Comité : Environnement 

Problématique : Contrer la surpêche pour une utilisation durable des ressources marines

Chair ou président : Diane Jacquet

Introduction

Les océans couvrent 71 % du globe. Ils jouent un rôle clé dans  la prospérité de la vie sur Terre : ils régulent la température en absorbant près de 30 % du CO2 produit par les activités humaines, produisent 70% de notre oxygène, diminuent l’impact du réchauffement climatique et regorgent de richesses diverses et en grandes parties inconnues. Mais depuis quelques années, les ressources marines ne cessent de diminuer au point d’être en péril. La cause principale : la surpêche. Selon le Programme des Nations Unis pour l’Environnement (PNUE), la surpêche à son rythme actuel aura vidé les eaux de la quasi totalité des réserves de poissons d’ici 2050. La communauté internationale a conscience de l’enjeu : les Etats membres de l’ONU ont adopté en 2015 le plan d’action Agenda 2030 pour le développement durable, et l’objectif de développement durable (ODD) 14 cible 4 concerne directement ce problème:  “D’ici à 2020,  réglementer efficacement la pêche, mettre un terme à la surpêche, à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et aux pratiques de pêche destructrices et exécuter des plans de gestion fondés sur des données scientifiques, l’objectif étant de rétablir les stocks de poissons le plus rapidement possible, au moins à des niveaux permettant d’obtenir un rendement constant maximal compte tenu des caractéristiques biologiques” (http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/oceans/)

             La surpêche a pris une dimension planétaire et s’est généralisée à la majorité des espèces pêchées vers le milieu du 20è siècle. Les méthodes industrielles  alors adoptées se concentraient sur le court terme. Les conséquences sont celles que l’on voit aujourd’hui.

 Définition des termes clefs

Aire Maritime Protégée (AMP)

           Les aires maritimes protégées sont des espaces délimités en mers. Des législations y sont mises en place par les autorités compétentes à l’échelle locale, régionale ou nationale, dans le but d’y préserver les stocks de poissons, de conserver des ressources culturelles (comme  les épaves et les sites archéologiques) et de laisser l’écosystème se régénérer. Elles se présentent sous de nombreuses formes: des parcs nationaux, des parcs naturels marins, des réserves marines, des zones de conservation halieutiques… Les restrictions d’exploitation d’une AMP varient. Certaines zones comme les réserves marines peuvent être des zones interdites à toute exploitation (1% de la surface totale des océans) tandis que d’autres sont des zones avec un accès réglementé à des activités comme la pêche (3% des océans). La définition d’une AMP peut porter à confusion: il y a ceux qui considèrent que ces zones doivent être exemptes d’activités humaines (sanctuarisées) et ceux n’y voyant pas cette contradiction et qui y installent par exemple des parcs d’attraction pour les loisirs.

              Communautés côtières/marines

           Une communauté côtière est un groupe de personne vivant à proximité des côtes. Elle possède un lien particulier avec son environnement marin qui constitue généralement une grande part de ses revenues économiques (le tourisme, la pêche, les loisirs) et dépend directement des changements que cette zone peut subir.

              Eaux territoriales

           Les eaux territoriales sont les eaux sur lesquelles s’exerce la souveraineté de l'Etat côtier. Elles s’étendent des côtes  jusqu’à environ 22 km(12 miles). Leurs limites sont fixés à mi-distance si des Etats voisins sont proches de moins de 44km. Cette définition a été fixée par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1973.

            ONUAA (FAO en anglais)

        Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Cet organe de l’ONU possède la plus large base de donnée mondiale  sur l’agriculture, la faim et l’alimentation. Les Etats possédant une flotte de pêche doivent déclarer les prises de l’année au département des pêches et de l’aquaculture, selon le cadre institutionnel régissant la gouvernance des pêches .

