémunérées. Le calcul du coût du financement est classique pour les emprunts, il est plus délicat pour le crédit-bail et les fonds propres.
Le financement d'un projet est la plupart du temps réalisé par combinaison de plusieurs ressources. Le coût du financement global repose sur la notion de coût moyen pondéré du capital.
Autofinancement et la politique des dividendes :
L’autofinancement présente des caractéristiques attrayantes pour les dirigeants d’entreprise :
QUELS SONT LES AVANTAGES DE L’AUTOFINANCEMENT?
L’autofinancement maintient l’épargne dans sons secteur d’origine ; or cela auraient pu être distribués aux actionnaires, qui les auraient investis dans des secteurs d’activités plus porteurs ; ces fonds auraient ainsi été utilisés de façon plus efficace.
Une appréciation rapide conduit à considérer que l’autofinancement, ne faisant pas l’objet d’une rémunération explicite, est une ressource gratuite. Or, à l’autofinancement est associé un coût d’opportunité : les actionnaires auraient pu, si ces fonds leur avaient été distribués, procéder à un placement rentable.
Ils ne vont accepter de laisser le résultat dans l’entreprise qu’à la condition que celle-ci leur offre une rémunération au moins égale à celle qu’ils auraient pu espérer sur le marché?
EST-IL EXACT QUE L’AUTOFINANCEMENT DIMINUE LA MOBILITÉ DU CAPITAL DANS L’ÉCONOMIE?
QUEL EST LE COÛT DE L’AUTOFINANCEMENT POUR L’ENTREPRISE?
QUELLES SONT LES DIFFERENTES POLITIQUES DE DISTRIBUTION DE DIVIDENDES ?
Le versement de dividendes
Chaque année, le CA propose en AG une affectation possible du résultat distribuable de l’exercice.
Résultat distribuable = Résultat net de l’exercice – pertes antérieures - réserves à constituer + report à nouveau bénéficiaire
On distingue :
– date d’enregistrement
– date ex-dividende
– date de paiement
• Tous les trimestres (E.-U.) ou tous les ans (France et au Maroc)
| Année 1 | Année 2 | Année 3 | Année 4 | Année 5 |
Société A BPA Dividende | 30 20 | 38 22 | 42 24 | 33 26 | 55 28 |
Société B BPA Dividende | 30 20 | 40 26 | 50 33 | 36 24 | 45 30 |
Société C BPA Dividende | 35 20 | 40 20 | 50 20 | 0 20 | 30 20 |
Société D BPA Dividende | 35 20 | 40 20 | 45 20 | 10 0 | 0 0 |
On considère les politiques de dividendes de quatre sociétés :
Caractériser les politiques de dividendes adoptées par les quatre entreprises.
En quel sens le dividende peut-il représenter un signal ?
LA POLITIQUE DE DIVIDENDES A-T-ELLE UN IMPACT SUR LA VALEUR DE L’ENTREPRISE?
La politique de distribution des dividendes est neutre, mais les hypothèses qui sous-tendent ce résultat sont celles d’un marché parfait :
Comment peut-on calculer le CMP du capital de l’entreprise?
Le coût du capital d’une entreprise correspond au coût des différentes ressources (dettes, obligations convertibles, capitaux propres), pondérées par le poids dans son financement.
Deux remarques doivent être formulées.
Quelle est l’utilité du coût du capital pour une entreprise?
La connaissance du coût du capital d’une entreprise est essentielle pour la sélection des investissements de l’entreprise. Pour un risque égal au risque moyen de l’entreprise, on retient un investissement présentant une rentabilité au moins égal au coût des ressources, on rejette tout investissement dont la rentabilité est inférieure à ce coût.
Coût moyen pondéré du capital (CMP)
Lorsque l’entreprise a recours à plusieurs sources de financement, le coût moyen du financement dépend du coût de chacune des ressources.
Cfp Coût des fonds propres ou taux de rentabilité requis par les actionnaires
Cd Coût de la dette financière après impôt
D Valeur de marché des dettes financières
CP Valeur de marché (boursière par exemple) des fonds propres
Le CMP doit être calculé à partir des valeurs de marché qui représentent le capital investi à un instant donné et non à partir des valeurs comptables.
Le CMP n’est valide qu’à la condition que la structure de financement soit stable.
CMP = Cfp x + Cd x
CP
D+CP
D
D+CP
EXEMPLE
Les ressources d’une société sont constituées de 100 000 actions de valeur nominale 100 dhs cotées 650 DHS et de 20 000 obligations remboursables à 1 000 DHS, cotées 1 100 DHS.
