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Russie 20e 1930 - 1939
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L'URSS dans les années 1930

Les fonctionnaires du parti et de l’Etat forment une classe de privilégiés, la nomenklatura. Quelques milliers d'apparatchiks jouissent d’avantages matériels, appartements confortables, magasins spéciaux et vacances sur la mer Noire.

Début des année 1930

Les camps soviétiques deviennent au début des années 1930 un système concentrationnaire, centralisé et organisé. La collectivisation des terres se solde par l’envoi au Goulag de centaines de milliers de paysans. Cette main-d'œuvre forcée est exploitée pour construire les grandes infrastructures de l’URSS.

Dans le vaste bassin de l’Oukhta et de la Petchora, au nord du cercle polaire, le sous-sol est riche en pétrole et en charbon. Les esclaves du Goulag sont envoyés en masse pour mettre en valeur cette région infestée de moustiques. 100.000 zeks creusent des puits pour extraire le minerai. Vingt mines de charbons vont être bientôt exploitées[1]. En hiver, les températures descendent jusqu’à -60°C. La nuit arctique dure trois mois. C’est dans cette catacombe glacée que les détenus créent à partir de rien la ville de Vorkuta qui va devenir la capitale de l’un des plus grands bassins houillers de l’URSS. A Vorkuta sont envoyés, selon la terminologie du NKVD, les criminels politiques les plus dangereux.

De 1930 à 1932, plus de deux millions de koulaks seront déportés. Résistance quelquefois sanglante.

1930 

40 % de paysans dans la direction des soviets.

> Le 5 janvier 1930, le CC décide de la liquidation des koulaks en tant que classe.

Des millions de paysans abattent leur bétail, brûlent leurs récoltes, se soulèvent.

Un million et demi de paysans étiquetés koulaks sont déportés, ils meurent par milliers en chemin[2].

La résistance à la collectivisation va être particulièrement forte en Ukraine, le grenier de l’Union soviétique. Pour en venir à bout, les Tchékistes déportent 110.000 paysans ukrainiens, notamment vers le complexe carcéral des îles Solovki sur la mer Blanche où ils doivent être rééduqués par le travail.

⇨ Le 20 mars 1930, devant le désastre, Staline décide d'un recul provisoire de la collectivisation agricole. Il l'explique dans un article Le vertige du succès.

58 % des fermes sont collectivisées.

Une gigantesque grève des semailles s'annonce.

Importante vague d'arrestation et de déportation en Sibérie d'oppositionnels et de sympathisants ou suspectés de l'être.

> Le 7 avril 1930, création officielle des camps de rééducation par le travail, goulags.

Tous les détenus encore en prison sont transférés dans des camps de travail.

> Le 12 avril 1930, déclaration de Racovski au nom de l'opposition.

> Le 14 avril 1930, suicide du poète futuriste Maïakovski d’une balle en plein coeur en jouant à la roulette russse.

La direction stalinienne se fixe pour tâche immédiate l'anéantissement de l'Opposition. 

Au printemps 1930, procès en Ukraine.

> Du 23 juin au 13 juillet 1930, XVIe Congrès du parti.

L'industrialisation forcenée a d'un coup liquidé le chômage et draine vers la ville des centaines de milliers de paysans chassés par la collectivisation.

Staline : « Les ouvriers se plaignent à tout moment… Il ne faut pas supporter plus longtemps que nos entreprises se transforment d’organismes productifs en parlements ».

Tomski est exclu du Bureau politique.

> Le 25 novembre 1930, Procès dit du parti industriel présidé par Vichinsky. Des ingénieurs accusés d'un sabotage inventé par la Guépéou passent aux aveux après avoir été torturés. Cinq sont condamnés à mort, trois sont envoyés en camp. Le procès est couvert par toute la presse soviétique. Des manifestations qui réclament le châtiment des traîtres sont organisées.

Grèves de la faim à Verkhnérouralsk

> En décembre 1930, affaire Syrtsov-Lominadze. Découverte, dans le parti russe, d’un groupe de “gauche” avec Syrtsov et les dirigeants de l’ex JC.

> Du 17 au 21 décembre 1930, plénum du CC.

Rykov est exclu du BP.

Molotov président du conseil (- 1941).

Molotov, Staline, Kalinin, Vorochilov au XVIe Congrès du PCUS (b), 1930

1931 

Début de la construction par les prisonniers du Goulag d'un canal de la mer Blanche à la mer Baltique (BBK), un chantier pharaonique. 70.000 détenus travaillent sur ce Belbatlag. Ils forment le gros de la main-d'œuvre. On les surnomment les soldats du canal. 12.800 meurent sur le chantier. Des écrivains, comme Gorki, viennent visiter le chantier. Églises, villages, tout ce qui se dresse en travers du tracé doit disparaître. 21 millions de mètres cubes de terre seront déplacés. Le canal ne remplira jamais ses objectifs stratégiques, il n’est pas assez profond pour la circulation des gros navires.

⇨ Le 8 janvier 1931, arrivée à Primpiko de la fille de Trotsky Zinaïda et de son fils Sieva (- 26/10).

Affaire des "115 académiciens" montée par la Guépéou.

⇨ Le 18 février 1931, départ de Lev Sedov de Prinkipo vers Berlin.

En mars 1931, procès de 14 responsables de Gosplan, tous déportés.

> Le 1er mars 1931, incendie de la villa de Trotsky.

