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JOLIA

Alain LANDY 2026

« Rien n'est plus funeste à notre bonheur qu'une insatiable cupidité, que l'ambition d'une fortune rapide ; que l'envie du bonheur des autres ». Auguste Guyard

Conte à réfléchir d’après un conte de Michel LOHIER

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LES PERSONNAGES PRINCIPAUX DE LA LÉGENDE

LA GANGAN CONTEUSE

JOLIA

DOUDOU

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Il était une fois, en temps longtemps à Rémire-Montjoly en Guyane, une gangan qui aimait raconter des contes et des légendes aux enfants.

Un jour de pluie, de temps sombre et de nuages bas, elle leur révéla l’histoire de Jolia la belle créole de Borga qui voulait devenir riche.

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Yé krik, yé krak.

Le conte que je vais vous relater aujourd'hui s’appelle Jolia et il débute à Borga.

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Les premiers habitants de la Terre des Eaux Abondantes* disaient que la forêt vierge était protégée par des génies invisibles qui se manifestaient dès qu’on la maltraitait.

Il était une fois en Guyane, juste après l’abolition de l’esclavage, Jolia et son mari qui habitaient Borga, un petit village de Guyane proche de Cayenne que l’on appelle aujourd’hui Rémire.

Et voici qu’un matin, en se réveillant, Jolia dit à son époux :

- Doudou, j’ai rêvé cette nuit que tu étais allé à la chasse et que tu avais fait de très bons coups de fusil !

- Chérie, tu sais bien que je dois faire des réparations sur le toit de notre case ! Car, quand il pleut il y a des gouttières !

- Laisse les réparations et va à la chasse, parce que mes rêves sont toujours justes !

Alors Doudou se prépara, appela son chien, prit son fusil et sa gibecière et partit à la chasse dans la proche forêt sans plus attendre.

* Nom donné à la Guyane par ses premiers peuples.

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De toute la journée, il ne tira que sur un seul gros perroquet curieux qui s’était attardé sur une branche basse.

- Ayo ! Dit Jolia un peu déçue en voyant l’unique oiseau mort, je vais aller le vendre à Cayenne !

Elle céda le perroquet à un bon prix et avec l’argent, elle put faire quelques achats dans la ville capitale.

Puis, l’envie lui prit de passer près du Canal Laussat.

Une tapouille brésilienne débarquait du couac. L’homme vendait et sa femme encaissait l’argent qu’elle rangeait dans un sac en cuir qui était déjà presque plein.

Jalouse, Jolia rentra rapidement chez elle et raconta son périple à son mari.

- Doudou, allons sans plus tarder nous installer au Brésil en pleine forêt, changeons de pays et nous allons y faire fortune.

Bien que réticent, Doudou fit ses bagages.

Le couple partit dès le lendemain pour Saint-Georges-de-l‘Oyapock puis, il traversa le fleuve sur une pirogue. Le piroguier leur indiqua un chemin pour trouver à coup sûr un terrain dans la forêt primaire où ils pourraient s’installer. Près d’une petite montagne, ils choisirent une parcelle de forêt vierge.

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Avec leurs sabres, ils travaillèrent sans relâche pour préparer un immense abattis.

Après avoir brûlé les arbres coupés et agencé le terrain, ils plantèrent du manioc, des bananiers et du maïs.

Dans un cabanon rapidement édifié, ils attendirent la récolte future.

Tous les matins, Jolia contemplait son œuvre.

Quand l’heure de la cueillette sonna, elle était fière de leur travail.

- Admire Doudou ! Admire ces superbes bananes, ces énormes pieds de manioc et ces magnifiques épis de maïs !

Mais Doudou était toujours aussi dubitatif. Il pensait que les choses avaient été trop faciles à mener à bien et qu’il faudrait tôt ou tard en payer le prix.

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Mais, quand Jolia s’approcha d’un épi de maïs pour le cueillir, elle entendit des voix étranges lui dirent fermement :

- Stop Jolia, arrête immédiatement ! Tu vas cueillir notre maïs !

Puis, quand elle s’approcha d’un régime de bananes pour le récolter, elle entendit les mêmes voix lui exprimer encore plus fermement :

- Stooop Jolia, arrête immédiatement ! Tu vas récolter nos bananes !

Elle resta coite et immobile comme une statue devant les bananiers qui pliaient sous le poids de leurs fruits.

