CONSIGNE 3

Livret Personnel de Compétences

Lettre aux parents

Madame, Monsieur,

Cette année, un «livret personnel de compétences» est imposée, sans que les enseignants n'aient été concertés ni associés à son élaboration.

Il nous est demandé d'y recenser les compétences acquises par votre enfant. Dans les écoles, nous utilisons depuis longtemps des «livrets scolaires» que nous vous remettons et qui vous permettent d'être informés des réussites et des progrès de votre enfant. Le «livret personnel de compétences» qui vient d'être imposé fait doublon. De plus, il ne permet pas d'évaluer correctement votre enfant, certaines compétences étant trop floues et donc impossibles à évaluer, à l'inverse d'autres indispensables à l'apprentissage de votre enfant sont absentes. Tout ceci rend ce livret difficilement compréhensible pour les familles.

Un tel outil doit pouvoir aider chaque élève à apprécier ses acquis et à progresser ; il doit permettre aux enseignants d'assurer ce suivi et de communiquer efficacement avec vous. Ce n'est pas le cas de ce livret de compétences.

C'est pourquoi, suivant l'appel de l’intersyndicale, nous ne remplirons pas ce livret qui n'apporte rien de mieux que les outils que nous vous remettons régulièrement.

Nous comptons sur votre compréhension et votre soutien pour nous aider à défendre une école de la réussite de tous.

 

Motion de Conseil de Maîtres

Le LPC paru au BO du 08/07/2010 s'ajoute à la liste des outils imposés aux enseignants sans aucune concertation. Les équipes pédagogiques sont engagées depuis de nombreuses années en matière d'enseignement et d'évaluation de compétences ainsi que de suivi des élèves s'appuyant sur des livrets scolaires. Ce nouvel outil vient télescoper les livrets existants, ignorant le travail des enseignants. En outre, il pose de nombreux problèmes professionnels.

manque de cohérence entre les outils conçus par le ministère  : les items de ce LPC ne correspondent  pas toujours à ceux des programmes scolaires ni aux évaluations nationales (items supplémentaires,  absents, libellés  différemment, fusionnés, classés dans des rubriques différentes...).

inadéquation des objectifs pédagogiques et confusion dans la définition du concept de « compétence »: certaines compétences sont trop générales ou trop floues pour être enseignées ou évaluées, certains items ne relèvent pas des objectifs que les enseignants poursuivent au quotidien, ils ne préparent pas les élèves à donner du sens ni à être actifs dans les apprentissages.

surcharge de travail : le nombre important d'items à évaluer pour chaque fin de cycle  s'ajoute aux évaluations  relatives aux programmes et aux protocoles d'évaluation nationales  : le temps d'évaluation risque de prendre une ampleur disproportionnée par rapport au temps consacré aux apprentissages ; par ailleurs, remplir ces livrets en conseil de cycle représente un nombre d'heures de travail qui dépasse l'horaire de concertation dont disposent les équipes.

manque de lisibilité pour les familles : Livret scolaire de l'école, LPC, évaluations nationales... Pour les familles, la multiplication des dispositifs d'évaluation n'aide pas à une bonne compréhension de l'école et des progrès de leur enfant.

En conséquence, parce que nous restons attachés à des outils d'évaluation nous permettant d'évaluer les progrès et les besoins de nos élèves et de communiquer efficacement avec leurs familles, parce que ce LPC tourne le dos à ces objectifs, nous demandons son abandon et une remise à plat de l'ensemble des outils d'évaluations scolaire, s'appuyant sur les points de vue et les travaux des professionnels.

 

Le conseil des maîtres de l'école