ANIMAUX A GRANDE CARAPACE, REGROUPEZ-VOUS !

Volodine, Le Port Intérieur

égarez-vous

ombres des marges, courez, frappez !

cherchez à l’intérieur de soi

sur le parking ?

regarder le GPS et non la route

attendre la fin du signal pour avancer

changez de flux pour rester à flot

dans vos pas sans chemins

dans les maquis les marais salants les miasmes d’eau douce

sous les ombres glissantes des saules affolés par la brise

Salés, les chalutiers et garez-vous, enfin !

eh ! gare-toi !

gare à toi !

Pour que le sol s’ouvre de colère

frappez du pied poings serrés

descendre le long de la crête sur les chemins sacrés

longez la crête d’ici là et contemplez le temps

RER B, RER C

et le A ?

provoquez, provoquez

massez la roche

grattez sous la peau Oublie mon numéro !

et sucez les os jusqu’à ce qu’il ne reste rien pour les chiens

ruissellent les rochers des râles de la riposte

laisser pleuvoir les hallebardes

désobéir

quand gronde le tambour puant, désobéissance!

croire en ses rêves, croître et crève, goître mièvre

frères en ses moires

ne pas être aimable avec les gens qu’on connaît

obéir à soi-même, ouais !

il a craqué son pantalon !

ignorer la consigne

sortir des cadres,

n’en faire qu’à sa tête

le moment venu on renonce

suivre un chemin, bon ou mauvais, la voie tracée

suivre son instinct, toujours

désobéissance en général

Révolution !

Jusqu’à ce que l’amour en liesse et en liasse nous renverse à souhait

La grande messe des masses

Se laisser percuter par le choeur détraqué

un pied devant l’autre

marche à l’envers sur les villes sous les villes, remonter les couloirs

emprunter les foules à contre-sens, gave roulée jusqu’à la source

désobéir aux suites logiques du jour qui succède aux nuits, puis aux jours

désobéir à la désobéissance même –

désobéir, ce n’est qu’obéir à l’envers: être plus pervers encore

S’exiler en Islande, où les jours durent six mois.

et où il n’y a plus rien à bouffer

S’exiler en soi, où six mois durent davantage

De la faim comme dévoration des jours : suffit.

Inauguration du jour nouveau qui pointe

Allons zenfants !

couper le fromage dans le mauvais sens

usage du masque

ton masque est un labyrinthe imprenable!

Et les masques usagés ont rendu l’âme en soupirant

Et les visages usés de toutes les vieilles combines

et vachement hydratant !

facile à dire – et à faire ?

créer un pseudonyme ; Grande Inconnue, Grave Insoumis. Un visage d’argile.

mieux vaut avatar que jamais - concept web 2.0

à la chute du masque tu te relèveras

Le masque parfois déteint sur le visage

toujours à l’état de promesse

jamais de masque à Venise (facile)

je me protège du rayon vert au rayon des roides

à l’aloé vera j’irai voir l’avenir brulant des balivernes

Scream ?

et le mascarat ?

le masque à rat ?!

et la plume

connaître son corps

ne compte que sur tes paupières pour ne plus rien voir

bien vivre avec (ou sans)

souffler et s’essouffler

la corde à sauter

Inspirer l’air du temps

Bomber la poitrine des suites d’infortunes

La ritournelle retombe dans les limbes

ne pas se laisser tomber

laisser tomber ces fichus escaliers

fumer, c’est pas bien

sauf si c’est du saumon pour les omega 3

lui dire bonjour dans le miroir

ou bien, demander à quelqu’un(e) de te l’expliquer

souffrir les caresses

un mètre cinq de jambe

connaître le sien mieux que le mien

apprivoiser corps asymétrique

Rechercher harmonie par symétrie

Corpus

delicti, délicieux

déliquescent

‘core puces ! aïe

Christi

gérer les restes

accroupis-toi sans cesse dans les cendres

n’oublie pas ta réunion Tupperware

finir les plats des enfants

ne pas hésiter à ouvrir la poubelle

tailler sa plume en fer

s’accommoder les crocs

faire du sport tous les jours, sauf en semaine et jours fériés

crème de nuit, crème de jour

éparpiller les cendres

Les cendres des ancêtres qui s’attardent dans la douceur de l’aube

recroquevillés cadavériques croquants acteurs coquins

Tombeau ouvert, je contemple

principes diététiques

ce qui scintille en toi, arrache-le

ne regarde pas les autres c’est en toi que ça se passe

regarder quand même un peu pour ne pas se cogner

mesure de ce qui me sépare de toi, comme un ruban sévère de contortions

s’alléger au maximum, la route est longue

où est l’éthique ? Des tics parcourent le masque emprunté au mythe

Et la diète éthique ?

