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Le peuple du palmier bâche

Conte d’explication et de sagesse

D’après un conte des Peuples Premiers d’Amazonie

Texte et illustrations d’Alain LANDY avril 2025

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Un conte d’explication ou conte étiologique, ou conte du pourquoi est une histoire, orale ou écrite, visant à donner une explication imagée à un phénomène ou une situation dont on ne connaît pas l'origine. Les contes étiologiques expliquent l'origine du monde, des paysages, de l'homme, des animaux, des plantes, etc. Chaque vision étant typique de l'environnement qui lui est propre, chaque culture possède la sienne. On trouvera donc régulièrement plusieurs versions pour un même motif.

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Que me contes-tu là ?

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MAMILIHPAN : UNE MONTAGNE SACRÉE ET UNE SACRÉE MONTAGNE

L’inselberg Mamilihpan ou roche Susky est un piton rocheux situé dans la commune de Maripasoula, dans le Sud-Ouest de la Guyane. Il culmine à une altitude de 404 mètres.

Cette mini montagne isolée doit son second nom à un aviateur guyanais d'origine tchèque, François Susky. En 1995, il organisa une première expédition à pied afin de l'observer. Accompagnés par un groupe d'Autochtones, ils y découvrirent des peintures rupestres. L'aéronaute avait pour habitude de prendre ces îles de granite émergeant au-dessus de la canopée comme point de repère pour sa navigation aérienne.

La roche Susky se situe sur le plateau des Guyanes, au nord des monts Tumuc-Humac et du massif du Mitaraka. Elle est comprise entre deux bassins versants de la forêt amazonienne guyanaise, celui du haut Maroni et celui du Marouini.

Une espèce endémique de scorpion, Ananteris mamilihpan, y a été mise en évidence en 2020.

En 1996, le Service d'archéologie régionale organisa deux expéditions en direction de cette roche. Situé au milieu de la forêt guyanaise non loin de la roche Koutou, ce relief recèle plus d'une centaine de peintures rupestres au sein d'un abri classé monument historique.

En 2022, le rappeur Soso Maness publia une vidéo documentaire, Zone hostile : l'enfer vert, racontant l'expédition qu'il avait entreprise afin d'atteindre la Mamilihpan. Il évoqua cette difficile expérience dans un titre intitulé « Zone hostile » qui parut dans l'album À l'aube.

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Mamilihpan en quelques coups de pinceau

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Yé krik, yé krak !…

Il y a temps longtemps, dans le Pays des Eaux Abondantes*, bien avant que les hommes barbus à la peau couleur de lune n’arrivent sur leurs gigantesques pirogues, il y eut une si longue saison des pluies que les fleuves envahirent toute la terre et s’unirent à la mer océane pour n’étaler qu’une étendue d’eau sans limite.

Tous les villages disparurent sous les flots et leurs habitants furent noyés à l’exception d’un homme et de sa femme qui avaient été avertis de ce déluge imminent en rêve, quelques semaines auparavant.

Dans leur tribu, personne ne les avait pris au sérieux. Même le cacique, le chaman et les anciens s’étaient moqués d’eux.

Dépités, ils avaient alors décidé de quitter leur village.

Emmenant quelques victuailles, ils étaient partis sous une pluie incessante.

Après quelques jours de marche, au loin, ils avaient aperçu une étrange montagne en forme de pain de sucre qui s'élevait bien au-dessus de la canopée.

*Nom donné à la Guyane par ses Peuples premiers.

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En escaladant avec difficulté les parois de cette étrange éminence, ils y trouvèrent enfin refuge.

Les deux voyageurs appelèrent cette roche la Mamilihpan*, la roche au-dessus des lianes**.

Désormais, sur cette hauteur, ils se sentaient en sécurité. Ils ne seraient plus noyés par les inondations qui entouraient maintenant le monticule rocheux à perte de vue.

