Antennes-relais : pourquoi les habitants de HLM se rebellent ?


Mercredi 26 octobre 2011 | 10:01

© Photo D.R.

De l’autre côté de la frontière, de plus en plus d’habitants de HLM de la région contestent l’implantation d’antennes-relais sur leurs toits. Syndromes de fatigue, saignements ou nausées sont régulièrement signalés. L’Association Santé Environnement France lance le 15 octobre une enquête pour mieux comprendre les impacts des émissions sur ces habitants.

Maux de tête à répétition, nausées soudaines, irritabilité qui s’accentue, signes de dépression. Ces symptômes se retrouvent aujourd’hui chez un nombre grandissant de « riverains » d’antennes relais. Les experts s’inquiètent tout particulièrement de l’exposition de l’une des populations les plus « à risque » aujourd’hui : celle des locataires de HLM. Le 15 octobre prochain, une première enquête d’envergure sera lancée dans une cité HLM d’Aix-en-Provence par deux des principales associations indépendantes travaillant sur la nocivité des ondes — Priartem et l’Asef (Association Santé Environnement France). Objectif ? Etudier troubles et gênes des centaines d’habitants qui vivent au quotidien avec des antennes relais au-dessus de leurs têtes.

Prolifération d’antennes

L’enjeu est d’importance car en quelques années, les logements HLM sont devenus le nouveau cadre privilégié par les opérateurs pour l’implantation d’infrastructures de relais. Il faut dire que la réglementation impose désormais un accord à l’unanimité des co-propriétaires pour poser une antenne et rend du coup de plus en plus difficile l’accès aux immeubles privés. En habitat social collectif, une négociation avec l’office HLM suffit… Résultat ? La prolifération d’antennes sur les toits. « Dans certaines cités, on en trouve une douzaine — voire plus —, explique Ludivine Ferrer de l’ASEF. Les locataires n’ont pas leur mot à dire et ont souvent l’impression d’être relégués en citoyens de seconde zone qui subissent les effets des ondes contre leur volonté. »
Des mouvements de fronde se multiplient depuis quelques mois, particulièrement dans la région PACA. Dans le quartier de la Pinette, à Aix-en-Provence, les habitants y sont allés au printemps dernier de leur pétition contre les 14 antennes relais plantées sur l’un des immeubles ! A deux pas, l’opérateur Free a dû jeter l’éponge sur un projet d’implantation. A Toulon, des démantèlements ont été ordonnés par le tribunal. A Nice une pétition vient d’être lancée en septembre contre des installations annoncées.

Questionnaires

Au-delà de ces contestations, les associations veulent mieux identifier et prévenir les risques encourus par les populations concernées. Pour y arriver, l’ASEF va s’appuyer sur les questionnaires distribués dès la mi-octobre dans des HLM d’Aix-en-Provence. « Les résultats seront analysés par des médecins, explique Ludivine Ferrer. Ils devraient aider à cibler les symptômes potentiellement liés aux émissions d’ondes et à identifier le niveau d’exposition des différents logements. » A terme, les associations espèrent obtenir un cadre réglementaire plus ouvert et concerté. « Cela passe par un effort de transparence concernant les baux négociés par les offices avec les opérateurs. Quelles sont les durées ? Que deviennent les loyers reversés en contrepartie de l’hébergement d’antenne ? Les informations sont rarement communiquées. On souhaite également que les avis des locataires puissent être pris en compte avant que les décisions ne soient prises. Après tout, ce sont eux qui en subissent les conséquences… » Affaire à suivre