faire une sieste esthétique

un bol fumant, avec rien dedans

un couscous en dessert

et un coucou qui chante

en cas de besoin

si tu perds l’usage de la parole, rampe vers les reines gueuses!

Se munir d’une lampe de poche, les jours sont courts

Et les jours courent de proche en proche,

Retrouver ses lunettes

Appelle, appelle, appelle

Oublie mon numéro !

appuie sur le quatrième bouton rouge à droite et rendors-toi aussitôt

caresse le chat

dans le sens du râle

ne penser au besoin que par défaut

CRIEZ!

Courir dans l’autre sens Tupperware

Son doudou, parce qu’on est toujours plus fort à deux

connexion pour certains !

ce qu’on leur laisse

rien du tout

du moins

des mots dans les oreilles

du moins

une lueur d’espoir

un flacon déjà presque vide

effets de surface

un chêne

moins que moins

un as et un valet de pique

de la sueur, des larmes, du saucisson

leur laisser l’espoir, ne rien donner

à qui ?

à eux évidemment !

ce qu’on leur laisse

et ce qu’ils prennent

des rêves qui désorientent ou donnent enfin la réponse

mais leurs cris

mais à qui ?

crier, ne pas crier

même si tu vois en toi la lune absinthe, ne crie pas !

porte ta voix toujours plus haut

étouffer, rejeter

mets un chiffon dans ta bouche au décollage

chuchoter dans ta bouche

ne pas hésiter à ouvrir la poubelle

ne pas attendre que bouche soit pleine

libérez vos syllabes

déclamez vos états

écouter l’autre, ce n’est pas seulement écouter ce qu’il dit

exulter enfin et écouter l’écho de son propre silence

sourde

alors chante

août tu veux

et février tes cordes

si tu vois un tunnel avec de la lumière au fond, fais demi-tour

et si tu vois de la lumière dans l’autre fond : creuse.

chuchote à t’en briser la voix

rappel

s’il reste des ruines, émiette-les !

et s’il ne reste rien, prends tout !

tous aux abris !

ne change pas, perpétue-toi !

marcher en dehors des restes

marcher en dehors des ornières

pour votre sécurité ne traversez pas les voies

Attendez l’arrêt complet du manège !

Cuti

rappelle stp

nous vous rappelons qu’il est interdit de fumer dans les toilettes

remplir votre déclaration d’impôt

changer d’adresse

j’espère que tu as payé la cantine

et les autres ?

C’est l’enfer !

Vive Sartre !

leur nom est personne

Je est moi

Font bien marrer

c’est rigolo

s’en emparer, s’en détacher

quels autres ?

si je est un autre, nous sont les autres

si le poète est voyant, nous sommes sa bouche

si la visage est un masque, nous serons ses verrues

détruire l’issue

ouvrir la porte

sans les courants d’air

changer les portes

blinder les portes

porter les blindes

mettre un bouchon

mais pas trop loin

en construire une autre

et puis encore une autre et encore une autre

achever les cimetières

ouvrir les cimetières

enterrer les cimetières

l’issue de ses vices

piétiner la taupinière

combler la fissure

prononcer la clôture

abandonner

recommencer

et devenir taupe

et fier

et pourquoi pas

se taire

parle, il restera toujours du silence après

plutôt se pendre

s’il y a un masque, ne te démasque pas, s’il y a une ceinture, pends-toi!

à ton cou

plutôt se perdre

plutôt crever

plutôt, mais le plus tard sera le mieux

distribuer les cartes dans le désordre

et la ciguë ?

“La femme à la corde, la femme à la tête dans la cuisinière à gaz” (Hamlet-Machine)

vivre!

