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ALANA LA DORMEUSE

D’après un vieux conte des Peuples Premiers d’Amazonie

Ou comment aborder la jalousie avec les enfants.

Alain LANDY 2025

Livre à colorier

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LE CONTE MERVEILLEUX

Le conte merveilleux, parfois appelé « conte de fées », est un sous-genre du conte.

Dans ce type de littérature, interviennent des éléments surnaturels ou féeriques, des opérations magiques, des événements miraculeux propres à enchanter le lecteur, ou l'auditeur dans le cas d'une séance de conte, généralement empruntés au folklore.

La plupart des récits appartenant à ce genre littéraire ont circulé de bouche à oreille, avant d'être l'objet au XVIIème siècle en Europe de collectages, retranscriptions à l'écrit et de se retrouver relativement fixés dans leur forme et contenu.

On trouve des contes merveilleux dans pratiquement toutes les cultures.

Lien pour d’autres contes de Guyane :

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Yé krik ! Yé krak !

Il y a de nombreuses lunes, dans un petit village sur les bords du fleuve Oyapock, vivait un grand chef, nommé Païda. Sa femme, Mamak, exhibait son joli ventre rond, car elle attendait enfin un enfant. Païda et Mamak étaient aimés et respectés de tous, bien au-delà de leur village.

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Et c’est par une nuit constellée d’étoiles et baignée par la clarté d’une pleine lune, leur dispensant ses bénédictions, que Mamak mit au monde une magnifique petite fille.

- Nous l’appellerons Alana, ce qui signifie « belle et calme » avait murmuré Mamak.

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Et pour rendre hommage à cette petite créature tant attendue, endormie paisiblement contre la poitrine maternelle, les femmes du village apportèrent, tour à tour, leur plus beau présent.

Poteries, vanneries, colliers et bracelets de perles entouraient maintenant Alana et sa maman.

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Or, dans le village de Païda , vivaient deux jeunes chamans, frères de sang : l’aîné, Patawa, homme médecine, était gentil et bienveillant, toujours prêt à soigner ceux qui faisaient appel à lui.

Papak, le cadet, était jaloux et d’un naturel méchant.

Et lorsqu’il s’agissait de jeter un mauvais sort à quelqu’un, c’est évidemment Papak que l’on allait voir.

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Quelques temps après la naissance d’Alana, Mamak se rendit dans le carbet de Patawa, le bienveillant chaman, afin qu’il invoque les Esprits de la forêt, susceptibles d’apporter à sa fille chérie, protection, santé et sagesse.

Papak, qui revenait, lui, d’une excursion en forêt, aperçut Mamak et sa fille, auprès de son frère rival. Le méchant homme en ressentit alors une vive et féroce jalousie.

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Aussi, le matin suivant, profita-t-il de l’absence de Païda, parti à la chasse, pour rendre une petite visite à Mamak et à sa fille Alana.

Peu sensible aux beaux sourires que lui prodiguait le bébé, Papak jeta un regard de feu à Mamak qui l’entendit, horrifiée, proférer cette malédiction :

- Petite fille, quand tu auras vécu deux cents lunes (15 ans), tu te blesseras avec une flèche empoisonnée et ta blessure ne guérira pas. Ainsi, tu mourras, avant d’être devenue une femme.

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Mamak pleura toutes les larmes de son cœur de mère en informant son mari.

Païda demanda alors à tous les chasseurs de sa tribu de cacher soigneusement leurs arcs, leurs flèches ainsi que le poison qu’ils utilisaient. Puis, quand Alana fut en âge de marcher, ses parents lui interdirent formellement de sortir des limites du village.

Ainsi passa le temps… Les jours succédèrent aux jours et les lunes aux lunes.

Alana grandit en beauté et en sagesse.

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Au jour même de sa deux-centième lune, Alana accompagna hors du village Alapatou, le jeune et beau chasseur qui la courtisait et faisait battre son cœur.

Et ce que le méchant Papak avait prédit arriva : Alana se blessa avec l’une des flèches empoisonnées d’Alapatou et tomba inanimée sur le sol humide.

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Après avoir désespérément tenté de la ranimer, Alapatou la souleva dans ses bras puissants et la ramena au village. Il l’allongea avec précaution dans son propre hamac et courut chercher Patawa le généreux chaman.

Durant des jours qui semblaient une éternité, Patawa fit de nombreuses incantations et administra à Alana des remèdes dont il avait seul le secret.

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Le cœur d’Alana battait faiblement dans sa poitrine, si bien que la jeune fille sembla sans vie durant de nombreuses semaines. Patawa, Mamak et Païda invoquaient sans cesse l’aide des plus grands Esprits de la forêt pour obtenir sa guérison. Seul le maudit Papak se réjouissait de ce malheur et affichait sa satisfaction.

Et, par un beau matin, au pipiri chantant, Alana ouvrit enfin les yeux.

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Alana, libérée du mauvais sort que lui avait jeté Papak, fut surnommée « Alana la dormeuse » et devint l’heureuse épouse d’Alapatou, le vaillant chasseur.

Païda, fit bannir l’horrible Papak par le conseil du village, et la douceur de vivre régna à nouveau dans le Pays des Eaux Abondantes*, sur les rives de l’Oyapok.

* Nom donné à la Guyane par ses Peuples Premiers

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Je débats

  1. Où se passe cette histoire ?
  2. Que penses-tu du gentil Patawa ?
  3. Que penses-tu du méchant Papak?
  4. Que penses-tu d’Alana ?
  5. Que penses-tu des proches d’Alana ?
  6. Que penses-tu de la jalousie ?
  7. Quelles leçons de vie tires-tu de ce conte ?
  8. Connais-tu d’autres contes qui parlent des Peuples Premiers de Guyane ?