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Espagne 20e 1970-1979
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Chronologie de l’Espagne dans les années 1970

1970

Sortie du film Tristana de Bunuel. Tourné à Tolède, son intrigue se situe dans l’Espagne de la fin des années 1920 qui cherche à s’émanciper du conservatisme mais voit toutes ses tentatives foulées au pied par une classe dominante incarnée par Don Lope. Bunuel veut représenter l'Espagne traditionaliste dans une ville provinciale. C’est une critique du machisme dans une société extrêmement patriarcale. Bunuel, à mots couverts, bien qu’il décrive une Espagne pré-franquiste, critique la dictature. Prisonnière d’une relation malsaine avec son oncle, Tristana ressent de plus en plus de dégoût à l’endroit de ce géronte incestueux qui devient, comme il le dit lui-même, son père et son mari selon l’envie qui lui prend. Le film est mal accueilli par le public.

> En novembre 1970, manifestations dans le monde contre le procès de Burgos.

> Le 3 décembre 1970, début d'un procès contre 16 indépendantistes basques de l'ETA à Burgos. Pour la première fois, les accusés peuvent se défendre en public en dénonçant la torture pratiquée par le régime. Six condamnations à mort. Importants mouvements de protestations.

Franco commue leur peine en trente années de réclusion.

1971

Création de la Liga Comunista Revolucionaria. Création de l’ETA-VI, une scission majoritaire de l’ETA lors de sa sixième assemblée.

1972

Nombreux attentats de l’ETA.

> Le 10 mars 1972, la nouvelle génération ouvrière, qui n'a pas connu la démoralisation de l'échec de la guerre civile, commence de durs combats, allant jusqu'à occuper pendant vingt-quatre heures la ville d'El-Perrol, abandonnée par la garde civile.

> La 1er mai 1972, manifestation clandestine du 1er mai à Madrid.

Fusion entre la Liga et ETA-VI pour former LCR-ETA-VI, avec décision d'abandonner les actions terroristes dans la lutte contre la dictature et de s'organiser au niveau de toute l'Espagne.

1973 

Le choc pétrolier de 1973 ébranle fortement l’Espagne (forte importatrice de ressources énergétiques) qui doit faire face à une sévère récession et une forte inflation.

La santé de Franco se détériore. Il renonce à la présidence du gouvernement, confiée à l’amiral Carrero Blanco.

> Le 20 décembre 1973, assassinat de l'amiral Carrero Blanco, président du gouvernement, successeur potentiel de Franco. Cette opération Ogro est revendiquée par l'ETA.

1974 

Carlos Aria Navarro est nommé premier ministre. Il promet une politique plus libérale.

> Le 2 mars 1974, le militant anarchiste catalan Salvador Puig i Antich est exécuté.

> Le 9 juillet 1974, Franco étant gravement malade,  le prince Don Juan Carlos le remplace provisoirement.

> Le 30 juillet 1974, impulsée par le PCE, création de la «Junte Démocratique d’Espagne» regroupant en plus de huit partis politiques (PSP, PTE,…), des syndicats (CCOO), des collectifs sociaux et des personnalités. Elle réclamait, entre autres, l’amnistie, la légalisation des partis politiques, les libertés démocratiques, la reconnaissance de la personnalité politique des peuples catalan, basque, et galicien, la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la convocation dans un délai fixé d’une consultation populaire pour choisir la forme de l’Etat.

> Le 1er septembre, Franco est rétabli.

> Le 13 septembre 1974, le premier attentat de "masse" de l'ETA tue 12 personnes dans une cafétéria de Madrid très fréquentée par la police.

> En octobre 1974, scission entre ETA politico-militaire et ETA militaire.

> En octobre 1974, Felipe Gonzales, représentant du Parti socialiste de l’intérieur, est élu secrétaire général du PSOE lors du congrès de Suresnes.

> En décembre 1974, vague de grèves dans une grande partie du pays.

1975

Cinq nouvelles exécutions ont lieu, dont celles de deux militants d’ETA.

Sur son lit de mort, Franco espère que le nouveau roi poursuivra son héritage.

> En janvier 1975, arrestation des membres de la junte démocratique.