écouter l’autre pour le détourner

réchauffement climatique, plus d’arbre, bientôt. A quoi se pendre ?

se reprendre et s’épandre

à tout prendre, s’éprendre ?

s’éprendre et revivre, donc ne plus se pendre

Mai où ça ?

août tu veux

septembre c’est tendre

mal partout, sauf ici

janvier qu’à ma tête

février ce qui te plaît

mars t’attaque

les faits vriés sont parus dans les journaux, d’hivers informations

rides éphémères

juillet, t’es où ?

A quand encore Mai ?

au prochain souffle d’air

Sous les trottoirs, l’amer

Derrière les murs, d’autres murs

Dans les ministères, des voix sourdes

Au-dessus du ciel, de la terre qui ment

contradictions élémentaires

silence à la fin du gouffre!

gouffre au bout du fil

le temps passe immobile

être ou ne pas être, être ou apparaître, ne pas avoir l’air de ce qu’on est, ne pas être ce qu’on paraît

sous une lumière tiède et noire

bête et méchant

con et beau à la fois

dictions contraires

boire et conduire

boire et mal se conduire

refuser de choisir

sous-programme

après nos rêves: poussière qui danse, après la danse: lunaire silence!

afficher le sous-titre

écrire suffit

aller bosser tous les matins

écrire suffit

rejoindre celui qui habite au sous-sol

écrire suffit sa peine

déjeuner avant 13 h

entrer dans l’ordi, se retourner au dernier moment : leur dire au revoir avec un petit sourire

ramasser les miettes

ça peine

Téléphoner au dentiste

avant de faire une sieste crapuleuse

précautions élémentaires

s’il fait très noir sur la côte ouest, descends les chaloupes avec tes griffes chaudes ! à

mettre un gilet pour aller dans la baignoire

là, à l’instant, devant soi, l’inconnu est si vaste que pour fixer son image

regarder ses pieds quand on traverse le doute

partir à l’aventure

mais revenir sans histoire à dormir debout

changer de visage pour éviter d’être reconnu par une célébrité

mettre une chaussure à l’envers pour brouiller les pistes

N’oublie pas ton parapluie

surtout par grand soleil

goutte de lumière qui transperce, acide sur le métal de ton visage

Watson t’est cher

sauve qui peut

toile d’araignée jacasseuse, sauve qui peut!

sauve qui peut ! 14 juillet, vacanciers, plage, monuments aux morts, et messes des minuit, tongues, crèmes solaires, cadavres.

peut qui sauve

sauver qui ?

cochon qui s’en dédit

il dit qu’il sauve le cochon

chercher dans le fond de sa poche : y a plus la clé, courir quand même

découvrez qui ne vous suit pas

lady gaga

chacun pour soi

c’est pas moi

demain je te sauve s’il en est encore temps

mais là je me sauve

et courir, un r, avec une seule jambe. courir pour se sauver, de quoi ?

Du conditionnel et du futur pour courir à deux airs

à jamais

janvier qu’à ma tête

braises sous décembre

ultimes conseils

ne plante pas tes crocs dans le clown affable!

Dis bonjour à la dame !

ne mets pas tes doigts dans ton niais

c’est au pied du mur qu’on le voit le mieux

écris une fable au clown

Tiens-toi droit

et ras et risible

presque abattant dans la risée, dans l'esclaffement, dans le grotesque, le sens que je m'étais fait de mon importance

rrrrrrrrrrrrr

bbrrr  bbrrr  bbrrr

avoir sous la main une machine à masser les pieds

les mains SUR la table

inutiles conseils

ne jamais écouter les conseils

Dis bonjour à la dame

oublie surtout ne te retourne pas

un couteau un bout de ficelle rien d’autre

vide tes poches

mouche ton nez pour dire bonjour à la dame

jette ton nez pour dire au revoir au mouchoir

et lave tes mains !

ne perds pas tes mains de lave

apprends à sourire

tiens-toi droite

mais tords toi de rire

sois moins gauche

justesse qui s’arrache à la maladresse même : change de main pour écrire -

regarde la forme des phrases, les directions neuves qu’elles prennent

et jette toi dans le précipice du verbe

les mauvais jours finiront

bientôt tu ouvriras la porte

et tu fermeras toutes les fenêtres, pour pas qu’on te pique tes bonbecs !

