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Pourquoi le Parti Libertarien soutient la manifestation de ce dimanche
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Communiqué du Parti Libertarien

Le 15 août 2020

Pourquoi le Parti Libertarien soutient la manifestation de ce dimanche

Ce 16 août, l’ASBL Viruswaanzin (Folie virale) organise à Bruxelles une manifestation contre les mesures sanitaires prises par les différents niveaux de pouvoir dans le cadre de l’épidémie de coronavirus. L’ASBL demande également la démission du virologue Marc Van Ranst.

Le Parti Libertarien n’est pas affilié à Viruswaanzin et nous entretenons pas de relations particulières avec ce groupe de citoyens dont nous avons découvert le communiqué cette semaine dans les médias. Pourtant ce dimanche, nous soutiendrons leur action pour les raisons que nous exposons ici.

Une crise de confiance

Face à des mesures sanitaires contraignantes qui s’éternisent, un nombre croissant de citoyens a perdu confiance dans ceux qui nous dirigent. Car la triste vérité, c’est que nos gouvernements ont échoué de manière répétée à prendre les bonnes mesures au bon moment.

AInsi dans les premières semaines de la crise en Asie, la ministre de la santé Maggie De Block a systématiquement minimisé le risque que représentait le COVID-19, évoquant une “petite grippe” et en traitant de “dramaqueen” le virologue Marc Wathelet qui tentait d’alerter les autorités sur le risque potentiel pour la Belgique. Tout aussi interpellant, le virologue Steven Van Gucht, représentant de Sciensano et directeur du comité scientifique conseillant le gouvernement, affirmait à la Chambre le 3 mars : « nous sommes bien préparés ». Il estimait que dans le scénario du pire, il y aurait « 13.000 diagnostics positifs dans neuf semaines, dont 2.000 à 3.000 personnes devraient être hospitalisées. Cinq pour cent de cas critiques signifie qu’environ 700 personnes seraient prises en charge par une unité de soins intensifs. Nous nous situons dans le même ordre de grandeur qu’une grosse épidémie de grippe ».

En réalité, notre pays n’était absolument pas préparé à affronter la pandémie: pénurie de masques, de gel hydroalcoolique, de moyen de dépistage, manque de coordination entre les différents niveaux de pouvoir ont précipité notre système de santé dans le chaos. Parmi les plus touché, les maisons de retraite n’ont fait l’objet d’aucune mesure particulière malgré le profil à haut risque de cette population. Comme le décrit l'effarant reportage du New York Times, de nombreux pensionnaires se sont purement vu refuser l’accès aux services hospitaliers, alors que contrairement à l’Italie, les services de soins intensifs belges n’ont jamais dépassé le taux de 55% d’occupation.

Lorsqu’il a enfin pris conscience de la gravité de la situation, le gouvernement Wilmès, pourtant minoritaire, fut doté de pouvoirs spéciaux qui lui permirent de s’arroger le monopole de la gestion de la crise. Devant la pénurie de masques qu’il avait lui-même créée par la destructions des stocks stratégiques (décidée quelques mois plus tôt par la ministre de la santé), le gouvernement décida d’interdire la vente de masques aux particuliers, en insistant sur leur inutilité pour combattre la maladie. Face à ces propos, l’Académie Royale de Médecine (ARM) publia un communiqué dès le 11 avril pour recommander le port du masque en tissu. Le 26 mai, l’ARM publia un communiqué conjoint avec l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts (ARB) dénonçant des "décisions arbitraires et opaques prises par Sciensano" et pointant du doigt la "négation de l'intérêt des masques pour la population afin d'occulter une pénurie et un manque de prévoyance".

Les Académies royales dénoncent également dans leur communiqué conjoint l’interdiction de l’utilisation et du remboursement des tests de diagnostics rapides, ainsi que du respect de la vie privée dans le système de tracing mis en place et de conclure leur texte sur l’urgence "de rétablir une confiance et une crédibilité entre les instances décisionnelles et la société civile".

Manque de transparence

Or depuis le début de la crise, la transparence et la communication des autorités ne se sont jamais vraiment améliorées. Pour répondre à la crise, la classe politique a répondu comme à son habitude : en créant une multitude de commissions. En plus du SPF santé publique et de Sciensano, la situation est ainsi gérée par un National Security Council, conseillé par un National Crisis Center, lui-même éclairé par un Risk Assessment Group, un Risk Management Group, un Scientific Committee for Coronavirus, lesquels rapportent aussi à une Evaluation Unit, composé de représentants de diverses institutions. Un Federal Coordination Committee coordonne les activités des différents ministères. S’ajoutent à cela une Operational Unit, une Socio-economic Unit, une Information Unit, plusieurs Legal Units, une International Unit, une Task Force Integrated Police, et un Economic Risk Management Group. La transparence s’arrête là, car on saura rarement la composition exacte de ces innombrables comités, ni ce qu’ils font vraiment ou ce qu’ils coûtent.

