Chère vouse,

Cher vous,

Peut-être l’an de grâce 2011 vous a-t-il mis en beau joual vert! Mais que cela ne vous empêche pas de mordre à belles dents dans le Nouvel An qui trotte à l’épouvante par-devers nous. Mettez donc Pégase au vert, n’invitez chez vous que les Trois Muses et jamais plus que neuf Grâces : trop d’invités rendent le foin amer et l’eau aigre-douce! En 2012, n’hésitez pas, à défaut de garder les oreilles dans le crin, à danser la gigue simple sur vos pieds de derrière. Profitez-en, car vous ne pourrez jouir de la sonorité de vos fers que jusqu’au 22 décembre, le calendrier maya nous prévenant que nous assisterons alors à la fin du monde. Si vous aimeriez avoir un aperçu de cette fin-là du monde, je vous recommande la lecture de La fin du monde par un témoin oculaire, œuvre du poète P.P. Paradis, parent rapproché de Jean Tremblay, le très ci-devant maire de Saguenay, célèbre pour ne pas savoir faire la différence entre la vessie de son étalon et la lanterne de sa jument. Je vous hennis de joyeuses fêtes, pommes de pin ou pas.

Victor-Lévy Beaulieu