à la va-comme-je-te-pousse agnespk

une ligne vide, j’aime pas

et après?

et après, rien ! nada! niente!

zorro est arrivé en se pressant pour une fois, Olé!

Après la pluie le beau temps

les terribles commenceront

On tuera tous les affreux à l’aube

et même après

Après la lune rousse

à Pâques ou à la Trinité

Sur mer

Un mercredi de printemps

peut-être

et à la lune blanche, on convoquera le poète

qui laissera entrer cette fraîcheur blême

et tu ouvriras les yeux

expérimentez il en restera toujours quelque chose

un jour bientôt peut-être tu arracheras l’ancre

une fois l’ancre arrachée, on se sent seiche

ancre allègre

allègre claude

et des doigts en moins

Qu’est-ce qu’un chemin ?

une trace

jusqu’à ce qu’il ne te reste plus rien

là, à l’instant, devant soi, l’inconnu est si vaste que pour fixer son image

il faut cligner trois fois des yeux

mais très violemment

puis se retourner

et vivre

“On est prié de tenir les siens en liesse” (Alechinsky)

et les vôtres en laisse

et les autres ?

je ne serai le chien de personne

même pas d’Ulysse

ni celui à sa mèmère

ni celui de Micheline la bouchère

de la rue Paul Vaillant Couturier

qui peut pourtant manger autant de saucisses qu’il veut

mais de qui serai-je le chat?

Levez l’ancre, capitaine!

anti-sous-marinage

insubmersible, carapace.

à l’accordage !

Viens jouer dans ma même cour

dans le clown affable

chi va piano va sano

Me cours pas d’ssus !

à l’accord d’âge

Désaccorde moi

et retrouver les harmoniques

A la corde, à je...

Ah, l’accord ?

non, la corde à sauter

de joie

pour les pirates du bonheur

Make it View

maquille toi !

fais toi belle !

Il faudra souffrir

Décroche tes rideaux tu verras le monde

briser la vitre

fermer tous les reflets

les reflets qu’on ne voit pas

les reflets qu’on ne veut pas voir

et ta soeur

Décroche ton téléphone, tu m’entendras !

décroche tes rides, pour te dérider

est ce que l’on peut m’effacer ?

Débouche ta bouche

la dame est brillante

sueur et fond de teint se mêlent

au naturel

maquiller quel visage?

les quilles pour en faire des marionnettes et n’oublie pas de repeindre les volets

penchez-vous au-dehors

crachez par terre

dans le sens du vent

(sinon...)

parler breton

dans le sens du vent

la cuisine au beurre

plus dure sera la chute agnespk

e pericoloso sporgersi

avant la chute l’envol

e pirocolos spongersi

vertigo

ne boudez pas les balconnets

du monde au balcon ?

zut l’est tombé

et pof ! le chien.

et paf ! la chienne !

Centre ton livre

livre au centre

et tes intérêts

est ce que l’on peut lire au lit avec un ipad?

Li ?

si tu regardes droit devant

t’es ki toi jmpineau?

et protéger son lit avec un ipad, on peut ?

désaxé

pousser jusqu’à la marge

Compose tes traces, efface

marche dans le sable et retourne toi

accroupi tu défèques dans un trou

tu te retournes il n’y a rien

tu as enfin réussi

déjà tout petit tu volais les rognures d’ongle

de tes parents

flotte

écris, et n’efface plus

Veuillez vérifier la syntaxe de l’adresse

si vous n’arrivez à naviguer sur aucun site, vérifier la connexion

si votre ordinateur ou votre réseau est protégé par pare-feu assurez-vous de casser votre syntaxe, ne citez pas vos sources, ne vous assurez-pas

faites rendre gorge à la langue

brillez comme sardines

sautez dans l’infini avant l’heure des racines

épileptique-ponctuation

Enclume pour forger des syllabes

que langue prenne gorge

qu’alphabet cuise dans chaudron

faites rouge-gorge à la langue pour lui clouer le bec

mais les animaux morts s’étouffent sur leurs mots

l’alouette s’épuise à chanter pour toi qui ne l’entends pas

On a compris nous aussi

Quoi? Nada, niente!

Que tout a une fin

Vous, moi. Surtout moi.

Sur tout moi rejaillit le début, l’aube oubliée.