Le 6 avril, un énième groupe d’expert a été mis en place pour préparer le déconfinement: le groupe d’expert en charge de l’Exit Strategy (GEES). Les décisions sont prises de manière opaque par le Conseil National de Sécurité (CNS) sur base des recommandations du GEES. La première ministre avait initialement refusé de publier les avis de ces experts avant de se raviser sous la pression de la Commission d'accès aux documents administratifs.

Plus inquiétant encore, comme le dénonce Nicolas Thirion, Professeur de droit à l’ULiège, dans une carte blanche publiée dans La Libre et justement intitulée “Notre Etat de droit brûle et nous regardons ailleurs”: “Chaque arrêté ministériel qui fait suite aux diverses réunions du Conseil National de Sécurité apporte son lot de mauvaises surprises et s’apparente à un dangereux affaiblissement de notre État de droit.”. Ainsi, en sus des ‘textes syntaxiquement mal torchés’, des ‘énoncés parfois obscurs’ et autres ‘oublis mémorables’; des mesures illégales ont pu être imposées à la populations!

Dans une autre carte blanche publiée le 13 août, Anne-Emmanuelle Bourgaux, constitutionnaliste à l’UMONS, abonde dans ce sens: "versatilité des normes, multiplication des autorités, règles obscures, normes contradictoires. En refilant la patate chaude aux communes et aux provinces, l’État fédéral a créé les conditions du chaos. Les citoyens ne savent plus à quelle règle se vouer. La police ne sait plus comment exercer son contrôle. Seule la Covid-19 et l’arbitraire sortent gagnant de cette cacophonie". A la date du 10 août, le Collège des procureurs généraux a enregistré 92.764 infractions aux arrêtés Covid-19. En moyenne, c’est donc un Belge sur 100 qui serait devenu un délinquant. A Bruxelles, les policiers ont même reçu des quotas de PV à dresser.

Le cas Marc Van Ranst

Le virologue Marc Van Ranst est peut-être le personnage qui symbolise le mieux l’arrogance, le manque de transparence et les conflits d’intérêts des autorités pendant la crise.

Arrogance: malgré de lourdes erreurs de jugement, Marc Van Ranst n’a jamais exprimé le moindre regret concernant sa gestion de la crise. Pourtant:

Naturellement, l’erreur est humaine, et tenter de prédire l’évolution d’une épidémie est un exercice difficile, même pour un expert. Mais face à cette incertitude, il aurait convenu de faire preuve d’humilité et de reconnaître les limites de ses recommandations, ce que Marc Van Ranst n’a jamais fait.

Manque de transparence: la fonction officielle de Marc Van Ranst dans la gestion de crise reste opaque:

Conflits d’intérêt: omniprésent dans les médias et sur les réseaux sociaux, Van Ranst ne se cantonne pas à un rôle de virologue au service du gouvernement.

Conclusion

Par son impréparation, sa négligence et les mauvais choix effectués depuis le début de la crise, le  gouvernement fédéral porte une lourde responsabilité dans le lourd bilan que connaît actuellement la Belgique. Il faudrait bien plus que cet article pour établir une liste exhaustive des défaillance de l’Etat dans la gestion de la crise. Ce sera le rôle des futures commissions spéciales qui devraient être mises en places aux différents niveaux de pouvoir.

A ce titre, il est tout de même interpellant que malgré les nombreux manquements manifestes de la ministre de la santé et de certains experts en début de crise, aucun mea culpa n’a été prononcé, aucune démission n’a été actée. Au contraire, Maggie De Block déclarait dans une interview le 28 mai: “Nous avons pris les bonnes mesures au bon moment, nous pouvons être fiers”, un véritable camouflet pour le personnel de santé!

Pour faire face aux critiques légitimes, le gouvernement a entretemps choisi de multiplier les mesures vexatoires et arbitraires faisant de la Belgique un des pays les plus strictes face au covid. Cette stratégie a vraisemblablement trois objectifs:

La mobilisation de dimanche est le symptôme avant-coureur du ras-le-bol de la population vis-à-vis de la gestion de la crise par le gouvernement et les experts qu’il a nommés. Afin de restaurer rapidement la confiance en nos élus, il conviendrait que les gouvernements des différents niveaux de pouvoir fassent leur mea culpa et basent désormais leurs décisions sur les faits scientifiques argumentés plutôt que d’adopter des mesures aussi liberticides qu’inopérantes.

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