> Le 2 mars 1931, naissance de Mikhaïl Gorbatchev dans le petit village de Privolnoïe, dans la plaine méridionale de Stavropol, aux abords des montagnes du nord du Caucase.

⇨ Le 1er avril 1931, installation de Trotsky à Kadiköy, sur la rive asiatique d’Istanbul.

> En décembre 1931, le pays est bouleversé par les conséquences de la collectivisation forcée.

"Holodomor", famine artificielle en Ukraine, le pouvoir confisquant les récoltes des kolkhozes pour briser la résistance des paysans accusés de sabotage.

Grève de la faim des détenus politiques de l'isolateur de Verkhnéouralsk. Enlèvement du comité de grève.

Trotsky écrit : " la victoire fasciste en Allemagne déterminerait inévitablement une guerre contre l'URSS".

Suite à une récolte catastrophique en Ukraine, les fermes collectives en sont réduites à livrer leurs semences à l’Etat et elles n’auront plus rien à semer pour l’année suivante.

1932

Création de l’Union des compositeurs soviétiques, organe de conseil du parti communiste en matière musicale. Ses membres sont à la botte de Staline et suivent ses humeurs.

Lady Macbeth de Chostakovitch

> En janvier 1932, nouvelle installation de Trotsky à Prinkipo, dans les l'île aux princes, à Büyükada, dans la mer de Marmara, à proximité d'Istanbul.

Jean Van Heijendort rallie Prinkipo pour devenir secrétaire de Trotsky.

XVIIe congrès du parti.

⇨ Le 20 février 1932, Trotsky est déchu de sa nationalité soviétique.

En juin 1932, formation du bloc des oppositions.

> A partir de l'été 1932, Staline utilise l'arme de la faim en Ukraine pour briser la résistance à la collectivisation. Il s'agit d'une famine intentionnelle, l'holodomor. Malgré la famine, Staline exige que les quotas de réquisition soient maintenus.

Une terrible famine s’abat sur l’Ukraine qui va faire au moins 3,5 trop topmillions de morts.

⇨ Le 7 août 1932, l’impitoyable décret-loi sur la "protection de la propriété socialiste" prévoit la mort ou 10 ans de prison, sans amnistie possible, pour le vol de quelques kilos de pommes de terre.

Mise en circulation de la plate-forme Rioutine-Slepkov.

En octobre 1932, affaire Rioutine, deuxième exclusion de Zinoviev et Kamenev qui sont déportés. Ils sont sanctionnés pour avoir lu la plate-forme Rioutine-Slepkov et ne pas l’avoir dénoncée.

⇨ En novembre 1932,  la femme de Staline, Nadia Alliluyeva se suicide.

> Le 14 novembre 1932, départ de Trotsky pour Copenhague.

> Le 20 novembre 1932, les fermes collectives d’Ukraine qui ne peuvent pas payer en grains doivent payer en viande. Mais il n’y a plus de viande depuis longtemps.

Une semaine plus tard, les Tchékistes sont chargés de marquer les villages qui ne payent pas leur quota au tableau noir. Leurs dernières réserves en grains sont confisquées et les paysans ont l’interdiction de sortir de leurs villages pour se ravitailler. Les Tchékistes n’ont pas le droit de faire état par écrit des conséquences de cette ultime sentence. Les méthodes pour briser la paysannerie ukrainienne ne regardent personne et le secret doit être conservé.

⇨ En décembre 1932, Staline rétablit le livret du travail, sorte de fiche de police permanente qui livre l'ouvrier à la direction.

Arrestations massives d'anciens opposants.

1933 

Un autre grand chantier est lancé avec la main d'œuvre exploitée du Goulag. C’est le tracé d’un second transsibérien baptisé BAM (Baïkalo, Amourskaya, Magistral).

BAL (en vert)

La construction de cette voie ferrée stratégique longue de plus de 1.500 kilomètres va se poursuivre jusqu’au milieu des années 1940.

> Durant l’hiver 1932-1933, ravage de la famine intentionnelle en Ukraine, holodomor, 3,5 millions de morts en huit mois (janvier - août) sur 35 millions d'habitants (15.000 personnes par jour).

La population perçoit cette répression comme venant du "judéo-bolchévisme".

Des milliers de cas de cannibalisme sont recensés par la police politique.

⇨ En janvier 1933, début du deuxième plan quinquennal.

Staline ordonne le blocus des villages affamés ukrainiens. Le régime nie la famine.

Six millions (?) d’Ukrainiens en sont victimes, c’est un génocide.

Nombreuses arrestations d’anciens “capitulards” dont Smirnov.

⇨ En mars 1933, tenant compte, dans une mesure minime, des critiques de l'Opposition de gauche, l'IC lance un appel au front unique. Cette relance du front unique après des années de polémique contre le "social-fascisme", ne comporte cependant pas un retour à la tactique élaborée au IIe et IVe congrès de l'IC et proposée de façon opiniâtre par Trotsky et l'Opposition de gauche.

Staline tente d'obtenir l'amitié d'Hitler.

