Aubagne : un collectif part en guerre contre les antennes-relais

La Provence

Publié le mercredi 23 novembre 2011 à 13H21

Illustration Nicolas Vallauri

Depuis une quinzaine d'années, le toit de l'immeuble Le Général de l'avenue de Verdun a vu fleurir une quinzaine d'antennes-relais.Après Bouygues, Orange et SFR, le bailleur social 13 Habitat a autorisé cette fois l'opérateur Free à installer trois nouvelles antennesaudessus des 84logements. Pour dénoncer la prolifération de ces ondes électromagnétiques, André Danchesi, François Pianelli, AndréPariollaud et Christian Fournier ont décidé de monter le Collectif des locataires de la cité du Général (CLCG), le 7octobre. Mais ce quiamis le feu aux poudres, c'est l'intervention d'une société sous-traitante, venue "sans prévenir" pour commencer le chantier le 8 novembre. Pas moins de 43 habitants, soit 52% de la cité, ont alors décidé de jouer le blocus et de faire circuler une pétition qui a déjà été signée par 82% des locataires.

"Le panneau d'information posé avant l'été mentionnait l'installation de trois fausses cheminées alors qu'il s'agissait de la pose de trois antennes de téléphonie mobile, s'insurge André Danchesi. Leur fréquence n'était même pas mentionnée. Pire, lorsque nous avons demandé à 13Habitat d'organiser une réunion publique, nous avons été informés le 17 novembre de la tenue d'une réunion d'information -face à l'arrivée d'un quatrième opérateur suscitant «un peu d'inquiétude» alors que la colère monte-le18 novembre de 11h à 12h. C'est vraiment nous considérer comme des citoyens de seconde zone car nous ne bénéficions même pas de compensations financières pour les risques sanitaires que nous encourrons. C'est le propriétaire qui est rétribué. Nous avons donc porté le jour même un courrier disant que nous n'assisterions pas à cette réunion à huis clos. Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est un débat de santé publique avec 13Habitat, les locataires, les responsables de la municipalité, les divers opérateurs, les parents d'élèves de l'école située à 30m et les familles des résidants de la maison de retraite qui se trouve à 10m de notre bâtiment".

"Des citoyens de seconde zone"

La semaine dernière, le collectif a ainsi pris contact avec l'Association santé environnement France (Asef) pour procéder à une enquête d'impact des ondes électromagnétiques sur les riverains. "Environ 150personnes ont répondu au questionnaire, faisant état de troubles du sommeil, maux de tête, bourdonnements d'oreilles, hypertension, etc. Des symptômes qui se dissipent lorsque les habitants sont éloignés de chez eux, expliquent Ludivine Ferrer et Sarah Norest de l'Asef. C'est une démarche que nous faisons également à Aix-en-Provence, dans le quartier de La Pinette où douze antennes sont installées. Nous ne sommes pas des intégristes anti-portables mais ce que nous déplorons c'est la concentration des antennes-relais sur les toits des HLM qui sont une aubaine pour les opérateurs puisque les locataires de ces immeubles n'ont pas voix au chapitre!"

Mais pour la responsable de secteur de 13Habitat, Dominique Pérez, "les locataires sont de mauvaise foi car ils ont attendu le début du chantier pour se manifester alors qu'ils auraient pu intenter un recours bien avant. Par ailleurs, nous n'avons pas à consulter les locataires, seulement à les informer et ce collectif, qui ne s'est pas officiellement déclaré, a boycotté la réunion organisée avec un ingénieur spécialisé dans l'étude des projets des antennistes. Ils auraient appris que les ondes -bien en dessous des seuils autorisés- ne se déplacent pas de haut en bas mais émettent en face. On ne va pas se battre pour installer ces antennes mais il faut savoir que le logement social perdra de l'argent alors qu'il n'est déjà pas beaucoup aidé par l'État. Et de toute façon, l'opérateur ira mettre son antenne sur le parc privé en face et les locataires seront bombardés d'ondes quand même."

"Où installer les antennes ?"

Prochaine étape pour le collectif dans son combat contre l'installation et pour la désinstallation des antennes-relais : "Solliciter la mairie qui, nous l'espérons, sera à nos côtés car, malgré la décision du Conseil d'État du 26 octobre qui dit que les communes ne peuvent pas s'opposer à l'implantation d'antennes-relais, y compris en se fondant sur le principe de précaution, il y a d'autres arguments comme les cas d'urgence face à la concentration du risque que représente cette situation exceptionnelle; car, avec l'installation de ces nouvelles antennes, nous atteindrons un record national." Le maire Daniel Fontaine, lui, " déplore que tout arrêté pris sur ce fondement soit irrémédiablement annulé et la commune condamnée mais j'interviendrai en tant que médiateur pour que cette réunion ait lieu. Le problème dans notre société du tout-portable, c'est où installer les antennes ?"

Blog du collectif des locataires: collectifgeneral.blogspot.com

Nathalie CORNAND (ncornand@laprovence-presse.fr )