              Haute mer/eaux internationale

              Les 64 % d’océans restant au-delà des ZEE et excluant les mers intérieurs d’un État correspondent aux eaux internationales, ou autrement dit à la haute mer. La haute mer couvre un peu plus de la moitié de la surface totale de la Terre. C’est une zone ouverte d’accès à tous les Etats. Le fond de la mer y est considéré comme un “patrimoine commun de l’humanité” ce qui signifie que personne ne peut s’approprier ses ressources. Bien que des cadres d’exploitations ai été fixé pour cette zone lors de la convention des droits de la mer de Montego Bay de 1982, il y a peu de régulation notamment autours du domaine de la pêche, et la haute mer se dégrade à une vitesse croissante. De plus avec la disparition graduelle des stocks halieutiques, les navire ont besoin de pêcher de plus en plus loin pour trouver du poisson.

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Schéma des différentes zones maritimes du droit international de la mer

 Source :https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Zonmar.svg?uselang=fr

             Pêche illégale

             Aussi appelée la pêche INN (Illicite, non-déclarée et non réglementée) ou INDNR, la pêche illégale se rapporte à la pêche pirate. ONUAA définit en détail la pêche INN dans son Plan d’action international visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (section II 3)     (http://www.fao.org/docrep/003/y1224f/y1224f00.HTM).

   

             Pêcherie

             Une pêcherie est une zone aménagée pour la pêche, le traitement de poisson pêchés ou l’élevage de poisson.

            Prises accessoires (“bycatch” en anglais) 

L’ensemble des créatures marines non ciblés par les pêcheurs et accidentellement capturés par les filets de pêche représentent les prises accessoires. Ceux-ci peuvent être des membres de l’espèce chassée jugés trop jeunes, des mammifères marins, des poissons ou même des oiseaux. Des millions d’animaux mourants sont alors rejetés à la mers chaque année. Les pertes les plus importantes concernent  la pêche à la crevette tropicale où selon Greenpeace, 90% des prises  sont des prises accessoires .

              Sécurité alimentaire

             La sécurité alimentaire caractérise une situation où une population a un accès garanti à la nourriture en quantité et en qualité suffisante qui lui assure une vie saine et active. Quatre facteurs principaux régulent la sécurité alimentaire :

- la disponibilité (quantité suffisante)

- la qualité (aspect nutritionnel et hygiénique)

- l’accès (capacité à acheter ou produire)

- la stabilité (facteurs climatiques, politiques et économiques)

Stock

Un stock est une unité de gestion : c’est la partie exploitable d’une populations de poissons capables de se reproduire et présentant les mêmes caractéristiques biologiques . L’espérance de vie, l’âge de reproduction et l’intensité de la pêche font varier un stock.

Surpêche/pêche excessive

La pêche excessive survient quand l’activité de pêche est si intense qu’elle ne permet plus aux ressources marines de se renouveler naturellement. Les stocks de poissons s'effondrent alors et peuvent aller jusqu’à disparaître. Une étude mondiale de 2014 publiée dans la revue Marine Ecology Progress indique que  les stocks de grands poissons prédateurs ont globalement diminué de plus de deux tiers depuis le siècle dernier. Le rapport de l’ ONUAA de 2016 montre qu’en 2013, 68,6 % des stocks marins mondiaux étaient exploités à un niveau biologiquement durable (dont 58,1% étaient exploités au maximum et seulement 10,5 % n’étaient pas pleinement exploités) et 31,4 % étaient exploités à un niveau non durable : en somme, environ 90 % des stocks sont déclarés pleinement exploités ou surexploités.

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Evolution de l’état des stocks ichtyologiques marins mondiaux depuis 1974

Source : http://www.fao.org/3/a-i5555f.pdf

             

              Zone Economique Exclusive (ZEE)

             Une ZEE est un espace maritime situé entre des eaux territoriales et des eaux internationales. Elle appartient à un Etat riverain qui y dispose de l’exclusivité de l’exploitation des ressources. Cette zone est définie dans les Droits de la Mer par une bande de 370 km (200 milles) à partir des côtes s’il n’y a pas d’autre rivage. Dans le cas contraire, la limite est tracée au milieu des rivages. Un navire étranger souhaitant accéder à la ZEE d’un autre pays doit engager des négociations avec le pays en question pour y accéder légalement.