> Le 4 mars 1933, les Izvestia, organe du gouvernement, écrivent que l'URSS est le seul pays du monde qui n'éprouve aucune hostilité à l'égard de l'Allemagne "et cela indépendamment de la forme et de la composition du gouvernement du Reich".[3] 

> Au printemps 1933, en Ukraine, région coupée du reste de l’Union soviétique, la campagne est parsemée de cadavres que plus personne n’enterre. Les Ukrainiens meurent au rythme de 10.000 par jour. Et comme il n'y a plus rien, ici ou là, on tuera le petit dernier pour nourrir une fratrie. Parfois, c’est une mère qui se sacrifie en priant ses enfants de la manger. Le phénomène prend une telle ampleur que le Guépéou exécutera 3.000 paysans pour cannibalisme[4]. La vérité se heurte au mur de la propagande qui martèle inlassablement la version officielle : la collectivisation est un formidable succès. Le pouvoir stalinien va réussir ainsi à assassiner quatre millions d’Ukrainiens dans le secret le plus déconcertant.

⇨ En avril 1933, le Goulag compte 500.000 détenus.

⇨ En mai 1933, Zinoviev et Kamenev, après une nouvelle réconciliation, sont autorisés à revenir d'exil. Ils s'avilissent devant Staline.

⇨ En juin 1933, la construction par les prisonniers du Goulag du canal Baltique-merBlanche (BBK) est achevée.

Le politburo confie au NKVD un nouvel ouvrage pharaonique, la construction d’une voie d’eau qui doit relier la Moscova en partant de Moscou à la Volga. Une partie de la main d'œuvre du BBK est transférée sur ce gigantesque chantier du Dmitlag, du nom du complexe concentrationnaire chargé des travaux du canal Moscova-Volga. Le travail titanesque s’accomplit en musique comme le montre la propagande du régime. Des camions et des machines font leur apparition mais, malgré ce début de mécanisation, les zeks continuent de creuser, de souffrir, de mourir. A son apogée, près de 200.000 détenus vont travailler sur le chantier, 30.000 vont y perdre la vie.

⇨ En décembre 1933, nouvelle grève de la faim à l’isolateur de Verkhnéouralsk. Elle dure dix-huit jours.

1934 

Le 25 janvier 1934, les délégués du XVIIe congrès du parti communiste arrivent au Kremlin. Les dignitaires du parti sont déposés en voiture, comme Kirov ou Molotov.

Les autres délégués se pressent à l’entrée. Nikita Kroutchev est responsable du parti à Moscou.

Ce congrès va marquer le triomphe définitif de Staline. A la tribune, il est entouré de sa garde rapprochée. Les orateurs qui se succèdent portent au pinacle Staline proclamé “incomparable génie de notre époque” ou tout simplement “le plus grand homme de tous les temps et de tous les peuples”. Dans le cortège des louanges, aucune voix discordante ne remet en cause les grandes orientations prises en 1929 et 1930 qui ont pourtant abouti à des résultats catastrophiques : chute de 40 % de la production agricole, famines, baisse de 50 % du pouvoir d'achat des ouvriers, explosion de la répression politique, développement du travail forcé.

Kirov baptise ce congrès, “congrès des vainqueurs". Un groupe sonde Kirov pour remplacer Staline.

Staline donne une explication aux difficultés rencontrées dans la construction du socialisme : la ligne politique étant juste, le parti ne pouvant se tromper, les problèmes et les retards ne peuvent s’expliquer que par une rupture entre ce qui a été décidé et ce qui a été fait. Si le plan quinquennal n’est pas réalisé, c’est qu’il y a eu sabotage. La thèse du complot permet d’expliquer le fossé considérable entre les promesses et la réalisation, entre le discours et la réalité.

Le XVIIe congrès proclame solennellement que la construction du socialisme est achevée en URSS. Désormais s’ouvre, selon le jargon emphatique, la voie à une ère d’abondance inédite de l’histoire de l’humanité.

Staline est élu à bulletin secret en dernier au Comité central. Trois quart des délégués rayent son nom. Ignorant l'identité des coupables, il se vengera largement : entre 1936 et 1938, 1.108 délégués sur 1.966 seront liquidés.

Les anciens opposants réintégrés chantent Staline.

Tournant diplomatique à 180° de Staline. Il escompte un isolement de l'Allemagne nazie au milieu de nations bourgeoises démocratiques alliées à l'URSS. La tactique du Front populaire est élaborée.

⇨ Le 27 février 1934, capitulation de Racovski peut-être dans l'espoir de sauver la vie de ses amis emprisonnés, ainsi que la sienne.

⇨ Le 10 mai 1934, le chef du Guépéou Viatcheslav Menjisky succombe à son tour à une crise cardiaque. C’est son second, Genrikh Iagoda qui prend la direction du GPU, bientôt renommé NKVD. Le NKVD est la colonne vertébrale d’un État stalinien qui maîtrise maintenant la propagande dans des proportions inédites.

Genrikh Iagoda doit liquider en priorité les vieux bolcheviks les plus importants. Il ordonne au NKVD de les arrêter sur la base de preuves falsifiées. Il organise ensuite des procès publics au terme desquels les accusés, détruits psychologiquement, vont avouer leurs crimes imaginaires et seront exécutés.

En juin 1934, Staline autorise un décret qui proclame la responsabilité collective d'une famille pour trahison d'un de ses membres.

Béria est un intime de Staline. Il est responsable de la sécurité personnelle de Staline lorsque celui-ci passe ses vacances dans sa Géorgie natale. Béria s’est particulièrement illustré dans la liquidation des vieux bolcheviks géorgiens. L’ambitieux tchékiste a le profil idéal pour se hisser un jour ou l’autre à la tête du NKVD.