Le coût des fonds propres est de 15% et le coût de la dette après impôt de 5%.
Coût des Capitaux Propres :
Le coût des capitaux propres est le taux de rentabilité exigé par les actionnaires.
Le calcul de ce taux peut se faire soit à l’aide des modèles actuariels (le plus connu est celui de Gordon Schapiro) soit à l’aide du modèle d’équilibre des actifs financiers (MEDAF)
Formule de Gordon : donne le coût des CP dans l’hypothèse où les dividendes croissent selon une progression géométrique
t = ( D1/C0 ) + g
Formule du MEDAF : Ri = Rf + β[ E(Rm) – Rf ]
Exemple 1 :
Les cours de l’action X est de 500. quel est le coût des CP si les dividendes attendus sont :
Constants et égaux à 40
Croissants au taux annuel de 4% avec D1 = 30
Exemple 2 :
La société MEDAF s’interroge sur l’opportunité de réaliser un investissement hôtelier de deux hypothèses favorable et l’autre défavorable. Le taux de rentabilité du marché du marché est aléatoire et son espérance mathématique est estimé à 10%.
Déterminer le taux de rendement Ri exigé par les actionnaires de la société MEDAF
Quel est le coût du capital que l’entreprise doit retenir pour calculer la VAN
L’entreprise doit-elle réaliser le projet?
Coût des dettes financières (les emprunts et le crédit bail)
Le coût d’une dette financière correspond au taux de revient après impôt de cette ressource. Le taux de revient est le taux qui égalise la somme prêtée à la valeur actuelle des paiements ou, en raisonnant sur les flux nets de trésorerie, le taux tel que la valeur actuelle des flux de trésorerie soit nulle.
Coût des emprunts
Pour un emprunt à taux fixe, ne comportant d’autre charge que l’intérêt, l’intérêt étant versé à terme échu, le coût de l’emprunt correspond au taux d’intérêt après impôt soit :
Coût de l’emprunt = taux d’intérêt x (1 – taux d’impôt sur les bénéfices)
EXEMPLE 1 :
Le taux de l’impôt sur les bénéfice est de 33 1/3%. Un emprunt dont le taux nominal est de 12% .
Calculer le coût de l’emprunt.
EXEMPLE 2 :
L’entreprise ABC, bénéficiaire, est confrontée à deux propositions de financement bancaire pour un montant de 500 000 dhs sur une durée de quatre ans. Le taux d’impôt sur les bénéfices est de 30%.
Proposition 1 : taux nominal 10,7% ; amortissement constant, frais de dossier 5 000 dhs à payer au moment de l’obtention du prêt.
Proposition 2 : taux nominal 10,5% ; remboursement in fine, frais de dossier 9 000 dhs à payer au moment de l’obtention du prêt.
Sur la base du coût actuariel net, quelle est la meilleure solution pour l’entreprise.
Calculer le coût de l’emprunt.
EXEMPLE 3 :
Une société soumise à l’impôt aux taux de 33 1/3% émet des obligations de 5 000 aux prix de 4 950. Le taux nominal est de 12%. Les obligations sont remboursées in fine après cinq ans au prix de 5 100. La prime de remboursement est amortie en cinq fractions égales de 30.
Calculer le coût de l’emprunt obligataire.
Emprunt obligataire ou emprunt bancaire?
La société ABE souhaite réaliser un projet d’investissement d’un montant de
3 000 000 DHS mais n’a pas encore arrêté son choix en matière de financement. En effet, elle a le choix entre :
Un emprunt bancaire sur 5 ans au taux de 10% remboursable par annuités in fine. Les frais de dossiers, versés à la signature du contrat, s’élèveraient à 1% du capital emprunté et l’entreprise devrait verser annuellement 21 000 DHS au titre de l’assurance obligatoire ;
Un emprunt obligataire sur 5 ans au taux nominal de 8,5% remboursable in fine. Les frais d’émission s’élèveraient à 1,5% du produit brut de l’émission et serait amortissable sur la durée de l’emprunt. La valeur nominale d’une obligation serait de 1 000 DHS et le prix de remboursement serait de 1010 DHS.
Le taux de l’IS est 331/3%
Calculer le coût de revient de l’emprunt bancaire et l’emprunt obligataire.
Quel financement conseillez-vous à la société?