           

Aperçu général

Une gestion médiocre des pêcheries 

           Il existe à plusieurs échelles des régulations pour les prises de pêche, comme par exemple la politique commune de la pêche (PCP) qui gère les flottes de pêche dans l’Union Européenne, mais elles ne sont pas assez efficaces et restrictives. Ainsi, la PCP a dû subir en 2014 une réforme ambitieuse pour raffermir ses règles car sa précédente édition, pas assez restrictive, a échouée à relever le niveau des stocks de poisson selon la Commission Européenne.

Il y a également un manque de réglementation sur la pêche dans certains cas comme pour celui des eaux internationales, où la pêche en eau profonde est particulièrement dévastatrice. Les navires souhaitant passer outre les réglementations nationales pêchent juste au-delà de leur ZEE. L’aspect transnational de cette zone amène à un phénomène dit de “tragédie des biens communs”.

De surcroît, il y a un manque d’application de ces règle. Celles-ci pour être respectées nécessitent un renforcement des sanctions et contrôles. Et même si les quotas établis sont respectés, ceux-ci ne correspondent souvent pas aux quotas suggérés  pour une utilisation durable des ressources halieutiques par les scientifiques des instituts nationaux, internationaux (comme le CIEM, Conseil International pour l’Exploration de la Mer) ou des Organisations Régionales de Gestion des Pêches (ORGP). Par exemple, entre 2015 et 2016, la CICTA (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés dans l’Atlantique)  a suivis les conseils des scientifiques dans seulement 43 % des cas.

D’autre part, la flotte mondiale est en surcapacité : il y a trop de navires. D’après les chiffres de la commission Européenne, la capacité globale actuelle est de 2 à 3 fois plus importante que le niveau soutenable. Cela rend la flotte économiquement non viable. La surcapacité entraîne une forte compétition qui peut inciter les pêcheurs à braver les réglementations ou une pression au moment de fixer des quotas viables, et mène à la surpêche. Bien que surcapacité et surpêche soit fortement liées, la surpêche pourrait être évitée si elle était mieux encadrée.

Vient ensuite le problème des subventions. Selon l’ONU, le montant des subventions est estimé à 35 milliards de dollars. Cette somme attribuée à la construction et la modernisation des navires bénéficie en grande partie aux activités de pêche les plus intensives et favorise la surpêche. Plusieurs Etats s’accordent pour dire qu’il faut les supprimer, mais certains pays comme les pays asiatiques sont plus réticents. Cette question délicate a été posée lors de la conférence des Océans à New York en juin 2017 où les Etats se sont engagés à réduire les subventions. Les subventions publiques dédiées au secteur de la pêche manquent également de transparence.

Un autre point est la traçabilité du poisson. En effet, les commerçants et les douaniers n’assurent pas toujours aux acheteurs que le poisson provient d’une pêche légale et durable. Ainsi les consommateurs encouragent à leur insu la surpêche. Seul un marché transparent peut garantir le respect des réglementations. Les réformes actuelles, comme celles mises en place par  l’Union Africaine et l’Europe, mettent l’accent sur ce point. Malgré cela, trop d’informations de bases (sur l’état des stocks de poissons, des écosystèmes, le nombre de prises... ) sont encore cachées au public. Des initiatives sont prises par des organismes comme par exemple FiTI (http://fisheriestransparency.org/fr/), une initiative globale qui supporte les efforts faits à l’échelle régionale, nationale et internationale pour parvenir à une gouvernance responsable des pêcheries. Il existe également des certificats de pêche durable fournie par l’ONG Marine Stewardship Council (MSC) et d’autres écolabels, mais ceux-ci, pas toujours synonyme de pêche durable, sont sujets à controverse. Ils manquent de certification publique et de crédibilité.   

Des méthodes de pêche destructrices

          De nos jours les navires disposent de nombreux outils technologiques (sonar, radar, technique de congélation etc) pour maximiser le nombre de captures. Certaines méthodes de pêche sont plus dévastatrices que d’autres pour l’écosystème aquatique. C’est le cas de la pêche en eaux profondes par les chalutiers qui est reconnu par la communauté scientifique et internationale comme la plus destructrice. Ces bateaux-usines, qui représentent 80% de la pêche en eaux profondes selon l’association Bloom, peuvent pêcher à une profondeur de 2000m, raclent les fonds marins à l’aide de filets faisant la taille d’environ 4 terrains de foot, et laisse un sol vidé de sa biodiversité (coraux etc), puisque les poissons n’ont plus d’habitat. De plus cette pratique n’est pas sélective et amène à un grand nombre de prises accessoires qui peuvent représenter jusqu’à 90% des prises totales selon le Marine Conservation Institut. Cette pêche a lieu fréquemment dans les eaux libres (internationales) et est généralement réglementée dans les eaux territoriales, mais il y a un manque global de sanctions.