⇨ Le 1er décembre 1934, à l'Institut Smolny (Leningrad), assassinat de Sergueï Kirov, membre du politbureao, premier secrétaire du parti pour la région de Leningrad, le successeur de Zinoviev. L'assassin est Leonid Nikolaïev, un militant oppositionnel communiste. Kirov était l’amant de la femme de Nicolaiév. L’assassinat de Kirov, acte isolé lié à la jalousie d’un mari trompé, tombe à pic pour Staline. Il s’en empare pour déclencher la répression. Staline, qui dirige personnellement l’enquête, instaure un régime de terreur dans la ville  avec une loi d'exception. En trois semaines, le NKVD feint de découvrir que le crime est l'œuvre d’un prétendu Centre de Léningrad. Les membres de ce centre sont aussitôt jugés à huis clos et exécutés.C’est le prétexte pour s’attaquer à Grigori Zinoviev et Lev Kamenev, compagnons de Lénine, eux-mêmes accusés. Ils sont arrêtés et jugés pour complicité idéologique avec les assassins de Kirov. La machine répressive s’emballe.

Des dizaines de milliers “d'assassins de Kirov" sont déportés en Sibérie. 66 exécutions.

> Le 29 décembre 1934, lors d’un procès à huis clos, condamnation et exécution immédiate de Nicolaiév et de 18 autres pour l'assassinat de Kirov.

L’homosexualité est repénalisée.

Milieu des années 1930

Le Goulag est devenu une administration tentaculaire qui exploite la force de travail de l’ensemble des détenus de l’URSS. Véritable industrie pénitentiaire, il devient un rouage essentiel de l’économie soviétique. L’emplacement des camps coïncide avec la carte des grands chantiers. Les complexes concentrationnaires prolifèrent comme des métastases.

1935  

Le nombre de détenus au Goulag franchit pour la première fois la barre du million. A ce million de détenus, s’ajoute un autre million de proscrits, déplacés spéciaux, des personnes déportées vers des villages de peuplement situés généralement dans les mêmes régions inhospitalières que les camps du Goulag.

Un des fils de Léon Trotsky, Serge Sédov, est arrêté. Il passe une huitaine de mois en prison et est déporté. Il sera assassiné.

Trotsky arrive à l'élaboration définitive du concept de "Thermidor Soviétique" et reconnaît le courant stalinien comme contre-révolutionnaire.

La revalorisation minime du rouble, devenu l'équivalent d'un kilo de pain noir, atténue la faim pour les travailleurs.

Joseph Staline déclare La vie est devenue plus joyeuse, camarades. Il annonce la fin du temps de renoncement et de  l’ascétisme. Les tickets de rationnement sont supprimés.

Inauguration du métro de Moscou. C’est le projet fétiche de Staline, il veut le plus beau métro du monde, des palais souterrains pour le peuple. Une vie radieuse tandis que le pays s'enfonce dans la peur et la terreur.

⇨ Les 15 et 16 janvier 1935, procès des assassins de Kirov. Gregory Zinoviev et Lev Kamenev nient toute participation à l'assassinat de Kirov mais reconnaissent sous la contrainte, à titre de compensation, leur "responsabilité morale" pour les tendances terroristes et, interrogés sur les raisons de leur opposition, parlent du désir de "restaurer le capitalisme".

> Le 23 janvier 1935, condamnation à la prison des dirigeants de la NKVD de Leningrad.

> Le 26 janvier 1935, mort de Kouibychev.

La pression sur les paysans se relâche, le rationnement prend fin à partir de janvier.

⇨ Le 1er février, Mikoyan et Tchoubar au BP.  Ejov devient secrétaire du BP et président de la commission de contrôle.

⇨ Le 9 mars 1935, Khrouchtchev devient secrétaire à Moscou.

Le 8 avril 1935, peine de mort étendue aux enfants de douze ans.

⇨ Le 25 mai 1935, la société des vieux-bolcheviks est dissoute et ses archives sont dépouillées.

⇨ Le 7 juin 1935, l’un des plus vieux compagnons de Staline, le Géorgien Enoukidzé, est exclu du CC et du parti.

Adoption du principe de la responsabilité familiale en matière pénale.

Premier festival international du film de Moscou, avec Sergueï Eisenstein comme président du jury.

> Mi-juillet 1935, à Moscou, VIIe congrès de l'Internationale communiste. Staline qui a le contrôle absolu du parti est soupçonneux à l'égard de l'Internationale communiste qui prend une orientation qui bientôt sera taxée de déviationnisme de droite c'est-à-dire guidée par une volonté hérétique de conclure un pacte avec les partis de gauche indépendants du contrôle soviétique alors que monte en puissance la menace fasciste. Pendant le congrès, au meilleur de la ligne politique décidée par Staline, le secrétaire bulgare, Georgi Dimitrov, et Palmiro Togliatti, son homologue italien, insistent sur le nécessite d'une nouvelle politique de fronts populaires avec les autres produits de gauche. Ce projet est largement plébiscité par le congrès. Le Komintern en essayant d'échapper au contrôle de Staline signé son arrêt de mort. Ce congrès sera le dernier.

 

> Le 27 juillet 1935, deuxième condamnation de Kamenev dans l'affaire dite du "complot des prisons".

La tactique du Front populaire est officialisée au VIIIe congrès de l'IC par Dimitrov.