> En juin 1975, le PSOE impulse la «Convergence démocratique». Elle regroupe les divers partis (MCE, ORT, Izquierda Democratica, le Parti carliste…), le Conseil Consultatif Basque (PNV,…), l’UGT, etc. Son programme, plus radical que celui de la Junte Démocratique, exige la «rupture avec le régime», «l’ouverture d’un processus constituant», le «Droit à l’autodétermination», des changements dans les «structures socio-économiques et culturelles».

> En octobre 1975, le prince Juan Carlos devient chef de l’Etat.

> Le 26 août 1975, le gouvernement approuve une nouvelle loi anti-terroriste encore plus dure.

> Le 20 novembre 1975, mort après une longue agonie du dictateur Franco.

Navarro est maintenu président du gouvernement.

> Le 27 novembre 1975, Juan Carlos est proclamé roi par les dignitaires franquistes.

Juan carlos et Franco

Il nomme Adolfo Suárez pour mener une "transition démocratique".

Adolfo Suárez

1976 

> En janvier 1976, vague de grèves dans les grandes villes.

Création des Commissions ouvrières (CCOO). Marcelino Camacho en est le fondateur.

> En mars 1976, 5 ouvriers sont tués et une centaine de personnes blessées lors de graves affrontements à Vitoria (Pays basque, Euskadi) avec la police.

> En mars 1976, la Junte et la Convergence s’unissent, en rétrécissant de manière importante leur programme initial. La rupture avec le régime se réduit désormais à obtenir une «alternative démocratique».

> Le 31 juillet 1976, l'amnistie générale est déclarée pour tous les prisonniers politiques ou de conscience (à l'exception des condamnés par acte terroriste).

> En septembre 1976, se constitue la «Plateforme d’Organismes Démocratiques». Elle réclame déjà un «Gouvernement de large consensus démocratique», un «programme économique concerté», des «Statuts d’Autonomie» pour les régions et les nationalités et «la convocation d’élections à une Assemblée constituante».

1977 

> Le 23 janvier 1977, violente manifestation à Madrid.

> Le 24 janvier 1977, massacre d'Atocha, assassinat par l'extrême droite de cinq avocats communistes (plus 4 grièvement blessés).

> En février 1977, légalisation du PSOE.

> Le 11 mars 1977, la liberté syndicale est légalisée.

> Le 9 avril 1977, légalisation du PCE. Santiago Carrillo, le secrétaire général, devient l'allié le plus loyal du gouvernement Suarez. La monarchie parlementaire et ses symboles sont acceptés par le PCE. Les centrales syndicales – Union générale des travailleurs (UGT), liées au PSOE, et Commissions ouvrières (CCOO) liée au PC – sont légalisées.

> Le 15 juin 1977, premières élections démocratiques depuis quarante ans.

Aux élections législatives, l’UCD d’Adolfo Suarez l’emporte avec 165 sièges contre 118 au PSOE et 20 au Parti communiste.

Élection d’une Assemblée constituante.

L'Union du centre démocratique (UCD) de Suarez, regroupant des personnalités issues du régime franquiste et des démocrates chrétiens, au pouvoir, obtient 43 % des voix, le PSOE 29 %.

> Le 23 octobre 1977, le gouvernement rétablit les autonomies régionales.

> Le 25 octobre, signature le 25 du Pacte de la Moncloa.

Accord entre le gouvernement et l'opposition (partis et syndicats CCOO) sur un programme économique.

La gauche accepte de modérer ses revendications économiques «afin de freiner l’inflation» et sous la menace de la fuite des capitaux, en échange de libertés démocratiques.

> En décembre 1977, amnistie générale au Pays Basque.

1978

> En avril 1978, abolition de la peine de mort.

> Le 6 décembre 1978, adoption par référendum par 88% de oui de la nouvelle Constitution "de consensus",  fruit d’un  pacte des socialistes et des communistes avec la droite issue du franquisme. Le PSE et PCE appellent à voter oui.

La nouvelle Constitution accorde une large autonomie aux 17 régions du pays.

1979 

> En janvier, l'ETA s'oppose au statut d'autonomie du Pays Basque adopté par référendum.