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Le chalut à perche, un type de chalut de fond                                                                       

 Source:

www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/Oceans1/oceans/Ressources1/Faits-saillants/Techniques-de-peche/                                                             

         L’utilisation de poisons se pratique aussi. Généralement, du cyanure est déversé dans l’eau. Ensuite, il suffit de récupérer les poissons étourdis flottant à la surface. D’autres organismes sont tués au passage comme les coraux et les algues. On estime que 65 tonnes de cyanure sont déversées chaque année au large des Philippines.

La pêche à la dynamite est un autre fléau: la dynamite est déclenchée sous l’eau, et ce sont des poissons morts que l’on récupère à la surface. L’environnement marin est dévasté.

         Il y a enfin ce qu’on appelle la pêche fantôme : ce sont les filets laissés à l’abandon dans la mer qui capture inutilement des créatures marines. Selon le WWF, environ 1000km de filet fantôme sont lâchés dans l’océan pacifique nord chaque année, et selon un rapport de l’ONUAA et de l'UNEP, il y a environ 640000 tonnes de ces filets dans les océans. Ils représentent 10% des déchets plastiques dans l'océan.

L’aquaculture

  L’exploitation des ressources maritimes se fait soit dans la nature, soit dans un                                                       environnement créé par l’homme, ce qui est le cas de l’aquaculture. Selon le rapport de   2016 de l’ONUAA, une étape importante a été franchie en 2014, lorsque la contribution du     secteur de l’aquaculture à l’offre de poisson destinée à la consommation humaine a dépassé pour la première fois celle du secteur de la pêche. L’aquaculture est une pratique controversée. Selon certains elle peut être une solution à la surpêche. Elle pourrait permettre de limiter l’exploitation de certaines espèces sauvages et de répondre à la demande toujours croissante de protéines.  Pour d’autre elle aggraverait la surpêche.

En effet, pour 1 kg de poisson d’élevage, environ 5 kg de poissons pêchés sont requis. Les poissons d’élevages étant majoritairement carnivores, l’aquaculture peut contribuer à la pression de la pêche sur les espèces sauvages. De plus, les cages sont souvent surpeuplés, ce qui favorisent la prolifération de bactéries. Certaines critiques pointent aussi un usage intensif d’antibiotiques. Il existe enfin des effets économiques négatifs: on peut donner l’exemple des fermes de saumons sur les côtes des îles Chiloé au Chili qui ont ravagés  l’économie et l’environnement local. Les dispositifs mis en place utilisent des produits chimiques et des antibiotiques, et ont favorisé la prolifération de micro algues toxiques qui contaminent le milieu marin alentour en créant des “marées rouges”. La fermeture d’un grand nombre de ferme a haussé le taux de chômage dans le port à 60% selon Le Monde. En somme, on s’accorde pour dire que l’aquaculture peut être un moyen de pêche responsable si elle suit certains principes de gestion durable. Il existe des labels pour la pisciculture durable.  

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Tableau de la production et utilisation de la pêche et de l’aquaculture dans le monde

Source: http://www.fao.org/3/a-i5555f.pdf

La pêche pirate, INN ou INDNR

          Selon l’ONUAA, la pêche illicite représente quelques 26 millions de tonnes de poisson par an, soit plus de 15 % de la production totale de la pêche de capture dans le monde. Les navires pirates font tout leur possible pour ne pas se faire remarquer des autorités. Par exemple, ils  échangent en mer leurs prises avec celles d’autres navires de sorte que les poissons pêchés illégalement se retrouvent mélangés aux captures légales.                                    Les navires pirates utilisent les techniques de pêches interdites et destructrices et ne prennent pas en compte les quotas de pêche ou toute autre réglementation. Ils peuvent sévir partout mais principalement en haute mer. De nombreux navires pirates naviguent sous des pavillons de complaisance ou n’ont pas du tout de pavillon. La pêche INN peut constituer de véritable réseaux organisés à grande échelle, comme dans le sud de l’Italie ou en Indonésie. Les navires pirates pêchent et vendent leurs poissons là où ils savent que les communautés n’ont pas les moyens de riposter. Cela engendre une perte d’argent pour ces communautés qui utilisent des techniques de pêche durables. Selon Greenpeace, la Guiné perd plus de 100 millions de dollars par an à cause de cette concurrence défavorable.