> Le 30 août 1935, un mineur ukrainien modèle, Stakhanov, extrait 102 tonnes de charbon en 5 heures. Début du mouvement stakhanoviste.

1936 

Création de la République autonome de Tchétchéno-Ingouchie.

Création des républiques soviétiques de Géorgie, d'Arménie et d'Azerbaïdjan. Chacune d'elles comprend des républiques autonomes attribuées à des groupes ethniques particuliers, selon la "politique des nationalités" décidée par Staline.

Mikhaïl Toukhatchevski est nommé commissaire adjoint de la Défense. En dénonçant la menace que représente Hitler, Mikhaïl Toukhatchevski contrecarre les plans de Staline qui veut privilégier un accord de paix avec l’Allemagne.

Lors de la phase finale de la construction par les prisonniers du canal Moscova-Volga, qui doit être prêt pour le vingtième anniversaire de la révolution, en octobre 1937, la journée de travail est étendue à 12, voire 14 heures par jour. Les équipes se relaient, jour et nuit, dans le froid et le vent, dans des conditions climatiques apocalyptiques. Staline en personne rend visite au chantier.

Dans les bassins houillers au nord du cercle polaire, commence la construction d’une voie ferrée que la neige et la glace bloquent une bonne partie de l’année.

⇨ Le 26 janvier 1936, le théâtre Bolchoï de Moscou présente une nouvelle production de Lady Macbeth de Chostakovitch. Staline y assiste avec Jdanov. Staline sort révulsé. Deux jours plus tard, un article anonyme paraît en première page de la Pravda intitulé « un galimatias musical » qui porte une phrase très claire : « on joue ici avec l’hermétisme, jeu qui pourrait mal finir ».

> En février 1936, le Comité central approuve le rapport d'Ejov pour protéger l'Union soviétique contre l'infiltration d'espions, de terroristes et de saboteurs.

⇨ Le 20 juin 1936, funérailles de Maxime Gorki, mort dans des conditions suspectes. André Gide en fait l'éloge aux côtés de Staline sur la Place Rouge.

Du 19 au 24 août 1936, premier procès de Moscou, "procès des Treize". Le simulacre de procès est organisé par Ejov. Le procureur est Vichinsky, ancien menshevik. Le procès est entièrement fabriqué.

Les plus éminents représentants de la vielle garde léniniste, soumis à la torture, avouent publiquement leurs crimes de trahison, de sabotage et de terrorisme.

> Le 23 août 1936, suicide de Tomski, leader officiel de l'Union des syndicats soviétiques, préfèrant ne pas attendre qu'on vienne l'arrêter pour lui faire avouer des crimes auxquels il n'a jamais songé.

> Le 25 août 1936, Grigori Zinoviev, dirigeant de Leningrad, Lev Kamenev, Smirnov et autres, après avoir reconnu leur "soif de pouvoir" et avoir avoué avoir participé au complot visant à assassiner Sergueï Kirov et Staline lui-même, sont condamnés à mort et fusillés sur le champ.

Trotsky est pour la première fois désigné comme l'organisateur d'un complot terroriste. Il sollicite le philosophe américain John Dewey pour qu'il instruise un contre-procès.

Trotsky et Léon Sédov sont condamnés à mort par contumace.

⇨ Le 10 septembre 1936, l'enquête sur Boukharine et Rykov se clôt par un non-lieu.

> Le 19 septembre 1936, arrestation de Piatakov.

> Le 25 septembre 1936, télégramme de Staline au BP demandant le remplacement de Iagoda à la NKVD par Nikolaï Ejov surnommé le “nabot sanguinaire” (- 24/11/1938). C’est un être paranoïaque, pervers et atteint de tant de maladies infectieuses qu’il est étonnant qu’il tienne encore debout. Il va devenir l’exécutant du plus grand massacre d'État jamais mis en œuvre en Europe en temps de paix.

Au cours de l’année, la quasi-totalité des oppositionnels de gauche survivants ont été regroupés dans les camps de la Patchora, autour de Vorkouta (Sibérie).

L'exécution des vieux bolcheviks occulte l’étendue de la répression qui frappe les anonymes.

> Le 11 octobre 1936, le Politburo votre le remplacement de Iagoda par Ejov.

Le 27 octobre 1936, commence  une grève de la faim de 132 jours des trotskistes dans le camp de Vorkuta. Après le premier procès de Moscou, ils organisent des manifestations et des meetings, puis une assemblée générale qui prend la décision de commencer une grève de la faim. Elle va durer jusqu’au début de mars 1937.

⇨ Du 19 au 22 novembre, au fond de la Sibérie, procès de Novossibirsk contre les "saboteurs" trotskistes" de l'industrie qui auraient des liens avec la Gestapo.

Phase finale de la construction par 200.000 zeks du canal entre la Volga et la Moscova.

1937 

Dans un sondage, 57 % des Soviétiques se déclarent croyants.

De 1937 à 1938, la grande purge Echovtchina (Ejov) crée une vague d'exterminations.

Moscou est la plaque tournante de la grande terreur stalinienne.

Sur ordre de Staline, Nikolaï Iejov va faire exécuter la quasi-totalité des généraux de l’Armée rouge et les deux-tiers du comité central du parti.
En quelques mois, 120.000 cadres communistes sont arrêtés dont la moitié sont condamnés à la peine de mort.

