Salut !

Tu as peut-être lu certaines de mes aventures, et tu as l’impression que ma vie est une succession de voyages lointains… Ce n’est pas entièrement faux, mais c’est incomplet.

Lorsque je travaillais pour l’agence Automne, j’ai eu à me mêler de quelques histoires locales, dont une pour laquelle j’ai dû côtoyer du bien vilain monde, dans la capitale des Gaules. Je précise, au cas où tu aurais l’esprit un peu embrumé, en ce moment : la capitale des Gaules, c’est Lyon, pas Paris ! Durant cette enquête entre Saône et Rhône, ma route a croisé celle de la commandante de gendarmerie Christine Cartier.

La première fois que j’ai aperçu cette nana, en jupe et bottes mousquetaire, j’aurais eu du mal à l’imaginer en officier de gendarmerie, si elle n’avait été suivie par une espèce de toutou à deux pattes qui respirait le flic à cent mètres, et dont le moins que l’on puisse dire est qu’il était vraiment à ses pieds, quelle que soit la façon dont ils étaient chaussés ! C’est tout juste s’il ne pissait pas autour d’elle pour marquer son territoire !

J’étais en planque dans un quartier mal famé, et visiblement, ces deux-là s’intéressaient au même guignol que moi. Ça m’a un peu contrarié, sur le moment, de voir les pandores marcher sur mes platebandes, mais au moins, j’étais aux premières loges pour le spectacle, et je te le garantis, Christine Cartier est une véritable artiste dans son domaine. Je suis vite passé de l’agacement à l’amusement, voire l’admiration. Je n’avais pas le son, j’ai sûrement manqué quelque chose, mais l’image valait le coup d’œil : mon lascar, qui n’était pourtant pas du genre pétochard, s’est décomposé petit à petit face à cette femme au tempérament en airain. J’ai pensé qu’elle possédait des informations que je n’avais pas et qu’il fallait que je me rapproche d’elle, mais lorsqu’elle s’est retournée, et qu’à travers mes jumelles, j’ai soudain eu l’impression qu’elle me fixait droit dans les yeux, je me suis demandé si c’était vraiment une bonne idée. Cette bonne femme a un regard bleu comme la glace, dur comme le diamant, et plus acéré qu’une réplique de George Bernard Shaw.

Vu qu’on courait le même lièvre, j’ai quand même fini par la rencontrer, de façon plus ou moins incognito. Un simple échange d’information. Enfin, c’est surtout moi qui lui ai servi d’informateur, parce que de son côté, elle n’a rien lâché. Il est vrai que je n’ai pas vraiment insisté, j’avais reçu l’ordre de lui refiler le bébé. N’empêche que le personnage m’a tapé dans l’œil. Pas comme tu l’imagines, non ! Bon, je n’aurais pas été dormir dans le canapé si elle s’était glissée entre mes draps, et qu’elle soit légèrement plus âgée que moi ne m’aurait pas retenu non plus, mais nous n’étions pas dans ce genre d’échange, dans ce moment. Même si elle a largement abusé de son inexorable besoin de charmer. La commandante Christine Cartier fait partie de ce genre d’individu à très forte personnalité : quand tu les rencontres une fois, tu n’as qu’une envie, les revoir. Avec cette particularité qu’elle tient un peu de la mante religieuse. Tu sens qu’elle peut être dangereuse, mais tu y vas quand même !

En vérité, je n’ai pas eu l’occasion de la croiser à nouveau, mais comme j’ai pas mal de contacts, je me suis tenu au courant de ses activités. Alors quand j’ai appris qu’elle s’occupait d’une affaire impliquant une grande famille de Feurs, j’ai tout fait pour suivre cette enquête. Il se trouve que Feurs est proche de chez moi et j’y ai des amis. Raisons supplémentaires, s’il en fallait, pour que je m’intéresse à cette histoire. Bon, je ne vais pas t’en dire plus à son propos, vu que tu t’apprêtes à lire ce roman, mais sache qu’elle est beaucoup plus compliquée qu’on pourrait le croire au premier abord. Et même au deuxième. En vérité, il y a vraiment de quoi s’emmêler !

Une chance pour toi, ce bouquin est sacrément bien fouillé, question psychologie des personnages. Ça permet de bien comprendre les tenants et aboutissants de cette sale affaire. Parce que dans toute histoire criminelle, le quidam moyen a tendance à s’arrêter au crime en lui-même, et quand un coupable à l’air évident, il ne va pas chercher plus loin et crie « sus à la bête ». C’est d’ailleurs bien comme ça qu’ont réagi certains Foréziens… Mais ça, tu le découvriras au fil de ta lecture.

En parlant de lecture, sans en déflorer quoi que ce soit, je peux te dire que ce bouquin est bien foutu, agréable à lire, avec quelques pointes d’humour pour relever le tout. Et je peux te révéler qu’en plus de l’enquête proprement dite, tu suivras le parcours d’un jeune camé à travers son journal. Ce n’est pas du reportage, c’est du vécu, alors crois-moi, c’est plus édifiant qu’une émission sur C8 ou NRJ12 !

Bref, si tu as ce livre entre les mains, tu as fait un excellent choix. Allez ! Je te laisse le vérifier. Bonne lecture !

 

                                                                                                                 Poljack

                                                                                             http://poljackleblog.blogspot.com/