             La pêche pirate est fermement condamnée par toutes les organisations. Plusieurs méthodes pour lutter contre ce fléau des mers sont mises en oeuvre tel le guide pratique ouvert à tous pour lutter à son échelle contre la piraterie de Greenpeace. En juin 2016, le premier traité international contraignant visant à lutter contre la pêche INN est entré en vigueur. Il a été adopté par 29 pays ainsi que par l’UE et il a pour objectif de prendre des mesures lors de l’entrée d’un navire dans un port.

     

Le cas des pavillons de complaisance

         Les pavillons de complaisance sont des navires immatriculés dans un pays différent de celui de leur État d’origine. Les pays choisis sont des pays où il n’y a presque pas de restriction de pêche comme au Panama ou au Liberia. Selon les règles gouvernant la haute mer, les règles du pays dans lequel un bateau est enregistré s’applique pour ce navire.

         

Les pavillons de complaisance immatriculés dans un pays différent peuvent alors exploiter les mers en contournant les législations contraignantes et les contrôles. En 2015 selon une étude des transports maritimes de L’ONU,  ils représentaient 71% des capacités de transport de la marine marchande mondiale. Les occidentaux sont les premiers utilisateurs de cette technique.

Les répercussions sur l’environnement direct

       Les prises accessoires

         Seul un petit  nombre d’espèces est exploité dans les pêcheries et pourtant ce sont toutes les espèces  marines qui sont menacées par la pêche et principalement par le chalutage en eau profonde. Selon une estimation de l’ONUAA, environ 6,8 millions de créatures aquatiques seraient jetées par dessus bord chaque année. Ces captures représentent aussi une grande perte économique. Comme certaines espèces de poissons cohabitent ensemble, les prises accessoires peuvent comporter des espèces dont la pêche est interdite, ce qui est le cas du cabillaud dans les eaux canadiennes.

       La destruction de tout un écosystème marin 

        La disparition des gros poissons (thon, mérou, requin, raie…) qui sont les cibles préférés des pêcheurs affecte toute la chaîne alimentaire marine et d’autres espèces risquent de disparaître à leur tour. De plus, l’écosystème est fortement dégradé par certaines techniques de pêche et particulièrement les fonds marins dont l’écosystème est extrêmement riche et fragile. Les zones les plus touchées par la surpêche sont la Mer du Nord, la Méditerranée, la Mer Rouge, le Golfe Persique, la mer de Béring et plusieurs régions occidentales du Pacifique.

Les répercussions sur l’environnement indirect

 

Le lien entre surpêche et insécurité alimentaire

             Selon le WWF, environ 3 milliards de personnes dans le monde dépendent du poisson comme source première de protéine dan leur régime alimentaire, ce qui en fait la source majeur de protéines au monde. De plus, la consommation de poisson a augmenté : selon l’ONUAA elle est passé de 10 kilos par an et par habitant à 19 kilos en un demi-siècle  Tout en sachant que les stocks diminuent, cela représente un défi pour les 9,7 milliards de personnes qui seront à nourrir en 2050.

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Map mondiale de l’apport moyen de poisson par habitant                                                                     Source: http://www.fao.org/3/a-i5555f.pdf

           De nombreux États épuisent leur niveau de stock de poisson annuel avant la fin de l’année, et cette date survient de plus en plus tôt. Ils dépendent donc de l'importation de poissons pour répondre à la demande nationale. Selon un rapport de la News Economic Foundation et d’Oceana 2012, ce jour de dépendance a correspondu au 2 juillet 2011 pour l’UE.