Sur l’initiative directe de Staline, les membres de la famille des responsables communistes déchus sont eux aussi poursuivis et arrêtés, en particulier leurs épouses.

Rien qu’entre 1937 et 1938, près de 700.000 citoyens soviétiques, soit-disant des saboteurs ou des agents secrets, sont abattus. Parmi les victimes, beaucoup sont des compagnons de route de Lénine mais aussi de Staline.

> En janvier 1937, arrestation de Boukharine et Rykov.

> Le 10 janvier 1937, Iva Smilga, 44 ans, est exécuté. Malgré les tortures il refuse de témoigner contre d’autres ou de plaider coupable, ce qui lui a épargné un procès monté.

> Dans la nuit du 12 janvier 1937, arrestation de Varlam Chalamov (Récits de la Kolyma).

> Du 23 au 30 janvier 1937, Procès des dix-sept, deuxième procès de Moscou, contre Karl Radek, Iouri Piatakov (vice-commissaire à l'Industrie lourde), Mouralov, Sérébriakov (ex commissaire au Comité central), Sokolnikov (économiste), etc.

Ils sont accusés d'être des "agents du fascisme" selon les "directives terroristes" de Trotsky et de son fils. Les accusés s'accusent mensongèrement.

> Le 23 janvier 1937, Iouri Piatakov "avoue" une visite à Trotsky en Norvège qui l'aurait informé de ses contacts avec le fasciste Rudolf Hess, le second du fürher nazi, pour préparer une guerre contre l'URSS.

> En février 1937, les purges prennent de l'ampleur.

> Le 2 février 1937, Piatakov, Serebriakov, Mouralov, Drobnis, Bogousslavsky sont exécutés.

Karl Radek est condamné à la prison, où il sera bientôt tué.

Boukharine exclu du parti et arrêté.

> Le 18 février 1937, suicide d'Ordjonikidzé.

> Du 25 février au 5 mars 1937, plénum du CC. Boukharine et Rykov sont extraits de prison pour y participer.

Tentative d'opposition de Postychev et de Tchoubar.

> Le 3 avril 1937, Iagoda, chef du NKVD depuis 1934, responsable de l’expansion du Goulag, est arrêté. Il sera fusillé en 1938 comme “trotskyste de droite”.

Toukhatchevski ne cesse de dénoncer le danger hitlérien.

L’armée à son tour est épurée. Staline décide de faire taire Mikhaïl Toukhatchevski. Pour cela, il doit aussi se débarrasser des hommes du maréchal.

> Le 11 mai 1937, arrestation du maréchal Mikhaïl Toukhatchevski. Lui et  sept généraux de premier plan, sont condamnés à mort et exécutés la nuit même. Il est accusé d’être un espion de la Gestapo et d'être l'auteur d'un complot militaire Trotskiste de droite. Iejov se fait aider par les nazis (Heydrich) pour monter le dossier accusateur. C’est le coup d’envoi de la purge contre les militaires. 40.000 officiers supérieurs dont l’immense majorité des généraux sont éliminés. Sont éliminés quatre des cinq maréchaux de l’Armée rouge, 14 de ses 16 généraux, ainsi que 11 commissaires politiques. L'Armée rouge est décapitée. Même les chœurs de l’Armée rouge, créés en 1928 pour l’anniversaire de la révolution, sont décimés.

L'armée Rouge est décapitée au moment où Hitler et Mussolini s'acheminent vers la victoire en Espagne. Les purges dans l’Armée rouge vont se poursuivre jusqu’au mois de mars 1939.

⇨ Le 2 juillet 1937, une note manuscrite secrète de Staline est le point de départ d’une extermination de masse. Le dictateur demande que les plus hostiles des criminels soient immédiatement arrêtés et fusillés.

> Le 30 juillet 1937, Nikolaï Iejov, en application de la note de Staline, édicte l’ordre opérationnel du NKVD n°00447 envoyé à tous les dirigeants régionaux du NKVD d’éliminer les éléments socialement nuisibles.

Les purges sont étendues à toute la société en fixant des quotas d’exécutions et d’arrestations par régions. En tout, 1,5 millions de criminels et saboteurs doivent être déportés au Goulag et 700.000 exécutés. Des chiffres ronds. Ce document, responsable de la mort de centaines de milliers de personnes, précise que les organes de sécurité intérieure ont pour mission d’éradiquer de la  manière la plus féroce “toute cette bande d’éléments antisoviétiques et d’en finir une fois pour toutes avec les éléments qui sapent les fondements de l’Etat soviétique”. Les suspects sont divisés en deux catégories. La première signifie l’exécution, la deuxième l’envoi au Goulag pour 10 ans. L’ordre présente des quotas, région par région, du nombre d’individus à réprimer. Dans la première colonne les exécutions, dans la deuxième l’envoi au Goulag.

Les responsables régionaux du NKVD rivalisent d’ardeur pour dépasser les quotas et envoient au Kremlin des centaines de propositions de déportation supplémentaires et d’exécutions. Ces propositions sont validées quotidiennement et sans sourciller par Staline et par les cinq autres membres du politburo : Kliment Vorochilov, Viatcheslav Molotov, Anastase Mikoyan, Lazare Kaganovitch et Mikhaïl Kalinine.

