Projet d’une plateforme multimédias

d’un type nouveau  en Suisse romande

 

(responsable : Uli Windisch, Professeur en Communication, Médias et Journalisme à l’Université de Genève)

 

Pourquoi un nouveau média en Suisse romande ?

 

Bref aperçu du contexte général.

 

a) Premier constat : le paysage médiatique romand semble parfois un peu trop homogène et unilatéral du point de vue culturel, politique et idéologique. D'aucun relèvent même un certain unanimisme; il est parfois aussi question d'un politiquement correct trop marqué et cela, contrairement à la Suisse alémanique où ce paysage se pluralise de plus en plus.

Notre objectif principal vise à contribuer à cette pluralisation, pluralisation qui est en plus assez généralement souhaitée.

 

b) Nous avons déjà cherché à contribuer d'une première manière à renforcer qualitativement ce paysage médiatique en créant,  il y a dix ans déjà une formation complémentaire en information, communication et médias, et qui comprend aujourd'hui un Master, une Ecole doctorale et une formation en journalisme. Cette filière rencontre un succès indéniable et est reconnue internationalement, les étudiants de notre formation en journalisme obtenant par exemple une carte de presse internationale, suite à une évaluation elle aussi internationale.

Pour cette formation, en plus d'une équipe locale d'une dizaine de collaborateurs, nous pouvons compter sur 15 à 20 professeurs internationaux spécialisés qui dispensent des modules spécifiques et enrichissent ainsi davantage encore notre formation.

Une meilleure formation de jeunes journalistes est d'autant plus indispensable que nombre de nos médias font appel à des journalistes étrangers mieux formés.

Si de tels apports extérieurs sont bienvenus, il est néanmoins indispensable de pouvoir disposer de journalistes nationaux plus au fait des réalités de notre pays.

 

c) Ces journalistes pourront également intervenir dans notre plateforme multimédias, à côté des personnalités qui se singularisent par leurs compétences dans des domaines très divers et qui sont prêtes à donner un peu de leur temps pour créer tel un espace médiatique ouvert, encore plus pluraliste, mais aussi très compétent et exigeant.

Cette plateforme doit servir à la fois de moyen d’information et de lieu d’analyses différents et complémentaires, analyses effectuées par des personnalités et des spécialistes qui peuvent ainsi apporter leur contribution respective et spécifique.

 

d) Enfin, nombreux sont les acteurs de la société qui soulignent le décalage qui existe en Suisse entre le monde médiatique et l’ensemble de l’opinion publique, décalage qui apparaît de manière particulièrement nette et vérifiée lors de certaines votations populaires où le peuple vote à l’opposé du discours politique et médiatique dominant. Si les médias dictent souvent l’agenda politique, actuellement nous en sommes au stade où se fait jour un véritable contre-agenda de l’électorat, en ce sens que ce dernier a d’autres priorités qu'une partie non négligeable du monde médiatico-politique. Un espace médiatique davantage ouvert est pluraliste devrait permettre d'éviter qu'un tel fossé ne se creuse.

 

 

 

 

Particularités et originalité de notre plateforme multimédias.

 

1)     En premier lieu, il faut rappeler qu’il ne s’agit pas de créer un nouveau journal, quotidien ou hebdomadaire. En effet, le lectorat de Suisse romande est trop restreint pour qu’il y ait place pour un nouveau journal. Il faut en prendre acte au risque d’échouer, ce que nous ne voulons en aucun cas.

 

2)     Il ne s’agit pas non plus de créer un blog individuel ou d’un petit groupe d’amis. De tels blogs sont certes intéressants mais ils ne permettent pas de créer un véritable courant de pensée. C’est cela notre objectif majeur et pour y parvenir il faut un grand nombre de participants actifs. Pour débuter nous souhaitons que 30 à 50 personnalités confirment leur disposition à y contribuer concrètement : une fois par semaine, tous les 15 jours, une fois par mois, au moins fréquemment encore. Précisons qu’un nombre important de personnalités sont déjà prêtes à contribuer très régulièrement, même une fois par semaine pour certaines.

 

3) Plusieurs formes de participation sont possibles. La plateforme comprendra diverses rubriques, chacune correspondant à une forme de participation spécifique :

               - des articles au sens habituel, soit une intervention variant entre 2000 et 4000 signes

   -des réactions plus brèves, par ex une critique de la manière dont certains événements et phénomènes ont été traités par les médias (traitement biaisé, avec parti pris, idéologique ou autre, etc.).

 

Nombre de lecteurs sont mécontents du traitement médiatique, mais ils n’ont pas le temps de réagir en rédigeant par exemple un article complet, élaboré et documenté. En revanche, intervenir brièvement, en quelques lignes, est possible pour tout le monde et peut même être stimulant.

Mais jamais on ne tombera dans la vulgarité, la dénonciation, la hargne, etc. Du style, Mesdames et Messieurs, de la grandeur, de la compétence et du plaisir. Ce sera d’autant plus efficace, qu’il s’agira d’interventions de la part de personnalités faisant autorité. Un effet sur l’espace public devrait ainsi être facilité. Il ne fait guère de doute que notre plateforme répondra à une véritable attente:

 

}    des interviews audio-visuelles, plus ou moins longues, selon les nécessités du sujet. La forme de l’interview est très appréciée par le lectorat; on prend connaissance des idées d’une personne sur un mode rapide, dense et agréable. Une personnalité qui a peu de temps pourra néanmoins apporter sa contribution sous cette forme.