Pourtant, la pluie ne cessait pas, elle continuait même de plus belle.

Mais, n’était-ce pas sa saison ?

Malheureusement pour eux, au bout de quelques jours, les vivres vinrent à manquer.

*Situé au nord des monts Tumuc Humac en Pays Wayana, ce piton rocheux localisé dans le Sud-Ouest de la Guyane, dans la commune de Maripasoula culmine à une altitude de plus de quatre cents mètres.

** Traduction non confirmée.

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Mais la rescapée, qui avait l’habitude des cueillettes, avait repéré un groupe de palmiers qui semblait s’accrocher au rocher glabre à la limite entre la végétation et la roche nue.

Elle ne connaissait pas cette variété, mais elle savait, depuis sa plus tendre enfance, que très peu de fruits de palmier, voire aucun, sont toxiques, même s’ils contenaient parfois des composants irritants non comestibles.

Alors, avec précaution, elle goûta ses drupes recouvertes d’écailles dures brun-rougeâtre. Leur chair était agréable.

Au fil du temps, avec l’aide de son mari, ils fabriquèrent un abri avec les stipes, les feuilles et les pétioles de ces palmiers. Avec leurs fibres, ils tressèrent des cordes pour confectionner, paniers, filets, hamacs, chapeaux, et vêtements.

Avec leurs stipes riches en amidon, ils réalisèrent de la farine.

Avec les larves qui se développaient à l’intérieur de leur stipe, ils agrémentèrent leur repas.

Ils firent aussi cuire les boutons floraux comme des légumes.

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Ils pressèrent leurs amandes pour en extraire de l’huile qu’ils employèrent en cuisine et pour la fabrication de leurs savons.

Comme les fruits de ces palmiers attiraient beaucoup les oiseaux, les tortues, les pécaris et les agoutis, et tombés dans l’eau, servaient aussi de nourriture aux poissons, ils firent de magnifiques parties de chasse et de pêche.

Grâce à ce palmier et à ses frères, ils purent se nourrir, se vêtir, se laver, avoir un toit...

Ils l’appelèrent d'ailleurs « palmier bâche » car, comme une bâche, il servait à abriter.

Et c’est ainsi que, sans craindre les intempéries, le couple eut des enfants et des petits- enfants qui eurent à leur tour des enfants et des petits-enfants qui, au fil du temps, repeuplèrent le Pays des Eaux Abondantes, pays qui deviendra beaucoup plus tard, notre Guyane.

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Et, c’est peut-être pour toutes ces raisons que, des milliers de lunes plus tard, au début du XIXe siècle, le naturaliste et explorateur allemand Alexander von Humboldt qualifia le palmier bâche d'« arbre de vie ».

Si un jour, vous avez la chance de visiter les environs de ce mystérieux promontoire rocheux, vous découvrirez des peintures rupestres qui vous enchanteront et vous prouveront la véracité de cette histoire que m’a rapportée un vieil ami chaman.

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TROUVE LES DIFFÉRENTS PEUPLES PREMIERS DE GUYANE

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TROUVE LES DIFFÉRENTS PEUPLES PREMIERS DE GUYANE : Je corrige.

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Les monts Tumuc Humac

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COLORIE LE PALMIER

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Quelques ouvrages pour tous les âges

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TE SOUVIENS-TU ?

  1. Où se passe ce conte ?
  2. Que penses-tu des deux villageois qui quittent leur village?
  3. Que penses-tu des autres habitants de leur village ?
  4. Que penses-tu du palmier bâche ?
  5. Que penses-tu du dénouement de ce conte ?
  6. Quelles leçons de vie tires-tu de ce conte ?
  7. Peux-tu, à ton tour, raconter cette histoire ?
  8. Connais-tu d’autres contes d’explication ?

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N’OUBLIEZ PAS LES LIENS

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LA SÉRIE DES TOTI et des nouvelles de la Guyane éditées rue Landy