> En août 1937, c’est le début de la "Grande Terreur". L’opération est prévue pour quatre mois, en réalité, elle va durer quinze mois. Ces opérations secrètes planifiées sont mises au point au plus haut niveau du parti par Staline, Nicolaï Iejov et les plus proches collaborateurs de Staline. La terreur envahit le quotidien.

La purge des élites politiques, économiques, militaires et policières a pour objectif de remplacer les cadres de la période révolutionnaire léniniste par une nouvelle génération plus jeune politiquement et idéologiquement plus obéissante et malléable, façonnée dans l’esprit stalinien. Ainsi est promue une nouvelle couche de dirigeants qui devront leur carrière vertigineuse au guide et lui seront donc dévoués corps et âme.

L’épuration des cadres communistes est impressionnante mais les exécutions de masse touchent bien au-delà des communistes qui ne représentent qu’un dixième des victimes.

> D’août 1937 à novembre 1938, en 16 mois, un million et demi de personnes sont arrêtées, 750.000 personnes d'entre elles sont exécutées en URSS après avoir été condamnées à mort par un tribunal d’exception à l’issue d’une parodie de jugement. Soit près de 50.000 exécutions par mois, 1.600 par jour. Les cadavres sont mis dans des fosses communes qui sont recouvertes et plantées de pins.

Durant la grande terreur, un soviétique sur cent est, dans le plus grand secret, exécuté d’une balle dans la nuque.

Staline fait déporter en Ouzbékistan 170.000 Coréens vivant près de la frontière de la Corée, occupée par les Japonais.

Lors d’une réception organisée à l’occasion du 20e anniversaire de la révolution d’Octobre, Joseph Staline se tient sur le mausolée de Lénine entouré de nouveaux visages.

Ilporte un toast « à la destruction de tous les ennemis – eux et leurs familles, jusqu’au dernier ! » Comme le note dans son journal un témoin oculaire, Georgi Dimitrov, en portant ce toast, Staline explique que les tsars avaient « fait une bonne chose : ils avaient rassemblé un immense État, allant jusqu’au Kamtchatka », et « nous, les bolcheviks, l’avons consolidé et affermi en un État, un et indivisible ». Par conséquent, « quiconque cherche à en détacher une partie ou une nationalité est un ennemi, un ennemi juré de l’État et des peuples de l’URSS. Et nous détruirons un tel ennemi, même s’il s’agit d’un vieux bolchevik ; nous détruirons toute sa parentèle, sa famille »[5].

Le film Lénine en octobre, commandé et visionné au préalable par Staline,  sort au cinéma le même jour. On y voit Staline et Lénine côte à côte, mais en réalité Staline n’a pas combattu auprès de Lénine. Dans une scène; Staline dépasse Lénine par taille alors qu’en fait il était plus petit que lui. Ce film est fait pour faire de Staline une sorte de super Lénine.

⇨ Le 16 décembre 1937, condamnation et exécution de Karakhane, Enoukidzé et autres.

Adoption d'un rapport condamnant à mort les principaux chefs (Toukhatchevski, Iakir, Poutna, Primakov) et préparant l'extermination de la majorité du corps des officiers et officiers supérieurs (près de 40 000 en 2 ans).

1938

Poursuite de la Ejovtchina (répression de masse).

Béria devient le chef du NKVD, la tristement célèbre police secrète. C’est le principal exécuteur du système de goulag mis en place par Staline. Il dirige ainsi des millions de travailleurs esclaves. Avec lui, les camps de punition et de travail ne cessent de prendre de l’ampleur. Partout dans l’immense empire, des millions de personnes sont brisées. Des centaines de milliers meurent sur les grands chantiers de Staline.

Béria se révèle un parfait organisateur, efficace est sans pitié.

⇨ En mars 1938, assassinat de plusieurs milliers de  trotskystes à la mitrailleuse à Vorkuta et Kolyma en Sibérie. Amenés par groupes dans la toundra, alignés le long des fosses préparées dans ce but, les oppositionnels de gauche sont mitraillés.

> Le 2 mars 1938, ouverture du troisième procès public de Moscou dit "procès des 21". Tous les accusés plaident coupable.

> Le 13 mars 1938, 19 accusés dont Boukharine et Rykov sont condamnés à mort et fusillés dans les 24 heures dans les caves du Guépéou.

Le 15 mars 1938, l’ancien du NKVD, Iagoda, est conduit dans la cellule insonorisée de la Loubianka où l’attend Nikolaï Iejov. Vassili Blokhine assassine son ancien patron sous les yeux du nouveau.

Les purges éliminent des centaines de milliers de personnes.

En juillet 1938, la troisième Internationale décide de fermer la revue Inprecor.

Trotsky au Mexique prévoit un pacte Hitler-Staline.

⇨ Le 17 novembre 1938, la grande terreur prend fin soudainement par une décision de Staline. Les exécutions sont stoppées. Iejov, jusqu’ici l’objet d’un véritable culte de la personnalité, est mis en cause. Staline l’accuse d'avoir laissé s'infiltrer des traîtres au NKVD.

Le général Jan Berzine, chef des services de renseignements militaires de l'Armée rouge, est exécuté sur l'ordre de Staline.

Le poète Ossip Mandelstam meurt déporté en Sibérie. Il a écrit un poème contre Staline dans lequel il dénonce « le montagnard du Kremlin, le bourreau et l’assassin de moujiks ».

Iejov est démis de ses fonctions de chef du NKVD. Le “nain sanguinaire” devenu alcoolique sera exécuté en 1940. Fin de la Ejovtchina.