}    des reprises d’articles ou de documents marquants déjà publiés ailleurs par nos membres

}    des échanges avec d’autres fournisseurs d'informations et d'analyses.

}    la constitution de dossiers par des spécialistes qui font référence et qui vont à l’encontre d’affirmations rapides, stéréotypées voire erronées.

}    à propos des thèmes des dossiers référencés, la plateforme se concentrera sur la Suisse. Les thèmes et problèmes internationaux seront retravaillés sous l'angle des implications sur la situation suisse. Mais cela n'exclut pas un intérêt même marqué pour l'international. A titre de comparaison également.

}    la caricature et les humoristes jalonneront l’ensemble mais selon un point de vue anti-politiquement correct. Pour changer, les bien-pensants seront aussi une  première cible.

}    Les thèmes « chauds et brûlants », au lieu d’être minimisés ou moqués, feront l’objet d’une attention prioritaire et seront traités avec courage et compétence, de manière à ne pas braquer la population. Au contraire, on se fixe comme objectif la recherche de solutions pragmatiques, efficaces et susceptibles de convaincre largement. On pense évidemment ici à des thèmes tels que la xénophobie, le racisme, le multiculturalisme, l’immigration, l’interculturel, la criminalité, l’insécurité, la violence, la nationalité, le patriotisme, les naturalisations, la sécurité sociale, la pauvreté, les inégalités sociales, etc. Des thèmes comme l’armée, les banques, la finance, les problèmes économiques et autres seront également traités avec compétence et sans besoin congénital d’autoflagellation.

 

Les suggestions farfelues et irresponsables comme celles de la suppression de l’armée, du dépassement du capitalisme, de l’adhésion immédiate à l’UE, du remplacement des policiers par « des médiateurs culturels », sont laissées à leurs défenseurs habituels.

 

Des suggestions supplémentaires de la part des participants sont évidemment attendues et bienvenues.

 

Limites et contraintes

 

Une plateforme doit être interactive. La nôtre le sera bien entendu, avec certaines limites cependant. Seuls les membres de la plateforme pourront interagir et créer ainsi une dynamique positive et constructive. Pas question de laisser les spécialistes du dénigrement gratuit et unilatéral venir contester et ridiculiser constamment tout propos contraire à leurs œillères. Ce type de propos envahit déjà suffisamment le net.

Cette caractéristique devrait contribuer à renforcer l’intérêt pour notre plateforme. Il existe en effet une vraie lassitude dans le public par rapport à cette mode du dénigrement systématique, et qui ne crée que lassitude, découragement, renoncement et sentiment d’impuissance.

Notre plateforme se veut résolument optimiste, prospective et constructive.

 

Les participations ne sont pas rémunérées, du moins dans un premier temps, à l'exception du personnel permanent, minimum nécessaire, voir ci-dessous.

 

Une telle plateforme a beaucoup plus de chance de se réaliser qu’un journal qui nécessite toujours des investissements très considérables. Néanmoins, un minimum de financement doit être trouvé pour démarrer (voir le plan financier) et assurer sa continuité.

Très vite cependant, il sera envisagé, de faire appel à de la publicité, aussi bien pour poursuivre le financement du minimum indispensable en personnel stable et permanent (trois postes permanents, à temps partiel, sont indispensables dès le début : un webmaster, deux rédacteurs et un secrétariat à temps partiel,), que pour commencer à rémunérer les correspondants et contributeurs réguliers qui en auront manifesté le désir ou le besoin.

Faire fructifier le  réseautage.

 

Une première liste de personnes (une soixantaine) susceptibles d’être intéressées et à contacter a été dressée. Ensuite, chaque personne contactée, réellement intéressée et désireuse de participer, aussi minime que soit cette participation, sera invitée à rechercher elle-même 2 à 3 personnes supplémentaires, susceptibles d’être à leur tour intéressées. Plus le nombre de participants sera élevé plus la plateforme sera riche et assurée du succès et de la continuité.

La plateforme comprendra des cercles concentriques d'intervenants autour d'un "noyau dur" de 5-6 coordinateurs plus réguliers.

Rappel : il est capital que le nombre de participants soit assez élevé au départ, même si l’on peut supposer qu’avec le succès d’autres personnalités seront également disposées à participer. C’est une condition pour durer, et pour éviter le sort de nombre de bloggeurs individuels, certes enthousiastes mais qui n’arrivent pas à alimenter leur blog dans la durée et qui créent ainsi de la lassitude chez leurs lecteurs et une prise de distance progressive jusqu’à l’extinction du blog. Par contre, plusieurs auteurs de sites d'information et d'analyse très appréciés sont déjà prêts à coordonner leurs articles avec notre plateforme.

Dans le cas présent, les conditions d’une réussite durable nous semblent réunies, notamment à cause de l’originalité et de l’attente impatiente dans le public par rapport à un projet de ce type.

 

Le responsable général de la plateforme, Uli Windisch est bénévole.

Idéalement, il serait souhaitable de trouver un financement pour deux ans afin d’assurer la durée de la Plateforme dans le temps, une condition pour sa mise en place. On peut cependant envisager de compléter le financement pour la deuxième année en partant de l’idée que le succès pendant la première année facilitera l’obtention du complément de financement pour la deuxième année.

Nous comptons cependant aussi sur une ouverture aussi rapide que possible à la publicité comme complément pour la suite du financement.

 

                                                                                                                                                 

Juin 2011