Les filaments d’un premier matin, ainsi perce la lumière

Doc, tu mens !

Hypocrite Hypocrate

Fascinez-vous mutuellement

Accrochez-vous aux gréements

Vous en aurez de l’agrément

A votre gré

A tous les degrés

Agrégés et agrégats,

Désagrégez-vous

Gangrènes graveleuses

grumeaux et gravats!

Gravez de grands mots

Mangez des agrumes...

Et évitez de maugréer.

Et si jamais mes cris

se voyaient du dehors

à portée

perçante

ils casseraient la vitre

ils casseraient les tasses

en miettes minces

en petites particules transparentes et éclatées

en milliards de morceaux ciselés

en de multiples pointes acérées

et ne seraient guère une chose partagée

ce serait la chose de la guerre partagée

je voudrais être

de ce cri

qui vous tue

Et si jamais ils s’entendaient

de l’autre côté des rivières

répercutés par l’écho

d’un espace libre de tout obstacle

C’est dans leur petite tête cet écho infini

qui leur dit que l’espace d’un instant ils sont libres

libérez l’espace libre

donnez-nous la barre d’espace

et barrons-nous avec

Marche à l’ombre des ombres

à bas la vie morte, chère et dépeuplée

ne votez pas, marchez

ne marchez pas, courrez

ne courrez pas, volez

n’achetez rien, dispersez tout

éclatez toutes les vitres en mille morceaux

dansez-vous les uns avec les autres

écrivez-vous les uns sur les autres

attention : le mot amour se vend aussi

attention : on vous écoute, criez plus fort

attention: on vous regarde, soyez davantage envahissant

la vie contre la survie : la prise contre la surprise

belle et rebelle - ce n’est pas de surenchère dont nos rêves sont faits

être ou ne pas être : mais écrivez

va-t-en, monde ancien

reculez, lettres mortes

périssez, vieilles peaux

allez, papier de peu et de trop de grain

joie à celui qui lira

le mot de la fin : ce qui commence après lui

une parole

enfin drue

aiguë

hors de toute incarnation

Je rêve ou il n’y a pas d’autre monde ?

Il y en a un mais il s’est caché

Il n’y en a pas, mais celui-ci

n’est pas le nôtre

Ne nous faisons pas refiler de contre façons

par notre mémoire infectée

apprendre à guérir du désespoir c’est une chose

maintenant apprenons à guérir de l’espoir

Faisons diversion

Je te voudrais

une lettre ouverte

que tu écrirais sans moi

et que je pourrais lire

à mesure

de ma pensée contrariée

de toi

dans laquelle

il n’y aurait plus que cette intention

inaccomplie

        déroulée

sous mes yeux

        de ces mots

qui déjà

ne m’appartiendraient plus

Libérez les mots

Lâchez les verbes

Détachez les adjectifs

Fouettez les adverbes

Excitez les prépositions molles

Stimulez les pronoms fourbus

Abandonnez les discours

ergotons à minima

sur la place du sénat

brandissons les bras donneurs de leçons

Blanc

L’écran blanc la page

l’écran sans les mots

blanchir l’espace

noircir de balivernes

un espace à la Jules Verne

 merci ! (pourquoi donc le correcteur m’ajoute un s ?)

Le correcteur est débile !!! ou il n’aime pas Jules

ou bien il veut accorder : Jules pour lui est pluriel, alors Verne aussi

Des Jules et des Vernes

Des Vernes et des pas mûres

Des bulles et des verres

Champagne pour tout le monde !

(c’est mon programme)

Je vote pour toi sans hésiter

Oubliez tout ! (le grand blanc)

Méfie-toi des souvenirs comme d'une montre arrêtée.  Georges Schéhadé

Faites vos devoirs

de mes moires !

Place à la grande caravane de mots !

Grattez les murs

Caressez les cheminées

Cognez les toits

Tapez à toutes les portes

Peignez les girafes

Giflez les zèbres

Embrassez les rhinocéros

Fermez les robinets

Ouvrez les vannes !

Quittez les fenêtres fermées

dégagez la vue

ôtez les grand calicots

ne laissez passer que les songes

agrippez les tours

partez avec le vent

ATTENTION LE TRAIN VA PARTIR