C’est à ce moment-là qu’un énorme taon se posa sur sa jambe.

Aussitôt, avant qu’il ne la pique, son mari bienveillant le tua d’un coup de plat de sabre. C’est alors qu’elle reçut une volée de coup de plat de sabres invisibles. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, son corps entier était couvert d’ecchymoses.

- Tu vois ma femme, je t’avais prévenue ! Cette terre n’est pas à nous ! Cette forêt ne nous appartient pas ! Il fallait rester chez nous et vivre modestement ! Expliqua tristement Doudou en hochant la tête lentement de haut en bas.

Tout penauds et les poches vides, Jolia et son mari rentrèrent précipitamment à Borga.

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Et voilà la conclusion :

Un jour de promenade, dans un coin isolé de la ville de Rémire-Montjoly où je réside désormais, devant une vieille case un peu délabrée, deux gangans comme moi étaient assis sur un banc en bois pays.

C’était Jolia et Doudou. Ils se levèrent et m’invitèrent à boire une tasse de café.

Après m’avoir raconté la mésaventure que vous venez d’entendre, je dis à Jolia en faisant la grimace :

- L’ambition n’est-elle pas mauvaise conseillère ? Voyez où elle vous a conduits !

- Ne m’en parlez pas ma bonne dame. Les coups de plat de sabre de ces terribles génies invisibles défenseurs de la forêt primitive m’ont corrigée pour le restant de mes jours !

Tanbou lwen gen pli bèl son. Tambour lointain produit un plus joli son (L'herbe est toujours plus verte ailleurs).

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D’après un conte rapporté par Michel Lohier page 81 dans son ouvrage : Légendes et contes de Guyane.

Michel Lohier est un homme de lettres guyanais. Né à Iracoubo en 1891, il est décédé en 1973.

Passionné d’histoire et de culture, il est le père des personnages de contes guyanais Konpè Tig, Konpè Moustik ou encore Konpè Makak que l’on retrouve dans son ouvrage « Légendes et contes folkloriques », publié en 1960. Michel Lohier a également écrit le titre Aboubou de Tonton Jo.

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JE DÉBATS

  1. Où se passe cette légende ?
  2. Que penses-tu de la gangan conteuse?
  3. Que penses-tu de Jolia ?
  4. Que penses-tu de Doudou ?
  5. Que penses-tu des génies invisibles ?
  6. Que penses-tu de la cupidité de Jolia ?
  7. Que penses-tu de la fin de ce conte ?
  8. Quelles leçons de vie tires-tu de cette histoire ?
  9. Connais-tu d’autres contes ou légendes qui parlent de génies invisibles ?
  10. Connais-tu d’autres contes ou d’autres légendes dont l’histoire se situe en Guyane ?

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MOTS EN CROIX : NOUS SOMMES TOUS DANS LE CONTE.

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1.Je suis une belle créole qui voulait devenir riche

2.Je suis une commune de Guyane près de l’Oyapock

3.Je suis l’ancien nom de Rémire

4.Je suis la ville capitale de la Guyane

5.Je suis une commune aujourd'hui associée à Rémire

6.Nous sommes des êtres invisibles

7.Je suis le mari de Jolia

8.Je suis un grand pays frontalier de la Guyane

9.Je suis le nouveau nom de Borga

10.C’est moi qui raconte l’histoire

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MOTS EN CROIX : NOUS SOMMES TOUS DANS LE CONTE.

Je corrige.

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1.Je suis une belle créole qui voulait devenir riche

2.Je suis une commune de Guyane près de l’Oyapock

3.Je suis l’ancien nom de Rémire

4.Je suis la ville capitale de la Guyane

5.Je suis une commune aujourd'hui associée à Rémire

6.Nous sommes des êtres invisibles

7.Je suis le mari de Jolia

8.Je suis un grand pays frontalier de la Guyane

9.Je suis le nouveau nom de Borga

10.C’est moi qui raconte l’histoire

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TROUVE LE BON CHEMIN

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TROUVE LE BON CHEMIN. Je corrige.

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Je colorie la gangan conteuse

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Je colorie Jolia

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Je colorie Doudou

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Je colorie la case de Jolia et Doudou

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Je colorie le plan de maïs

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Je colorie le bananier

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QUELQUES LIENS ET QUELQUES OUVRAGES