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Épitaphe d’Athénadès


Matériau : marbre

Lieu de découverte : quartier de Saint-Victor, Marseille

Datation : fin du IIe / début du IIIe s. après J.-C.

 

1 Άθηνάδης

2 Διοσκουρίδου

3 γραμματικός

4 ρωμαϊκός.

Athénadès, fils de Dioskoridès, professeur de lettres latines.

N. C. Lettres de hauteur assez régulière, au tracé maigre ; sigma lunaire, deux types de mu différents. L. 2. Adroite, tout petit omicron, pour tenir dans la ligne plutôt que par repentir. AIOC, Pierquin, coquille. L. 3. TPAMMATKOC, Pierquin. L. 4. PO MAI KO C , Pierquin. Wackernagel parle par erreur d'Athenaides.

L'inscription a été interprétée comme une sorte de plaque professionnelle (« enseigne de grammairien »), fixée à côté de la porte d'une école de langue étrangère (!), et on lui a parfois attribué des datations aberrantes très anciennes (IVe/IIIe s. av. J.-C. ; «entre Euclide (403) et Ménandre (345) », Pierquin [1]). Il s'agit d'une épitaphe banale. Athénadès était un Marseillais, dont le statut social (esclave ou affranchi selon Agusta-Boulardot, mais peut-être aussi homme libre) ne peut être précisé[2]. Sur ce type de professeur de littérature - prose et surtout poésie - et non de grammaire au sens moderne du terme, qui enseignait dans ce qui correspondait grosso modo à notre Second Degré, voir H.-I. Marrou, HistÉducation, p. 243-244, et sur de tels enseignements en Gaule à l'époque romaine, p. 428-429 [3]. Agusta-Boulardot rappelle, en s'appuyant sur Strabon, IV, 1 , 5 et Tacite, Agricola, IV, 3-4, l'importance de la « vie universitaire » à Marseille sous l'Empire. Mais le cas d'Athénadès est un peu différent, puisqu'il s'agit plutôt d'un professeur de lycée, certainement bilingue.

Ref : IGG 12. Marseille, Musée d'Histoire, inv. n° 83.7.12 (Borély 1627).


[1] « Voilà un anneau de la grande chaîne de l'instruction publique retrouvée » : Pierquin.

[2] S. Agusta-Boulardot, p. 689, parle « d'une forte communauté grecque » à Marseille, ce qui est ambigu : Athénadès n'est pas un Grec, mais un Marseillais.

[3] Marrou renvoie à Philon, Congr. § 148 : τό γε μην γράφειν και άναγιγνώσκειν γραμματικής της ατελεστέρας επάγγελμα ην παρατρέποντές τίνες γραμματιστικήν καλοΰσι, τής δέ τελειότερος άνάπτυξις των παρά ποιηταΐς τε και συγγραφεύσιν - « Ainsi lire et écrire, tel est le programme de la grammaire élémentaire - certains changent son nom de γραμματική en γραμματιστική -, pour la grammaire supérieure, c'est l'explication des œuvres des poètes et des prosateurs » ; bibliographie complémentaire par S. Agusta-Boulardot, p. 661, note 31. On ne connaît en Gaule que trois autres inscriptions, latines, à des grammatici : un de latin (Trêves, n° 28, IVe s.), un de grec (Trêves, n° 27, IIe s. au plus tôt), le dernier non identifié