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Flux commerciaux du poisson par continent                                                                                          Source: http://www.fao.org/3/a-i5555f.pdf

La survie des communautés côtières

Les côtes représentent 20 % des Terres du globes mais abritent pourtant 50 % de la population. L’ONUAA estime que 56,6 millions de personnes travaillaient dans le secteur primaire de la pêche et de l’aquaculture en 2014 dont 84% de la population mondiale travaillant dans la pêche et l’aquaculture vivant en Asie, l’Afrique venant ensuite avec 10%, suivie de l’Amérique latine et des Caraïbes (4%). On observe un déclin des populations vivant du commerce de la pêche. L’exemple de Newfoundland au Canada l’illustre. L’industrie de pêche de cabillauds, à cause de décennies de surpêche et de mauvaises gestion a vu les stocks de poisson disparaître en 1992, laissant près de 40 000  personnes sans emploi ainsi qu’un écosystème ravagé. Aujourd’hui encore les stocks ne sont pas renouvelés. La baisse de capture équivaut à une baisse des productions de poisson et donc il y a des conséquences économiques et sociales. De plus les droits des petites communautés de pêcheur ne leur permettent pas de se défendre contre la concurrence déloyale auquelle ils font face. Un programme mis en place en 2014, suite à l’adoption des Directives volontaires  visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté, s’attèle à renforcer ces communautés.

Les traités et conventions sur la surpêche 

Voici une liste de plusieurs traités internationaux qui vont pouvoir vous donner un aperçu de ce qui a été réalisé :                                                                                                             -Les 3 Conventions des Nations Unis sur les droits de la mer (1956/1960/1982)                                                          - Le Programme d'action mondial pour la protection du milieu marin contre l'activité terrestre (1995)                                                                                                                                               -  Le code de conduite pour une pêche responsable de l’ONUAA(1995)                                                                                                                                        -  Le plan d’action international visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (2001)                                                                                                - Le Programme d'action mondial pour la protection du milieu marin contre l'activité terrestre (1995)                                                                                                                                                       - Les conventions régionales de la mer (établies en 1974 par le PNUE)                                                                                                              - La conférence de l’ONU sur le développement durable et son Agenda 2030 (septembre 2015)                                                                                                                                                           - La conférence sur les Océans (juin 2017 New York)                                                                       - Le Programme régional des pêches de l’Afrique de l’Ouest de la Banque mondiale (WARFP) (2009-2016)                                                                                                                                                    -La Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est (OSPAR) (1992)

 Pays et organisations concernées

WWF

Le WWF (World Wildlife Fund ou Fond Mondial pour la Nature) est une des plus grosse ONG au monde. Elle a été fondé en 1961. Ses engagement contre la surpêche s’exprime par un soutien des pêcheries éco-responsables, une promotion des utilisations de techniques de pêche moins dévastatrice et permettant de réduire les captures accessoires et une collaboration avec de multiples acteurs (gouvernements, partenaires privés…).

Greenpeace

Greenpeace est une ONG datant de 1971, connu pour ses campagnes chocs. Elle fournit de nombreuses ressources pour aider à contrer la surpêche comme un guide des poissons destiné aux consommateurs, une liste de navires pirates et un guide pour lutter contre la piraterie.

Sea Shepherd

Sea Shepherd est une ONG créée par Paul Watson en 1977  qui s’engage pour la protection des écosystèmes marins. Elle possède plusieurs navires qui agissent directement sur les eaux pour protéger ses ressources. Elle organise plusieurs campagnes, dont une opération actuelle pour conserver le thon rouge de méditerranée en voie d’extinction. L’ONG possède aussi une branche appelé Sea Shepherd Legal qui s’appuie sur les lois, les traités et les différentes politiques pour remplir son but.

Union Européenne (UE)

D’après le Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’UE importe 80% des produits de la mer consommé.  Selon l’ONUAA,  en 2014 et 2015,  l’Union européenne était de loin le plus grand marché d’importation de poisson, devant les États-Unis d’Amérique et le Japon. Elle produit chaque année 6,4 millions de tonnes de poisson. L’Union européenne comporte une politique commune de pêche (PCP) avec un fond le soutenant (EMFF). IUU Watch est une organisation se rapportant à l’UE et luttant contre les pêches INN.