Coût du crédit-bail
Le taux actuariel exprimant le coût du crédit bail est le taux d’actualisation assurant l’équivalence entre la valeur à neuf du bien faisant l’objet d’un contrat et les flux monétaires résultant de l’exécution du contrat.
Les flux de dépenses comprennent :
EXEMPLE
Soit un contrat de crédit-bail portant sur un matériel, valeur à neuf 400 000 HT, amortissable en linéaire sur 5 ans.
Ce contrat est conclu début (N) pour 4 ans moyennant le versement de 4 loyers annuels payables d'avance de 29,5% de la valeur du bien.
Option d’achat intervenu le 1er janvier N+4 au prix d’exercice de 3% de la valeur du bien. L’entreprise gardera le bien 4 ans après l’option d’achat.
Le taux d'impôt retenu est de 33 1/3 % et l'entreprise est bénéficiaire.
Calculer le coût du crédit bail
La société ACE
La société ACE souhaite réaliser un projet d’investissement d’un montant de
400 000 DHS amortissable linéairement sur 5 ans. Elle a le choix en matière de financement entre :
Le taux de l’IS est 331/3%, taux d’actualisation 7%.
Quel financement conseillez-vous à la société en utilisant le critère de la liquidité restant à la disposition de l’entreprise du fait de la réalisation de ce projet.
Pour traiter cette question, il est indiqué que, dans le cas d’un autofinancement à 100%, les CAF successives sont constatées et égales à 100 000 DHS chacune.
Méthode de la VAN ajustée
La VAN ajustée est décomposée en deux parties :
VAN ajustée
=
VAN de base + VAN de financement
Exemple :
Une entreprise étudie un projet d’investissement de même risque que ses autres actifs. Si les actifs étaient financés exclusivement par capitaux propres, les actionnaires exigeraient un rendement minimal de 15%.
Le capital investi s’élèveraient à 500 000. Les recettes annuelles nettes seraient de 124 000 pendant les quatre premières années et de 310 000 pour la cinquième année.
Le projet est partiellement financé par un emprunt de 150 000 au taux de 12%, amortissable en 5 fractions égales. Le taux de l’impôt sur les bénéfices est de 331/3%.
Calculer la VAN ajustée.
Financements par fonds propres :
Avantages | Inconvénients |
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Avantages | Inconvénients |
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Financements par endettement :
Avantages | Inconvénients |
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Avantages | Inconvénients |
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Le plan de financement
Chaque année, quand les investissements sont décidés, l’entreprise doit contrôler l’équilibre à moyen terme de son financement et la couverture de ses capitaux investis
C’est la plan de financement qui rend possible ce contrôle et cette prévision
Le plan de financement est un document important :
Permet d’évaluer la capacité de
distribution de dividendes
Synthétise et concrétise les options
Stratégiques des dirigeants pour
le moyen terme
Apprécie la politique d’investissement
et
de financement
Instrument de négociation pour
l’obtention de ressources auprès des
partenaires financiers
MODÈLE DU PLAN DE FINANCEMENT ?
| N+1 | N+2 | N+3 |
Ressources
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TOTAL DES RESSOURCES | | | |
Emplois
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TOTAL DES EMPLOIS | | | |
RESSOURCES - EMPLOIS | | | |
Trésorerie en début d’exercice Trésorerie en fin de période | | | |
COMMENT SE CONSTRUIT LE PLAN DE FINANCEMENT ?
Préparation du plan
Équilibrage du plan
Plan de financement
L’entreprise ALPHA envisage de réaliser un investissement de 6 000 000 dhs au début de l’année 1. Cet investissement sera amorti linéairement sur 5 ans. Un matériel sera cédé à sa valeur nette comptable de 250 000 dhs.
L’EBE prévisionnel est estimé à 3 700 000 dhs pour chacune des années 1 à 3. L e BFRE augmentera de 2 000 000 dhs au début de la première année et se stabilisera ensuite. La trésorerie de l’entreprise disponible au début de l’investissement est limitée à 500 000 dhs.
Le taux de l’impôt sur les bénéfices est retenu à 40%.
Etablir le plan de financement de l’entreprise.
L’entreprise ALPHA décide de procéder à une augmentation de capital d’un montant de 2 000 000 dhs libérer en totalité au début de la première année, générant 65 000 dhs de dividendes annuels supplémentaires.
D’autre part, elle emprunte 5 250 000 dhs au début de la première année au taux de 5% remboursables par amortissement constants, le premier en fin d’année 1.
Etablir le plan de financement de l’entreprise après ces différentes modifications.