Le 20 décembre, livret de travail obligatoire.

Le 28 décembre, réglementation des absences et des retards des travailleurs.

1939 

Moscou compte quatre millions d’habitants.

> En début d’année 1939, une vaste inspection des camps du Goulag par Béria dresse un bilan catastrophique de l’état physique des zeks qui ne sont  plus en état de travailler. Toute l’organisation interne du Goulag est remaniée. Les immenses ensembles des camps sont décentralisés, divisés en unités plus petites et restructurés par branches économiques. La fonction productive du Goulag ressort avec force dans les nouvelles structures internes. Les directions centrales ne sont plus géographiques mais économiques : direction des constructions hydroélectriques, direction des constructions ferroviaires, direction des métaux non ferreux, etc. A l’approche de la guerre, le NKVD reçoit du gouvernement des commandes de plus en plus stratégiques : la construction ou la remise en état par la main-d'œuvre détenue de plus de 200 aérodromes militaires.

> En janvier 1939, on compte près de deux millions de détenus dont 43 % de politiques condamnés en vertu de l’article 58 du code pénal pour crime contre-révolutionnaire. Un pourcentage qui ne sera plus jamais atteint durant la période stalinienne.

Écrits de Léon Davidovitch Trotsky sur l’URSS et la guerre, dans lequel il mentionne la possibilité que l’URSS devienne un nouveau système d’exploitation si le stalinisme n’était pas renversé par la guerre.

⇨ En février 1939, exécution de vieux bolcheviks à Moscou parmi lesquels l'amiral Mouklévitch et Beloborodov, ancien de l'Opposition de gauche jusqu'à 1929.

⇨ En mars 1939, Iejov est remplacé par Lavrento Béria à la tête du NKVD. C’est un intime de Staline, un tueur professionnel qui s’est fait la main en Géorgie. Il est bien placé pour savoir que seuls survivent les collaborateurs utiles à Staline. Il va tout faire pour se rendre indispensable. L’une de ses premières tâches est de réorganiser en profondeur le Goulag pour le rendre plus rentable du point de vue économique.

> Du 2 au 13 mars 1939, XVIIIe Congrès du parti communiste auquel ne participent que 59 délégués du congrès précédent (1.108 sur 1.966 ont été arrêtés). Titularisation au Politburo de Jdanov et Khroutchev.

Trotsky annonce que le discours de Staline laisse entrevoir des ouvertures en direction de l'Allemagne hitlérienne.

Le 19 mai 1939, assassinat de Karl Radek.

En juillet 1939, mission militaire franco-anglaise à Moscou. En parallèle, Staline mène des négociations secrètes avec Hitler.

⇨ Le 12 août 1939, des conversations militaires s’engagent avec la Grande-Bretagne.

> Le 21 août 1939, les Soviétiques rompent les pourparlers avec la France et la Grande-Bretagne.

> Le 23 août 1939, peu avant minuit, à la surprise du monde, un pacte de non-agression germano-soviétique signé à Moscou par Molotov, chef de la diplomatie de Staline et Von Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich. Une partie de l’accord doit rester secrète. Une clause du protocole joint au pacte délimite les sphères d’influence des deux signataires en Europe orientale et prévoit un partage de la Pologne.

Staline devient un collaborateur des nazis. Il leur fournit de la nourriture et des matières premières en échange du feu vert pour recoloniser la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et une partie de la Pologne.

Dans les accords relatifs au partage de la Pologne est inscrite une collaboration effective du NKVD avec la Gestapo. Elle va se manifester par la livraison à la Gestapo de membres du KPD (parti communiste allemand) réfugiés en URSS et qui ont été déportés en Sibérie, victimes de la folie meurtrière de Staline.

Sept jours après la signature du pacte germano-soviétique, la seconde guerre mondiale éclate.

⇨ Le 17 septembre 1939, conformément au récent accord germano-soviétique, invasion de la Pologne par l’Armée rouge, 17 jours après que la Wehrmacht l’ait de son côté attaquée. Officiers nazis et soviétiques font la jonction et se partagent le pays.

Après la Pologne, la Russie occupe également les pays Baltes, une partie de la Roumanie et ,malgré une résistance farouche, une partie de l’est de la Finlande.

La guerre russo-finlandaise crée en Scandinavie un premier foyer de guerre.

> Le 30 novembre 1939, Staline invente un incident de frontière avec la Finlande et envahit la petite nation. Celle-ci se défend héroïquement. Malgré sa supériorité écrasante qui lui fait espérer une guerre très courte, l'Armée rouge piétine car l’étroitesse de l’isthme de Carélie l’empêche de passer ses chars (- mars 1940).

Fin des années 1930

Le chantier transsibérien du BAL exploite la force de travail de plus de 200.000 détenus. 10.000 détenus y perdent la vie, soit un mort, tous les 150 mètres.


[1] Goulag, une histoire soviétique, Patrick Rotman, Arte 2017.

[2] Staline, Jean-Jacques Marie.

[3] Les crimes de Staline, Léon Trotsky. Grasset.

[4] Reportages sur place à l’époque dans The Guardian du journaliste Gareth Jones.

[5] 1. I. Banac (sous la direction de), The Diary of Georgi Dimitrov, 1933-1945, Yale University Press, New Haven-Londres 2003, p. 65.