Union Africaine (UA)

La commission de l’union africaine (plus précisément le Bureau Interafricain des Ressources Animales) a intégré les Directives sur la pêche artisanales dans ses stratégies globales. La dépendance au poisson comme source de protéine est très importante dans de nombreux pays en voie de développement en Afrique. Les stocks Ouest Africains sont particulièrement affectés et cela en grande partie à cause de navires étrangers (Chine en grande partie) et de la pêche INN.

USA

Les USA font partis des principaux producteurs de poisson et sont les plus grands importateurs mondiaux. La convention majeure traitant des pêcheries de l’Etat et La loi Magnuson-Steven de 1976, qui est soutenu par la commission  de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).  Ce pays a la plus grande aire marine protégée du monde dans l’océan pacifique. Néanmoins moins de 1% de ses eaux sont des sanctuaires. Leur politique de pêche actuelle semblerait plutôt s’axer sur les intérêts commerciaux à court terme plutôt que sur le développement durable à long terme.

Chine

La Chine est le principal pays producteur de poissons et un important exportateur des produits de la pêche. Elle produit aussi plus de 60 pour cent de la production aquacole. La Chine est très touchée par le problème de la pêche INN. De plus il semblerait qu’elle ait communiqué des chiffres erronés à l’ONUAA, en déclarant moins de prises pêchés dans les eaux non nationales qu’en vérité. Elle diminuerait également les chiffres de l’ensemble de ses quantités déclarées. Une étude reportée dans la revue Fish and Fisheries déclare que les quantités déclarées seraient 12 fois moins importantes que celles réellement pêchées. La pêche au requin y est élevée, et bien que l’opinion publique commence à se sensibiliser sur le sujet, il y a encore trop peu d’actions.

Norvège

La Norvège est le deuxième plus grand exportateur de poissons. L’UE et la Norvège travaille ensemble pour établir un quota de pêche, et les attribuer à certains pays en tant que quotas nationaux. Ce nombre est supposément fixé sur des recommandations scientifiques du Conseil International pour l'Exploration des Océans (CIEO) à Copenhague. Le poisson y est beaucoup apprécié comme source de protéine. Le pays dispose des stocks de poisson les plus important du monde et a mis en place une réglementation stricte sur tout ce qui est rejeté dans l’océan.

Japon

Le Japon est le deuxième plus grand etat importateur de poissons, après les USA, ainsi qu’un gros producteur de poisson. La consommation de poissons y est élevée, tout comme la pêche du thon rouge, une espèce menacée. Le Japon représente 80% de la consommation et de la pêche de cette espèce dans le Pacifique, et selon la fishery Agency le pays a cette année dépassé les quotas établis. Les dauphins et les baleines y sont aussi d’importantes cibles. On y enregistre également de nombreux navires sans pavillon.

France

La France est le quatrième pays en terme d’importation et fait parti des trois plus grand producteurs européens avec l’Espagne et le Royaume-Uni. Elle a du mal à respecter ses quotas de pêche et a déjà été sanctionnée à cause de cela.

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni fait parti des grandes puissances de pêche de l’UE. Suite au Brexit, le pays risque de fermer ses eaux aux navires européens pour retrouver un contrôle exclusif de ses eaux. Il souhaite sortir de la Convention sur la pêche de 1964 et de la PCP. Il y aura donc des conséquence sur le reste du marché européen.

Russie

La Russie fait partie des principaux producteurs de pêche. Elle pratique beaucoup de pêche INN. Sa  ZEE est très étendue.

Chilie

Le Chili fait également parti des principaux producteurs de poissons. Il remplit une part importante dans l’économie. De par sa côte d’environ 4000 km, les communautés de pêcheurs indépendants sont importantes. Malgré cela la pêche industrielle surplombe le marché du poisson, et il y trouve aussi beaucoup de pêche INN. Leurs eaux côtières sont parmi les plus riches en poissons du monde, bien qu’elles se soient drastiquement appauvries. La pêche y est aussi un loisir très prisé.

Pérou

Ce pays fait aussi partie des plus gros pêcheurs au monde. L’ anchois représente environ 85% de leur prisee. Selon l’ONU cette espèce est l’espèce de poisson la plus lourdement exploitée de l’histoire du monde. Or seulement 2% de ces pêches vont aux humains, le reste sert à nourrir les animaux d’élevages. (Dans le monde, un sixième des poisson sauvages pêchés vont à l’alimentations d‘autres animaux.)

Sénégal

Situé sur la côte ouest de l’Afrique très poissonneuse, ce pays est une cible pour les navires pirates étrangers ou les accords peu équitables.  La Russie par exemple est accusé d’avoir pris des licences octroyées illégalement. Une grande partie des bateaux étrangers illégaux au Sénégal proviennent de la Chine. En réponse, le gouvernement annule les autorisations de pêche pour ces pays et essaye de s'organiser en communautés locales de pêcheurs.

 Solutions possibles

Voici une liste de pistes de solutions pour vous aider à rédiger vos clauses:

             - réduire les volumes des captures grâce aux quotas

- établir plus de régulations internationales en haute mer

             - renforcer les sanctions et les contrôles de surpêche

             - interdire les pavillons de complaisance

             - arrêter les subventions de pêche ou les rediriger vers les pêcheries durables 

             - accorder des traitements de faveurs pour les pêcheurs responsables

             - renforcer et élargir les AMP

             - développer l’aquaculture responsable

             -sensibiliser l’opinion publique pour encourager l’achat de poissons labellisé et amener à une diminution de consommation des produits de la mer

- rendre les techniques de pêche plus transparentes

- développer les sanctuaires marins           

-développer les technologies et méthodes de pêche plus sélectives (en modifiant par exemple les modèles de filet de pêche) pour limiter les prises accessoires

- valoriser les prises accessoires pour diminuer le gaspillage    

- obliger les labels écologiques et les systèmes de certification à se conformer aux directives de l’ONUAA  pour l’étiquetage écologique

         

Sitographie 

Vidéos (anglais): Campagne de l’UE pour mettre fin à la surpêche (4 minutes)- https://www.youtube.com/watch?v=F6nwZUkBeas   

Impact de la surpêche sur les communautés côtières (6 minutes)- https://www.youtube.com/watch?v=faRlUJ0jLbA                                                                           

Sites Internet:

Présentation de la pêche non viable par le WWF- (anglais)            http://wwf.panda.org/about_our_earth/blue_planet/problems/unsustainable_fishing/   Présentation de la surpêche par Greenpeace- (anglais)              http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/oceans/fit-for-the-future/overfishing/                                                                                                                                                   
Site de l’ONG Slow Fish-            http://slowfood.com/slowfish/pagine/fra/pagina.lasso?-id_pg=41                                     Article de l’ONU sur la surpêche mondiale- (anglais)         http://www.un.org/events/tenstories/06/story.asp?storyID=800                                   
Article de l’UN sur la surpêche en Afrique-
https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/mai-juillet-2017/la-subsistance-au-risque-de-la-surp%C3%AAche                                                                                                             
Article sur la gestion des pêches en Afrique-            
http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/april-2006/la-r%C3%A9volution-de-la-p%C3%AAche-en-afrique                                                                                                                     
Les catégories d’AMP- (anglais)
 https://www.iucn.org/fr/node/26266                                                                                                                                               Gestion des pêcheries dans l’UE-            https://ec.europa.eu/fisheries/cfp/fishing_rules/scientific_advice_fr                                Article sur la position de l’ONU-       https://reporterre.net/Les-Nations-unies-s-attaquent-a-la-surpeche-dans-les-oceans Agenda 2030 Objectif 14-http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/oceans/        Dossier sur la surpêche mondiale (orienté Europe)-                      https://www.encyclo-ecolo.com/P%C3%AAche_et_surp%C3%AAche                         
Système de classification des AMP- (anglais)            
http://marineprotectedareas.noaa.gov/aboutmpas/classification/                                                                                                               techniques de pêche et d’aquaculture- (anglais)            http://www.seafoodwatch.org/ocean-issues/fishing-and-farming-methods

Rapport 2016 de ONUAA: http://www.fao.org/3/a-i5555f.pdf